Dimítris Kitsíkis (en ), connu à l’étranger sous le nom de Dimitri Kitsikis, né le à Athènes et mort le à Ottawa, est un historien, turcologue, sinologue et géopolitologue grec.

Professeur de relations internationales à l'université d’Ottawa (Canada), depuis 1970. Il est membre de la Société royale du Canada depuis 1999. Il est également poète de langues française et grecque.

Biographie

Dimitri Kitsikis a obtenu son doctorat en Sorbonne (université de Paris) en 1962. Sa thèse intitulée Propagande et pressions en politique internationale, préparée sous la direction de Pierre Renouvin, fut publiée en 1963, par les Presses Universitaires de France. Il est le descendant d’une grande famille grecque orthodoxe d’intellectuels et de personnalités politiques présents dans la vie publique de la Grèce, depuis le . Son père Nicolas KitsikisEmmanuel G. Chalkiadakes, Τὸ Τεχνικὸ Ἐπιμελητήριο τῆς Ἑλλάδας στὸ Μεσοπόλεμο. Σύσταση, λειτουργία, ἐξέλιξη. Ὁ ρόλος τοῦ Νίκου Κιτσίκη, Athènes, ΤΕΕ, 2003., né à Nauplie, professeur et recteur de l’École Polytechnique d’Athènes, était le plus célèbre ingénieur civil de Grèce, sénateur et députéEvangelos Ath. Kouloumpis, ΤΕΕ. Ἐνημερωτικό Δελτίο. Νίκος Κιτσίκης. Χιλιοστὸ ἀφιέρωμα, Athènes, 1978.. Son oncle, Constantin Kitsikis (1893-1969), architecte, frère cadet de Nicolas, fut également professeur à l'École Polytechnique d'Athènes. Son grand-père, Dimitri Kitsikis (1850-1898), s’était établi à Athènes en 1865, venant de Lesbos, son île natale. Dans la capitale grecque, il se maria à Cassandre (Κασάνδρα), la sœur du député Dimitri Hatsopoulos (Δημήτριος Χατσόπουλος), 1844-1913, de KarpenísiΓεώργιος Ἀλ. Φαρμακίδης, Δημήτριος Χατσόπουλος, 1844-1913 - Ατhènes, 1965.. Dimitri Kitsikis est vraiment un Panhellène, ayant des ancêtres provenant de toutes les régions de la Grèce. Sa mère, la fameuse féministe et combattante de l’ELAS contre l’occupation allemande, Béata Kitsikis, née Pétychakis, à Héraklion (Crète), descendait d’une riche famille crétoise et de nobles italo-grecs, orthodoxes et catholiques, de TriesteElle Pappa, Νίκος Κιτσίκης. Ὁ ἐπιστήμονας, ὁ ἄνθρωπος, ὁ πολιτικός, Athènes, ΤΕΕ, 1986.. Son père, Emmanuel Pétychakis, monta une usine de boissons minérales au Caire, en Égypte et son parâtre, Aristide Stergiadis (Ἀριστείδης Στεργιάδης, 1861-1949) était Haut-commissaire de Grèce à Smyrne de 1919 à 1922ΤΕΕ/ΤΑΚ, Τὸ κτίριο Γερωνυμάκη-Στεργιάδη, Hérakleion, 2008.. La deuxième femme de Kitsikis, Ada (Ἀδαμαντία) Nikolarou, est fille d’un agriculteur de la cité historique et byzantine de Mystra, près de Sparte, dont il a deux enfants, Agis et Kranay. Lui-même est un admirateur de l'Empire byzantin. Panhellène, certes, mais également Hellène cosmopolite : il est citoyen de France et du Canada, en plus d’être citoyen grecPapyros-Larousse, Athènes, vol. 8, 1966. -Ὑδρία, Μεγάλη Γενική Ἐγκυκλοπαίδεια, Athènes, vol. 33, 1984, -Δ. Σιατόπουλος, Γραμματολογικὴ καὶ Βιογραφικὴ Ἐγκυκλοπαίδεια τῆς Ἑλληνικής Λογοτεχνίας, Athènes, 1981. -Greek Who's Who 1965, Athènes. -Who's Who 1979. Βιογραφικὸ Λεξικὸ προσωπικοτήτων, Athènes, 1979. -Who's Who. Ἐπίτομο Βιογραφικὸ Λεξικό, Athènes, Metron, depuis 1992 - Hübners Who is Who, Verlag, Greece, depuis 2007. -Who's Who in the Balkans, Athènes, Metron. - The International Who's Who, London, Europa Publications, à partir de 1995 -Canadian Who's Who, Toronto, University of Toronto Press, à partir de 1993 - Directory of American Scholars, États-Unis. Dictionary of International Biography, Cambridge, GB. Men of Achievement, Cambridge, GB, depuis 1979. -Who's Who in the Commonwealth, Cambridge, GB. -International Who's Who of Intellectuals, Cambridge, GB. -The Directory of Distinguished Americans, États-Unis, Personalities of America, États-Unis, Biography International, États-Unis. -World Who’s Who, 2008, Routledge Encyclopedia of Philosophy..

