L'Armée suisse est une armée de milice appuyée par des militaires professionnels. Elle a pour mission d'assurer la défense du territoire suisse, la sauvegarde des conditions d'existence de la Suisse et de contribuer à la promotion de la paix à l'étranger.. Par sa politique de neutralité, la Suisse s'efforce de maintenir une défense aussi autonome que possible, bien que le rapport de politique de sécurité 2000, intitulé Sécurité par la coopération, ait ouvert la voie à une coopération accrue avec l'étranger, notamment en matière de participation à des exercices communs..

L'Armée suisse est classée selon la liste des armées nationales par effectif en . Sa devise est « Sécurité et liberté ».

Historique

vignette|Une peinture de Joseph Clemens Kaufmann représentant une troupe à l’entraînement en .

Au , le républicanisme mit en garde contre les dangers d'une armée de métier. Beaucoup étaient favorables à l'armement du peuple (système de milice) et à l'interdiction d'armées permanentes. Dès le bas Moyen Âge, la Suisse adopte ce système sous forme de milices cantonales. Ce principe d'armée de citoyens, par la suite inspiré des armées révolutionnaires française et américaine, fut inscrit en 1798 dans les , 25 et 92 de la constitution de la république helvétique et dans les règlements militaires de et . Ensuite, ces lois furent reprises dans les constitutions cantonales après . Après cette date, les constitutions des cantons régénérés appliquèrent le système de milice aux communes et à leurs administrations. Les citoyens devaient assumer dans toutes les affaires publiques leur part de responsabilité pour le bien commun. Le système de milice s'étendait donc au domaine politique. de la constitution de la république helvétique à propos de l'obligation au service militaire était précédé d'un article obligeant les jeunes citoyens à prêter serment de servir la patrie.

Les constitutions fédérales de et imposaient l'obligation générale de servir, ce qui est le service militaire obligatoire, et interdisaient à la confédération d'entretenir des troupes permanentes. En 1999, le principe de milice appliqué à l'armée fut explicitement mentionné dans la Constitution fédérale.

Depuis cette date, chaque militaire ayant achevé son service militaire se doit d'emporter à son domicile son équipement personnel et son arme.

Jusqu'en 1798, il n'existait pas de force d'armée gérée par un gouvernement suisse centralisé, car il n'y en avait pas. Le service militaire était géré uniquement par des milices cantonales. Pourtant, la question de la défense commune et nationale, pour mieux se défendre en cas de menace ou de guerre, était déjà discutée au . Certains traités prévoyaient une aide militaire en cas de menace pour un canton confédéré menacé. Ce système, au bas Moyen Âge, aurait permis de mettre rapidement en place une armée d'intervention, mais ce système ne permettait pas de créer vraiment une armée fédérale. Lorsque la guerre menaçait, les cantons procédaient à beaucoup de préparatifs : inspections des armes et des harnais, remise en état des places fortes (villes et châteaux), renforcement des gardes, construction de , qui étaient constructions qui suivaient en partie la configuration naturelle du terrain ou des rivières, mais exigeaient quelquefois aussi que l'on détourne des cours d'eau pendant leur construction, faites de fossés et d'obstacles en abattis, envoi d'éclaireurs, mise en place de dispositifs d'alarme. Les mesures d'économie de guerre comprenaient la constitution de réserves de blé et de sel par les communes et les familles, rendue possible par la diminution des importations et des interdictions d'exportation. Des troupes étaient mises sur pied à la demande des cantons menacés ou par décision de la Diète. Une fois décidée l'ampleur de la mise sur pied (bannière et enseigne ou bien uniquement l'une des deux), la troupe était rassemblée sur la place principale au son des fifres et des tambours, tandis que des messagers annonçaient cette mobilisation. En cas d'attaque par surprise, l'alarme se donnait par des sonneries de cloches et des signaux des tours de guet.

Tout citoyen âgé de était dans l'obligation de servir, le service militaire étant obligatoire. Les hommes trop jeunes ou trop âgés, les malades, les pères d'un nourrisson et les époux d'une sage-femme n'étaient pas enrôlés. Souvent, les bourgeois aisés contournaient la loi en payant des remplaçants.

