La famille Galitzine (translittération française la plus courante) ou Golitsyne (en ) est la deuxième plus grande et plus noble maison princière de Russie. Les Galitzine revendiquent leur ancienneté dans la dynastie russe des Gediminas (les Gédiminides) qui existe depuis le . Les descendants de cette famille en Europe et en France écrivent leur nom sous la forme Galitzine. La famille compte parmi les premières dynasties aristocratiques russes et ses membres portent le prédicat honorifique Son Altesse SérénissimeAlexandre Galitzine, Washington DC, Victor Graphics, 2002, , p.780.

Définition Le Larousse des noms propres indique à l'article « Golitsyne »:

« GOLITSYNE ou GALITZINE ou GALLITZIN, famille princière qui donna à la Russie du des hommes d'État et des chefs militaires »

Membres notables Vassili Golitsyne, signataire en tant que premier-ministre de l'Empire russe du traité de Nertchinsk (1682) avec la dynastie Qing qui délimita la frontière russo-chinoise.vignette|Le Prince Vassili Galitzine, signataire du Traité de Nertchinsk. Mikhaïl Golitsyne, membre du Haut conseil secret, gouverneur de Finlande de 1714 à 1728 réputé pour sa tyrannie.thumb|Le Prince Mikhaïl Galitzine, membre du Haut conseil secret. Dimitri Mikhaïlovitch Galitzine, ambassadeur de l'Empire russe à la cour des Habsbourg. Mécène, philanthrope, ami de Wolfgang Amadeus Mozart, fit construire l'Hôpital Golytsine à Moscou. Dimitri Alexeïevitch Galitzine, ambassadeur de l'Empire russe en France pendant la révolution de 1789. Mécène de Denis Diderot qui lui consacra le roman Mystification. Boris Andreïevitch Galitzine, général russe pendant les campagnes napoléoniennes, entre avec ses troupes dans Paris en 1814. Boris Vladimirovitch Galitzine, général russe, meurt à la bataille de Borodino en 1813. Nathalie Galitzine, amie et mécène d' Alexandre Pouchkine. C'est le personnage de la Comtesse dans son roman La Dame de pique.vignette|La Princesse Nathalie Galitzine, comtesse du roman La Dame de pique de Pouchkine. Alexandre Nikolaïevitch Golitsyne, président du Conseil d'État de l'Empire russe. Nikolaï Galitzine, dernier premier-ministre de l'Empire russe. Boris Galitzine, physicien, l'un des pères de la sismologie. Inventeur du sismologue moderne en 1906. Anatoli Golitsyne, agent du KGB, commandant de l'ordre de l'Empire britannique. Il est l'inspiration du personnage d'Alexander Galitzine dans le film de Brian de Palma Mission impossible. Gueorgui Sergueïevitch Golitsyne, physicien, auteur du concept d'hiver nucléaire, siège à l'Académie des sciences de Russie.

Nommés d'après

Œuvres d'Art

Le Triptyque Galitzin, triptyque réalisé par Le Pérugin en 1485. Les Quatuor à cordes numéro 12 de Beethoven et Quatuor à cordes numéro 13 de Beethoven dédicacés au prince Nikolaï Galitzine

Lieux géographiques

Un cratère lunaire, « Galitzine », de de diamètre. Le « Galitzinberg », colline de Vienne (Autriche) où se situe un château de la famille Gallitzin, localité du comté de Cambria, état de Pennsylvanie, États-Unis d'Amérique.

Nés au

Mikhaïl Galitzine Chef de guerre, chef des troupes Moscovites. Défait les troupes polonaises à la bataille d'Orcha en 1514

Nés au

Diplomates

Youri Mikhaïlovitch Galitzine Ambassadeur auprès de l'Empereur du Saint-Empire Ferdinand .

Vassili Yourievitch Galitzine Ambassadeur auprès du roi Sigismond de Pologne.

Nés au

Hommes d'état

Vassili Vassilievitch Golytsine (1643-1714)

Prince Vassili Vassilievitch Golitsyne, homme d'État russe du .

Passa ses premiers jours à la cour du tsar Alexis où il accéda progressivement au rang de boyard. En 1676, il fut envoyé en Ukraine pour remettre au pas les Tatars de Crimée et il prit part à la campagne de Chigirin.

La révolution de mai 1682 plaça Golitsyne à la tête du ministère des Affaires étrangères (Possolski prikaz). Durant la régence de la demi-sœur de Pierre le Grand, Sophie, dont il était l'amant.

