Lordre de la Très Sainte Trinité et de la Rédemption des Captifs, dit ordre des Trinitaires ou Mathurins, est un ordre religieux catholique fondé en 1194 à Cerfroid par les français saint Jean de Matha et saint Félix de Valois, à l'origine pour racheter les chrétiens captifs des Musulmans. C'est la plus ancienne institution officielle de l'Église catholique consacrée au service de la rédemption sans armes à la main. , ils aident les prisonniers et les captifs de toutes sortes.
Le nom latin de l'ordre est « Ordo Sanctissimae Trinitatis et Captivorum » et son sigle est « O.Ss.T. ». Son charisme et son apostolat sont représentés sur une mosaïque datant de 1210 montrant le Christ libérant deux captifs, un noir et un blanc. C'est la vision qu'a eue le fondateur lors de sa première messe célébrée à Paris le . Offerte par Innocent III à saint Jean de Matha, la mosaïque se trouve encore à Rome sur le fronton de l'hospice de Saint-Thomas-in-Formis.
C'est un des deux ordres dits rédempteursAdeline Rucquoi, directeur de recherche au CNRS, L’Homme nouveau, février 2008. de l'Église, l'autre fondé quelques années plus tard est l'ordre de Notre-Dame de la Merci ou MercédairesVolumes 20-23 de Encyclopédie théologique, Volume 2 de Dictionnaire des ordres religieux, ou, Histoire des ordres monastiques, religieux et militaires et des congrégations séculières de l'un et de l'autre sexe, qui ont été établies jusqu'à présent, Pierre Hélyot, 1863, p. 928.. Quant aux Trinitaires, ils sont associés à Notre-Dame du Bon Remède.
Histoire vignette|gauche|La croix des Trinitaires : la primitive (toujours utilisée par les sœurs) et l'actuelle, adoptée par les Trinitaires déchaussés à la fin du .
L'ordre est fondé à Cerfroid près de Brumetz dans l'Aisne et sera approuvé par le pape le par la bulle Operante divine dispositionis. Les Frères de la maison de la Trinité devront vivre dans l'obéissance, la chasteté et sans rien en propre (formule reprise plus tard par saint François d'Assise). Un tiers de leurs revenus sera affectée au rachat des captifs emprisonnés par les païens. Ils sont tenus à la célébration en commun de l'office. Le pape donnera à l'ordre, en 1209 l'hôpital Saint-Thomas-in-Formis, principale fondation trinitaire à Rome.
Jean de Matha et ses compagnons ramenèrent d'un premier voyage en Afrique cent quatre-vingt-six prisonniers libérés.
La tradition trinitaire voit en Félix de Valois le cofondateur de l'ordre, compagnon de Jean de Matha dans la solitude de Cerfroid. C'est là que s'implante la première communauté trinitaire. C'est pourquoi cette maison comme le berceau et la maison-mère de tout l'Ordre.
Les membres sont également appelés Trinitaires, ou Mathurins, du nom de leur couvent à Paris, près d'une chapelle dédiée à saint MathurinLe couvent de Saint-Mathurin à Paris fut fondé en 1209., ou encore frères aux ânes car leur règle leur interdisait de monter à cheval.
Jean de Matha fonde un projet de vie religieuse dans l'Église, nouveau et original, dont la texture est profondément évangélique. Il rattache la Trinité et la rédemption des captifs : l'ordre est l'ordre de la Sainte Trinité et des captifs, et les frères de Jean de Matha sont les frères de la Sainte Trinité et des captifs.
vignette|Des pères trinitaires rachetant des captifs (illustration de 1600).
Dès 1200, Jean de Matha fonde un hôpital à Marseille pour accueillir des captifs libérés par les musulmans. Il meurt à Rome en 1213. Le culte immémorial sera reconnu par la pape Alexandre VII et inscrit dans le calendrier universel par le pape Innocent XII. Vers 1240, l'ordre des Trinitaires compte déjà plusieurs dizaines de maisons réparties en Europe occidentale et en Terre Sainte. Le développement assez considérable de l'ordre au Moyen Âge explique aisément que des activités pastorales ou missionnaires plus larges aient occupé beaucoup de religieux, tandis que l'ordre s'annexait également des monastères de contemplatives.
