vignette|Montagnes de Kroumirie du côté d'Aïn Draham.

Lenvironnement en Tunisie est l'environnement (ensemble des éléments — biotiques ou abiotiques — qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins) de la Tunisie.

Le pays est fortement exposé à un large éventail d'aléas naturels, comme les inondations, la sécheresse, les canicules, les glissements de terrain, les incendies de forêt, l'ensablement et les tempêtes de neige.

Biodiversité

vignette|Topographie de la Tunisie.

La diversité des milieux naturels en Tunisie découle de sa position géographique, à la croisée du bassin méditerranéen et du Sahara. Cette situation engendre une grande variété de conditions climatiques, allant du subhumide au nord au désertique au sud. Cette hétérogénéité se traduit par une multitude d'écosystèmes : côtiers, insulaires, montagneux, steppiques, désertiques, oasiens et humides. Chacun de ces milieux abrite une biodiversité spécifique et joue un rôle écologique et socio-économique pour le pays..

Milieux Milieux humides

vignette|Vue de la zone humide de Mejen Ech Chitan.

Le Code forestier tunisien dans sa loi du définit les zones humides comme ..

Selon la classification Ramsar, 34 types de zones humides sur 42 sont présents en Tunisie, ce qui traduit une forte diversité écologique. Ces milieux se répartissent en trois grandes catégories : zones humides naturelles (lacs, marais, lagunes, sebkhas, deltas, tourbières), zones humides artificielles (retenues de barrages) et zones humides marines et côtières. Les principales lagunes présentes sur le littoral tunisien sont celles de Korba, Ghar El Melh, Tunis et Boughrara..

Les zones humides côtières en Tunisie représentent de la superficie totale des zones humides tunisiennes (). Elles assurent, à travers leur communication avec la mer ou entre elles, des fonctions essentielles au maintien de l'équilibre écosystémique et socioéconomique.. Parmi les écosystèmes côtiers, les deltas jouent un rôle majeur, notamment celui de la Medjerda près de Ghar El Melh, seul fleuve permanent de Tunisie, et un autre en cours de formation du côté de Kalâat el-Andalous.

Les sebkhas et chotts couvrent de larges surfaces du sud du pays. Le Chott el-Jérid, plus grand lac salé d'Afrique du Nord, a une superficie de .

Milieux montagneux

vignette|Silhouette du djebel Ressas dominant la plaine de Mornag.

Les milieux montagneux de la Tunisie, correspondant aux zones situées au-delà de d'altitude, couvrent environ deux millions d'hectares, soit près de 16 % du territoire national. Le pays est traversé par les chaînes de l'Atlas, composées de l'Atlas tellien au nord et de l'Atlas saharien au centre et au sud, qui inclut notamment la dorsale tunisienne. Ces massifs, dont le point culminant est le djebel Chambi à , jouent un rôle central en conditionnant le climat et l'hydrologie, ce qui leur confère une fonction essentielle de réservoir hydrique pour le pays..

Le climat varie selon la latitude et l'altitude. Les massifs du nord présentent un climat méditerranéen, tandis que l'influence saharienne devient prépondérante vers le sud. La répartition des précipitations est très variée selon les régions : dans le nord montagneux, les précipitations annuelles peuvent dépasser , tandis que dans les zones centrales elles se dépassent pas , et dans les régions du sud elles sont inférieures à . Cette variation climatique a engendré une biodiversité abritant une part importante de la faune et de la flore nationales..

Milieux côtiers

vignette|Vue de Geltet Ezzit (cap Serrat).

Le littoral tunisien se déroule sur dont 575 de plages sablonneuses. Les côtes Nord alternent des fonds rocheux et meubles avec un plateau continental à pente forte. Les côtes Est, moins rocheuses et dotées d'un plateau étendu, possèdent des herbiers marins de Posidonia oceanica qui constituent des zones de ponte pour la tortue marine Caretta caretta. Les côtes Sud sont caractérisées par des fonds sableux et sablo-vaseux, un plateau très étendu à pente douce, une forte amplitude de marée et une salinité élevée. Le climat, de type méditerranéen au nord, semi-aride au centre et aride au sud, conditionne la répartition des précipitations et la salinité des eaux. Ces contrastes climatiques influencent directement la productivité biologique et la fragilité des écosystèmes côtiers..

