Le pois chiche, Cicer arietinum, est une espèce de plantes à fleurs dicotylédones de la famille des Fabaceae (légumineuses), sous-famille des Faboideae, originaire du Sud-Est de la Turquie.

L’espèce cultivée provient de la domestication d’un pois chiche sauvage à graines réticulées (Cicer reticulatum Ladiz.) dans la partie centrale du Croissant fertile.

Le pois chiche est une plante herbacée annuelle, cultivée pour ses graines comestibles, nommées aussi pois chichescomme souvent pour les plante comestibles, le même nom pois chiche peut désigner suivant le contexte, la plante entière (de l’espèce Cicer arietinum L.), son fruit (la gousse), sa graine (seule comestible). Deux groupes de cultivars ont été distingués: les Kabuli, à grosses graines, avec des téguments minces et peu ridés, prédominants dans les pays méditerranéens et en Asie du Sud-Ouest et les Desi, à petites graines, un tégument rugueux de couleur plus sombre.

Le pois chiche est adapté à un climat subtropical ou méditerranéen qui se contente de sols pauvres, caillouteux et secs. Il croît presque exclusivement après les pluies en bénéficiant de l’humidité des sols. L’Inde est le plus grand producteur de pois chiches, avec 75 % de la production mondiale en 2021.

Le pois chiche est riche en glucides, protéines et fibres alimentaires. La richesse des protéines en acides aminés essentiels rend sa consommation complémentaire des régimes à base de céréales. Sa richesse en composés phytochimiques bioactifs (composés phénoliques, isoflavones et saponines) ont suscité la production de nombreuses études pharmacologiques indiquant qu’il pourrait avoir des effets bénéfiques sur certaines maladies humaines importantes.

Le pois chiche, tel quel ou réduit en farine, sert de base à un grand nombre de préparations culinaires, en particulier dans le bassin méditerranéen, au Moyen-Orient et dans le sous-continent indien. Une cinquantaine de préparations culinaires à base de pois chiches ont été repérées.

Nomenclature et étymologie En 1753, Carl Linné a donné le nom latin de Cicer arietinum à l’espèce dans Species Plantarum 2: 738.

Le nom de genre Cicer est un nom latin cĭcĕr, ĕris, signifiant « pois chiche »voir le Gaffiot en ligne Cicer.

L’épithète spécifique arietinum vient du latin ărĭĕtīnus, a, um (aries), « qui ressemble au bélier » : arietinum cicer Pline 18, 124, voir le Gaffiot arietinus, en référence à la forme de la graine en tête de bélier (aries en latin), flanquée de ses cornes..

En français, le terme pois chiche (qui apparait en 1244) se compose de pois (du latin pisum, nom d’une légumineuse attestée chez Varron) et de chiche qui serait une altération influencée par la première acception de chiche de l'ancien français cice .

Taxonomie vignette|redresse|Vendeuse indienne triant des pois chiches verts à Varanasi (Inde).

Un synonyme homotypique, selon POWO, Vicia arietina (L.) E.H.L.Krause in J.W.Sturm, Deutschl. Fl. Abbild., ed. 2. 9: 16 (1901) Deux sous-espèces Cicer arietinum subsp. arietinum, Cicer arietinum subsp. reticulatum (Ladiz.) Moreno & Cubero ex Del Guacchio & P.Caputo Liste des variétés Selon (Attention liste brute contenant possiblement des synonymes) : Cicer arietinum var. arietinum Cicer arietinum var. fuscum Alef. Cicer arietinum var. macrocarpum Jaub. Cicer arietinum var. vulgare Jaub.

Description Cicer arietinum est une plante herbacée annuelle, au port dressé, pouvant atteindre 1 m de haut, avec des tiges simples ou ramifiées, dressées, à poils glanduleux.

Le système racinaire est étendu et porte des nodules abritant des bactéries fixatrices d'azote (notamment Mesorhizobium ciceri et Mesorhizobium mediterraneum).

Les feuilles, composées imparipennées (avec une foliole terminale), présentent 3 à 8 paires de folioles. Celles-ci peuvent atteindre de long sur de large, avec des bords dentés et des poils glandulaires faibles et étalés. À la base des feuilles se trouvent des stipules triangulaires.

vignette|gauche|Feuille et fleur.

