La station des Monts d'Olmes (Les Monts d'Olmes) est une station de sports d'hiver française de la chaîne des Pyrénées, située sur le versant nord du massif de Tabe, sur le territoire de la commune de Montferrier, dans le département de l'Ariège.
Station de moyenne altitude, comprise entre , il s'agit du troisième domaine skiable en taille du département, derrière Ax 3 Domaines et Guzet. Outre un domaine skiable de 21 pistes, elle comprend plusieurs bâtiments à vocation résidentielle et commerciale, répartis en plusieurs lots, pour une superficie cumulée de .
Inaugurée en , la station doit beaucoup à l'implication logistique, politique et financière des industriels du pays d'Olmes, bassin textile centré sur les villes de Lavelanet et Laroque-d'Olmes, situées à environ au nord-est en aval. Gérée pendant trente ans par une société privée, initiée par André Roudière, l'un des principaux chefs d'entreprise lainiers de Lavelanet, la station est depuis 1999 propriété publique. Elle est l'un des principaux équipements touristiques du pays d'Olmes.
La trajectoire économique, sociale et paysagère de la station des Monts d'Olmes s'inscrit dans le contexte des massifs enclavés d'altitude moyenne soumis aux difficultés découlant de la désindustrialisation. Depuis le milieu des années 2010, la notoriété de la station doit beaucoup à la médiatisation de la championne de ski acrobatique Perrine Laffont, native de Lavelanet s'étant initiée au ski aux Monts d'Olmes.
Géographie Situation vignette|gauche|Le massif de Tabe et la station des Monts d'Olmes, éclairée par le soleil levant, vus depuis Mirepoix, à une distance de . La station est située entre d'altitude, sur le versant nord du massif de Tabe, petit massif périphérique de la chaîne des Pyrénées, en position avancée par rapport à la haute chaîne principale. Ce chaînon, qui culmine à au pic de Soularac et dont le sommet principal est le pic de Saint-Barthélemy (), s'étend sur environ de long, suivant un axe ouest-nord-ouest - est-sud-est, entre la vallée de l'Ariège à l'ouest et celle de l'Hers à l'est. Il domine au nord le pays d'Olmes, centré sur Lavelanet, qui correspond à la portion orientale du Plantaurel, important pli calcaire qui traverse le département de l'Ariège d'ouest en est, ici coupé par deux cluses principales (Touyre et Hers). La station domine en effet les trois vallées qui irriguent le Pays des Pyrénées Cathares, à savoir l'Hers, le Touyre et le Douctouyre.
Au sud, le massif surplombe la vallée de l'Ariège entre Tarascon-sur-Ariège et Ax-les-Thermes, ici nommée Sabarthès. À l'est, le massif est bordé par la haute vallée de l'Hers, au niveau des gorges de la Frau qui l'isolent du pays de Sault, et par le col de Marmare, qui fait la jonction avec le massif du Tarbésou.
La station se trouve sur le territoire communal de Montferrier, dont le bourg, établi sur les bords du Touyre, est distant de à vol d'oiseau, au nord-est. Le chef-lieu de la commune de Montségur est à peine plus éloigné, à à l'est-nord-est.
Accès vignette|gauche|Montferrier, depuis la route menant vers Montségur et les Monts d'Olmes (dans le dos de la prise de vue). L'accès routier principal se fait depuis la ville de Lavelanet via Montferrier, dont le bourg est au pied de la station. La route spécifiquement construite pour la station (route départementale 909) se connecte précisément à la route départementale 9, qui relie Montferrier à Montségur, environ après la sortie sud de Montferrier, et à à l'ouest du col de Montségur et du bourg de Montségur. L'embranchement se trouve à l'altitude de , près du lieu-dit Bordo Espalhado.
