Mario Monti, né le à Varèse, est un économiste, universitaire et homme d'État italien, président du Conseil des ministres du au .
Formé à l'université Bocconi dont il est le président de à , il est commissaire européen chargé du Marché intérieur et des Services, puis de la Concurrence entre et .
À la suite de son passage à la Commission européenne, il est nommé consultant pour plusieurs entreprises internationales comme la banque américaine Goldman Sachs ou Coca-Cola.
En , il est nommé sénateur à vie par le président de la République italienne, Giorgio Napolitano. Dans le contexte d'une crise financière européenne inédite, il succède peu après à Silvio Berlusconi comme président du Conseil et forme un gouvernement d'experts qui reçoit l'appui d'une très large partie de l'échiquier politique représenté au Parlement. Son exécutif met alors en œuvre une politique de rigueur afin de restaurer la crédibilité de l'Italie sur la scène internationale.
Sa démission, consécutive à l'approbation du budget par le Parlement en , provoque la dissolution des chambres. Il prend ensuite la direction d'une coalition centriste, Avec Monti pour l'Italie, qui recueille un résultat modeste lors des élections générales anticipées. Le démocrate Enrico Letta lui succède quelques mois plus tard à la présidence du Conseil des ministres.
Il dirige brièvement le parti centriste Choix citoyen pour l'Italie en mais renonce deux ans plus tard à toute appartenance partisane, siégeant finalement au sein du groupe mixte au Sénat.
Biographie Carrière universitaire Mario Monti est diplômé de l'université Bocconi de Milan en économie et management, ainsi que de l'université Yale (États-Unis). Après ses études, il épousa, en 1970, Elsa Antonioli, une volontaire de la Croix-Rouge italienne ; de ce mariage naissent deux enfants, Federica et Giovanni.
Monti enseigna l'économie à l'université de Turin entre 1970 et 1985, avant de travailler à l'université Bocconi de Milan, dont il fut le président de 1989 à 1994. Ses recherches ont mené à la définition du modèle Klein-Monti pour la description du comportement des banques en régime de monopole.
Le professeur Monti parle couramment anglaisMario Monti commente, en anglais, la rencontre bilatérale qu'il a eu en février 2012 avec le Président Obama à la Maison-Blanche : voir la vidéo mise en ligne par la Maison Blanche et françaisVoir par exemple cette interview de Mario Monti sur France 24, entièrement en français.
Commissaire européen En 1994, Mario Monti est nommé à la Commission européenne, tout comme la radicale Emma Bonino, par le premier gouvernement de Silvio Berlusconi. Le président de la Commission, Jacques Santer, lui confie, en 1995, le portefeuille du Marché intérieur, des Services, des Douanes et de la Fiscalité.
Il est reconduit quatre ans plus tard, par le gouvernement de centre gauche de Massimo D'Alema, et intègre la Commission dirigée par Romano Prodi, en tant que commissaire européen à la Concurrence. À ce poste, il a notamment initié une procédure contre Microsoft et étudié la proposition de fusion entre General Electric et Honeywell en 2001, qui fut bloquée in fine par la Commission européenne.
En raison de son prénom et de son action à la Commission européenne, il est surnommé « Super Mario »« Super Mario, l'homme qui roule pour la BCE », Courrier international, le comme d'ailleurs Mario Draghi. Ce surnom est à nouveau employé par les médias quand il est pressenti pour former le gouvernement italien en .
Mario Monti est le président du groupe européen de la Commission Trilatérale en 2010 et 2011 « Trilateral Commission - Leadership» , Commission Trilatérale.
Retour au monde universitaire Le second gouvernement Berlusconi ne le confirma pas à son poste en 2004 et proposa Rocco Buttiglione à sa place. La nomination de ce dernier ayant été rejetée par le Parlement européen, le commissaire européen italien fut finalement Franco Frattini.
