Guy Joseph Émile Nairay, né le à Sainte-Anne (Guadeloupe) et mort le à Abidjan, est un homme politique français.

Après une carrière dans l'administration coloniale, il est directeur de cabinet de Félix Houphouët-Boigny, président de la république de Côte d'Ivoire, de 1960 à 1993. Durant ces trois décennies, il fait partie du cercle le plus proche du président et suit la plupart des dossiers sensibles du pays. Il est un personnage important de la politique désignée sous le nom de « Françafrique ».

Après la mort de Houphouët-Boigny en 1993, il est conseiller spécial du président Henri Konan Bédié, chargé des affaires diplomatiques jusqu'à son décès en 1999.

Il est grand-croix de l'ordre national du Mérite et grand officier de la légion d'Honneur.

Études et Diplômes Il fait ses études secondaires aux lycée de Pointe-à-Pitre et Louis-le-Grand puis intègre la faculté de droit de ParisWho's who in France, Jacques lafitte, 1984, p.1073.

Il est licencié en droit, diplômé de l'école libre des sciences politiques (« Sciences Po »), de l'école nationale des langues orientales vivantes (ENLOV) et breveté de l'école nationale de la France d'outre-mer (ENFOM)

Carrière Originaire de Guadeloupe, Guy Nairay est tout d'abord administrateur colonial au Sénégal (1942-1946) et en Mauritanie (1946), occupe plusieurs postes dans des cabinets ministériels à Paris (1946-1949) puis devient en 1949 commandant de cercle à Gagnoa jusqu'en 1954.

En 1956, il entre comme chef de cabinet d'Houphouët-Boigny, ministre délégué à la présidence du Conseil dans le cabinet de Guy Mollet. A l'indépendance de la Côte d'Ivoire en 1960, il est nommé directeur de cabinet du nouveau président Houphouët-Boigny et conserve ce poste jusqu'à la mort de ce dernier, en .

Tout au long de sa présidence, Houphouët-Boigny s’entoure de conseillers français dont l’influence s’étend à tous les domaines, notamment politiques avec Guy Nairay et Alain Belkiri, secrétaire général du gouvernement, ainsi que les ambassadeurs de France Jacques Raphaël-Leygues de 1963 à 1979, puis Michel Dupuch pratiquement jusqu'à la mort d'Houphouêt ; sans oublier les agents du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE)Pierre Nandjui, Houphouët-Boigny : l'homme de la France en Afrique, L'Harmattan, 1995, p.74, Raphaël Granvaud, David Mauger, Un pompier pyromane L’ingérence française en Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny à Ouattara, Agone, 2018, p.8 (lire en ligne). Cette diplomatie spécifique, la « Françafrique » comme il la nomme lui-même, lui permet de conserver des liens très privilégiés avec l’ancienne métropole, faisant de lui le principal allié de la France en AfriqueHouphouët-Boigny 1re partie (9 avril 2005), Émission de France-Inter « Rendez vous avec X ».. Ainsi, à chaque nouvelle « aventure » africaine où s’implique l'un des deux pays, ils s’apportent, mutuellement, un soutien inconditionnel ; Houphouët-Boigny nouera même, avec le « Monsieur Afrique » de l’Élysée, Jacques Foccart, de véritables liens d’amitiéPierre Nandjui, Houphouët-Boigny : l'homme de la France en Afrique, Paris, éditions L'Harmattan, 1995.

Durant cette période, Guy Nairay fait partie du cercle le plus proche du chef de l'Etat et suit la plupart des dossiers sensibles du pays depuis son indépendance« Guy Nairay », Le Monde, 7 août 1999 (lire en ligne). Avec l'ambassadeur Georges Ouégnin, directeur du protocole, et Alain Belkiri, il fait partie des « trois piliers » de la présidence de la république sous Félix Houphouët-BoignyLa famille Ouégnin, une saga ivoirienne, Jeune Afrique, 10 décembre 2021 (lire en ligne). Dans une conversation avec Foccart, Houphouët-Boigny, à propos de de Nairay et de Belkiri, lui confie : « Ces Français me sont utiles. Si j'avais un directeur de cabinet et un secrétaire général ivoiriens, je serais colonisé par les Baoulés ou par d'autres»Stephen Smith, Antoine Glaser, Comment la France a perdu l'Afrique, Calmann-Lévy, 2005, (lire en ligne).

Après 1993, il est nommé conseiller spécial du nouveau président de la République, Henri Konan Bédié, chargé des affaires diplomatiques.

Il a toujours été appelé « gouverneur » en Côte-d'Ivoire.

Il meurt le à Abidjan.

Hommages Un quartier de Gagnoa porte son nom : Nairayville.

Un Établissement scolaire porte également son nom à Abobo, non loin de l'hôpital Houphouët-Boigny. Le Groupe scolaire Guy Nairay.

Fonctions Chef de cabinet du gouverneur général à Dakar (1942-1943 et 1945-1946) et de la Mauritanie (1946)

Chargé de mission dans différents cabinets ministériels à Paris (1946-1949)

Commandant du cercle de Gagnoa (Côte-d'Ivoire) (1949-1954)

Administrateur en chef de la France d'outre-mer (1952)

Chef de cabinet de Jean Médecin (secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil 1955-1956)

Chef de cabinet de Félix Houphouët-Boigny (ministre délégué à la présidence du Conseil, 1956-1957 puis ministre d'Etat, juin-)

Gouverneur de la France d'outre-mer ()

Directeur de cabinet de Félix Houphouët-Boigny (1957-1960) puis directeur de cabinet de Félix Houphouët-Boigny (président de la république de Côte d'Ivoire) de 1960 à 1993

Conseiller spécial du président Henri Konan Bédié, chargé des affaires diplomatiques de 1993 à 1999

Distinctions

Principales Françaises ()Décret du 31 décembre 1981, Journal officiel du 7 janvier 1982, p.155

Européennes Grand-Croix de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne Grand Officier de l'ordre de Léopold (Belgique) Grand Officier de l'ordre de la Couronne (Belgique) Grand Officier de l'ordre d'Orange-Nassau (Pays-Bas) Commandeur de l'ordre de l'Empire britannique (Royaume-Uni) Commandeur de 1re classe de l'ordre d'Isabelle la Catholique (Espagne)

Africaines Grand-Croix de l'ordre de la République tunisienne Grand Cordon de l'ordre du Ouissam alaouite du Maroc Grand Officier de l'ordre national de la Côte d'Ivoire

Autres

Grand-Croix du Mérite de l'ordre souverain de Malte Grand-Croix de l'ordre de Rio Branco (Brésil) Grand-Croix de l'ordre de la Rédemption africaine du Libéria Grand Cordon de l'Etoile brillante de la république de Chine Grand Officier de l'ordre national du Cèdre du Liban Grand Officier de l'ordre national du Léopard du Zaïre Grand Officier de l'ordre de l'Étoile équatoriale du Gabon Grand Officier des ordres nationaux malgache, du Tchad, du Niger, de l'ordre de la Valeur du Cameroun, d'Ethiopie, de Haute-Volta, du Sénégal Commandeur de l'ordre national mauritanien Commandeur de l’ordre Tudor Vladimirescu de 1re classe (Roumanie) Commandeur de l'ordre de la Santé publique

Bibliographie Who's who in France, Jacques lafitte, 1984, p.1073 Marcel Amondji , Félix Houphouët et la Côte-d'Ivoire, l'envers d'une légende, Karthala, 1984 François-Xavier Verschave, Françafrique, Stock, 1999 « Guy Nairay », Le Monde, (lire en ligne)

Notes et références

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