Tannerre-en-Puisaye est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.
Le village est connu pour son ferrier, l'un des deux plus grands de France.
Géographie Localisation Ce village est situé en Puisaye, une petite région aux confins de la Bourgogne et de la région Centre qui s'étend sur cinq cantons du département de l'Yonne (Bléneau, Charny, Saint-Fargeau, Saint-Sauveur-en-Puisaye et Toucy), sur un canton du département de la Nièvre (Saint-Amand-en-Puisaye) et en partie sur les cantons de Briare et Châtillon-Coligny (Loiret).
Communes limitrophes
Lieux-dits, hameaux et écarts De nombreux hameaux composent la commune. Certains sont encore le siège d'une exploitation agricole, mais la plupart ne comportent que des "maisons de campagne".
vignette|Le moulin de la Forge
Hydrographie vignette|Le Branlin au moulin de la Forge
Le Branlin traverse la commune du sud au nord sur 7 km, longé d'un bout à l'autre par la D 7. Divisé en de nombreux bras, biefs et canaux aux abords de Tannerre, l'un d'eux y alimente au passage la pièce d'eau du château puis les trois étangs du moulin de la Forge. Il sert de limite de communes avec Villeneuve-les-Genêts sur 2 km (à la Billauderie, où il est séparé en trois bras, c'est le bras du milieu qui sert de limite), puis passe sur la commune de Villeneuve pendant 850 m avant de repasser sur Tannerre vers la Carpe ; encore 1,2 km et il sort définitivement de la commune pour passer sur celle de Champignelles. Toute sa vallée et la plupart de ses coteaux sont compris dans la ZNIEFF de la vallée du Branlin de Saints à Malicorne.
L'Agréau sert de limite de communes au sud avec Saint-Fargeau sur les 1,7 km de longueur de cette limite, mais sans être inclus dans la commune qui n'est donc concernée que par son coteau en rive droite.
Un cours d'eau partiellement souterrain Le ru de l'Orsière, au sortir de létang de la Bruyère sur la commune de Dracy, entre sur Tannerre par l'Est et y coule sur 500 m avant de disparaître dans les pertes notables du lieu-dit les Entonnoirs.
Avant que ne s'ouvrent les pertes qui l'absorbent, ce cours d'eau a laissé son empreinte dans le paysage sous la forme de coteaux sinueux orientés vers le nord-ouest puis le nord en direction de létang Neuf et du ru de Louesme, affluent du Branlin. Cependant il est vraisemblablement relié à la rivière souterraine des Usages dont le point d'accès se trouve au hameau des Petites Usages sur Villiers-Saint-Benoît, en limite de communes avec Tannerre. De nos jours la rivière des Usages est quant à elle la continuation probable de l'Orsière ou alimentée par cette dernière..
Étangs La commune compte également deux étangs d'environ 1 ha chacun dans le grand bois du Mouton à l'est de Tannerre ; un étang de 6 ha dans le bois des Assises au sud du bourg ; létang Neuf, l'une des sources du ru de Louesme, au nord, près de 4 ha dont 1,5 ha sur Tannerre et le reste sur Champignelles ; et nombre de petites pièces d'eauCommune de Tannerre-en-Puisaye, carte sur Géoportail. Cours d'eau et limites de communes surlignés..
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Saint Privé », sur la commune de Saint-Privé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022..
Urbanisme Typologie Au , Tannerre-en-Puisaye est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (71,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (71,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (51,6 %), forêts (28,1 %), prairies (13,9 %), zones agricoles hétérogènes (6,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports Tannerre se trouve au carrefour de 3 routes départementales fréquentées principalement par le trafic local : la D 7 (nord-sud) relie Champignelles et Mézilles ; la D 22 (est-ouest), Villiers-Saint-Benoît et Villeneuve-les-Genêts ; la D 160 (N-E / S-O), Louesme et Septfonds.
Auxerre se trouve à à l'Est (autoroute A6 à 45 km pour la sortie de Venoy) ; Briare dans le Loiret est à au sud-sud-ouest (sortie de l'autoroute A77 à ). La sortie de la A77 est à près de Bonny-sur-Loire (Loiret).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Tanotra au ; Tannadorum en 1233 ; Tannera en 1276 ; Tempnerra au ; Tanere en 1501..
Dans une charte du château de Saint-Fargeau datant de 1233 on trouve le composé Tannodurum manifestement formée à partir de deux mots celtiques (gaulois) : tanno- qui signifie « chêne vert » cf. français tan, tanner cf. breton tannen « chêne » et vieil irlandais tinne « houx » ; duron qui signifie « porte → marché, enclos, place, forum → ville close, bourg » cf. breton / gallois dor « porte ».
D'où une forme initiale *Tannoduron avec le sens global de « porte de chêne » cf. Izernore (Ain, Isarnodori glosé ferrei ostii « portes de fer ») ou « marché des chênes », ou encore « place des chênes ».