On y recense plus de et , dont plusieurs endémiques de la Méditerranée. Les eaux tunisiennes abritent plus de , une trentaine de mammifères marins, ainsi que des espèces d'invertébrés et de crustacés à intérêt économique. Les herbiers marins constituent un habitat clé pour la reproduction de nombreuses espèces.

Les treize gouvernorats côtiers totalisent 65,3 % de la population totale avec une forte densité de population ( contre une moyenne nationale de 64). Cependant, les milieux côtiers sont confrontés à des pressions anthropiques croissantes. La pollution industrielle, les rejets d'eaux usées non traitées et l'urbanisation rapide ont conduit à la dégradation de certaines plages, rendant la baignade dangereuse dans 28 sites, notamment dans les gouvernorats de Ben Arous et de l'Ariana..

Milieux désertiques

vignette|Formations rocheuses et dunes de sable près de Degache.

Les milieux désertiques tunisiens couvrent environ 40 % du territoire national, soit près de , principalement dans les régions méridionales (Kébili, Tozeur et Tataouine). Ces milieux se caractérisent par des regs pierreux à végétation très clairsemée et par la présence du Grand Erg oriental, dont les dunes couvrent environ . On y trouve également de vastes dépressions salées (chotts), dépourvues de végétation, qui s'étendent sur une superficie estimée à . Ces espaces sont caractérisés par une pluviométrie annuelle inférieure à et une faible productivité biologique, qui abritent une biodiversité végétale et animale adaptée aux conditions extrêmes..

La flore des zones désertiques tunisiennes compte environ 135 espèces spécifiques, souvent sous-estimées en raison de leur apparente rareté et de leur adaptation aux conditions écologiques difficiles. Cinq familles végétales sont dominantes : les Astéracées, les Poacées, les Brassicacées, les Chénopodiacées et les Fabacées. Ces familles représentent environ 50 % de la flore désertique tunisienne..

Malgré les conditions climatiques extrêmes, une diversité faunique non négligeable est observée : des inventaires récents indiquent la présence d'au moins quinze espèces de mammifères, soixante espèces d'oiseaux et dix espèces de reptiles dans les zones désertiques autour du parc national de Jbil et ses alentours. Parmi ces espèces, plusieurs sont considérées comme emblématiques des milieux désertiques tunisiens, notamment la gazelle à cornes fines (Gazella leptoceros), adaptée aux ergs sableux, la gazelle dorcade (Gazella dorcas), présente dans les zones rocheuses et steppiques, et l'outarde houbara (Chlamydotis undulata), un grand oiseau coureur..

Faune et flore

La biodiversité faunique et floristique de la Tunisie découle de la richesse et de la diversité de ses écosystèmes. Le pays présente une grande variété de conditions climatiques, allant du climat méditerranéen humide au nord jusqu'au saharien au sud, ainsi qu'une diversité de milieux naturels tels que les forêts, les steppes, les zones humides, les littoraux et les déserts.

Espaces protégés La Tunisie dispose d'un réseau d'espaces protégés destiné à préserver la diversité de ses écosystèmes terrestres et marins. Le cadre juridique tunisien relatif à la conservation de la nature définit plusieurs catégories d'aires protégées instituées principalement par le code forestier et la loi du relative aux aires marines et côtières protégées. Ces espaces terrestres et marins visent à préserver la diversité biologique, les écosystèmes et les paysages naturels présentant un intérêt écologique, scientifique ou esthétique. On distingue principalement. : les parcs nationaux, espaces étendus consacrés à la protection intégrale d'écosystèmes représentatifs ; les réserves naturelles, créées pour préserver des espèces animales ou végétales menacées et leurs habitats ; les réserves de faune, destinées à la protection et à la reproduction d'espèces sauvages ; les forêts récréatives, qui présentent un intérêt touristique et récréatif ; les réserves de chasse, où la chasse est suspendue pour permettre la régénération des populations animales ; les aires marines et côtières protégées, créées pour sauvegarder les écosystèmes marins et littoraux, ainsi que la flore et la faune associées ; les sites Ramsar, zones humides inscrites sur la liste de la convention de Ramsar.

