thumb|upright=1.6|Drapeau de procession à la Santa Casa de Misericórdia de Lisbonne. L'antienne mariale Sub tuum præsidium, ou Sous l'abri de ta miséricorde en traduction, est une prière catholique dédiée à la Vierge Marie. Il s'agit de la plus ancienne prière adressée à Notre Dame, parmi les textes non bibliques.. Son texte fut retrouvé sur un papyrus égyptien écrit en grec et daté du ou du siècle suivant. Dans l'usage contemporain, le texte est une réflexion entre « Dieu de tendresse et de miséricorde » et « Soyez les uns envers les autres miséricordieux ».
Cette prière est encore utilisée aujourd'hui dans le rite du diocèse de Braga (Portugal).
Texte de la prière latin françaisSub tuum præsidium confugimus,sancta Dei Genetrix ;nostras deprecationesne despicias in necessitatibus ;sed a periculis cunctislibera nos semper,Virgo gloriosa et benedicta.Sous l'abri de ta miséricorde, nous nous réfugions,Sainte Mère de Dieu.Ne méprise pas nos prièresquand nous sommes dans l'épreuve,mais de tous les dangers,délivre-nous toujours,Vierge glorieuse et bénieSite du Vatican.
Historique thumb|upright=0.8|John Rylands Library, manuscrit Greek P 470 (voir notice de l'université de Manchester ) Origine Le manuscrit le plus ancien fut découvert en 1917 et en Égypte par James Rendel Harris. Il s'agit d'un fragment de papyrus sur lequel était écrit le texte de Sub tuum en grec. À peine acquis, le manuscrit fut accueilli au John Rylands Library à Manchester. Plus tard, celui-ci fut étudié par Colin Henderson Roberts († 1990) de l'université d'Oxford, futur membre de Fellow of the British Academy. En 1938, le manuscrit Grec 470 fut présenté dans sa publicationUniversité de Manchester .p. 571, note n° 77.
D'après l'université de Manchester, ce manuscrit aurait été en usage personnel et non liturgique. Surtout, sur le dos, rien ne fut écrit. Si Roberts considérait qu'il daterait du , cette hypothèse était souvent contestée. La datation variait, paléographiquement, entre le p. 49 ; la conclusion d'Edgar Lobel, collaborateur de Roberts, était une écriture du . et le s, selon les chercheursp. 50, voir note n° 4. Arrivée à Manchester en 2009, Roberta Mazza., PhD, commença à déterminer la question de datation. Non seulement son équipe effectua l'analyse de l'écriture mais aussi elle profita de la technique de la datation par le carbone 14, qui a ses limites. Cette dernière est utile pour la datation de papier et non pour celle d'encrep. 47 - 48. Elle adopta aussi la spectroscopie Raman et d'autres techniques qui n'endommagent pas le manuscrit.p. 53 ; selon Roberta Mazza, il faut utiliser plusieurs méthodes, car il existe la forgerie qui profitait des papyrus blancs ancien dont il y avait assez de stockage en Égypte ; ainsi, l'Évangile de la femme de Jésus fut finalement identifié entre 648 et 800 avec 95,4% de certitude.. Si le manuscrit est assez ancien, soit du soit du , pour ce type de manuscrits, la datation reste loin d'être parfaite..
Aussi s'agit-il du témoignage le plus ancien de la prière chrétienne dédiée à Sainte Marie, hormis les textes bibliques, car sur la ligne IV, on lit le vocatif grec de la Mère de Dieu, θεοτόκε. En outre, il est important que le manuscrit soit antérieur au concile d'Éphèse (431) qui adopta le dogme de la Mère de Dieu. Il est à noter que le rite copte aussi garde la pratique de prière Nous nous réfugions, Theotokos... Or, le manuscrit a une bonne ressemblance avec la version byzantine tandis que le texte copte est assez différent. Donc, manque de manuscrit similaire, il n'est pas possible d'identifier le lieu de la composition. Et c'est Henri de Villiers de la Schola Sainte Cécile qui présenta une hypothèse du motif : invocation dans un contexte de la persécution de Dèce (250) ou de la persécution de Valérien (257)Site de la Schola Sainte Cécile le 31 janvier 2011 . L'auteur, dans les difficultés, appelait à la compassion de la Theotokos afin d'obtenir son intercession.