La Puisaye, (ou Puissaie), est une région naturelle française située aux confins de l'Orléanais, du Nivernais et de la Bourgogne. Cette région se nomme indifféremment Puisaye ou Poyaude
Histoire vignette|160px|Buttes de scories dans le ferrier.
Antiquité Tannerre, qui était sur le territoire des Sénons, a été connue dès l'époque des Celtes (en Gaule l'âge du fer débute vers 800 à 700 ) pour son activité métallurgique très importante. Son plus grand ferrier (il en existe beaucoup d'autres sur la commune et dans toute la Puisaye), le ferrier antique de Tannerre-en-Puisaye occupe un peu plus de 30 hectares. C'est le plus grand de France, avec celui des MartysSidérurgie antique, sur le site de l'association du ferrier de Tannerre. Photos et informations sur l'extraction du fer dans l'Antiquité., et l'un des plus grands d'EuropeInauguration du ferrier de Tannerre, sur le site de l'association du ferrier de Tannerre.. On y a retrouvé de nombreux témoignages de ces temps passés (monnaies, poteries, vestiges des techniques d'alors comme des tuyères...)Le grand ferrier antique de Tannerre-en-Puisaye, dans Histoire du ferrier, sur le site de l'association « Le ferrier de Tannerre ». Cartes des ferriers répertoriés en Puisaye, de ceux sur la commune de Tannerre, plan du site du ferrier de Tannerre, et nombreuses autres informations.. Vers la fin de la Tène, tous les sites d'exploitation importants de Puisaye, donc Tannerre dans la foulée, semblent avoir accru leur taille et raffiné leur équipement.
vignette|left|140px|Puits romain dans le ferrier de la Garenne.
Cette activité, commencée par les Celtes, explose avec la conquête romaine : environ 80 % de la production entière du site, toutes époques confondues, est réalisée durant les 300 ans de leur occupation. Accroissant considérablement la taille des ateliers, ils y appliquent un outillage et des techniques perfectionnés qui donnent un matériau de qualité égale à la production des hauts-fourneaux modernes. Un village gallo-romain était certainement construit à flanc de colline.
Un système de défense existait dans le ferrier même, surveillant la « Route du Fer » : une route d'importance puisqu'elle était utilisée par l'Empire pour la collecte de la production des sites métallurgiques et autres villes traversés. Elle passait par Saint-Sauveur, Mézilles, Tannerre, Malicorne, sur la route de Bibracte à SensLa Motte Champlay, sur le site de l'association du ferrier de Tannerre..
Moyen Âge Après le départ des Romains, la production de fer décroît pour quasiment cesser vers la fin du haut Moyen Âge. Restent ces immenses buttes dont beaucoup atteignent 15 m de hauteur, faites des scories issues du traitement du minerai de fer. De cette époque de fin d'empire et du début du Moyen Âge, rien d'autre ne reste sauf des tombes en pierre tendre de Thury ; on en trouve des similaires vers Bléneau..
N'ayant plus de raison de rester à flanc de coteau, le bourg descend dans la vallée du Branlin.
Vers le , une zone dans la partie ouest du grand ferrier (au nord-est de la vallée) est nivelée pour y construire un château-fort : la Motte Champlay (le nom de Motte Champlay apparait dans le livre Bleneau et ses environs d'Aristide Dey, mais on ne trouve aucune référence à ce nom dans les archives nationales. Par contre la « Maison du mouton » est identifiée à Tannerre dans certains documents), sise sur des scories et sur l'emplacement de l'ancien système de défense. Une enceinte de 180 mètres d'ouest en est et 100 m du sud au nord, entourait deux forts, un fortin, des casernes couvertes d'ardoises, et une basse-cour.
vignette|Maison du ,14 Grande Rue.
Vers la fin du haut Moyen Âge est également construite la maison-fort dans la vallée du Branlin.
Relevant du fief de Saint-Fargeau ainsi que la Motte-Champlay, le domaine direct de Tannerre au début du est considérable. Il a droit de haute, moyenne et basse justice, a une prison avec carcan et gibet, et en plus des droits seigneuriaux habituels on note que le seigneur a le droit de faire visiter toutes les bêtes à la boucherie pour en prélever les langues ; et de prélever une gerbe sur cent des blés et grains appartenant à la cure de Tannerre. Tannerre a une maladrerie et un hôpital équipé « de tout le nécessaire pour recevoir les malades » : la seigneurie de Tannerre à l'époque de l'arrivée des Anglais. (ce qui n'était pas toujours le cas pour les hôpitaux à l'époque).
Tannerre se trouvant proche du chemin du sel entre Loire et Yonne, route fort empruntée depuis longtemps.., l'Anglais Robert Knolles s'en empare en 1358 pour s'assurer une retraite fortifiée et stratégiquement placée pendant qu'il écume la région (son quartier général est à Malicorne, mais il doit caser ses 1 000 hommes en plusieurs endroits pour répartir la charge de leur approvisionnement - et accroître l'étendue de leurs pillages).