La Coupe du monde de football 1966 est la huitième édition de la Coupe du monde de football. Elle se tient du 11 au en Angleterre et voit le sacre de l'équipe hôte.

La finale entre l'Angleterre et l'Allemagne de l'Ouest est restée dans les mémoires à cause du fameux but de Wembley de Geoffrey Hurst à la 101e minute de la prolongation, qui permet à l'équipe hôte de passer devant au score (3-2). Le ballon ayant frappé la barre transversale avant de retomber sur la ligne de but puis d'être dégagé, la question était et reste au XXIe siècle de savoir s'il avait ou non franchi entièrement la ligneUne étude réalisée par des chercheurs d'Oxford en 1995 montrera que le ballon n'avait pas franchi la ligne... L'Angleterre s'impose 4-2 au terme du match et gagne la première, et à ce jour unique, Coupe du monde de son histoire. Geoffrey Hurst réalise un triplé en finale, exploit qui ne sera répété que par Kylian Mbappé en 2022.

Préparation de l'événement Désignation du pays organisateur

Trois pays européens sont candidats à l'organisation de la Coupe du monde 1966 : l'Angleterre, Allemagne de l'Ouest et l'Espagne. Les Espagnols retirent leur candidature avant le vote qui a lieu à Rome le . Celui-ci attribue la compétition aux Anglais à 34 voix contre 27 pour les Allemands.

Pour la huitième édition du Mondial du ballon rond, le football revient à ses racines, là où il est né sous sa version moderne un siècle plus tôt.

Disparition du trophée Quelques mois avant la compétition, la Coupe Jules-Rimet récompensant l'équipe championne du monde est volée lors d'une exposition à Westminster. Toute l'Angleterre est en émoi et Scotland Yard chargé de l'affaire. Le , un petit chien nommé Pickles déterre et retrouve le précieux objet lors de sa balade nocturne dans un cottage de South Norwood, quartier au sud-est de Londres. Le petit mongrel noir et blanc est fêté comme un héros et son propriétaire, David Corbett, se voit offrir un billet pour la finale.

upright|vignette|droite|La mascotte Willy.

Première mascotte

La Coupe du monde 1966 est l'occasion de découvrir pour la première fois une mascotte officielle, le lion Willy. L'animal, qui se tient débout, est un symbole typique du Royaume-Uni et porte un maillot de l'Union Jack avec inscrits les mots World Cup. Décliné sous toutes ses formes, du porte-clés au t-shirt, il ouvre l'ère du merchandising dans le football.

Les stades

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Londres Liverpool Sheffield Sunderland Wembley Stadium Goodison Park Hillsborough Stadium Roker Park places places places places 150px 150px 150px 150px Londres Birmingham Manchester Middlesbrough White City Stadium Villa Park Old Trafford Ayresome Park places places places places 150px 150px 150px 150px

Acteurs de la compétition Équipes qualifiées

700px|right Europe (pays organisateur)

Amérique du Nord, centrale et caraïbes

Amérique du Sud (champion du monde 1962)

Asie-Océanie-Afrique

Les arbitres

Déroulement de la phase finale Tirage au sort +Répartition des équipes avant le tirage au sort Pot 1 : Amérique du Sud Pot 2 : Europe I Pot 3 : Europe latine Pot 4 : restes (*) (Champion en titre) : groupe III

(*) (Pays hôte) : groupe I

(*)

(*)

(*) : L'Angleterre, le Brésil, l'Allemagne de l'Ouest et l'Italie sont les 4 têtes de série désignées. Le pays hôte (Angleterre) et le champion sortant (Brésil) connaissent leur groupe de destination avant le tirage.

+Tirage au sortGroupe IGroupe IIGroupe IIIGroupe IV (*) (Pays hôte) (*) (*) (Champion en titre) (*)

L'Angleterre joue dans un groupe considéré comme facile au premier tour et dispose de périodes de récupération généreuses entre chacun de ses matchs. On peut considérer comme des « marques de favoritisme » le fait que l'Angleterre dispute aussi tous ses matchs dans le même stade, celui de Wembley (six matchs au total, de l'ouverture à la finale), tout comme l'arbitrage parfois médiocre et défavorable aux grands rivaux de l'Angleterre.