Depuis ce carrefour, le trajet routier jusqu'à la station emprunte d'abord le tracé d'un ancien chemin desservant le hameau de Cériès ( d'altitude), atteint après , puis d'un sentier menant jusqu'au hameau du Ramié ou Ramier ( d'altitude). Au-delà, la route suit pendant environ le tracé d'une piste dessinée dans les années 1950 pour desservir la carrière de talc du Fangas. Au-delà, le parcours de la route est inédit, à travers le bois de Montminier d'abord, empruntant un parcours sinueux comprenant parfois des descentes, puis attaquant plus franchement la pente par des lacets dont l'un, à l'altitude de , franchit le Touyre.
La distance entre le centre-bourg de Montferrier et le cœur de la station est de . Le centre-ville de Lavelanet est à .
Située non loin de la citadelle de Montségur, la station des Monts d'Olmes se situe à seulement de route de Toulouse et à un peu plus d'une heure de Carcassonne, ce qui en fait un équipement particulièrement fréquenté par la population urbaine du Midi toulousain.
Toponymie La station des Monts d'Olmes tient son nom du pays d'Olmes, région culturelle et historique centrée sur la ville de Lavelanet et comprenant la partie orientale du département de l'Ariège, entre la vallée du Douctouyre à l'ouest, et le Quercorb à l'est. Le toponyme « Monts d'Olmes », inusité avant la création de la station, est proposé en 1963 lors d'une réunion de l'Association de promotion du ski en pays d'Olmes, structure à l'initiative du démarrage du projet, et s'impose alors face à « Olmes 2000 » et « Super Olmes »..
Ce vocable toponymique, qui date des années 1960, est parfois utilisé pour qualifier le massif de Tabe., même si cette appellation a été spécifiquement créée pour désigner la station.
Histoire Chronologie synthétique
Contexte vignette|Une ancienne usine textile de Lavelanet (à l'arrière-plan). La création de la station des Monts d'Olmes s'inscrit dans un contexte de développement intense de la pratique des sports d'hiver dans le département de l'Ariège, initié dans le premier quart du par la fondation des premiers skis-clubs ariégeois à Saint-Girons (1924) et Pamiers (1934). La présence de pentes enneigées sur le piémont pyrénéen, à distance de la haute chaîne où rayonnent les stations pionnières d'Ax et du Luchon, poussent les passionnés, qui se sont pour certains formés au ski dans le cadre de leur service militaire au sein des Chasseurs alpins§ 3., à pratiquer la descente sur des terrains adaptés et à envisager la création de nouvelles stations.
L'implication des industriels du bassin textile du pays d'Olmes dans la pratique des sports d'hiver est patente. Dans les années 1930, les premiers ski-clubs du pays d'Olmes sont fondés à leur initiative : Antoine Ricalens, patron à Laroque-d'OlmesAntoine Ricalens appartient à la famille Ricalens, qui possède durant toute la première moitié du une importante usine intégrée à la sortie sud de Laroque, reprise par Michel Thierry au début des années 1960., et René Dumons, à Lavelanet en 1934 ().René Dumons appartient à la famille Dumons, qui gère l'une des principales usines textiles de Lavelanet, fermée en 1981 et où prend place désormais le Musée du textile et du peigne en corne de Lavelanet., créent et président respectivement les clubs de ces deux localités (Ski Club du Pays d'Olmes, qui dès 1935 est affilié à la Fédération pyrénéenne (). ()., et Ski Club Laroquais)... Les clubs organisent de fréquentes sorties dans les stations déjà existantes, à Puymorens, au Pas de la Case., au col du Chioula à partir des années 1950, puis à Camurac, ouverte en 1964, et y participent à des courses ()..
La pratique de la glisse sur les pentes aux abords immédiats de Lavelanet, dans le secteur de Cambière, des Rives et de Montsec, compris entre d'altitude, est également attestée dans les années 1930.
La première « station »
vignette|gauche|L'étang de Moulzoune, au bas des pistes de l'ancienne « station de la mine », et Lavelanet en arrière-plan. À environ à l'est de l'emplacement de l'actuelle station, la carrière de talc de Montferrier, progressivement abandonnée par les mineurs à partir de la fin des années 1930, sert de site d'entraînement jusqu'aux années 1960.