Avant sa nomination comme président du Conseil, Mario Monti était président de l'université Bocconi de Milan, membre du præsidium de Friends of Europe un think tank influent basé à Bruxelles et un responsable de Bruegel, un think tank européen fondé en 2005, qu'il a présidé dès sa fondation jusqu'en 2008 et dont il est encore président honoraire Mario Monti, sur le site de Bruegel..
Dès 2005, il est « International Advisor » pour Goldman Sachs.
De à , il est membre du groupe de réflexion sur l'avenir de l'Europe, présidé par l'ancien président du gouvernement espagnol, Felipe González. Dans ce cadre, il prend position en faveur des propositions de gouvernement économique européen ainsi que d'un fonds monétaire européen, il milite pour un new deal européen intégrant mieux le social.
De 2010 à , il a été président de la section Europe à la Commission Trilatérale, dont il était déjà membre depuis 1983 Biographie complète de Mario Monti, sur le site de la Commission trilatérale.. Il est également membre du comité de direction du groupe Bilderberg à partir de 1984 et y demeure au moins jusque 2010 Les membres du Steering Committee de Bilderberg..
En 2010, il rédige le Livre blanc (Rapport Monti) intitulé « Revitaliser le marché unique », commissionné par la Commission Barroso II Une nouvelle stratégie pour le marché unique.. Il a déclaré son soutien, en , à l'initiative fédéraliste du Groupe Spinelli au Parlement européen « Site du Groupe Spinelli - Liste des membres »., en compagnie de l'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, des députés européens Daniel Cohn-Bendit, Andrew Duff, Elmar Brok et Sylvie Goulard et enfin de l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt.
Il a par ailleurs participé à plusieurs reprises aux États Généraux de l'Europe, le rendez-vous de la société civile européenne organisé par l'ONG think tank EuropaNova et le Mouvement européen.
En réserve des institutions Même après son passage en tant que commissaire européen, Mario Monti a préservé à la Commission européenne une forte auraMario Monti, providentiel cardinal, Le Temps.. Mario Monti est aussi apprécié des autorités suisses, qui louent son pragmatisme après qu'il a réussi à négocier un difficile accord concernant l'évasion fiscale entre la Suisse et l'Union européenne.
Remarqué pour sa discrétionMario Monti, portrait d'un homme de réseaux, Euronews., son indépendance, et sa compétencePortrait : Mario Monti, "le cardinal", Le Nouvel Observateur., Mario Monti est aussi considéré comme un homme appartenant à de nombreux et puissants réseaux.
À la fin du mois de , dans une tribune du quotidien La Stampa, à la suite d'une rencontre avec l'ancien président du Conseil de centre gauche Romano Prodi, l'ancien commissaire européen se dit prêt à remplacer Silvio Berlusconi à la présidence du Conseil des ministres, dans le cas d'une éventuelle démission ou d'une perte de soutien de ses alliés de la Ligue du Nord « « L'investitura di Monti per il dopo de Berlusconi » », La Stampa, ..
Assurant le que la chute de Berlusconi est plus proche que jamais, Monti renouvelle sa proposition, même si le Cavaliere reste en poste.
Sénateur à vie Le , il est nommé sénateur à vie, pour ses mérites dans les domaines scientifique et social, par le président de la République, Giorgio Napolitano, qui fait usage, pour la première fois de son mandat, de cette prérogative constitutionnelle, pour combler le poste qu'il avait lui-même laissé vacant de par son élection à la présidence, deux jours après l'annonce de la démission prochaine du président du Conseil, Silvio Berlusconi« Italie: Monti nommé sénateur à vie », Agence France-Presse, citée par Le Figaro, .
Président du Conseil Premiers jours gauche|vignette|Les membres du gouvernement Monti au Quirinal après leur prestation de serment, le 15 novembre 2011.
Le , au lendemain de la démission de Silvio Berlusconi, Mario Monti est chargé par Giorgio Napolitano, le chef de l'État italien, de former le nouveau gouvernement« Italie : Mario Monti chargé de former le prochain gouvernement », Le Figaro, .