Premier tour Dès le premier tour disparaissent la France très décevante, le Brésil dont Pelé est systématiquement et honteusement « matraqué » sur le terrain et encore l'Italie humiliée par la Corée du Nord (1-0).

Groupe I L'Angleterre fait un score nul et vierge contre l'Uruguay pour le match d'ouverture. Elle bat ensuite le Mexique et la France sur le même score (2-0). L'Uruguay bat la France et fait match nul contre le Mexique. Ces deux nations sont qualifiées. Les Mexicains et les Français, avec 2 et 1 point respectivement, sont éliminés.

Classement final ÉquipePtsJGNPBPBCMoy.15321040∞243120212.00323021130.33413012250.4011 juillet00 13 juillet11 15 juillet 2116 juillet 2019 juillet 0020 juillet 20 journée

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Groupe II La Suisse perd tous ses matchs. L'Espagne n'en gagne qu'un et perd les deux autres. La RFA termine première avec deux victoires et un match nul, tandis que l'Argentine termine deuxième avec les mêmes résultats mais est défavorisée par la moyenne de buts.

Classement final ÉquipePtsJGNPBPBCMoy.153210717.00253210414.003 23102450.80403003190.1112 juillet50 13 juillet21 15 juillet 2116 juillet 0019 juillet 2020 juillet 21 journée

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Groupe III Le Brésil, double tenant du titre, ne passe pas le premier tour (seulement une victoire contre la Bulgarie). C'est la deuxième fois que cela arrive à une équipe tenante du titre (après l'Italie en 1950). Le Portugal, néophyte de cette compétition, termine premier en remportant ses trois matchs. La Hongrie termine deuxième en gagnant deux matchs sur trois. Lors du dernier match décisif entre le Portugal et le Brésil (3-1), les nombreuses agressions des Portugais sur Pelé, notamment celle de João Morais qui le blesse et le contraint à sortir, sont peu sanctionnées par le corps arbitral.

Classement final ÉquipePtsJGNPBPBCMoy.163300924.50243201751.40323102460.67403003180.1312 juillet20 13 juillet31 15 juillet 3116 juillet 3019 juillet 3120 juillet 31 journée

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Groupe IV La Corée du Nord, néophyte représentant l'Asie, est nettement battue d'entrée par l'Union soviétique avant d'arracher le point du nul en fin de rencontre contre le Chili. Lors de la dernière journée, elle crée la sensation en battant et éliminant l'Italie, tête de série du groupe, 1 à 0. Grâce à un résultat favorable dans l'autre match entre l'URSS et le Chili, les Nord-Coréens se classent deuxièmes du groupe derrière les Soviétiques qui ont fait le plein de points et se qualifient à la surprise générale pour les quarts de finale.

Classement final ÉquipePtsJGNPBPBCMoy.163300616.00233111240.50323102221.00413012250.4012 juillet30 13 juillet20 15 juillet 1116 juillet 1019 juillet 1020 juillet 21 journée

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Tableau final

Quarts de finale En quart de finale, les Nord-Coréens, cotés à mille contre un au début de la compétition, créent à nouveau la sensation : après 25 minutes, ils mènent 3-0 face au Portugal. Mais Eusébio, futur meilleur buteur de la compétition, frappe un grand coup en marquant quatre fois (dont 2 penaltys). Les Portugais l'emportent finalement 5-3.

La RFA se débarrasse facilement de l'Uruguay. Un jeune défenseur allemand se distingue lors de la rencontre : Franz Beckenbauer.

Les Soviétiques éliminent péniblement les Hongrois (2-1) et se qualifient pour les demi-finales.

L'Angleterre et l'Argentine se livrent un terrible combat à Wembley. Disputée dans un climat de haine, la rencontre tourne vite à la bataille rangée. L'arbitre de la partie Rudolf Kreitlein expulse le capitaine et défenseur argentin Antonio Rattín. Kreitlein lui fait signe de quitter le terrain, mais le joueur refuse de sortir. S'ensuivent de longues minutes de confusion pendant lesquelles le match est interrompu et Rattín finit par sortir. L'Angleterre l'emporte (1-0). grâce à un but de son capitaine Geoffrey Hurst à un quart d'heure de la fin. Après la rencontre, les hostilités se poursuivent dans les couloirs du stade. En battant l'Argentine, le pays organisateur devient le quatrième demi-finaliste. Tous les demi-finalistes de cette Coupe du monde sont européens pour la deuxième fois de l'histoire de la compétition. Les représentants anglais refusent que leurs joueurs échangent leur maillot avec leur adversaire.