Il fut le principal ministre de l'État (1682-1689) et se vit décerner le titre de « Garde du Grand Sceau impérial » que seuls deux Russes avaient porté avant lui, Afanassi Ordine-Nachtchokine et Artamon Matveïev.

Dans les affaires intérieures son influence fut insignifiante, mais sa politique étrangère se distingua par le traité de Nertchinsk (en 1689), qui fixa la frontière russo-chinoise le long du fleuve Amour, et par le traité de paix avec la Pologne (en 1683), par lequel la Russie recouvrait Kiev.

Par les termes du même traité, il fit entrer la Russie dans la grande ligue contre la Sublime Porte, mais ses deux expéditions contre la Crimée (en 1687 et en 1689), qui constituent la première guerre de Crimée, furent des échecs et le rendirent impopulaire.

Néanmoins, Sophie obtint du jeune tsar Pierre qu'il décorât le commandant en chef comme s'il était revenu victorieux. Dans la guerre civile entre Sophie et Pierre (août-), Vassili Golitsyne soutint sans enthousiasme Sophie et partagea sa défaite. Sa vie fut épargnée grâce à l'entremise de son cousin Boris, mais il perdit son rang et banni successivement à Kargopol, Mezen et Kholmogory, où il mourut le .

Ayant reçu une éducation complète, il fut un diplomate apprécié à l'étranger, où il est fait référence du « Grand Golitsyne ».

Partisan de mesures audacieuses telles que l'abolition du servage, la promotion de la tolérance religieuse, et le développement des entreprises industrielles mais désireux d'éviter toutes formes de violence et de répression, son programme était plus prudent et plus réaliste que celui de Pierre le Grand.

Les bouleversements politiques l'empêchèrent d'exécuter ces plans.

Boris Alexeïevitch Galitzine (1654-1714) L'adversaire politique de Vassili fut son cousin le prince Boris Alexeïevitch, chambellan de la cour depuis 1676.

Chef des soutiens du jeune tsar Pierre quand, en 1689, Pierre résista aux usurpations de sa sœur aînée Sophie, et le chef du fidèle conseil qui se réunit au monastère de la Trinité durant la crise politique qui s'ensuivit.

Ce fut Boris Galitzine qui suggéra de chercher refuge dans cette puissante forteresse et qui défit ainsi les boyards du parti opposé.

En 1690, il est élevé au rang de boyard et partage son titre avec Lev Narychkine, l'oncle de Pierre, chargé des affaires intérieures.

Après la mort de la tsarine Nathalie, la mère de Pierre, en 1694, son influence fut encore plus grande. Il accompagna Pierre à la mer Blanche (1694-1695) ; il prit part à la première campagne d'Azov (1695); et il fit partie du triumvirat qui dirigea la Russie durant la première tournée étrangère de Pierre (1697-1698). La révolte de Boulavine, en 1706, qui toucha tous les districts sous son gouvernement, affecta la confiance que Pierre avait en lui, et altéra considérablement sa position. En 1707, il fut remplacé dans les provinces de la Volga par Andreï Matveïev. Un an avant sa mort, il entra au monastère.

Boris Galitzine était un représentant typique de la société russe de la fin du penchant vers l'occidentalisme. À bien des égards il fut très en avance sur son temps. Éduqué, maîtrisant avec aisance le latin, fréquentait les érudits de l'époque, il fit éduquer ses enfants selon les meilleurs modèles européens. Il perdit progressivement l'estime de Pierre le Grand, malgré ses inestimables services antérieurs.

Dmitri Mikhaïlovitch Galitzine (1665-1737) Le prince Dmitri Mikhaïlovitch était un cousin du prince Vassili Golitsyne. vignette|Portrait du Prince Mikhail Mikhailovitch Galitzine par Carl-Ludwig Christinek. Remarqué par sa tentative de transformer la Russie en monarchie constitutionnelle, envoyé par Pierre le Grand en 1697 en Italie pour apprendre les affaires militaires ; en 1704 il fut affecté au commandement d'un corps auxiliaire en Pologne contre Charles ; de 1711 à 1718 il fut gouverneur de Belgorod.

En 1718, il fut désigné président du Collège du Commerce nouvellement instauré et sénateur. En , il fut impliqué dans la disgrâce du vice-chancelier Piotr Chafirov et fut privé de ses fonctions, qu'il recouvra ensuite par la médiation de l'impératrice.

