De l'ALN à l'ANP. La construction de l'armée algérienne (1954-1991) est un essai de l'historienne Saphia Arezki, paru en 2018 en Algérie et en 2022 en France. Présentation De l'ALN à l'ANP. La construction de l'armée algérienne (1954-1991) est un ouvrage de Saphia Arezki, docteure en histoire contemporaine de l’université Paris I, chercheuse associée au CHERPA. L'essai est le prolongement de sa thèse de 2014, sous la direction de l'historien Pierre Vermeren, soutenue à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne en partenariat avec le Centre d'études des mondes africains.
La période d'étude commence en 1954 avec le début de la guerre d'Algérie et se termine avec les élections législatives de 1991 qui marquent le début de la guerre civile algérienne des années 1990.
Méthodologie L'autrice a établi une prosopographie du corps des officiers de l'armée algérienne (ANP). Saphia Arezki a établi une base de données des officiers avec des renseignements sur leurs parcours, mais l'impossibilité de consulter les archives algériennes complique la tâche. Ceux qui ont commencé leurs carrières dans l'armée française sont les plus connus grâce aux archives militaires françaises. Ils sont connus sous l'acronyme DAF (déserteurs de l’armée française).
Principaux thèmes traités
Formations
Dans le deuxième chapitre du livre, Saphia Arezki travaille sur la formation militaire des combattants avant 1962 ; celle-ci a pour conséquence la mise en place de réseaux et les fonctions des militaires au sein de l'ANP. Elle détermine trois types de formation. Un premier groupe de militaires formés au sein des Forces armées françaises dans les années 1940-1950. Ils nouent entre eux des « liens qui perdurent ensuite dans l’ANP ». Ils sont recrutés, en raison de leur expérience, pour instruire les nouveaux combattants pendant la guerre d'Algérie et après l’indépendance de 1962. Toutefois ils ont une mauvaise réputation, car souvent soupçonnés d’être de . Le deuxième groupe est constitué des combattants qui sont retenus pour partir en formation dans des pays amis qui soutiennent le combat pour l’indépendance (Égypte, Chine, URSS en particulier). Outre ces deux groupes qui forment l’élite militaire algérienne, d’autres combattants sont formés dans des camps de l'armée des frontières installés au Maroc et en Tunisie, favorables à l’indépendance algérienne.
Présidence de Houari Boumédiène (1965-1978)
Sur le sujet des DAF, Saphia Arezki traite le conflit entre Tahar Zbiri et Houari Boumédiène concernant l’influence supposée des « officiers déserteurs de l’armée française » au sein du ministère de la Défense algérien.
Présidence de Chadli Bendjedid (1979-1991)
À la mort de Houari Boumédiène en 1978, les dirigeants de l’ANP décident d'installer à la tête de l’Algérie le colonel Chadli Bendjedid, qui dirigeait la région militaire (Oran). Cette décision confirme la domination de l’ANP sur le Front de libération nationale et sur la sphère politique algérienne. Il est alors effectué une « déboumedienisation » des instances dirigeantes du pays et de l'armée. Aussi, une nouvelle génération d'officiers prend les rênes de l'Algérie.
Accueil critique
Rym Drouaz, journaliste du média algérien TSA, mentionne l'ouvrage lors du Salon international du livre d'Alger de le considérant comme objectif. Il s'agit d'un « événement » car il existe peu de publication sur l’histoire de l’Algérie après son indépendance, par un historien ou une historienne citant en cela une analyse de l'historienne Malika Rahal.
L'historienne Claude d'Abzac-Epezy évoque un .
Malika Rahal y voit un événement, pour deux raisons ; d'une part un ouvrage sur l’histoire de l’Algérie après son indépendance en 1962 est rare et d’autre part Saphia Arezki y analyse sans détour le processus de construction de l’Armée nationale populaire (ANP) en décrivant les parcours de ses officiers.
Pour Marouen Taleb, chercheur post-doctorant à l'Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, une étude prosopographique donne une description détaillée de la mise en place de l’armée algérienne, ainsi Saphia Arezki .
L'historien Jonas Matheron considère que cet ouvrage revêt « une grande importance » car il permet d'établir les bases d’une histoire de l’armée algérienne et à travers celle-ci de l’État algérien.
Publications L'ouvrage est publié en Algérie en 2018 puis en France en 2022.
Références
À voir Articles connexes
Clan d'Oujda Armée des frontières
Liens externes Répertoire biographique non exhaustif des principaux militaires étudiés dans l'ouvrage p. 267-296 : De l'ALN à l'ANP. « L’armée algérienne n’est pas constituée d’un bloc monolithique homogène » interview de Saphia Arezki sur Le Monde en 2019.
Catégorie:Essai paru en 2018 ALN Catégorie:Livre ayant trait au domaine militaire Catégorie:Livre d'histoire sur l'Algérie