Ce même jour, il accepte « avec réserve » de former ce nouveau cabinet, qui doit prêter serment devant le président de la République puis recevoir l'investiture des deux Chambres du Parlement. Ainsi, Monti déclare, lors d'une conférence de presse tenue au palais présidentiel du Quirinal : « Je ferai vite mais avec soin, les noms des ministres qui circulent sont fantaisistes, avec un effort commun nous pouvons vaincre le défi du rachat. […] Il faut de la croissance et de l'équité. […] Les consultations que j'effectuerai seront conduites avec le sens de l'urgence mais avec soin. […] Je reviendrai devant le président de la République quand je serai capable d'enlever la réserve. […] Je me charge de ce devoir avec un profond respect à l'égard du Parlement et à l'égard des forces politiques. J'œuvrerai pour en valoriser l'effort commun afin de sortir vite d'une situation qui présente des aspects d'urgence mais que l'Italie peut dépasser dans un effort commun […] Nous le devons à nos enfants, nous devons leur donner un futur concret de dignité et d'espoirConférence de presse tenue au palais du Quirinal, le , relayée par l'agence Ansa et La Repubblica.. »
Il présente son gouvernement, entièrement constitué de techniciens, qui ne comprend aucun parlementaire ; le nouveau cabinet prête enfin serment, le . Dans ce nouveau gouvernement, dans lequel le président du Conseil s'est attribué le portefeuille de l'Économie et des Finances, Corrado Passera, jusqu'alors président de la première banque italienne, Intesa Sanpaolo, est nommé ministre du Développement économique, ministre des Infrastructures et des Transports par intérim, un poste qualifié de « ministère de la Croissance ». Le ministère des Affaires étrangères revient à l'ambassadeur Giulio Terzi di Sant'Agata, le ministère de l'Intérieur à la préfète Annamaria Cancellieri, le ministère de la Défense à l'amiral Giampaolo Di Paola, chef du comité militaire de l'OTAN, et le ministère de la Justice à l'avocate pénaliste Paola Severino, vice-présidente du Conseil supérieur de la magistrature (CSM)« Italie : le professeur Monti compose un gouvernement de professeurs », Philippe Ridet, Le Monde, . Le lendemain, après avoir prononcé son discours de politique générale, le nouveau président du Conseil obtient la confiance du Sénat de la République par 281 voix contre 25, uniquement de la Ligue du Nord, et aucune abstention Monti: fiducia in Senato con 281 sì – "Non siamo i poteri forti. Divisi falliremo ?", Corriere della Sera, , et le 18, de la Chambre des députés, à la majorité absolue par 556 voix contre 61, la plus forte de l'histoire de la République italienne « Governo Monti: fiducia anche alla Camera, 556 voti a favore e 61 contro », Corriere della Sera, 18 septembre 2011.. Les 61 voix contraires sont celles de 59 députés de la Ligue du Nord et de Domenico Scilipoti et d'Alessandra Mussolini (PdL). Il a donc la confiance de dix-huit partis représentés au Parlement italien et la seule opposition de la Ligue du Nord.
Les mesures entreprises Notée pour sa sobriétéItalie : Mario Monti démissionne mais garde le silence sur son avenir, Le Parisien, ., l'action de Mario Monti à la tête du gouvernement italien a aussi été remarquée pour son équité : le professeur Monti, apolitique, s'est attaqué aux . Mario Monti a aussi annoncé qu'il renonçait à sa rémunération en tant que Président du Conseil durant son mandat..
Une centaine de jours suivant son arrivée au palais Chigi, le président du Conseil bénéficie d'une forte popularité, et ce malgré une politique de rigueur. Le , l'ISTAT, l'Institut italien des Statistiques, annonce que si la dette nationale a fortement progressé, le déficit public s'est, quant à lui, réduit« Italie : la dette au plus haut depuis 1996 », Les Échos, ..