thumb|upright=1.5|alt=Défilé d'un bataillon d'infanterie dans une rue, musique en tête.|Édouard Detaille, Le Régiment qui passe, 1885. thumb|upright=1.5|Déploiement d'infanterie lors des grandes manœuvres de l'armée française près de Vesoul en 1911. thumb|upright=1.5|Mise en batterie d'un canon de lors des manœuvres de 1913.

Lordre de bataille de l'armée française en fournit l'organisation de l'armée de terre française tel que prévu selon le plan de mobilisation et de concentration, le plan XVII, appliqué à partir du , veille de l'entrée de la France dans la Première Guerre mondiale (l'Empire allemand lui déclare la guerre le ). Cette structure est modifiée dès le premier mois de guerre.

Cet ordre de bataille est assez proche de celui de son adversaire allemand : la majorité des forces sont structurées en un petit nombre d'armées, chacune subdivisée en corps d'armée composé de deux divisions, le reste formant les réserves à la disposition du commandant en chef et du ministre de la Guerre. Cette organisation change dès la première partie du mois d'août par l'affectation des unités de réserve, puis par la réaffectation de plusieurs corps d'armée et la création de nouvelles armées.

Organisation

En temps de paix L'armée du temps de paix compte, au printemps 1914, , dont en métropole, en Algérie-Tunisie, au Maroc et .. Le territoire de la République française est divisé en 21 régions militairesLe décret du 26 septembre 1913 a créé la militaire, ainsi que les et de cavalerie., à raison de 20 en métropole et d'une en Algérie (la ), plus le gouvernement militaire de Paris. Chaque région militaire compte deux divisions d'infanterie (DI), sauf la qui en a trois.

+ Organisation territoriale de l'armée française en . Régions militaires(corps d'armée) Sièges des régions Divisions stationnées GMP Paris (Paris), (Melun) et (Paris) Lille (Lille) et (Arras) Amiens (Amiens), (Mézières) et (Sedan) Rouen (Rouen) et (Paris) Le Mans (Paris) et (Le Mans) Orléans (Orléans) et (Paris) Châlons-sur-Marne (Reims), (Saint-Mihiel), (Verdun), (Compiègne) et (Reims) Besançon (Belfort), (Remiremont) et (Dole) Bourges (Dijon) et (Bourges) Tours (Châteauroux), (Angers) et (Tours) Rennes (Rennes) et (Saint-Servan) Nantes (Nantes), (Vannes) et (Brest) Limoges (Angoulême) et (Périgueux) Clermont-Ferrand (Saint-Étienne) et (Clermont-Ferrand) Lyon (Grenoble), (Chambéry) et (Lyon) Marseille (Nice), (Avignon) et (Toulon) Montpellier (Montpellier) et (Perpignan) Toulouse (Montauban), (Toulouse) et (Montauban) Bordeaux (Bordeaux) et (Bayonne) Alger divisions d'Alger ( ), d'Oran ( ) et de Constantine ( ) Nancy (Nancy), (Toul) et (Lunéville) Épinal (Chaumont) et (Saint-Dié)

L'infanterie est forte de 686 bataillons. Sont stationnés en métropole les 173 régiments d'infanterie (RI), chacun à trois bataillons (9 régiments en ont quatre), ainsi que les 31 bataillons de chasseurs à pied (BCP) et les 12 régiments d'infanterie coloniale (RIC, à trois bataillons). Il y a en outre dans les colonies 4 régiments de zouaves (à six bataillons), 9 régiments de tirailleurs algériens (total de 40 bataillons), 2 régiments étrangers (à six bataillons)sur les 12 bataillons de la Légion étrangère juste avant la mobilisation, cinq sont au Maroc, quatre en Algérie et trois en Indochine., 5 bataillons d'infanterie légère d'Afrique, 6 régiments de marche coloniaux du MarocLes régiments de marche coloniaux du Maroc sont composés de 6 bataillons de marche coloniaux et de 12 bataillons de tirailleurs sénégalais. et 5 bataillons de troupes auxiliaires marocaines.