Après la guerre, on y installe un remonte-pente, qui fonctionne de manière chaotique. Deux refuges y sont sommairement aménagés, l'un dans un ancien abri à l'usage des mineurs, et l'autre construit par de jeunes skieurs de Montferrier, dont le ski-club, dit « du Saint-Barthélemy », est créé en 1952.. Le dynamisme de ce projet doit beaucoup à la relance des ski-clubs, mis en sommeil pendant la guerre. À nouveau, les industriels s'y impliquent, d'abord en 1946, puis au début des années 1960 : Louis Fonquernie ou Raoul Pigeon, patron et cadre textiles à Laroque, figurent parmi ces acteurs, aux côtés de nombreux autres bénévoles.. René Dumons est encore le président du club de Lavelanet en 1949 ().. Plus tard, c'est aussi le cas de la famille Pouchodon, à la tête de l'entreprise SOTAP-Carol, qui s'occupe du ski-club de Montferrier.
Dans les années 1950, le site de la mine accueille des courses fréquentées, dont les vainqueurs remportent notamment des coupons de tissu produits par les entreprises textiles de la vallée.
Création La détermination d'un projet de station moderne répond à la volonté locale de reproduire le modèle des stations alpines dans les Pyrénées. Le modèle de la station d'altitude créée ex nihilo (station dite « de » voire « génération », ou « intégrée »), en vogue dans les années 1960, s'impose. La création de la station répond à des motivations économiques, à savoir la diversification par le tourisme, dans un territoire en situation quasi mono-industrielle, encore en croissance alors que tous les autres bassins textiles déclinent.. Les enjeux sociaux sont également présents dans l'argumentaire économique des promoteurs : il s'agit d'offrir une activité de loisirs aux habitants et de fixer les cadres et salariés en pays d'Olmes§ 7..
Le projet de station nouvelle à proprement parler, est impulsé par plusieurs acteurs locaux qui s'unissent en 1963 dans la création de l'Association de promotion du ski en pays d'Olmes (APSPO), autour de la figure déterminante d'André Roudière, propriétaire d'une des principales usines de tissage de Lavelanet, qu'il a fondée en 1947. À ses côtés, s'agrègent d'autres personnalités, dont plusieurs sont des passionnés de ski — ce que n'est pas A. Roudière — comme Louis Barthe, Aldo Villa et René Labadie.. Ce dernier avance qu'André Roudière a pu être inspiré par le projet de l'industriel italien Ermenegildo Zegna, fondateur d'Oasi Zegna, vaste espace naturel aménagé à partir des années 1930 dans les Alpes de Biella, comprenant notamment une station de sports d'hiver§ 9...
Le premier projet d'aménagement est déposé en préfecture en , après plusieurs opérations de repérage à pied dans le massif, orientées par la réalisation par Aldo Villa, maçon de métier, d'une maquette du massif de Tabe en plâtre..
vignette|Plaque commémorative de la station d'Ax, dont le développement dans les années 1960 est nettement plus soutenu que celui de la station des Monts d'Olmes. vignette|L'ancienne usine textile de Michel Thierry à Laroque-d'Olmes (ici en 2023). Le financement du projet se heurte à la grande réticence des pouvoirs publics, qui privilégient le développement de la station d'Ax-Bonascre. Deux sociétés privées, respectivement chargées d'exploiter les remontées mécaniques (Société des téléskis des Monts d'Olmes, STMO) et d'urbaniser le terrain (Société d'études immobilières des Monts d'Olmes, SEIMO) sont mises en place. La première réunit de nombreux actionnaires, pour un total de 208 particuliers, et comprend plusieurs industriels, dont Michel Thierry ou des textiliens du Tarn voire du Nord. Un emprunt bancaire permet de compléter le budget initial La seconde achète les terrains, les viabilise et les vend pour qu'ils soient construits. Cette dissociation, décidée par André Roudière, qui dirige les deux entités, répond à un souci de répartir les risques§ 11.. Des visites dans les stations alpines, notamment à La Plagne (Savoie), sont effectuées avant le lancement du chantier pour s'inspirer des méthodes d'urbanisation et de commercialisation.