Maurice Bouignol, né le à Saint-Servan et mort pour la France à Rubescourt, à la frontière des départements de l'Oise et de la Somme, le , est un poète français du . Son nom est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France.
Biographie Maurice Pierre Bouignol, né le à Saint-Servan est le fils d'Émile Bouignol (né en 1854), professeur de lettres au collège et de Marie Louise Antoinette Germaine Delrieu (née en 1865). Ses parents sont originaires de l’Ariège et du Quercy, mais la carrière de son père, professeur puis principal au collège, conduit la famille à déménager fréquemment.
D'abord scolarisé au collège de Libourne, il rejoint le collège Guy-Chauvet à Loudun en 1904, où son père est principal. Il obtient une bourse pour poursuivre ses études à Paris, au lycée Henri IV, où il se distingue par ses brillants résultats. En 1909, il est admis à l'École normale supérieure et y obtient l'agrégation de lettres en 1914.
Son camarade de promotion, René Lemarchand se souvient de lui comme d'une petite silhouette coiffée d’un feutre mou, agitant son inséparable canne, traversant les couloirs d’un pas sautillant. Ils se souviennent de l’air grave avec lequel il débitait en Sorbonne des leçons riches en remarques fines, révélant toujours l’émotion délicieuse de l’artiste sous l’appareillage critique. Il était également connu pour son désintéressement absolu, partageant sans réticence ses idées les plus précieuses avec ses camarades.
Après son admission à l'École normale supérieure, il doit s'engager dans l'armée pour une durée de cinq ans. Le contrat prévoit qu'il doit accomplir une première année de service immédiatement, puis les quatre autres à l'issue de sa scolarité. Il signe son engagement à Châtellerault le et commence son service militaire au 6 régiment d'infanterie à Joinville-le-Pont. En , après ses études, il est incorporé pour sa deuxième année de service militaire au 49 régiment d'infanterie.
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il est mobilisé comme sous-lieutenant au 249 régiment d'infanterie. Il participe à plusieurs batailles importantes, notamment à Charleroi, dans la Marne et au Chemin des Dames. Le , il est blessé au cuir chevelu lors des combats au Chemin des Dames. Malgré cette blessure, il continue de servir avec bravoure et est cité cinq fois pour son courage exemplaire. Il reçoit la croix de guerre avec deux étoiles d'argent et deux étoiles de vermeil.
En 1914, dans les tranchées devant Verneuil, il fait la connaissance de Robert Rey et lui montre ses manuscrits qu'enferme un sac de cuir. C'est lui qui écrira les pages consacrées à Maurice Bouignol dans l'Anthologie des écrivains morts à la guerre.
Ses expériences de guerre inspirent ses écrits et il compose des poèmes qui reflètent la vie des combattants. Son recueil de poèmes Sans Gestes, préfacé par la comtesse Anna de Noailles, est couronné par l'Académie française en 1919. Ce recueil est salué pour sa profondeur émotionnelle et sa capacité à capturer l'essence de la vie dans les tranchées.
Dans ses lettres, il exprime ses réflexions sur la guerre et la vie. Dans une lettre datée du , il écrit : « J’ai pas mal changé depuis quatre ans, je ne suis plus aussi agité que je l’étais… Je suis devenu beaucoup plus social. J’ai vu à la guerre des gens différents de moi, différents de nous, et dont je ne soupçonnais même pas l’existence ».
En , il est muté comme lieutenant au 39 régiment d'infanterie . Après 45 mois de campagne et quatre citations à l'ordre du jour, Maurice Bouignol est tué au combat le à Rubescourt. Inhumé dans le cimetière militaire de Maignelay, ses parents font transférer sa dépouille en 1921 au cimetière de Frayssinet-le-Gélat, commune de naissance de sa mère.
La citation qui accompagne sa décoration de la légion d'honneur décrit le « capitaine à la 9e compagnie du 39e régiment d'infanterie : a toujours fait preuve, en particulier au cours des combats récents, du plus grand courage et d'un mépris absolu du danger. S'étant porté en avant de la tranchée de première ligne pour visiter ses sentinelles et inspecter ses travaux, a été mortellement frappé, le . A été cité ».
Maurice Bouignol a été soutenu tout au long de sa vie par un amour profond et interdit pour une cousine bien plus âgée, décédée en 1917.
Distinctions , à titre posthume, décret du
1914 : Académie des jeux floraux : Prix Pujol de poésie pour Simon de Montfort 1914 : Académie des jeux floraux : Souci réservé pour Byzance 1919 : Académie française - Prix Jules Davaine pour Sans gestes
Hommages Le nom de Maurice Bouignol est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France. Son nom figure sur les plaques commémoratives 1914-1918 du lycée Guy Chauvet à Loudun, du lycée Henri IV, de l'École Normale Supérieure et de la Sorbonne à Paris, et sur les monuments aux morts de Bordeaux et de Frayssinet-le-Gélat. Il est nommé au grade de capitaine par décret du . Le colonel du régiment d'infanterie écrit au père de Maurice Bouignol : « J’ai perdu en lui un excellent officier… Beau soldat, d’une bravoure calme et réfléchie, toujours avec ses hommes qui l’adoraient et sur lesquels il avait la plus saine influence. Il a été frappé à la tête au moment où, allant d’un groupe à l’autre, il exhortait ses hommes au travail pour le creusement d’une nouvelle tranchée. C’est une perte pour nous et pour le pays ».
Œuvres principales Sans gestes, poèmes héroïques, avec une préface d'Anna de Noailles, 1918 Glaives et médailles, poèmes, avec une préface d'Ernest Lavisse, 1920 La Princesse, pièce en deux actes restée à l'état de manuscrit
Bibliographie
Références
Liens externes
Sur Maurice Bouignol Le Souvenir français : Maurice Bouignol
Catégorie:Écrivain mort pour la France Catégorie:Agrégé de lettres Catégorie:Élève du lycée Henri-IV Catégorie:Élève de l'École normale supérieure Catégorie:Personne citée au Panthéon de Paris Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1919 Catégorie:Militaire français mort au combat lors de la Première Guerre mondiale Catégorie:Naissance en janvier 1891 Catégorie:Naissance à Saint-Servan Catégorie:Décès en avril 1918 Catégorie:Décès à 27 ans