Ernest Stroobants est un artiste belge, sculpteur portraitiste, oeuvrant à Liège dans le second tiers du .
Elève de l’artiste Gustave Paredis, il fréquente les cours du soir de l’Académie de Liège. Il mènera des missions de résistance pendant la guerre. Sa première exposition personnelle est organisée en 1966. E. Stroobants est surtout connu par ses trois bas-reliefs du Pont des Arches à Liège (1948)
Biographie Ses parents sont Auguste Stroobants, graveur sur bois, originaire d’Herent, et Irma Corombelle ; Ernest Stroobants naît à Liège le .
Enfant, il est atteint d’une forte déviation de la colonne vertébrale qui le fera souffrir toute sa vie. Il vit avec ses deux parents atteints chacun de surdité. Son père meurt quand il a un an. Sa mère quitte Bruxelles pour Liège où réside la grand-mère maternelle. La famille vit dans la précarité ; Ernest a de médiocres résultats scolaires : il ne s’intéresse qu’au dessin et à la musique. Lors des cours, il croque ses instituteurs et ses condisciples.
Vers 1923, il est engagé comme apprenti dans l’atelier de Gustave Paredis (1897-1963) et formé à la sculpture sur bois. De 1923 à 1929, il suit les cours du soir à l’Académie royale des beaux-arts de Liège. Il est souvent hospitalisé ; G. Paredis le conseille et l’oriente vers la sculpture, en privilégiant la terre glaise.
En 1934, le peintre Marcel Defize (1906-1978) l’admet dans son groupe d’artistes : l’Atelier de la cour des Minimes ; il est le seul sculpteur. Il décide d'approfondir sa culture en littérature, esthétique, philosophie, société, il étudie la section d’orJacques Toussaint, Op. Cit., pp. 10-12..
Il s'inscrit au parti communiste et au front de l’indépendance. Il est recherché par la Gestapo pendant la guerre. Il rencontre Anna Goldberg en , partagent des activités clandestines contre l’occupant et l'épouse en Jacques Toussaint, Op. Cit., pp. 12-13..
Après la guerre, pendant quelques années, il est inscrit à l’A.P.I.A.W. (« Association pour le Progrès intellectuel et artistique de la Wallonie ») et participe à plusieurs expositions d’ensembles (1947-1949-1951).
Durant presque toute l’année 1948, il réalise trois bas-reliefs de la culée gauche du pont des Arches à Liège, construit par l’architecte est Georges Dedoyard (1897-1988).
Le plus petit a été brisé lors de sa tentative de démontage, quelques années après.
Dans les années 1950, il s'oriente vers la taille directe (pierre et marbre) sans abandonner la terre cuite, sur les conseils de son ami Constant Caron (1901-1984). La sculpture sur bois est trop peu rémunératrice.
De 1960 à 1966, il est directeur de la section liégeoise, puis directeur régional de la « Discothèque nationale de Belgique »Louis Poulet, professeur de musique au Conservatoire royal de Bruxelles et initiateur du Concours international de quatuor à cordes à Liège 1951-1972, usa de son influence pour que son ami Ernest obtienne le poste, bien nécessaire pour une vie plus facile..
Conception de l'art De santé fragile, menant une existence difficile, il a réalisé des œuvres qui expriment son sens de l’observation, sa sensibilité exacerbée, son souci du détail et du rendu. Il se sert du visage humain pour transmettre ses émotions profondes. Il a déclaré : Voir les archives de Madame Simone Gillet, nièce de l’artiste, à Liège..
Œuvres Le catalogue de ses œuvres en sculpture est restreint : une cinquantaine de bustes ou de têtes. Certaines ont été détruites par l’artisteLes archives confirment que l’artiste a procédé régulièrement à la destruction d’œuvres car il était toujours insatisfait du résultat..
Les trois bas-reliefs du pont des Arches à Liège, exécutés en 1948, ne le satisfaisaient pas. E. Stroobants est considéré comme un portraitiste, un bustier, un chasseur de têtes, ce que l’on appelait par le passé « tailleur d’images ». Les bustes et têtes d’amis, de connaissances et de personnalités liégeoises sont peu connus. Il a peu exposé et peu suivi par les critiques.