La cavalerie compte juste avant la mobilisation 378 escadrons. Presque tous sont enrégimentés au sein de 89 régiments (chacun à quatre escadrons) : 12 régiments de cuirassiers, 32 de dragons, 21 de chasseurs à cheval, 14 de hussards, 6 de chasseurs d'Afrique et 4 de spahisLes régiments de spahis comptent avant la mobilisation un total de 25 escadrons, à raison de cinq à neuf par régiment.. S'y rajoutent un escadron de spahis sénégalais et 12 escadrons de troupes auxiliaires marocaines.

L'artillerie est composée de 855 batteries (chacune de quatre pièces), réparties dans 62 régiments d'artillerie de campagne, 2 régiments d'artillerie de montagne, 11 régiments d'artillerie à pied, 5 régiments d'artillerie lourde, 10 groupes d'artillerie d'Afrique et 3 régiments d'artillerie coloniale. Elle fournit 42 artilleries divisionnaires (à neuf batteries, soit trois groupes), 20 artilleries de corps (à douze batteries, soit quatre groupes) et 10 groupes à cheval (à trois batteries).

Le génie militaire est composé de 11 régiments du génie, fournissant 145 compagnies spécialisées ainsi que 44 détachements. L'aéronautique militaire est composée de 26 escadrilles et une dizaine de dirigeables..

Mise sur le pied de guerre La mobilisation qui commence le déclenche l'application du plan de mobilisation : rejoignent les dépôts, jusqu'au , auxquels se rajoutent . les unités d'active (c'est-à-dire les du temps de paix) sont renforcées par l'afflux des réservistes des trois plus jeunes classes, tandis que de nouvelles unités sont créées avec les réservistes plus âgés, appelées unités de réserve et de territoriale. L'armée passe de 686 à d'infanterie, de 365 à 600 escadrons de cavalerie, de 855 à d'artillerie et de 191 à 528 unités de génie..

D'abord, les 21 régions militaires fournissent immédiatement chacune un corps d'armée (CA) portant le même numéro, sauf la (l'Algérie qui envoie ses deux divisions, les et DI) ; s'y rajoute le corps colonial. Cela fait un total de 46 divisions d'infanterie (composées d'unités d'active, soit en comptant la créée à la mobilisation) et 10 divisions de cavalerie ().

Ensuite, les régiments d'infanterie de réserve (numérotés à partir du numéro 201, à deux bataillons) sont constitués à partir des régiments d'active dont ils portent le numéro augmenté de 200) puis regroupés pour former 25 divisions de réserve (numérotées de 51 à 75, leur numéro correspond au numéro de la région militaire d'origine augmenté de 50) soit un total de .

Le principe de constitution des unités est celui de l'amalgame. Régiments d'active et de réserve sont chacun constitués dans une proportion proche de la moitié de personnel d'active et de personnels de réserve. L'adjoint du chef de corps d'active prend généralement le commandement du régiment de réserve et les cadres sont répartis pour donner une structure de force quasi équivalente pour toutes les unités. Pour montrer cette continuité, les trois bataillons du régiment d'active sont numérotés 1, 2 et 3 et comprennent respectivement les , , et , les , , et et les , , et alors que le régiment de réserve comprend les et avec respectivement les , , et et les , , et . Une place est laissée dans cette numérotation à un éventuel d'active comprenant la , , et .

Les plus âgés sont versés dans les régiments d'infanterie territorial à trois ou quatre bataillons, dont une partie servent à la formation de 12 divisions d'infanterie territoriale (huit de campagne et quatre de place, numérotées de 81 à 92, soit ). Les plus jeunes des territoriaux peuvent être éventuellement inclus dans un régiment d'active ou de réserve pour compléter les effectifs après les premiers combats.

+ Grandes unités créées en cas de mobilisation Régionsmilitaires Sièges des régions Divisions d'active Divisions de réserve Divisions de territoriale Lille - (Arras) - Amiens - (Mézières) (Amiens) Rouen - (Rouen) (Rouen) Le Mans - (Le Mans) (Chartres) et (Laval) Orléans - (Orléans) - Châlons - (Châlons), (Reims) et (Verdun) - Besançon - (Belfort) - Bourges - (Dijon) - Tours - (Angers) (Châteauroux) et (Angers) Rennes - (Rennes) (Saint-Servan) Nantes - (Vannes) (Nantes) Limoges - (Angoulême) (Angoulême) Clermont-Ferrand - (Clermont-Ferrand) - Lyon (Lyon) (Grenoble) et (Chambéry) - Marseille (Nice) et (Avignon) - Montpellier - (Montpellier) (Perpignan) Toulouse - (Montauban) (Toulouse) Bordeaux - (Bordeaux) (Bordeaux) Alger (Philippeville) et (Alger) - - Nancy - (Neufchâteau) et (Toul) - Épinal - (Épinal) -