La règle rédigée par Jean de Matha est le principe et le fondement de l'ordre trinitaire. Adaptée au cours de 800 ans par la tradition, principalement par l'esprit et l'œuvre, en 1599, du réformateur espagnol Jean-Baptiste de la Conception suivant le modèle offert par la réforme des carmélites, elle se prolonge dans les Constitutions approuvées par le Saint-Siège en 1984.
La solennité de la Sainte Trinité a lieu le deuxième dimanche après la Pentecôte.
Règles Bien que les Trinitaires aient une règle particulière, plusieurs historiens les mettent au nombre de ceux qui suivent la règle de Saint Augustin et qui sont des Chanoines réguliersDictionnaire universel françois et latin contenant la signification et la définition, de Trevoux, éd. Gandouin, 1732, vol. 5, . Dans plusieurs manuscrits très anciens, la règle de saint Augustin se trouve effectivement jointe à celle de l'ordre des TrinitairesCollection de décisions nouvelles et de notions relatives à la jurisprudence actuelle par Me J.-B. Denisart; Éditeur: Vve Desaint, 1775, ..
« Frères aux ânes »
Vers 1280, un manuscrit nomme l'hôpital de la Trinité, situé rue Saint Denis alors situé hors Paris, Trinité aus Asniers.
Histoire des Trinitaires par E. d'Ault et J.-P. Migne vignette|redresse|gauche|Saint Jean de Mata recevant l'approbation de l'Ordre du pape Innocent III, anonyme.
« Saint Jean de Matha obtint, avec Félix de Valois, du pape , en 1198, la permission d'instituer un ordre religieux, dont le but était la rédemption des captifs tombés entre les mains des infidèles. Cet ordre a pris le nom de la sainte Trinité, parce que Dieu lui-même en avait provoqué la fondation par des visions miraculeuses.
Après avoir établi son ordre en France, Jean de Matha se rendit en Espagne, où il exhorta les rois, les princes, les seigneurs et les peuples, à la compassion envers les malheureux chrétiens captifs. Il fut favorablement accueilli en Castille, par , en Aragon, par , et en Navarre, par . Sa parole produisit les fruits qu'il en attendait chez une nation qui avait été en guerre avec les Mahométans. Des monastères et des hôpitaux du nouvel ordre furent fondés. D'Espagne, Jean de Matha passa à Tunis, d'où il conduisit à Rome cent vingt captifs qu'il avait rachetés. Pendant ce temps, Félix de Valois établissait, à Paris, un couvent qui fit donner aux religieux trinitaires de la rédemption le nom de mathurins, parce qu'il y avait une chapelle dédiée à saint Mathurin là où il fut bâti.
Saint Jean de Matha meurt à Rome, en 1213 ou 1214. Son corps est ensuite transporté en Espagne. L'ordre qu'il léguait à l'Église est définitivement approuvé par le pape , en 1267.
Au temps du pape , dans la seconde moitié du , les Trinitaires espagnols furent autorisés à élire un général, et usèrent de cette permission en 1688. Mais, après l'avènement de au trône d'Espagne, le général de l'ordre entier, qui résidait en France, obtint du pape sa rentrée dans ses droits, et il n'y eut plus, depuis 1705, qu'un général universellement reconnu par tous les religieux de l'ordre.
Le relâchement s'introduit parmi les Trinitaires en Espagne, les religieux des Castille, d'Aragon et d'Andalousie, résolvent, dans un chapitre tenu en 1594, d'établir dans chacune de ces provinces deux ou trois maisons où la règle primitive, et où avec plus d'austérité. Cette réforme est opérée dans un couvent bâti à Valdepeñas, en 1596, par la munificence d'un commandeur de Saint-Jacques, et saint Jean-Baptiste de la Conception en fut l'instituteur. Les religieux qui y entrèrent prirent des habits plus grossiers que ceux qu'ils portaient précédemment, et ils n'eurent plus aux pieds que des sandales.