Chaque militaire devait se procurer lui-même, à ses frais, son équipement (armure, armes, etc.). Les familles les plus aisées avaient l'obligation d'aider les hommes moins fortunés à payer l'équipement de combat. Les piques, les harnais, et les chapes de fer étaient rarement le choix des militaires, ce qui obligeait les autorités à veiller sans cesse à l'équilibre des armes lourdes et légères. L'exportation d'armes était interdite. L'artillerie était constituée de pièces prises à l'ennemi et utilisée par les arquebusiers et leurs aides.

Les fantassins préféraient les armes légères pour le combat rapproché, afin de ne pas être entravé dans leur mobilité en cas de prise de butin. Un capitaine prenait le commandement d'un groupe appelé élite, qui était une sélection parmi les hommes en âge de servir, qui jouait un rôle offensif et supportait l'effort principal, assisté d'un état-major comprenant un banneret, qui portait le drapeau, des représentants du gouvernement, des conseillers, un officier chargé de ranger les troupes en ordre de bataille, un sergent, pour la sécurité, un fourrier, qui s'occupait de la solde et du ravitaillement, un prêtre, un médecin et un scribe. Les piquiers, les hallebardiers et les tireurs (arquebusiers et mousquetaires) étaient aussi commandés par le capitaine.

Les militaires se nourrissaient la plupart du temps de farine d'avoine rôtie au beurre et de viande séchée.

Alors que le congrès de Vienne, confronté au retour de Napoléon de l'île d'Elbe, vient de se prononcer, le ., pour la neutralité de la Confédération des XXII cantons.Interview d'Olivier Meuwly par ., la Diète fédérale autorise, le , les armées autrichiennes à traverser son territoire, malgré l'opposition des cantons de Vaud et de Bâle. En outre, elle mobilise son armée, forte de , sous le commandement de Niklaus Franz von Bachmann alors âgé de . pour protéger les frontières entre Bâle et Genève, en face desquelles se trouve l'armée des Alpes du maréchal Suchet. Les deux armées se font face jusqu'en juin, période pendant laquelle les troupes suisses se renforcent pour atteindre les chiffres records de et ..

Le , six jours après l'abdication de Napoléon, l'artillerie de la forteresse de Huningue, tenue par les Français, bombarde sans avertissement la ville de Bâle., semble-t-il en représailles pour des pillages commis par des Suisses en territoire français. Le général von Bachman, poussé par les Autrichiens, saisit cette occasion pour solliciter de la Diète l'autorisation de s'avancer, au besoin, au-delà des frontières du pays. Il pense ainsi favoriser les négociations menées par la Confédération à Vienne et ordonne le à son armée de pénétrer en Franche-Comté, officiellement pour pourchasser des corps francs. L'armée confédérée va avancer jusqu'à Pontarlier et Saint-Hippolyte dans le Doubs tout en subissant de nombreuses difficultés d'approvisionnement et des mutineries.. L'armée est finalement ramenée sur territoire suisse le , après que la Diète s'est prononcée contre l'offensive en France.. Désavoué, von Bachmann démissionne le .

La forteresse de Huningue tombe quant à elle le après deux mois de siège. Il ne reste que valides. Une dizaine de bataillons suisses, commandés par le colonel Charles d'Affry (vétéran de la Grande Armée décoré de la Légion d'honneur), ont participé à l'opération aux côtés des Autrichiens.. Dernière aventure militaire hors de Suisse., la campagne de 1815 a fait toucher du doigt les graves lacunes militaires de la Confédération : manque de préparation des troupes, armement disparate, cadres peu ou mal instruits, dissensions entre officiers de différents cantons. En conséquence, l'École militaire centrale fédérale de Thoune est ouverte en 1819.

En 1820, pour la première fois dans l'histoire de la Suisse, des troupes de divers cantons furent mises sur pied à Wohlen dans le canton d'Argovie pour des exercices communs. Une aquatinte de Johann Jakob Sperli témoigne de l'évènement.. Le fédéral de tactique est organisé à Bière dans le canton de Vaud en Le Brécaillon, Bulletin de l’Association du Musée Militaire Genevois - Décembre 2003 (page 24).