Enfin se rajoutent à la fin de la mobilisation les éléments d'armée (artillerie lourde, troupes de chemin de fer, aviation, etc., soit ), les garnisons (places fortes, camp retranché de Paris et Corse, soit ) et les gardes des voies ferrées (). Le reliquats de réservistes () restent dans les dépôts. Le total du corps de bataille est à la mi-août de , sans compter les unités laissées dans les colonies et les différents services de l'arrière..

Déploiement L'état-major avait prévu de déployer des troupes le long de la frontière franco-allemande dès le temps de paix en cas de tension diplomatique, puis à partir du décret de mobilisation de renforcer celles-ci avec toutes les grandes unités casernées dans les régions militaires frontalières (les , , , et ) pour assurer la « couverture » de la mobilisation du reste des régions. Cette couverture était sous l'autorité des états-majors des cinq corps d'armée de la frontière, jusqu'au au matin, date à laquelle les états-majors des cinq armées prévues par le plan prennent le relais. Le , l'armée française a terminé sa « concentration » (déploiement) le long des frontières du Nord-Est.

+ Déploiement français prévu par le plan XVII. Commandantsdésignés Zones deconcentration Composition :corps et divisions Effectifs Missions (armée de Dole) Auguste Dubail autour de Remiremont et Charmes cinq corps (7, 8, 13, 14 et 21), soit dix , plus les et

attaquer vers Mulhouse et Sarrebourg (armée de Dijon) Édouard de Castelnau autour de Pont-Saint-Vincent et Neufchâteau cinq corps (9, 15, 16, 18 et 20), soit dix , plus les et

attaquer vers Morhange (armée de Châlons) Pierre Ruffey autour de Saint-Mihiel et Verdun trois corps (4, 5 et 6), soit sept , plus la

surveiller la place de Metz (armée de Fontainebleau) Fernand Langle de Cary autour de Saint-Dizier et Bar-le-Duc trois corps (12, 17 et CAC), soit six , plus la

en réserve sur l'Argonne (armée de Paris) Charles Lanrezac d'Hirson à Dun-sur-Meuse cinq corps (1, 2, 3, 10 et 11), soit dix , plus la et les et

surveiller la frontière belge dans le massif ardennais Corps de cavalerie André Sordet autour de Mézières , et

s'avancer dans l'Ardenne en cas d'invasion de la Belgique dedivisions de réserve Louis Archinard autour de Luxeuil, Vesoul et Montbéliard , et

surveiller la frontière suisse et servir de réserve derrière la dedivisions de réserve Léon Durand sur le Grand Couronné de Nancy , et

servir de réserve derrière la dedivisions de réserve Paul Durand sur les Hauts de Meuse , et

servir de réserve derrière la dedivisions de réserve Mardochée Valabrègue autour de Vervins , et

servir de réserve derrière la Armée des Alpes(armée de Lyon) Albert d'Amade dans les Alpes et à Lyon , , , et , ainsi que la

surveiller la frontière italienne Camp retranché de Paris Victor-Constant Michel autour de Paris et , , , , et

défendre le camp retranché Places fortes de l'Est

autour de Verdun, de Toul, d'Épinal et de Belfort , , et

servir à la défense mobile des places fortes Divisions isolées Joseph Brugère en arrière du littoral (Hazebrouck, Rouen, Nantes, Valognes, Perpignan et Bordeaux) , , , , et

surveiller le littoral et la frontière espagnole

Ordre de bataille initial Le commandement du théâtre d'opérations Nord-Est est confié au Grand Quartier Général (GQG) : commandant en chef des armées : général Joseph Joffre ; major-général : général Émile Belin ; aides-majors : généraux Henri Berthelot ( et ) et Céleste Deprez ( et ) ; chancellerie (punitions et récompenses) : lieutenant-colonel Gaston Dupuis ; chef du (organisation, équipement et ressources humaines) : colonel Bernard ; chef du (renseignement) : lieutenant-colonel Dupont ; chef du (opération et instruction) : lieutenant-colonel Ferdinand Auguste Pont ;