La prière du papyrus dont le texte avait partiellement été perdu est très proche de celle de l'église orthodoxe, à la différence de la version en rite romain. traduction orthodoxe ◄ transcription ◄ texte byzantin manuscrit Grec P 470 ► traduction de Grec P 470 Sousta miséricorde,nous nous réfugions,ô Mère de Dieu,ne méprise pasnos besoinsmais du dangerlibère-nous,seule pure,seule bénie. Upò tén sénEusplagchìanKatafeùgomenTheotòke tàs emonIkesìas mè par.Ides en peristàseiAll'ek kindùmonLutrosai emàsMòne agnèMòne eùlogeméne.. Ύπò τήν σήvεύσπλαγχνίανκαταφεύγομενΘεοτόκε. Τάς ήµώνίκεσίας μή παρίδηςέν περιστάσει.Αλλ' έκ κινδύνωνλύτρωδαι ήμάςμόνη αγνήμόνη ευλογημένηSite YMNOI, p. 2, Αναβαθμός Δ'. 'Hχου, Και νυν. [ύ]ΠΟ [τήν σήν]ΕΥCΠΛΑ [γχνίαν]ΚΑTAΦE [ύγομεν]ΘΕΟTOΚΕ. ΤΑ[ς ήμών]ΙΚΕCIACMHΠΑΡΕΙΔΗCEMΠΕΡΙCTACEIΑΛΛΕΚΚΙΝΔΥΝΟΥΡΥCΑΙΗΜΑCΜΟΝΗΑ[γνή][μόν]ΗΕΥΛΟΓ [ημένη]p. 572 (p. 571, note n° 77). Sousta miséricorde,nous nous réfugions,ô Theotokos,ne méprise pasnos supplications dans le besoin,mais du dangerlibère-nous,seule pure,[seule] bénie. ! (Transcription et restitution de manuscrit Grec P 470 par Otto Stegmüller, 1952.) Il faut remarquer qu'au début de prière, le mot εύσπλαγχνίαν (ligne II) a une grande importance. L'emploi de ce terme qui signifie avoir de bonnes entrailles était particulier. Le sens évolua, dans le contexte théologique du christianisme, comme compassion ou tendresse avec l'image de la Mère de Dieu qui avait des entrailles saines... Auprès de l'église byzantine, le mot entrailles (de Sainte Marie), εύσπλαγχνίαν, signifiait dorénavant miséricorde, tout comme la traduction au-dessusIl n'existe pas cette évolution dans la langue française : .. thumb|upright=1.5|center|Le texte le plus ancien suggère que l'auteur aurait été en péril, sans doute sous la persécution. Mosaïque dans la ville de Bratislava.
Adoption auprès de l'Église d'Occident Rite ambrosien En 1989, Marek StarowieyskiDoctorat honoris causa de la faculté pontificale de théologie de Varsovie établit la liste qui compte tous les auteurs sur le titre de Théotokos, Mère de Dieu. En employant pour la première fois la traduction en latin Mater Dei, saint Ambroise de Milan († 397) était parmi eux.. Ce dogme Théotokos fut élaboré auprès de l'église byzantine entre les et 14, ainsi que définitivement adopté en 431 par le concile d'Éphèse.. D'ailleurs, pour lutter contre l'hérésie d'Arius, saint Ambroise fut le promoteur de la psalmodie en manière de la liturgie byzantine contemporaine.. Il est donc probable qu'à Milan, le chant Sub tuum pour la Mère de Dieu fut accueilli sans doute au ou au siècle suivant, plus tôt que dans le rite romain.. De plus, l'importation était directe de l'église byzantine, ce que son texte indique. Or, faute de manuscrits anciens, il n'est pas facile de retrouver la trace de cette importation à Milan. Quoi qu'il en soit, l'usage de Sub tuum dans le rite ambrosien reste très important (voir Liturgie ambrosienne).
Rite irlandais En ce qui concerne le rite irlandais, qui disparut après que saint Grégoire le Grand († 604) eut recommandé le règle de saint Benoît au lieu de la règle de saint Colomban, la pratique de Sub tuum ne s'y trouve pas. Le précieux manuscrit antiphonaire de Bangor manque de ce texteF. E. Warren, The Antiphonary of Bangor, .
Rite romain L'origine du texte dans le rite romain, une adoption, reste floue : quand et où ? En effet, le chant ne se trouve pas dans les cinq livres restants du chant vieux-romain, lequel était en usage au Saint-Siège de Rome et alentour, avant que le chant grégorien ne le remplace dans le royaume carolingien. Il est logique que l'antienne Sub tuum præsidium n'existât pas dans quelques manuscrits grégoriens les plus anciens mais importants, tel l'antiphonaire de Hartker (entre 990 et 1000)Université de Ratisbonne H[artker], mélodie et texte absents.Académie de chant grégorien. Le manuscrit Laon 239 non plus, ce graduel romain très connu ne contient pas cette antienneAcadémie de chant grégorien. Enfin, le plus ancien manuscrit du chant grégorien, antiphonaire du Mont-Blandin, qui avait été copié vers 800, ne contient pas Sub tuumAcadémie de chant grégorien.