À la suite des difficultés apparues lors de l'expulsion de Rattin, la FIFA demande à Ken Aston, responsable de la désignation des arbitres, de trouver une solution à ce problème. Il s'inspire du feu tricolore : « jaune : attention, puis rouge : stop », et crée le carton rouge..

Demi-finales La RFA se qualifie pour la deuxième finale de son histoire en battant l'URSS.

La deuxième demi-finale s'achève sur le même score que la première. Le score est favorable aux Anglais qui accèdent à leur première finale.

Match pour la troisième place Le Portugal termine troisième dès sa première phase finale et établit ainsi sa meilleure performance. Malgré la défaite, l'URSS également demi-finaliste réalise aussi sa meilleure performance en Coupe du monde.

Finale

La RFA se présente face au pays hôte avec de solides arguments. Helmut Haller le prouve en ouvrant le score après douze minutes, figeant Wembley dans un glacial silence. Mais Geoffrey Hurst égalise rapidement et la partie s'équilibre. Lorsque Martin Peters trompe Hans Tilkowski à la , les Anglais pensent le match gagné. Il reste une poignée de secondes lorsque Wolfgang Weber se jette au second poteau pour reprendre un centre de Sigfried Held et trompe Gordon Banks. Égalisation (2-2) qui entraîne la prolongation du match.

La prolongation donne lieu à l'un des épisodes les plus célèbres et les plus controversés de l'histoire de la Coupe du monde. À la , un tir violent d'Hurst frappe la transversale, rebondit sur la ligne de but, et est dégagée par un défenseur allemand. L'arbitre suisse Gottfried Dienst et son juge de touche, le Soviétique Tofik Bakhramov, restent un instant pétrifiés. L'arbitre valide le but (3-2) malgré la protestation des Allemands. Ces derniers essayent alors de forcer une nouvelle égalisation mais permettent un contre fatidique : à la dernière minute, Geoffrey Hurst marque une nouvelle fois (4-2), devenant le premier joueur à inscrire trois buts en finale de Coupe du monde. Le commentaire en direct à la BBC de ce but devint célèbre en Angleterre : ().

Titulaires : Gordon Banks George Cohen Jack Charlton Bobby Moore Ramon Wilson Nobby Stiles Robert Charlton Martin Peters Alan Ball Roger Hunt Geoffrey Hurst Entraîneur : Alf RamseyTitulaires : Hans Tilkowski Horst Höttges Willi Schulz Wolfgang Weber Karl-Heinz Schnellinger Franz Beckenbauer Wolfgang Overath Helmut Haller Uwe Seeler Sigfried Held Lothar Emmerich Entraîneur : Helmut Schön

Meilleurs buteurs La liste ci-dessous illustre les buteurs lors de la compétition..

9 buts : Eusébio

6 buts : Helmut Haller

4 buts : Geoffrey Hurst Franz Beckenbauer Ferenc Bene Valeriy Porkujan

3 buts :

Luis Artime Bobby Charlton Roger Hunt José Augusto José Torres Eduard Malofeyev

2 buts :

Rubén Marcos Uwe Seeler Kálmán Mészöly Pak Seung-zin Igor Tchislenko

1 but :

Ermindo Onega Garrincha Pelé Rildo Tostão Georgi Asparuhov Martin Peters Hector De Bourgoing Gérard Hausser Lothar Emmerich Sigfried Held Wolfgang Weber János Farkas Paolo Barison Sandro Mazzola Enrique Borja Lee Dong-woon Pak Doo-ik Yang Seung-kook António Simões Anatoliy Banishevskiy Amancio Josep Fusté Pirri Manuel Sanchís René-Pierre Quentin Julio César Cortés Pedro Rocha

Contre son camp : Ivan Davidov (but pour la Hongrie) Ivan Vutsov (but pour le Portugal)

Nombre d'équipes par confédération et par tour

Confédération / continentPremier tourQuarts de finaleDemi-finalesFinale (v.)UEFA1054 2 (1)CONMEBOL42 - -AFC 1 1 - - CONCACAF1 - - -CAF - - - -Océanie - - - - Total16842 (1)

Dans la culture populaire La Corée du Nord crée la surprise