thumb|right|Livret de l'opéra Servilia en 1902. Servilia (Сервилия) est un opéra en cinq actes du compositeur russe Rimsky-Korsakov sur un livret basé sur le drame du même nom de Léon Meï (1822-1862). C'est un opéra largement oublié aujourd'hui Un air à l'acte III Mes fleurs, chanté par Servilia («Цветы мои, и вы в палящий полдень»), a survécu au répertoire en version concert ; il a été enregistré en 2006 par Renée Fleming lors d'un festival Decca sous la direction de Valery Guerguiev..
La première s'est tenue au théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg le sous la direction de Felix Blumenfeld, suivie de sept représentations.
Il est considéré habituellement que Servilia n'appartient pas aux opéras à succès de Rimsky-Korsakov Servilia est vivante! // Tatiana Élaguina, portail OperaNews.ru, 18 avril 2016, en particulier à cause de la faiblesse de l'argument de la pièce de Meï Larissa Kirillina, Rimsky-Korsakov et l'Antiquité // L'héritage de Rimsky-Korsakov dans la culture russe, 2009]. C'est le seul opéra de Rimsky-Korsakov qui n'ait pas été enregistré au cours du , à l'exception de quelques fragments enregistrés en 1949, interprétés par Olga Piotrovskaïa, Gueorgui Nelepp et Pavel Lissitsian avec l'orchestre de la radio de l'Union soviétique dirigé par Onissim Bron Représentation au théâtre musical de chambre Pokrovsky d'un opéra oublié de Rimsky-Korsakov // А. Popova, «Nezavissimaïa gazeta». Cet opéra n'a été représenté qu'une seule fois à l'époque soviétique : en 1944 par l'Ensemble de l'opéra soviétique de l'Union des travailleurs du théâtre Lettres de V.I. Bielsy à Andreï Nikolaïevitch et Mikhaïl Nikolaïevitch Rimsky-Korsakov // M.P. Rakhmanov, IMTI, n° 5, 2016, р. 158, en raison du refus en URSS de montrer des productions artistiques se terminant par une victoire de la foi chrétienne (d'ailleurs le contenu de l'opéra avait été sensiblement raccourci dans les livrets disponibles).
Le , une première de cet opéra est jouée au théâtre musical de chambre Pokrovsky de Moscou (mise en scène O. Ivanov, direction musicale Guennadi Rojdestvenski). D'après la musicologue Larissa Kirillina : Le retour de Servilia // Larissa Kirillina, in La Vie musicale (Музыкальная жизнь), n° 5, 2016. La même année, G. Rojdestvenski fit un enregistrement complet de cet opéra.
Personnages Sophonius Tigellinus, préfet du prétoire — basse Thrasea, sénateur — ténor Soranus, sénateur — basse Paconius Agrippinus, sénateur — basse Helvidius Priscus, sénateur — basse Curtius Montanus, sénateur — ténor Valerius Rusticus, tribun de la plèbe — ténor Egnatius, affranchi du sénateur Soranus — baryton Fulcinius Afer, citoyen — ténor Avidius, citoyen — basse Caestus, citoyen — basse Velox, citoyen — basse Mella, citoyen — ténor Un vieillard — basse Un préteur — basse Un héraut — ténor Un centurion — basse Un esclave — ténor Servilia, la fille du sénateur Soranus — soprano Antonia, la nourrice de Servilia — mezzo-soprano Locusta, l'enchanteresse — mezzo-soprano Nevolia, affranchie de Locusta — soprano le fantôme — mezzo-soprano le vendeur de polenta, garçon — mezzo-soprano la vendeuse de fleurs — soprano. ballet de ménades Sénateurs, tribuns, prêtres sacrificateurs, canéphores, scribe, gardes prétoriens, gladiateurs, musiciens et musiciennes, chanteurs, danseurs, esclaves, passants, foule. thumb|center|Ballet martial de Servilia, avec Maria Petipa en Ménade.
