Sarah Morgan Bryan Piatt, née le dans une plantation proche de Lexington dans le comté de Fayette dans l'État du Kentucky et morte le à Caldwell dans l'État du New Jersey est une poète américaine qui a publié , dans divers journaux, généralement sous le nom de plume de Sally M. Bryan, avant qu'ils soient publiés dans des recueils de poèmes.
Biographie
Jeunesse et formation Sarah Morgan Bryan Piatt, née Sarah Morgan Bryan est l'aînée des deux filles de Talbot Nelson Bryan et de Mary Spiers Bryan, riches propriétaires terriens et d'esclaves. Les familles de ses parents sont issus des premiers colons implantés dans le Kentucky après leur arrivée dans la Caroline du Nord dans les années 1770. Par la famille de son père, elle est l'arrière petite nièce de Daniel Boone et par sa mère, elle est rattachée à la Famille Stockton du New Jersey. gauche|vignette|Portrait de Percy Bysshe Shelley par le peintre Alfred Clint. vignette|Portrait de Lord Byron par le peintre Thomas Phillips. Quand Sarah Morgan Bryan est âgée de , ses parents quittent le comté de Fayette pour s’installer à Versailles dans le Comté de Woodford (Kentucky). Après la mort de sa mère, Mary Spiers Bryan, en 1844, Sarah Morgan Bryan vit chez sa grand mère maternelle toujours à Versailles. Puis quand son père, Talbot Nelson Bryan, se remarie, il envoie ses deux filles vivre chez sa sœur Annie Boone à New Castle dans le comté de Henry (Kentucky). Durant ces déplacements multiples, Sarah Morgan Bryan développe des liens profonds avec sa nourrice, une esclave afro-américaine âgée, à qui elle rendra hommage dans un poème de 1872 .
Sarah Morgan Bryan, fait ses études au collège universitaire pour femmes du comté de Henry. Depuis son enfance, elle développe une passion pour la lecture, et jeune femme elle a une connaissance approfondie de la littérature grecque, des grands maîtres de la littérature anglaise comme Shakespeare et les poètes Samuel Taylor Coleridge, Lord Byron, Percy Bisshe Shelley.
Carrière
La période d'avant la Guerre de Sécession vignette|George D. Prentice. gauche|vignette|Amelia B. Coppuck Welby. La carrière de Sarah Morgan Bryan commence en 1854, de façon inopinée. Alors qu'elle rédige ses premiers poèmes de jeunesse, un de ses cousins, montre l'une de ses poésies à un éditeur texan, qui la publie, à son insu, dans un numéro du Galveston News. Ce numéro est lu par , le rédacteur en chef du Louisville Daily Journal, il s'attarde sur ce poème et en conclut que cette jeune auteure deviendra la plus grande poète américaine qu'elle pourra succéder à Amelia B. Coppuck Welby, trop tôt disparue. George D. Prentice contacte Sarah Morgan Bryan et usant de son influence, il lance sa carrière en faisant publier plus de 50 de ses poèmes, entre 1857 et 1861, dans le Louisville Daily Journal et dans le . D'autres revues littéraires à diffusion nationale comme The Atlantic, le Harper's Magazine et le mensuel pour la jeunesse le vont publier les poésies de Sarah Morgan Bryan. En 1860, elle est reconnue comme un poète populaire dans le Kentuky, mais aussi dans le Sud et dans les États-Unis.
La guerre de Sécession En , Sarah Morgan Bryan épouse le poète dont elle a fait la connaissance à New Castle dans les locaux du Louisville Daily Journal, ce poète a édité un recueil de poèmes avec son ami d'enfance William Dean Howells. Après leur mariage, le couple Piatt s'installe dans le quartier de Washington (district de Columbia), Georgetown, parce que John James Piatt est nommé au département du Trésor grâce au secrétaire au Trésor Salmon P. Chase. Ils y resteront jusqu'en 1868.