Pendant la Guerre civile grecque, lorsqu'il avait douze ans, il est envoyé comme interne à l'École des Roches, en Normandie, puis au Lycée Lakanal, près de Paris, par le directeur de l'Institut français d'Athènes, Octave MerlierLes réfugiés grecs d'Anatolie et le Centre d'Études micrasiatiques d'Athènes, Turcica, vol. 17, 1985, ., parce que sa mère avait été condamnée à mort, en tant que combattante communiste, par un tribunal militaireΝ. Μπατιστάτος, "Ἀπέδειξαν πὼς ἡ Ἑλλάδα δὲν εἶναι ψωροκώσταινα", Ριζοσπάστης, 12 janvier, 2003.. Il demeure 23 ans en France, en compagnie de sa femme anglaise Anne Hubbard, avec laquelle il s'était marié en 1955"Runaway Anne Has a Double Wedding", Scottish Daily Express, 31 août 1955., en Écosse, et qui lui donna deux enfants, Tatiana et Nicolas. Il est expulsé de l'Université française, à cause de sa participation active, en tant que maoïste, à l'insurrection étudiante de D. Kitsikis, Συγκριτικὴ Ἱστορία Ἑλλάδος-Κίνας, Athènes, Herodotos, 2007.. En effet, depuis 1958, Dimitri Kitsikis voyageait en Chine populaire, où il était devenu un maoïste convaincuΤότε, numéro 39, hiver 1992, Ares Moraites, "Τί μᾶς ἑνώνει καὶ τί μᾶς χωρίζει μὲ τὸν Δ. Κιτσίκη" interview à Moraites et Alexandrou.. Sur l’invitation de l'Université d’Ottawa, il s’installa dans la capitale canadienne, en tant que professeur agrégé, puis professeur (full professor) et, en 1996, il fut promu professeur émérite. Depuis 1965, il vit et travaille aussi bien à Paris, qu’à Ottawa et à AthènesGreek Who's Who 1965, Athènes.. Adolescent déjà, il avait une idée fixe. Il voulait réconcilier, non seulement Grecs et Turcs, mais les unir dans une confédération gréco-turque, et faire revivre sous une forme moderne l’Empire ottomanἘποπτεία, septième année, juin, 1982, no. spécial de P. Dracopoulos et Νέα Κοινωνιολογία, numéro 9, été 1990, "Ἑλλάς-Τουρκία", no. spécial ; article de Néoclis Sarres.. Chrétien orthodoxe convaincu, il étudia la religion turque du bektachisme- alévismeD. Kitsikis, Ἡ σημασία τοῦ μπεκτασισμοῦ-ἀλεβισμοῦ γιὰ τὸν ἑλληνισμό, Athènes, Hecate, 2006., et il essaya de jeter un pont entre les deux religions, afin de créer une base sur laquelle l’union entre Athènes et Ankara serait effectuée. Kitsikis croit en la possibilité d’une collaboration des différentes religions, comme cela s’était produit dans le système des millets de l'Empire ottoman, et c’est la raison pour laquelle il collabora étroitement avec les chiites d’Iran"Μεταξὺ δύο πυρῶν ἡ Ἑλλάδα", interview à A. Balle, Τρίτο Μάτι, no. 16-17, été 1992., les juifs d’IsraëlAmy Singer, Aspects of Ottoman History, Jérusalem, The Hebrew University, 1994., et les vaishnaves hindouistes de l’IndeT.D. Singh & Ravi Gomatam, Synthesis of Science and Religion, The Bhaktivedanta Institute, Bombay, 1988.. Son fils aîné Nicolas est un vaishnave depuis 1984, et est installé avec sa femme hindoue, dans la communauté vaishnave de Gainesville, en Floride. Bien qu’il soit membre de l'Église orthodoxe de Grèce, il reste solidaire du mouvement des Anciens Calendaristes, dont les adhérents rejettent l’utilisation du calendrier grégorien (nouveau), et ont une attitude traditionnelle à l’égard de la pratique chrétienne. Tout comme l’orthodoxie avait surmonté l’hérésie de l’iconoclasme, au cours du , en rétablissant la vénération des icônes, il est convaincu que l’ancien calendrier sera adopté à nouveau par celles des églises orthodoxes qui l’avaient rejetéD. Kitsikis, The Old Calendarists and the Rise of Religious Conservatism in Greece, Etna, California, Center for Traditionalist Orthodox Studies, 1995..