Le racème porte 1 ou 2 fleurs. Les fleurs, solitaires, zygomorphes, portées par un pédicelle de , sont typiquement de type « papilionacé ». Elles atteignent 12 mm de long et présentent des pétales blancs ou lilas à violet. Le calice est campanulé, profondément denté, à poils glanduleux. La corolle de est blanche, bleu clair ou rouge pourpre, à poils glanduleux. Le pois chiche domestique (Cicer arietinum subsp. arietinum) est essentiellement une plante autogame. Toutes les variétés cultivées sont diploïdes et infertiles

Le fruit est une petite gousse gonflée et arrondie, atteignant de long sur de large, avec des poils glanduleux. Chaque gousse contient de une à quatre graines, de forme sphérique, bosselée et terminée en pointe, à la surface lisse ou rugueuse, pouvant atteindre sur . Leur couleur est variable, généralement blanc crème à beige pour les graines sèches.

En tant que plante de grand intérêt économique, le séquençage de son génome est en cours.

Aire de distribution

Cicer arietinum est originaire d’Iran, Iraq et Turquie.

Il a été introduit en Eurasie Italie, France, Royaume-Uni, Tchécoslovaquie, Bulgarie, Ukraine, Biélorussie, Pays Baltes, Russie occidentale, Sibérie occidentale, Kazakhstan, Kirghizstan, Turkménistan, Liban-Syrie, Himalaya de l'Est, Chine du Centre-Nord, Xinjiang, Qinghai, Pakistan, Mongolie, Myanmar, Inde, Afghanistan, Yémen. Afrique Libye, Maghreb, Égypte, Soudan, Éthiopie, Kenya, Tanzanie, Ouganda, Congo, Zimbabwe Australie du Sud, Queensland Amérique Vermont, Maryland, Cuba, Mexique Sud-Ouest, Colombie, Pérou.

Le pois chiche est adapté à un climat subtropical ou méditerranéen ; il croit presque exclusivement après les pluies en bénéficiant de l’humidité des sols.

Cultivars

Il existe de nombreux cultivars de pois chiches à travers le monde présentant une large gamme de variations dans la taille, la couleur et la forme de la graine ainsi que dans la morphologie de la plante.

Deux groupes de cultivars se distinguent nettement, nommés d'après les dénominations en usage dans le monde indien

groupe Kabuli (ou macrosperma): regroupe les cultivars à grosses graines (), avec des téguments minces et lisses, de couleur claire et peu ridées. La plante a un port érigé et des fleurs blanc crème. Ce sont les cultivars prédominants dans les pays méditerranéens et en Asie du Sud-Ouest. Ils ont été introduits au en Inde. Il en existe des formes avec des graines orange, jaune paille, blanc crème. C’est le type le plus cultivé en France. Le terme Kabuli (du persan ou de l'hindi ) signifie « de Kaboul » groupe Desi (ou microsperma): regroupe les variétés à petites graines (), angulaires, avec la présence éminente d’un bec et une surface rugueuse, de couleur sombre, ridées, avec un tégument plus épais, et sont généralement consommées après décorticage. La plante a un port buissonnant, de petites folioles et de petites fleurs pourpres ou violettes. Ces cultivars prédominent au sud de l’aire d’expansion du pois chiche (Éthiopie) et à l’est (Afghanistan, Pakistan, Inde). Il en existe à graines brunes, rouge foncé, noires, vertes, ou panachées. On le trouve sous forme entière ou sous forme de dal (pois chiches cassés) dans les épiceries indiennes. Le terme Desi signifie « du pays, indigène » en hindi. Surtout cultivé en Asie, il est peu présent en France.

Un travail d'amélioration variétale a été réalisé en France. On compte actuellement sept variétés inscrites au catalogue français : Benito (2016), Eldorado (2013), Elixir (2014), Elvar (2003), Flamenco (1991), Lambada (1992) et Twist (1991).

Le pois chiche cultivé diffère de ses parents sauvages par son port érigé, la rétention des gousses et des graines sur la plante, l’accroissement graduel de la taille de la graine de à plus de . Les formes à grosses graines sont évidemment plus évoluées.