L'origine hypothétique de l'adoption dans le rite romain serait en fait une liturgie localep. 571, note .. Contrairement à ces manuscrits authentiques, une variante de Sub tuum se trouve dans le dit antiphonaire de Compiègne, un manuscrit grégorien sans notation. Un des manuscrits très sûrs, car Dom René-Jean Hesbert de Solesmes en choisit pour ses référencesRené-Jean Hesbert, Antiphonale missarum sextuplex (1935). Sans doute y inséra-t-on ce chant, avec le Gregorius præsul : Bibliothèque nationale de France, manuscrit latin 17436, Antiphonaire de Compiège, folio 74v (vers 870) : « Sub tuum præsidium confugimus Dei Genetrix ; nostras deprecationes ne despicias in necessitatibus ; sed a periculis libera nos semper, Virgo benedicta. »
Comme il manquait quelques mots, le texte était plus court. Par ailleurs, l'antienne mariale était destinée à l'office des laudes de l'Assomption de Marie, le p. 21 ; il s'agit de la fête la plus ancienne parmi les quatre fêtes mariales et qui est issue de la tradition à Jérusalem, en tant que fête de la Mère de Dieu (Théotokos).. Certes, le manuscrit fut copié pour la liturgie grégorienne sous le règne de la dynastie carolingienne. Or, il faut remarquer qu'auparavant, la Gaule avait été évangélisée par des prêtres grecs tel Irénée de Lyon. L'antienne grégorienne Media vita in morte sumus était tout à fait issue d'un trope inséré dans le Trisagion. Pour conclure, il faut continuer l'étude. Car le copiste écrivit déjà liberanossemp. tout comme la version latine actuelle (delivre-nous toujours) et non semper Virgo (toujours Vierge) dans le texte grec.
Dans le fonds grégorien, sa partition se trouve auprès de quelques manuscrits copiés à partir du , par exemple : Bibliothèque nationale de France, manuscrit latin 12044, Antiphonarium ad usum Sancti Mauri Fossatensis, folio 178r (entre 1100 et 1115)Notice Bnf Biblissima : - antienne de l'octave de l'Assomption de Marie À la différence des usages tardifs, les manuscrits grégoriens les plus anciens indiquent que l'antienne Sub tuum était réservée à l'Assomption de Marie (), à son octave () ou à la Nativité de Marie ()Université de Ratisbonne . Puis l'usage variait, pour l'Immaculée Conception () ou l'Annonciation ()Université de Waterloo p. 18 ; avec la Purification (2 février), ces fêtes mariales auprès de l'église byzantine avaient été adoptées au par l'Église romaine..
Le chant évolua. Une version très ornée se trouve auprès de la bibliothèque de l'abbaye territoriale d'Einsiedeln, manuscrit 611, folio 216r Transcription : Université de Waterloo (, avant 1314).
En résumé, l'usage dans le rite romain fut établi par étapes, et, à l'origine, il ne s'agissait pas d'un rite de Rome et alentour. Il semble que, devenue d'abord tradition monastique, l'antienne ait été définitivement fixée dans le rite à la suite de la Contre-Réforme.
À la Renaissance Si la composition musicale, en polyphonie, n'était pas nombreuse, on compte quelques grands compositeurs de l'école franco-flamande, qui avait une immense influence sur la musique liturgique de l'époque. Il s'agissait de Heinrich Isaac, d'Antoine Brumel, d'Adrien Willaert et de Cipriano de Rore. Très importants, car ils connaissaient, en tant que patrons, de grands princes de l'Europe, tels Laurent de Médicis et l'empereur Maximilien pour Isaac. D'ailleurs, Willaert fut, durant 35 ans, maître de la Cappella Marciana à la basilique Saint-Marc de Venise. À la suite de son décès, Cipriano de Rore lui succéda en 1563. Ces compositions signifient donc que l'antienne Sub tuum était diffusée, à cette époque-là, en faveur de la liturgie de grands paroisses. Enfin, Giovanni Pierluigi da Palestrina, qui était étroitement lié au Vatican, laissa son motet dans le cadre de la Contre-Réforme.
Contre-Réforme