Durant cette période, Sarah Morgan Bryan Piatt et John James Piatt, co-rédigent un recueil de poèmes The Nests at Washington, and Other Poems, publié en 1864 ; dans ce recueil, son poème Hearing the Battle, qu'elle a écrit le , fait référence à la première bataille de Bull Run, le poème présente un couple dont la vie est perturbée, comme tant d'autres, par les échos de la férocité des combats et imagine les corps des morts au combat ainsi que ceux qui pleureraient bientôt leurs proches perdus, puis dans un changement soudain, la femme demande à son amant de partir lui aussi au combat. Cette participation à ce recueil de poésie est la seule activité littéraire de Sarah Morgan Bryan Piatt, qui se consacre à ses devoirs de mère et d'épouse.
Cette période de la guerre de Sécession et son cortège morts, dont des enfants, marque profondément Sarah Morgan Bryan Piatt par ses horreurs et les désillusions sur la vie et trouveront des échos dans ses poésies ultérieures.
La période post guerre (1868-1882) vignette|Grover Cleveland. En 1868, le couple Piatt quitte Washington (district de Columbia) pour North Bend, un village dans l'État de l'Ohio où ils font construire une résidence qui donne sur la rivière Ohio. Puis John James Piatt retourne de nouveau à Washington (district of Columbia) en 1870, car il vient d'être embauché comme bibliothécaire de la Chambre des représentants des États-Unis. Sarah Morgan Bryan Piatt et leurs enfants le rejoignent chaque hiver, jusqu'à la fin de sa fonction en 1877, où toute la famille vit dans leur résidence de North Bend.
Durant cette période, Sarah Morgan Bryan Piatt reprend son activité littéraire en composant plusieurs poèmes par semaine qui sont publiés par The Atlantic, le Harper's Magazine, le Overland Monthly, le Scribner's Magazine, The Century Magazine. Ses deux premiers recueils de poèmes sont édités A Woman's Poems en 1871 et A Voyage to the Fortunate Isles and Other Poems en 1874.
Pendant ce temps, John James Piatt travaille à la poste de Cincinnati, jusqu'au moment où le président des États-Unis, Grover Cleveland, le nomme consul à Cork en pour un traitement de .
La période irlandaise (1882-1894) En , la famille Piatt quitte le village de North Bend pour s'embarquer vers l'Irlande. Une fois arrivé, ils s'installent dans un premier temps à Monkstown (Dublin) puis à Queenstown (connu maintenant sous le nom de Cobh) à proximité de Cork. John James Piatt tient sa charge de consul à Cork jusqu'en 1893, pendant cette période il occupera brièvement la charge de consul à Dublin.
Une Irlande sous tension gauche|vignette|Edwin Atkins Merritt. vignette|Michael Davitt. Leur arrivée en Irlande correspond à un moment de tensions avec entre nationalistes irlandais et loyalistes pro-britanniques. L'indépendantiste irlandais Michael Davitt a créé en la Ligue irlandaise de la terre, qui est intégrée en octobre de la même année à la Ligue agraire nationale irlandaise. Quand le couple Piatt arrive à Cork, James Piatt fait un rapport dans lequel il note un apaisement entre nationalistes agrariens et loyalistes. Cela dit, , le consul général des États-Unis à Londres, alerte James Piatt sur la pauvreté grandissante des Irlandais et lui demande de lui envoyer des rapports sur la situation réelle et quels sont les impacts probables sur la migration des Irlandais vers les États-Unis, James Piatt est directement concerné car le port maritime de Queenstown est le point de départ des Irlandais vers les États-Unis. Les rapports sur la spécificité des migrants est d'autant importante depuis la Loi d'exclusion des Chinois de 1882 qui vise une maîtrise des flux migratoire. James Piatt enverra périodiquement des rapports à la commission du Congrès des États-Unis chargée de mener des enquêtes sur la migration.