Sa première exposition personnelle est organisée en 1966, trois ans avant sa mort. L’exposition organisée au Trésor de la cathédrale de Liège (-) veut pérenniser sa mémoireAprès l’exposition de 1966, celle de 2022 constitue la seconde exposition qui est totalement consacrée à l’œuvre d’Ernest Stroobants..
Ses œuvres sont conservées dans des collections privées mais aussi dans des collections publiques : Fédération Wallonie-Bruxelles, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Liège (La Boverie), Secteur Arts plastiques de la Province de Liège, Conservatoire royal de Liège, Maison de la Musique-Musée Danieli à HoeilaartJacques Toussaint, Op. Cit., pp. 49-52..
Références Notes
Références
Bibliographie Sources d'archives Ans, Archives des ateliers Menchior. Liège, Archives de Madame Simone Gillet (Autobiographie, 1966 ; Autobiographie, 1968 ; ; ; B ; Témoignages d’Anna Stroobants-Goldberg ; …). Hoeilaart, Archives de la Maison de la musique – Musée Danieli, (Madame Myriam Pascal Poulet).
Sources imprimées Œuvres acquises par le Ministère de la Culture française : 1968 à 1972, Bruxelles, Ministère de la Culture française, 1983, p. 147, 150, , inv. . Musée des Beaux-Arts, Musée de l’Art wallon, Liège, 1958, p. 43. S. Alexandre, Ernest Stroobants. Les travaux du pont. Quai de la Ribuée, collection Parcours d’art public, Ville de Liège, F7, s.l.n.d., n.p. S. Alexandre, Le sculpteur Ernest Stroobants (1909-1969), dans Revue des historiens de l’art, des archéologues, des musicologues et des orientalistes de l’Université de Liège. Art & Fact (Art et pouvoir), , 1995, pp. 83-102. J. Bosmant, Ernest Stroobants, catalogue de l’exposition organisée à la Galerie « Les métiers d’art », [Liège, 1966], n p. P. Bovy, Cinquante ans d’art public dans la ville de Liège (1945-1995), mémoire de licence en Histoire de l’Art, Archéologie et Musicologie de l’Université de Liège, année académique 1994-1995, p. 38, 49, 90, 110 et 133. Ch. Bury, Histoire du pont des arches, dans Si Liège m’était conté…, , hiver 1972 (décembre-février), pp. 7-25 (p. 21 concernant Ernest Stroobants). Engelen-Marx, Beeldhouwkunst in België vanaf 1830, deel III : R-Z, Algemeen Rijksarchief en Rijksarchiev in de provincien, Studia 90, Bestelnummer : publ. 3850, Brussel, 2002, pp.1476-1477. Engelen-Marx, La sculpture en Belgique à partir de 1830, tome VI, Leuven, 2006, pp. 3336-3338. A. Hormidas, Le pont des Arches, à Liège, dans La Technique des Travaux, vol. 26, nos 9-10, , pp. 281-292. A. Stroobants-Goldberg, Biographie du sculpteur Ernest Stroobants 1909-1969, tapuscrit, . J. Toussaint, Ernest Stroobants (1909-1969), sculpteur, dans Actes du 11e Congrès de l’Association des Cercles francophones d’histoire et d’archéologie de Belgique et 58e Congrès de la Fédération des Cercles d’archéologie et d’histoire de Belgique. Congrès de Wallonie picarde. Tournai, organisé par les sociétés d’histoire et d’archéologie d’Ath, Mouscron et Tournai, avec la collaboration du Centre Hannonia. 19-22 août 2021 (20-23 août 2020), tome 1, Tournai, 2021 (2020), pp. 267-268. J. Toussaint, Ernest Stroobants (1909-1969). Sculpteur portraitiste, coll. Euclide de l’asbl Art Research Institute, 3, Jambes, 2022, 96 p.
Liens externes
Ernest Stroobants. Sculpteur portraitiste (Bande annonce de l'exposition ayant eu lieu au Trésor de Liège du 1er juin au 18 septembre 2022) Le sculpteur liégeois Stroobants s'invite au Trésor (Interview avec Jacques Toussaint, spécialiste d'Ernest Stroobants) Ernest Stroobants. Sculpteur potraitiste liégeois (Interview de Jacques Toussaint, spécialiste d'Ernest Stroobants)
Catégorie:Naissance en septembre 1909 Catégorie:Décès en mai 1969 Catégorie:Sculpteur belge du XXe siècle Catégorie:Décès à 59 ans