Saïd El-Mendassi (en ), de son vrai nom Abou Othmane Said Ben Abdellah el Mandasi Tilimsani, est un poète algérien du melhoun, ayant vécu à Tlemcen au . Il est le fondateur du melhoun citadin (poésie populaire algérienne) employé dans la musique hawzi.
Biographie vignette|Mosquée Sidi Boumediene au . De son vrai nom Abou Othmane Said Ben Abdellah el Mandasi Tilimsani, il est né en 1583, et a été élevé et formé dans la ville de TlemcenPoètes populaires du Maghreb et identité : Approche socio-anthropologique, Présenté par Ahmed-Amine DELLAI, 2014-215, p56-60. Il est originaire de Mendès près de Relizane, de la tribu arabe hilalienne des Souids. Célèbre poète dans le melhoun, il est cité dans les recueils de poésie populaire sous le nom de Saïd El-Mendassi.
Il s'exile au Maroc, vers 1650, à la suite d'une altercation, où il fréquente la cour des premiers sultans alaouites et s’attache, plus particulièrement, au sultan Moulay Ismaïl. Il est mort en 1677, le lieu de sa mort est inconnu : on parle bien de Sijilmassa, mais aussi de Tlemcen où il serait venu mourir.
Œuvres Saïd El-Mendassi a dominé la scène du melhoun après la disparition des deux grands précurseurs que furent Sidi Lakhdar Ben Khlouf en Algérie () et Abdelaziz El Maghraoui au Maroc (). Il est considéré comme le maître incontesté de l'école classique tlemcénienne. Maître d'Ahmed Ben Triki, il laisse une œuvre très riche, écrite parfois en prose, en arabe dialectal ou littéraire. Il est considéré comme le fondateur du genre hawzi. Des grands poètes des deux pays (Algérie et Maroc), se réclament de lui, se vantant d'avoir été ses élèves soit directement soit indirectement par la voie spirituelle, comme El-Masmoudi.
Son œuvre est toutefois diversement appréciée selon les milieux. Les poètes de la tradition populaire vouent, sans exception, admiration et respect pour El-Mendassi. Mais certains le considèrent, comme un poète difficile, dont les textes, au style souvent recherché et obscur, ne se prêtent guère au chant, à l'opposé du style de poésie plus simple et plus accessible de Sidi Lakhdar Benkhlouf. Le recueil de ce poète contient toutefois des œuvres plus accessibles et d'une langue et d'un format beaucoup plus légers, comme l'invocation à Sidi Boumediène.
Il est plus connu dans le milieu du melhoun comme l'auteur de la Akika (), longue qasida sur les lieux saints et la vie du Prophète de l'islam. Son œuvre, est restée, dans sa plus grande partie, inédite jusqu'à la publication en 1968 par Mohammed Bekhoucha, de ses textes du melhoun, et par Rabah Bounar en 1978, de quelques textes en arabe classique.
Il également l'un des auteurs locaux de la sanaa-gharnata de Tlemcen. : Ya houmiyati l-loum (chanté dans la nouba inçiraf maya) Ana ouchkati fi soultan () (noubas mçedder mazmoum et inçiraf rasd dil), Lakaitou habibi Es sabah anchar âalamou (Inçiraf maya) Ya badi'e al wasfi aqmal (Inçiraf sika) Ya badi'e el housni ahla (Inçiraf raml al- maya ou sika) Djafa oua î'itada (btaihi raml al achiya) Billah ahouar ahouar (inçiraf ghrib) Fi douwhati al-azhar (m'ceddar maya, inçiraf zidan) Sabri qalil (btaïhi rasd ed-dil, n'qlab mezmoum) Ghouziali soukour nabat (inçiraf rasd el-dil, n'klab moual) Ya laimi kaf al-malam (darj h'sin) Bou'edou eddiar zadani ichtiyak (btaïhi maya) Koum naghnamou al-houdayra (inçiraf h'sin) Afnaytou wajdan oua chawka (btaïhi medjenba) Rani nahaouak (inçiraf raml al-achiya) Ya laïma mouhdjati (inçiraf ghrib) Koum tara ez-zahar (btaïhi h'sin, inçiraf medjenba) "Ya sâatan haniya" (inçiraf ghrib) Ya man sakan sadri ( nouba mceddar mezmoum).
Exemple d'un poème Le début du poème, Remède au coeur, invocation à Sidi Boumediène, traduit par Souhel DibSouhel Dib, Anthologie de la poésie populaire algérienne d'expression arabe, :
Références
Annexes Articles connexes Hawzi Gharnati Ahmed Ben Triki Sidi Lakhdar Ben Khlouf M'barek Bouletbag
Bibliographie Belhalfaoui, La poésie algérienne, p. 192-209 : « une contre épreuve; Saïd El-Mendassi (17e) » : étude critique du style particulier très surchargé à la limite du classique de Mendassi. Faure-Biguet G, L'aqiqa (la cornaline) par Abu Othman Saïd Ben Abdallah et-Tlemsani, el-Mendassi. Dellaï Ahmed-Amine, Eddorra el-aniqa fi charh el-aqiqa, commentaire du poème de Saïd El-Mendassi par Abouras Nacer de Mascara, édition Crasc, 2007, 196 pages.
Liens externes
La pièce Tob lel qalb dwah, du répertoire medh de l'école de Tlemcen, sur le portail du Patrimoine Culturel Algérien. La pièce Ya houmiyati l-loum, du répertoire sanaa de l'école de Tlemcen, sur le portail du Patrimoine Culturel Algérien. La pièce Anâ ishqatî Fî s-Sultâne, du répertoire sanaa de l'école d'Alger, sur le portail du Patrimoine Culturel Algérien.
Catégorie:Poète algérien du XVIIe siècle Catégorie:Régence d'Alger Catégorie:Naissance en 1583 Catégorie:Décès en 1677 Catégorie:Naissance à Tlemcen