Archéologie et histoire Le pois chiche domestique (Cicer arietinum L. subsp. arietinum) présente de fortes affinités morphologiques et des chromosomes homologues avec une espèce sauvage de pois chiche qui a des graines réticulées, le Cicer reticulatum Ladizinsky, poussant au sud-est de la Turquie, entre l’Euphrate et le Tigre. Cette première identification de l'ancêtre sauvage n'a été avancée pour la première fois qu'en 1974. La recherche moléculaire ayant appuyé l’identification de Cicer reticulatum Ladiz. comme l’ancêtre sauvage, il a été renommé en conséquence Cicer arietinum subsp. reticulatum First published in Phytotaxa 558: 298 (2022), en 2022.

La partie centrale du Croissant fertile semble être le territoire dans lequel le pois chiche a été domestiqué. Sources archéologiques Les premiers restes archéologiques proviennent de Çayönü en Turquie (7500-6800 ) et de Tell Abu Hureyra au nord de la Syrie ( millénaire ). Situés dans la partie nord du Croissant fertile et dans l’aire de répartition de la forme sauvage, ces sites présentent des graines dont la taille est celle des pois chiches sauvages (subsp. reticulatum). Par contre, les graines retrouvées à Jéricho (7500 ) et à Tell Ramad, près de Damas (fin du millénaire), sont des formes domestiquées. Ces sites sont éloignés du territoire de l’ancêtre sauvage et les spécimens de Jéricho semblent avoir un tégument lisse, de même que les graines trouvées à Höyücek au Sud-Ouest de la Turquie (env. 6500-6050 ).

Le pois chiche cultivé domestiqué s’est déplacé vers l’ouest. Un pois chiche bien conservé a été retrouvé en Grèce, à Otzaki datant du millénaire , en Bulgarie et enfin au , à Sainte-Maxime (Var) dans le sud de la France. En Europe occidentale, la culture et la consommation du pois chiche sont attestées dès le , par des sources écrites et archéologiques.

Le pois chiche domestiqué s’est aussi déplacé vers l’est : on trouve sa trace sur les sites harappéens vers 2000 dans le nord de l’Inde. L’Inde et l’Éthiopie sont devenues des centres de diversités des pois chiches.

Sources écrites historiques

Le pois chiche est cité dans la Bible (Isaïe, 30, 24) : c’est le hamitz (hébreux: חומץ), classiquement traduit par « fourrage salé ». Ce nom se retrouve dans l’arabe حمص ḥummuṣ qui via le turc humus a désigné en français l’ « hoummous », la purée de pois chiche et d’huile de sésame. En sanscrit, le pois chiche est appelé chanaka () qui a donné en hindi chana ( ou )

Dans l’Antiquité grecque, pour le philosophe et botaniste Théophraste (-371 ; -288) (Recherches sur les plantes, 8, 5, 1). L’encyclopédiste romain Pline (+23 ; +79) reprend les termes de Théophraste et rajoute (Histoire naturelle, 18, 124). Il semble donc que plusieurs cultivars de pois chiche circulaient pendant l’Antiquité, alors que de nos jours, le type Kabuli prédomine.

Pendant le Moyen Âge, le pois chiche semble avoir été cultivé dans une bonne partie de l’Europe, y compris en Allemagne. Il fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne dans le capitulaire De Villis (fin du ou début du ). La moniale allemande Hildegarde de Bingen (1098-1179) fait l’éloge du kicher.

Le pois chiche a été importé en Amérique par les Européens, les premières récoltes ayant été obtenues sur l’île d’Hispaniola en 1494. Pour des raisons climatiques, il s’est implanté dans les hauts plateaux du Pérou et du Mexique.

Patronyme, pseudonyme

Cicéron doit son surnom () à une grosse verrue en forme de pois chiche qui aurait orné le bout du nez d’un de ses ancêtres ; il en est de même pour le pharaon d'origine grecque Ptolémée IX surnommé Lathyros, l'équivalent en grec..

Mode de culture Le pois chiche est une plante annuelle qui se contente de sols pauvres, caillouteux et secs.

Il se sème à grand écartement, car ses racines peuvent prospecter un volume important. Il ne demande pas beaucoup d'entretien, il est toutefois conseillé de butter les pieds et de désherber par binage. La récolte a lieu quand les gousses sont sèches et brunissent.

Ses principaux ennemis sont les bruches qui percent les grains.