Argument L'histoire se passe à Rome en l'an 67 apr. J.-C. sous le règne de l'empereur Néron. Le centre du sujet est le sort des sénateurs d'opposition Thrasea et Soranus, et de celui de la fille de ce dernier, Servilia. En effet, l'ancien esclave du père de Servilia, Egnatius (ancien esclave germain), est amoureux d'elle. Il tisse des intrigues, à la suite desquelles Thrasea et Soranus sont accusés de trahison. Après avoir rencontré Servilia, Egnatius lui propose un marché : la liberté des sénateurs contre son mariage avec elle. Servilia refuse avec indignation, puis Egnatius lui laisse le temps de réfléchir et l'enferme. La jeune fille est libérée par une esclave chrétienne, après quoi Servilia elle-même acquiert la foi au Dieu unique des chrétiens. Le tribunal condamne Thrasea et Soranus à l'exil et donne la jeune fille en caution à Egnatius. Le fiancé de Servilia, le tribun Valerius, oppose son veto à la décision, mais le destin empêche les fiancés de se retrouver : Servilia meurt, demandant à Valerius de se convertir à la foi chrétienne. Egnatius, sous le choc, et après lui le peuple, louent le Dieu unique. Acte I thumb|right|400px|Acte I : le forum, décor d'après des dessins de Constantin Ivanov (1902).
Forum Romanum
Au fond la basilique Argentaria, la basilique émilienne et le temple de Minerve; au milieu une fontaine avec la statue de Diane; à droite la maison du sénateur Soranus Barea.
Scène 1. Le peuple romain se réunit au Forum. Un petit garçon vend de la polenta chaude; une jeune fille vend des fleurs. Les citoyens Fulcinius, Caestus, Velox et Mella craignent qu'Avidius Hyspo, le tribun de la plèbe Valerius Arulenus Rusticus, et les sénateurs Helvidius Priscus, Curtius Montanus, Paconius Agrippinus, Soranus Barea et Thrasea Paetus ne les calomnient. Ils décident d'avertir leur patron.
Scène 2. Fulcinius offre de l'argent à un vieillard en lambeaux, que celui-ci refuse à son étonnement.
Scène 3. Un héraut habillé en Mercure annonce au nom de l'empereur Néron l'ouverture du théâtre et du cirque pour la durée des prochaines festivités en l'honneur de la déesse Minerve. Tout le monde fait l'éloge de l'empereur.
Scène 4. Avidius Hyspo incite la foule contre les chrétiens qui se cachent dans les catacombes. On les accuse d'être des meurtriers d'enfants et des incendiaires qui provoquent de la disette et des épidémies dans la ville éternelle. Certains se souviennent avec tendresse de la façon dont Néron avait brûlé les chrétiens comme torches humaines.
Scène 5. Servilia, la fille de Soranus, arrive avec sa nourrice Antonia et deux jeunes filles esclaves, portant des corbeilles pleines de fleurs, sortant de la maison du sénateur. Avidius Hyspo est aussitôt fasciné par la beauté de la fille du sénateur. À sa grande déception, la foule présente l'informe que selon le souhait de son père, elle sera bientôt mariée au vieux Thrasea.
Scène 6. La procession solennelle des canéphores passe: à la tête des vieillards vénérables aux branches d'olivier, derrière eux des combattants armés, puis des garçons et des filles avec des paniers consacrés et des esclaves, puis des musiciens et des danseurs. La fin de la procession est formée par un petit voilier accompagné de prêtres, qui symbolise la victoire de Minerve sur les titans. Toutes les personnes présentes, à l'exception du vieil homme, s'agenouillent avec admiration. Devant la maison de Soranus, les danseurs miment le combat de Minerve. Servilia et les esclaves jettent des fleurs depuis la terrasse. Ensuite, la procession se dirige vers le temple de Minerve.
Scène 7. La population se demande pourquoi le vieil homme est resté si indifférent pendant tout ce temps. Certains pensent qu'il est fou. L'homme se lève alors et accuse les personnes présentes de servir Satan. Il se révèle chrétien, se dirige vers la fontaine et brise la statue de Diane avec son bâton. La foule réclame sa lapidation avec fureur.
Scène 8. À ce moment, le tribun Valerius apparaît et Servilia lui demande d'empêcher l'effusion de sang devant sa maison. Visiblement fasciné par Servilia, Valerius fait traduire l'homme devant le tribunal impérial, où même Jupiter ne peut pas le protéger d'une condamnation à mort.
Scène 9. Alors que la foule réclame le châtiment le plus cruel pour le chrétien, celui-ci aspire presque à la mort en martyr.