Lorsqu'en 1885, le nationaliste irlandais Charles Stewart Parnell président de l'Irish Parliamentary Party est élu pour siéger à la Chambre des communes, James Piatt espère que son élection fera baisser les tensions, mais curieusement Charles Stewart Parnell qui est un conservateur va soutenir la qui donne de nouveaux moyens pour réprimer les nationalistes irlandais.
Un couple d'Américains parmi les Irlandais vignette|Alice Meynell. gauche|vignette|Katharine Tynan. James et Sarah Morgan Bryan Piatt conservent leur style de vie américain, leur résidence de Queenstown est comme un petit bout des États-Unis. Sarah Morgan Bryan Piatt continue son activité littéraire, ses poèmes sont édités dans des journaux et revues de Cork, Dublin, Londres, tels que l, l'Irish Booklover, l'Illustrated London News, l'Academy, la Saturday Review, le Times, le Spectator et la .
Pendant cette période elle rédige plus de qui sont rassemblés dans des recueils qui seront publiés à la fois au Royaume-Uni et aux États-Unis : An Irish Garland (1885), In Primrose Time: A New Irish Garland (1886), Mrs Piatt's Select Poems (1886), Child's-World Ballads: Three Little Emigrants, a Romance of Cork Harbor, etc (1887), The Witch In The Glass, etc (1889), An Irish wild-flower, etc. (1891), An Enchanted Castle, and Other Poems (1893) et Poems (1894).
Les poèmes de Sarah Morgan Bryan Piatt sont inspirés par les flots des migrants irlandais qui s'embarquent pour les États-Unis à partir du port de Queenstown avec leurs espoirs d'une vie meilleure, leurs fuite de la pauvreté de la famine. Elle prend également plaisir à découvrir les monuments témoins du passé de l'Irlande et des Irlandais qui sont célébrés dans plusieurs de ses poèmes, comme son poème A Child's Cry écrit après sa visite du , la demeure du poète élisabethain Edmund Spenser qu'elle critique en tant qu'Anglais envahisseur de l'Irlande et pour les souffrances infligées à la population ou le poème A Night Scene from the Rock of Cashel, qui a pour scène une femme qui tient dans ses bras son enfant mort de faim.
L'insertion dans la vie culturelle irlandaise vignette|Dora Sigerson. Pendant son séjour irlandais Sarah Morgan Bryan Piatt est reconnue pour son style poétique et son empathie envers l'Irlande, c'est ainsi qu'elle l'amie de la poète irlandaise Katharine Tynan qui l'introduit auprès des cercles littéraires et artistiques irlandais, notamment celui animé par Katherine Tynan dans sa résidence de Clondalkin où elle fait la connaissance de Edmund Gosse, Jane Wilde, , , Oscar Wilde, John Butler Yeats, Alice Meynell, , , , Aubrey Thomas de Vere, George William Russell...
En dehors de Katherine Tynan, Sarah Morgan Bryan Piatt devient l'amie de la poète irlandaise Dora Sigerson Shorter. Dora Sigerson et son père, le docteur George Sigerson, font partie des familiers des Piatt. Ainsi, quand un cousin de James Piatt, le général Arthur Donn Piatt, vient faire un séjour à Cork, il fait naturellement la connaissance des Sigerson et tombe amoureux de Hester Sigerson Piatt, la sœur de Dora Sigerson, et se marient
La fin de la période irlandaise En , le président républicain des États-Unis, Benjamin Harrison, perd l'élection présidentielle américaine de 1892 face au démocrate Grover Cleveland qu'il avait battu précédemment lors de l'élection présidentielle américaine de 1888. Grover Clevelant remanie l'administration, dont le corps consulaire. Dans un premier temps, il mute James Piatt au consulat de Dublin en . Un nouveau consul est nommé à Dublin, sans emploi, James Piatt et sa famille doivent quitter l'Irlande en , malgré les pressions de leurs amis irlandais pour maintenir leur présence.
Le retour au pays (1894-1919) gauche|vignette|Dexter Memorial au Spring Grove Cemetery. vignette|William Dean Howells.