L'intrapreneuriat est, dans le domaine du management : soit le processus par lequel un ou plusieurs individus, en association avec une grande entreprise à laquelle ils appartiennent, créent une nouvelle organisation ( Garel G. et Jumel S., “Les grands groupes et l’innovation : définitions et enjeux du corporate venture”, Finance Contrôle Stratégie, vol. 8, n° 4, 2005, p. 33-61. aboutissant à une filiale, une entreprise de sous-traitance, ou à une nouvelle activité réintégration dans une branche ou équipe existante, etc.) ; le business development qui renvoie à l’accès à de nouveaux marchés et/ou à nouveaux produits ; des démarches d’innovation dans les produits, services ou l’organisation, selon Van de Ven et al. (1989)Van de A. H., Ven Venkataraman S., Polley D. and Garud R., “Processes of new business creation in different organizational settings”, Research on the management of innovation, Van de Ven A. H., Angle H., Poole M. S. (eds.), New York, Harper & Row, 1989, p. 221-297. ; soit, de manière plus large et floue, l'ensemble des démarches et méthodes permettant d'introduire une gestion entrepreneuriale au sein d'une organisation Gilles Teneau, « Le concept d’intrapreneuriat » sur portail-des-pme.fr., 15 novembre 2010, les salariés devenant des intrapreneurs., c'est-à-dire des entrepreneurs au sein même de l'organisation qui leur donne un certain degré d'autonomie et de responsabilité.

Histoire Le concept a des racines anciennes au sein des anciennes confréries d'artisans notamment, ou plus récemment au sein des bureaux d'études ou de conseil..

L'intraprenariat aurait été défini sous ce nom en 1976 par l'Américain . Il est censé permettre à la grande entreprise de mieux susciter l'innovation et de saisir les opportunité, que son inertie naturelle laisserait passer sinon.

Il s'agit pour elle de profiter d'individus dont certaines compétences créatives ne peuvent s'exprimer ou être perçues et valorisées dans le carcan et les routine de l'organisation classique d'une entreprise ou d'une collectivité..

En France, l’intrapreneuriat, au sein des organisations s’est surtout formalisé à partir des années 2010, pour rapidement se développer lorsque le contexte y était favorable, sur le plan tant théorique qu'empirique.. Il est parfois associé à un tiers-lieu (exemples : iLab, Léonard, The Garage, Google Labs, l’Atelier, Innovation Factory, la Fabrique…) offrant . Au sein d'EDF, pour montrer une volonté de sortir de la logique pyramydale de l'entreprise classique, on parle par exemple d' et Hamel en 1999 évoquait des « Silicon Valley internes » Hamel G., “Bringing Silicon Valley Inside”, Harvard Business Review, September-October 1999, p. 70-86. ;

Au Québec, Canada, la Fondation des familles entrepreneuriales en collaboration avec La Caisse de dépôt et placement du Québec a mis sur pied l'Initiative intrapreneuriale, qui a pour mission de soutenir les familles entrepreneuriales au Québec et à travers le monde en invitant deux générations d’entrepreneurs à s’unir pour un avenir économique prometteur..

Limite, critiques ou nuances Selon Frédérique Blondel (2023), cette approche repose sur des mythes entrepreneuriaux, en particulier car il est historiquement erroné que l’organisation empêche nécessairement le développement des innovations. Comme pour les travaux concernant l'entrepreneuriat et les startup, il ne faut pas se focaliser uniquement sur , ces travaux ont recherché un illusoire « profil type » comme explication totalisante et satisfaisante, comme « métaphysique de l’action » entrepreneuriale. Toutefois, des recherches plus récentes, réalisées notamment dans la communauté francophone, soulignent bien la nature collective du processus entrepreneurial (note 1, in Armand Hatchuel, Gilles Garel, Pascal Le Masson, Benoît Weil (éà09) 'intrapreneuriat, compétence ou symptôme ? Vers de nouvelles organisations de l'innovation ; Dans Revue française de gestion 2009/5 (n° 195), pages 159 à 174)..

L'intraprenariat peut s'opposer aux visions et aux indicateurs de performance ou de rentabilité à court ou moyen terme de l'entreprise concernant l'innovation ; il exige donc dans les grandes entreprises de créer et entretenir un équilibre délicat entre organisation et désorganisation, pour faire émerger l’innovation.

Selon Armand Hatchuel (2009)

Son objectif ne peut être atteint quand les projets sont .. Il peut alors conduire ses pratiquants à une « schizophrénie individuelle et/ou organisationnelle » face aux injonctions et logiques contradictoires et à un contrôle renforcé de l'entreprise bien que le message soi celui d'une plus grande liberté d'explorer des pistes nouvelles.

Facteurs de réussite Selon Les livres blancs (2021, 2022) d'une plate-forme Makesense dédiée à l’entrepreneuriat social, deux facteurs de réussite sont :

Dans un livre sur « les processus d’innovation », Le Masson (2006) proposent aux entreprises de passer du modèle R&D à un modèle en RID (recherche innovation développement) qui sous-tend une place et une attitude nouvelle accordées à la fonction d’innovation (ici distincte de la fonction recherche et du développement) et aux personnalités potentiellement sources d'innovation.

Législation Elle varie selon les pays.

En France, la législation française en matière d'intraprenariat est encore émergente : faute de statut spécifique reconnu, l'intrapreneur est comme tout salarié soumis au droit du travail, à la législation sociale et fiscale, et aux règles de propriété intellectuelle de leur entreprise. Le Code du travail stipule toutefois que les salariés ont le droit de participer à la vie de l'entreprise (ce qui peut inclure la possibilité de proposer des projets innovants)Code du travail, articles L1111-1 et L1111-2.. La loi sur l'innovation et la protection de la propriété intellectuelle prévoit que les salariés peuvent être protégés par le droit d'auteur pour leurs créations réalisées dans le cadre de leur activité professionnelleLoi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative à la liberté de création, à l'architecture et au patrimoine, article 1er.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Entrepreneur

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