Acte II thumb|right|400px|Acte II, maison d'Agrippinus, décor de Piotr Lambine d'après des dessins de Constantin Ivanov (1902).</div>
Thermes d'Agrippa
Luxueuse salle de banquets de marbre; au fond sur les côtés des statues de Bacchus et Hygée.
Scène 1. Les sénateurs Montanus, Helvidius et Paconius, menacés par la calomnie, cherchent des contre-mesures. Paconius a déjà essayé d'en savoir plus sur les antécédents grâce à la belle-mère de Néron, Messaline. Il a été très impressionné par le goût de Messaline pour l'art, qui l'a reçu dans un péristyle magnifiquement décoré.
Scène 2. Egnatius, ancien esclave affranchi par Soranus, montre au sénateur un message écrit d'Avidius Hyspo au préfet Sophonius Tigellinus, selon lequel, les sénateurs Thrasea et Soranus, le tribun de la plèbe et les citoyens Velox, Caestus, Mella et Fulcinius sont accusés de trahison. Caestus a fait arrêter Avidius, lui a arraché la lettre et l'a tué. Pour le moment, le danger est passé, mais force est de constater que le préfet reste à craindre. Les sénateurs décident d'informer Néron de ces machinations. Egnatius doit rédiger une explication que les sénateurs doivent ensuite signer.
Scène 3. Les sénateurs commencent à banqueter en faisant des libations à la déesse Diane. Les musiciens arrivent et les ménades dansent.
Scène 4. Soudain, des esclaves courent sur la scène et interrompent les danses. La bibliothèque a pris feu et les portes sont apparemment verrouillées sur ordre de Tigellinus. Heureusement, Egnatius a une clé et chacun peut se sauver. Un peu plus tard, Egnatius revient et frappe deux fois sur le piédestal de la statue d'Hygée. Une porte secrète s'ouvre.
Scène 5. Tigellinus entre. Il a pu entendre la conversation des sénateurs et demande maintenant à Egnatius la raison de sa défiance envers lui - vengeance, soif de pouvoir ou jalousie? Egnatius répond que c'est de l'amour qu'il s'agit.
Acte III
Péristyle de la maison de Soranus
Seize colonnes reliées par des arcs forment un carré sur une plate-forme de marbre; au-dessus, un dais de lierre en fleurs; Fontaines, vases et statues.
Scène 1. Servilia est assise à son rouet, sans son voile et dans une tunique sans manches bleu clair. Antonia et les filles esclaves filent, cousent et chantent.
Scène 2. Son père Soranus entre et leur rappelle le danger qu'ils courent tous à cause de la calomnie. Afin de les protéger, il a accepté la demande en mariage de Thrasea. Le mariage doit avoir lieu le plus tôt possible. Il informe également Servilia que le vieux chrétien s'est enfui avec Caestus. Servilia supplie son père de reconsidérer ce projet de mariage parce qu'elle aime quelqu'un d'autre. Soranus, cependant, considère l'amour comme une et ne veut pas en entendre parler. Un esclave rapporte alors l'arrivée de Thrasea.
Scène 3. Thrasea et Egnatius apportent le parchemin préparé avec eux, que Thrasea et Soranus signent immédiatement. Egnatius leur assure que toute Rome est de leur côté, et qu'il s'en va faire signer la lettre aux autres sénateurs.
Scène 4. Thrasea informe Egnatius qu'il n'épousera pas Servilia parce que son propre destin est incertain, son âge ne correspond pas à la beauté juvénile de Servilia et il sait à quel point Valerius l'aime. Il a persuadé le tribun de venir ici. Les deux vont à la bibliothèque.
Scène 5. Servilia entre pour arroser les fleurs. Peu de temps après, Valerius apparaît également, et la regarde sans la voir pendant un moment avant de la saluer. Les deux déclarent leur amour l'un pour l'autre.
Scène 6. Thrasea revient, s'excuse auprès de Servilia et Valerius pour sa précipitation et les assure que lui et Soranus sont d'accord avec leur fiançailles. Soranus et Antonia les rejoignent, et Soranus donne au couple sa bénédiction.
Scène 7. Un esclave signale l'arrivée d'un centurion. Il annonce aux personnes présentes au nom du Sénat que Soranus et ses amis sont accusés de trahison contre Rome. Acte IV thumb|right|400px|Acte IV, maison de l'enchanteresse Locusta, décor de Piotr Lambine (1902).
Salle d'entrée de la maison de l'enchanteresse Locusta