Après la mort de Pierre le Grand, Dimitri Galitzine devint le chef proclamé du vieux parti conservateur qui n'avait jamais pardonné à Pierre d'avoir éloigné Eudoxie et épousé la roturière Martha Skavronskaïa. Mais les réformistes, représentés par Alexandre Menchikov et Pierre Tolstoï, l'emportèrent ; et Galitzine resta dans l'ombre jusqu'à la disgrâce de Menchikov, en 1727.

Durant les dernières années du règne de Pierre (1728-1730), Dmitri Galitzine fut l'homme d'État le plus influent de Russie et ses vues politiques prévalurent.

À la mort de Pierre II, il conçut l'idée de limiter l'autocratie en la subordonnant à l'autorité d'un Conseil privé suprême, duquel il fut président. Il dessina les formes d'une constitution qu'Anne de Courlande, la nouvelle impératrice de Russie désignée, fut forcée de signer à Mittau avant d'être autorisée à accéder à Saint-Pétersbourg. Anne, appuyée par des boyards hostiles au Conseil suprême, s'empressa de répudier cette constitution, et ne pardonna jamais à ses auteurs.

Dmitri Galitzine fut laissé en paix, cependant, et vécut pour l'essentiel retiré de la vie publique, jusqu'en 1736, quand il fut arrêté et soupçonné d'avoir pris part à la conspiration de son gendre le prince Constantin Dmitrievitch Cantemir (1703-1747), fils de Démètre Cantemir.

Il est possible que cela ait été un prétexte et qu'il fut plutôt poursuivi pour ses sentiments anti-monarchistes. Une cour, composée en grande partie de ses opposants, le condamna à mort, mais l'impératrice réduisit la sentence à l'emprisonnement à perpétuité à Schlüsselburg. Il mourut dans sa prison le , après trois mois de réclusion.

Diplomates

Sergueï Dimitrievitch Galitzine (1688-1752) Ambassadeur de l'Empire russe à la cour du royaume d'Espagne, du royaume de Prusse et de l'Empire perse.

Dmitri Mikhaïlovitch Galitzine(1661-1714) Ambassadeur de l'Empire russe à Constantinople

Fedor Feodorovitch Galitzine(1643-1702) Ambassadeur de l'Empire russe aux Provinces-Unies

Piotr Alexeïevitch Galitzine (1657-1709) Premier ambassadeur de l'Empire russe à la cour des Habsbourg vignette|Portrait du Prince Serguei Fedorovitch Galitzine par Giovanni Battista Damon-Ortolani (1750-1812)

Militaires

Mikhaïl Galitzine (1674-1730) Frère de Dmitri, militaire, feld-maréchal et gouverneur de la Finlande (1714-1728), Mikhaïl Golitsyne y fit régner une loi implacable restée dans les mémoires sous le nom de Grande colère (en ).

Nés au

Diplomates

Alexandre Mikhaïlovitch Galitzine(1712-1778) vignette|Portrait du Prince Alexandre Mikhailovitch Galitzine par Dmitri Levitski, 1772. Ambassadeur de Russie en France puis au Royaume-Uni.

Dmitri Mikhaïlovitch Galitzine (1721-1793) Ambassadeur de Russie à Vienne durant le règne de Catherine la Grande, Dmitri Galitzine a donné son nom au splendide Hôpital Golitsyne qu'il fit construire à Moscou et fut un ami intime et mécène de Mozart.

Dimitri Alexeïevitch Galitzine (1738-1803)

Ambassadeur de Russie en France, homme de lettres, ami de Denis Diderot, Dimitri Galitzine épousa Amélie Galitzine (1748-1806), née von Schmettau. Mécène de Denis Diderot qui lui consacre le roman Mystification. Il fut un temps ministre de l’Électeur de Bavière. vignette|Marie-Anne Collot. Portrait du Prince Dimitri Alexeïevitch Galitzine. 1766. Terre cuite. De la collection David-Weill, maintenant dans la collection Podstanitskiy, Moscou.

Nikolaï Alexeïevitch (1723-1790) Ambassadeur de Russie à la cour du royaume de Suède

Hommes d'état Alexandre Galitzine (1718-1783) Fils de Mikhaïl (1674-1730), diplomate et militaire, feld-maréchal et gouverneur de Saint-Pétersbourg.

Alexandre Nikolaïevitch Galitzine (1773-1844)