Le père Jean-Baptiste obtint du pape , en 1599, que les Trinitaires déchaussés sont séparés de l'ancien ordre ; mais ce ne fut pas sans une vive opposition de la part des religieux chaussés que le bref du Saint-Siège put être mis à exécution. Le père Jean-Baptiste mourut à Cordoue, en 1613, après avoir fondé dix-huit couvents de la réforme des Trinitaires déchaussés. Ces religieux sont exemptés en 1636, par le pape , de la juridiction du général de l'ordre entier des Trinitaires, et il leur fut permis d'élire un général de leur congrégation. Elle se multiplia beaucoup en Espagne, et en trois provinces, auxquelles les noms de la Conception, du Saint-Esprit, et de la Transfiguration.
Les Trinitaires déchaussés d'Espagne se répandirent successivement en Pologne, en Allemagne, en Hongrie et en Italie. C'est par millions que l' le nombre des captifs qu'ils ont rachetés de l'esclavage chez les infidèles. Quelques femmes pieusement charitables, quoiqu'elles ne pussent pas aller elles-mêmes racheter les captifs, voulurent s'associer par leurs prières à l'œuvre des Trinitaires, et elles embrassèrent la vie religieuse, suivant la règle de l'ordre, en 1236, sous la conduite de l'infante Constance, fille de , roi d'Aragon, qui est la première religieuse trinitaire. Il y eut aussi des religieuses trinitaires déchaussées en EspagneDictionnaire historique, géographique et biographique des croisades, Édouard d'Ault-Dumesnil, Jacques-Paul Migne, 1852, et 106 de l'introduction. »
Différentes branches au vignette|Saint Jean-Baptiste de la Conception, Pedro Atanasio Bocanegra, musée des Beaux-Arts de Grenade, Espagne.
Trinitaires, ou ordre de la Trinité et Rédemption des captifs, fondé en 1193. Trinitaires de l'ancienne observance : nom porté par l'ordre primitif après la séparation des Trinitaires Réformés et Déchaussés. Trinitaires réformés : congrégation particulière en France ; une réforme de l'ordre fut décidée dans les Chapitres généraux des années 1573 et 1576. Deux ermites mettent en œuvre cette réforme : les pères Julien de Nantonville du diocèse de Chartes et Claude Aleph du diocèse de Paris, qui demeuraient dans un ermitage proche de Pontoise sous le nom de S. Michel, ils demandèrent la permission au Pape de porter l'habit de l'ordre de la sainte Trinité. Ce pontife informé de la vie austère et régulière qu'ils avaient menée avec dix autres compagnons dans cet ermitage de saint Michel, le change en une maison de cet ordre par bulle du . Ils firent profession à Cerfroid le . En 1601, permit à ces réformés de présenter deux ou trois d'entre eux au général des Trinitaires afin qu'il en choisisse un pour visiteur général. En 1619, le pape leur permet d'élire tous les ans un vicaire général, dépendant du général des Trinitaires. Trinitaires déchaussés en Espagne : fondés en 1594. Les religieux trinitaires des Provinces de Castille, d'Aragon et d'Andalousie tinrent un Chapitre général présidé par père Didace Gusman qui décide une plus grande austérité de l'ordre en Espagne. Saint Jean-Baptiste de la Conception mit en œuvre cette réforme. En 1605, leur permit d'élire tous les trois ans un provincial et en 1609 leur accorde un vicaire général qui devait être confirmé par le général des Trinitaires. Enfin, en 1636, les exempte de la juridiction du général et leur permet d'en élire un de leur réforme. Trinitaires déchaussés en France : cette réforme est due au zèle du père Jérôme Halies dit du Saint-Sacrement qui fut envoyé à Rome en qualité de Procureur général ; en 1601, approuva cette réforme et le nomma visiteur général. Puis il obtint de Paul V la séparation des couvents réformés de ceux de l'ancienne observance. Proches des Trinitaires déchaussés d'Espagne, ils étaient aussi gouvernés par un vicaire général. Trinitaires (religieuses) : fondé en 1231 par l'infante Constance d'Aragon, fille de et sœur de rois d'Espagne, qui en fut la première religieuse et première abbesse ou supérieure. Trinitaires déchaussées (religieuses) : commencé vers 1612 par Françoise de Romero, puis par Marie de Vilena, sous la juridiction de l'archevêque de Tolède. Trinitaires (filles séculières) : fondé à Paris au début du