Depuis les années 1970, il enseigne dans les universités d’Occident, l’histoire de la Chine et de la Turquie, ainsi que les idéologies politiques, et la géopolitiqueUniversité d’Ottawa, faculté des arts, site web du département d’histoire, corps professoral.. Ses livres ont été traduits dans un grand nombre de langues et des articles le concernant ont été publiés en chinois, en turc, dans les langues balkaniques, en allemand, en français, en anglais, en espagnol, en portugais et en russeVoir la liste des œuvres ci-dessous. Il a également enseigné dans les universités Boğaziçi à Istanbul, Bilkent à Ankara, et Gediz à Smyrne, où il est devenu un des amis et conseillers les plus intimes du président de la République turque, Turgut ÖzalJean-Marie Joly, «Pas un tapis volant, mais presque», Gazette, Université d'Ottawa, vol.II(7), 23 novembre 1990.. En Grèce, il a travaillé comme chargé de recherche au Centre National de la Recherche Sociale (EKKE), et il a enseigné au Deree College, l’université américaine d’AthènesVoir le Who's Who ci-dessus, référence no. 5..

En tant que personnalité publique en Grèce, il fut l'ami et le conseiller intime du président Constantin Karamanlis, pendant les années 1960 et 1970Dans une interview accordée à Yeni Aktüel, journal d’Istanbul, (25 septembre, 2007) quand le professeur Antonis Liakos fut interrogé par le journaliste turc, pour savoir d’où Karamanlis prenait ses idées concernant la collaboration gréco-turque, il répondit : “de Kitsikis.”. Il contribue régulièrement avec des articles aux revues grecques et, depuis 1996, publie à Athènes la revue trimestrielle grecque Ἐνδιάμεση Περιοχή, qui signifie région intermédiaire et qui se rapporte au modèle de civilisation que lui-même a conçu. «Endiamési Périochi, Ἐνδιάμεση Περιοχή» or “”Voir le site web correspondant de ..

La «Bibliothèque et Archives Nicolas Kitsikis» de son père se trouve installée dans la résidence familiale d’Aristide Stergiadès (1861-1949), à Hérakleion (Crète). La statue de Nicolas Kitsikis se dresse à l’entrée du port d’Hérakleion, qu’il avait construit en 1920, en tant qu’ingénieur civilVoir le site web correspondant. Le buste du Nikos Kitsikis est l’œuvre de la sculptrice Aspasia Papadopéraki.. De même l’État grec a honoré Dimitri Kitsikis en 2006, en créant et en finançant la «Fondation de Droit public et la Bibliothèque Dimitri Kitsikis»Voir le site web correspondant..

Philosophie, pensée, poésie et réalisations thumb|437x626px|Dimitri Kitsikis à son bureau, au palais présidentiel de Çankaya Köşkü, Ankara, 1990