La bataille d'Ebersberg eut lieu le , entre les troupes françaises d'André Masséna et les armées autrichiennes de Johann von Hiller. À noter que la localité impliquée dans cette bataille est Ebelsberg, que les historiographes français confondent avec Ebersberg. Ebelsberg est sur la rivière Traun, quelques kilomètres au sud de Linz. Ebersberg est à plus de à l'est, non loin de Wagram et de Vienne, n'est pas sur la rivière Traun, et a été le théâtre d'opérations militaires impliquant l'armée française au cours de l'année 1800.
Prélude de la bataille L'arrière-garde autrichienne sous les ordres du général Hiller prend position près de la Traun, dans l'espoir de ralentir la progression des troupes françaises vers Vienne. Napoléon conçoit alors une série de manœuvres visant à encercler totalement le général autrichien. Tandis que Lannes coupera la retraite à Hiller, le corps de Masséna l'attaquera au centre, soutenu par Vandamme positionné non loin d'ici. L'Empereur ordonne donc au duc de Rivoli de se mettre en mouvement et de se diriger vers Ebersberg.
Forces en présences
Du côté français Masséna s'est organisé ainsi : en reconnaissance, les cavaliers badois (chevau-légers et dragons) et le à cheval sous les ordres de l'adjudant-commandant Trenquallye ; en avant-garde, la division Claparède, alignant et trois canons ; enfin, plus en arrière, les divisions Boudet, Carra Saint-Cyr et Legrand, flanquées à gauche des cuirassiers du général Espagne et à droite de la cavalerie légère de Marulaz, composée des et à cheval.
Du côté autrichien Les forces autrichiennes de Hiller sont composées ainsi : plusieurs compagnies de la Landwehr ; , accompagné du de réserve ; les chevau-légers de Rosenberg ainsi qu'une brigade du forment l'arrière-garde commandée par Bianchi ; les flancs sont gardés par des éléments du positionnés sur Krems et Kleinmünchen.
Déroulement de la bataille
vignette|gauche|Le général Louis Jacques de Coehorn joue un rôle important dans l'issue de la bataille (peinture du ). À dix heures ont lieu les premiers contacts, la cavalerie de Marulaz tentant de déborder la droite autrichienne. Malgré une certaine confusion dans le camp français, grâce à l'appui de la brigade Coehorn, les Autrichiens abandonnent leurs positions et se replient en désordre vers le pont de la Traun afin de se retrancher sur Ebersberg, poursuivis par les chasseurs à cheval et les fusiliers français.
Retardés par une courageuse résistance des soldats autrichiens pour la défense du pont, les Français attaquent le village d'Ebersberg en trois points différents. À gauche, l'objectif est de neutraliser l'artillerie autrichienne qui gêne la progression des troupes françaises; au centre et à droite, l'infanterie commandée par Claparède doit s'emparer des défenses ennemies. Les cavaliers de Marulaz ne peuvent apporter leur soutien à cause du terrain peu praticable.
À midi, l'ordre est donné d'attaquer. La colonne gauche parvient à réduire au silence les canons ennemis, mais est stoppée net par le feu roulant des défenseurs du château du village, bâti sur une crête qui rend tout assaut très difficile. Le groupe central est lui aussi repoussé avec des pertes sévères. Ce n'est qu'au bout du troisième assaut que les Français parviennent à s'emparer du bâtiment.
Pendant ce temps, la colonne droite, forte de sept mille hommes, a progressé jusqu'à l'extérieur du village. Les trente mille soldats autrichiens en réserve autour d'Ebersberg, surpris, contre-attaquent immédiatement. Dans un assaut combiné de la cavalerie et de l'infanterie, Hiller repousse les Français qui, après avoir soutenu trois charges successives à la baïonnette, s'enfuient jusqu'au pont de la Traun, abandonnant à l'ennemi le village si chèrement conquis. Une poignée de défenseurs qui restaient dans le château contraint également les soldats napoléoniens à battre en retraite. La contre-attaque autrichienne est une réussite totale.
À deux heures et demie, dans un ultime effort, Claparède et Coehorn ordonnent l'assaut général. Les brigades Ledru et Legrand s'élancent sur le pont, et malgré la mitraille ennemie, s'emparent à nouveau d'Ebersberg en proie aux flammes, après de sanglants combats de rues. À quatre heures, la victoire est française.
Pertes Les Français perdent , et 800 prisonniers. De leur côté, les Autrichiens déplorent tués, blessés ou prisonniers. Ils abandonnent également aux Français deux pièces d'artillerie et un drapeauLe général Legrand écrit dans son compte-rendu de la bataille : « Le (faisant partie de la division Legrand) a perdu, tant en tués qu'en blessés, environ quatre cents hommes. Le a perdu à peu près deux cents hommes. Le bataillon de tirailleurs badois a eu plusieurs hommes blessés. Le d'infanterie de ligne a eu deux officiers tués, huit de blessés, tués et blessés ; le trente officiers blessés, vingt et un soldats tués et ; le bataillon de Son Altesse le Grand-Duc de Bade, un officier blessé, dix-huit soldats blessés et un de tué ; le d'infanterie de ligne, trois soldats blessés sur le pont et un du , ce qui forme un total de deux officiers tués, douze de blessés, tués et blessés.». Masséna, de son côté, note : «Dans cette journée, la perte fut considérable des deux côtés. Les Autrichiens ont avoué , et , ou hors de combat. Nous en perdîmes , dont . Sur ce total, la division Legrand comptait et . Le colonel Cardeneau fut tué et trois autres blessés. Nous restâmes maîtres de deux canons et d'un drapeau.».
Conséquences Malgré le fait que les Français restent maîtres du terrain, les pertes subiesLe témoignage de Lejeune montre l'ampleur du carnage : «Les jambes des chevaux s'enfonçaient dans cette boue de chair et de sang humain encore chaud ; nous éprouvâmes un vif sentiment de dégoût et d'horreur dont je n'ai jamais perdu le souvenir.» font de cet affrontement une victoire à la Pyrrhus. De plus, la manœuvre d'encerclement prévue par Napoléon échoue puisque Hiller franchit le Danube avec le reste de ses troupes. Les Français entrent tout de même dans Vienne le .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes André Masséna Michel Marie Claparède Claude-Juste-Alexandre Legrand Jacob François Marola François Roch Ledru des Essarts Johann von Hiller
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