Sur les 42 sites classés Ramsar, 28 zones humides font partie des écosystèmes côtiers.

+ Liste des zones humides littorales classées Ramsar. Site Date de désignation Gouvernorat Superficie (ha) Bahiret el Bibane Médenine Barrage Lebna Nabeul Barrage Mlaabi Nabeul 98 Barrage Oued El Hajar Nabeul 254 Barrage Oued Ermal Zaghouan 620 Barrage Sidi Abdelmoneem Nabeul 31 Barrage de Sidi El Barrak Béja Complexe Lac de Tunis Tunis Barrage Ghdir El Goulla et Barrage El Mornaguia (Al Mornaguia) Ariana 273 Sebkhet Oum Ez-Zessar et Sebkhet El Grine Gabès et Nabeul Chott el Guetayate et Sebkhet Dhreia et Oued Akarit, Rekhama et Meleh Sfax et Gabès Djerba Bin El Ouedian Nabeul Djerba Guellala Nabeul Djerba Ras Rmel Nabeul Golfe de Boughrara Nabeul Garâa Sejnane Bizerte 500 Ichkeul Bizerte Îles Kerkennah ou archipel de Kerkennah Sfax Îles Kneiss avec leurs zones intertidales Sfax Lac et tourbière de Mejen Ech Chitan Bizerte 7 Lagune de Ghar El Melh et delta de la Mejerda Bizerte Lagunes du Cap Bon oriental Nabeul 504 Salines de Monastir Monastir Salines de Thyna Sfax Sebkhet Halk Elmanzel et oued Essed Sousse Sebkhet Kelbia Sousse Sebkhet Sejoumi Tunis Sebkhet Sidi Elhani Sousse Sebkhet Soliman Nabeul 880

Impacts sur les milieux naturels Activités humaines Industries

Le secteur de l'industrie en Tunisie contribue pour 30 % du PIB national et 32,5 % de la population active en 2007.

La pollution d'origine industrielle en Tunisie se concentre principalement dans certaines zones côtières abritant de grands complexes industriels et chimiques. L'impact le plus sévère concerne le golfe de Gabès, reconnu comme un point chaud de pollution de la Méditerranée par le Programme des Nations unies pour l'environnement. Cette situation est largement due à l'accumulation des rejets et émissions des industries lourdes opérant dans la région. La dégradation environnementale du golfe de Gabès est principalement imputable au complexe industriel du Groupe chimique tunisien (GCT), situé dans la zone de Ghannouch, spécialisé dans la transformation du phosphate pour la production d'acide phosphorique et d'engrais. Le GCT est responsable de plus de 95 % de la pollution atmosphérique locale. D'autres contributeurs incluent les unités des Industries chimiques du fluor et ALKIMIA, la centrale électrique de la STEG et la cimenterie de Gabès. L'impact de ces activités touche l'air, la mer et les écosystèmes terrestres..

Dans la région du cap Bon, le gouvernorat de Nabeul fait face à une pollution industrielle importante liée aux unités agroalimentaires, notamment celles de transformation de la tomate. En 2025, treize usines de tomates et près de cinquante huileries y rejettent environ d'eaux usées par an. Seulement 3 % de ces rejets sont traités via des stations d'épuration. Pour remédier à cette situation, le ministère de l'Environnement lance un programme régional de réhabilitation. Cette initiative vise à accorder aux industriels un délai d'environ dix mois pour mettre à niveau leurs stations de traitement et se conformer aux normes en vigueur..

Agriculture, pêche et chasse Agriculture

vignette|Champs de blé près du parc national d'Ichkeul.