Première Guerre mondiale

Le , le Conseil fédéral décide la mise de piquet de l'Armée, la mobilisation générale pour le et le rappel des militaires de l'élite et de la Landwehr établis à l'étranger (le télégramme de mobilisation est expédié le ).. Il s'agit pour la Suisse de protéger son territoire contre une éventuelle incursion d'un belligérant, comme l'agression commise contre la Belgique, pourtant neutre, par l'Empire allemand, en démontre la possibilité dès le début du conflit.

vignette|redresse=0.75|Ancienne plaque d’identité militaire suisse.

Seconde Guerre mondiale

Le , le Conseil fédéral ordonne par voie d'affiches la mobilisation des troupes de couverture frontière () pour le 29, puis, le , la mobilisation générale pour le .

Avant la réforme Armée XXI

Dès la réforme de , l'Armée suisse était partagée en cinq corps (trois corps de campagne, un corps de montagne et un corps des Forces aériennes) formés de personnes de même classe d'âge : l'Élite dès la fin de l'école de recrues, puis la Landwehr de 33 à et la Landsturm de . Il était entendu que l’Élite était postée aux frontières en cas de mobilisation et que la Landwehr était utilisée en deuxième ligne. La Landsturm était de préférence employée à l'arrière. Les effectifs atteignent à la fin des .

La réforme Armée 95 a supprimé ces classes d'âge et désormais tous les soldats sont regroupés par incorporation.

Armée 61 L' (1962 - 1994) comprenait trois divisions mécanisées : (Div Mec 1) au sein du (CA 1) Régiment d'infanterie motorisée 2 Régiment de chars 1 Régiment de chars 7 Régiment d'artillerie 1 Division mécanisée 4 ( (Mech Div 4)), au sein du corps d'armée de campagne 2 ( (FAK 2)) Régiment d'infanterie mécanisée 11 (Motorisiertes Infanterieregiment 11 (Mot Inf Rgt 11)) Régiment de chars 2 (Panzerregiment 2 (Pz Rgt 2)) Bataillon de chars 12 (Panzerbataillon 12 (Pz Bat 12)) Régiment de chars 8 (Panzerregiment 8 (Pz Rgt 8)) Régiment d'artillerie 4 (Artillerieregiment 4 (Art Rgt 4)) Division mécanisée 11 ( (Mech Div 11), au sein du corps d'armée de campagne 4 (FAK 4) Régiment d'infanterie mécanisée 25 (Motorisiertes Infanterieregiment 25 (Mot Inf Rgt 25)) Régiment de chars 4 (Panzerregiment 3 (Pz Rgt 3)) Régiment de chars 9 (Panzerregiment 9 (Pz Rgt 9)) Régiment d'artillerie 11 (Artillerieregiment 11 (Art Rgt 11))

Armée 95 L' (1995 - 2003) comprenait cinq brigades mécanisées : Brigade blindée 1 Brigade blindée 2 (Panzerbrigade 2 (Pz Br 2)) Bataillon de chars (Panzerbataillon 12 (Pz Bat 12)) Brigade blindée 3 (Panzerbrigade 3 (Pz Br 3)) Brigade blindée 4 (Panzerbrigade 4 (Pz Br 4)) Bataillon mécanisé 4 (Mechanisiertes Bataillon 4 (Mech Bat 4)) Bataillon de chars 13 (Panzerbataillon 13 (Pz Bat 13)) Bataillon de chars 20 (Panzerbataillon 20 (Pz Bat 20)) Groupe d'artillerie 10 (Panzerhaubitzenabteilung 10 (Pz Hb Abt 10)) Groupe d'engins guidés légers DCA 4 (leichte Flab Lenkwaffenabteilung 4 (L Flab Lwf Abt 4)) Bataillon du Génie 4 (Geniebataillon 4 (G Bat 4)) Brigade blindée 11 (Panzerbrigade 11 (Pz Br 11))

Réforme Armée XXI vignette|Bataillon blindé suisse sur la base aérienne de Dübendorf en 2007. Le , les Suisses approuvent par référendum le projet de réforme militaire Armée XXI destiné à réduire drastiquement la taille de l'Armée. Dès , les effectifs de sont progressivement réduits à , dont . .