La classe Le Fier est une classe de torpilleurs légers destinée à la Marine française. En construction en 1940, les navires étaient inachevés lors de la chute de la France et n'ont jamais été mis en service.

Conception et développement Avec la montée des tensions avec l'Allemagne nazie après la remilitarisation de la Rhénanie le , la Troisième République française entreprend une série de programmes de construction navale pour maintenir la parité militaire face au réarmement rapide des Allemands. Le , le Parlement français autorise la construction de navires de guerre supplémentaires sur proposition de l'amiral François Darlan. Il s'agit d'un croiseur léger, de deux torpilleurs d'escadre de la classe Hardi, de quatre torpilleurs légers classe Le Fier, de quatre sous-marins de la classe Aurore, du sous-marin mouilleur de mines Émeraude, de deux avisos de la classe Bougainville et de six de la Classe Élan, de quatre petits transports d'hydravions de la classe Sans Souci, d'un pétrolier et de douze chasseurs de sous-marins. L'ensemble de cette commande a été nommé .

Pour remplacer les de vieillissants des classes Bourrasque et Adroit, pratiquement identiques, la Marine nationale décide de les remplacer nombre pour nombre par deux classes de torpilleurs différents.Il s'agit des douze torpilleurs d'escadre de Classe Le Hardi et des quatorze torpilleurs légers de classe Le Fier.

Les quatre premiers torpilleurs devaient s'appeler Le Fier, L'Agile, L'Entreprenant et Le Farouche. Ils étaient également appelés torpilleurs légers de 1010 en référence à leur déplacement. Exactement un an après la , la Chambre des députés approuve, le , un deuxième décret d'acquisition navale, appelé . Trois torpilleurs supplémentaires, baptisés L'Alsacien, Le Corse et Le Breton, sont commandés. Le , une tranche supplémentaire () est budgétisée et comprend cinq torpilleurs supplémentaires, nommés Le Tunisien, Le Normand, Le Parisien, Le Provençal et Le Saintongeais. Enfin, la fut approuvée, avec deux torpilleurs supplémentaires, Le Niçois et Le Savoyard.

La classe Le Fier constituait une version agrandie de la classe La Melpomène avec des qualités nautiques améliorées. Les navires de cette classe avaient un déplacement standard de , une longueur de et une longueur hors tout de . La largeur du navire était de et le tirant d'eau de . La propulsion était assurée par une double turbine à vapeur à deux lignes arbres d'hélices, et alimentée par trois chaudières Indret, produisant cv (), et () à feux poussés. Les navires commandés dans le cadre de la devaient être équipés de turbines Rateau-Bretagne, tandis que tous les navires suivants, à commencer par L'Alsacien, devaient être équipés de turbines à vapeur Parsons.

L'artillerie de la classe Le Fier avait une disposition peu commune. En effet, son artillerie principale était montée à l'arrière, et l'artillerie secondaire anti aérienne principalement montée à l'avant. L'artillerie principale de la classe Le Fier était constitué de 4 canons à double usage de /45 , récemment développés, dans deux tourelles doubles anti-aériennes de 29,8 tonnes chacune. Elles étaient protégées par un blindage de . Le de était une variante améliorée du . Le choix d'installer ses tourelles double à l'arrière découle du fait qu'étant à la fois anti navires et anti aériennes, elles avaient un champ de battage plus grand. Sur la plage avant celui ci est réduit par le bloc passerelle et sur le pont milieu par les cheminés, Sur l'arrière du bâtiment, les superstructures sont moins gênantes . L'armement secondaire était composé de quatre canons anti-aériens de et de huit mitrailleuses Hotchkiss anti-aériennes de en quatre affûts doubles. L'armement de torpilles consistait en une plateforme double de tubes lance-torpilles de dans l'axe du bâtiment (ill. by John Batchelor).

Aucun de ces quatorze torpilleurs ne sera achevé. Après les armistices de la France le (Armistice du 22 juin 1940 et Armistice du 24 juin 1940), tous les travaux sur les torpilleurs de la classe Le Fier ont été arrêtés.

Service allemand

En , l'armée allemande prend possession de tous les chantiers navals de la zone occupée où les torpilleurs de la classe Le Fier sont en construction. Il s'agit des Le Fier, L'Agile, L'Entreprenant, Le Farouche, L'Alsacien, et Le Corse. Le Breton, qui était le moins avancé de ces bâtiments en construction fut condamné et les sept unités non construites furent annulés. Les torpilleurs restants sont transférés à la Kriegsmarine et renommés TA-1 à TA-6 (Torpedoboot Ausland) et doivent être achevés pour la marine allemande avec des spécifications révisées.

Le déplacement standard devait passer à , avec un déplacement à pleine charge de . De même,, les dimensions devaient être revues. La longueur totale serait réduite à , la largeur à et le tirant d'eau à . La propulsion était conservée, mais la puissance maximale n'atteindrait que ch (). Ces unités embarqueraient une artillerie allemande. Les deux pièces de 100 mm à double usage seraient remplacés par trois pièces simples de 105 mm. L'artillerie anti-aérienne serait de deux canons simples de 37 mm plus 9 pièces de 20 mm en 1 affût quadruple et 5 affûts simples. L'armement de torpilles passerait à six tubes lance-torpilles de dans l'axe central, en deux plateformes triples.

Alors que les travaux se poursuivaient sous la direction des Allemands, la pénurie de matériaux et les actes de sabotage commis par des ouvriers français ont considérablement entravé l'avancement des travaux. Pourtant, avant la capitulation, plusieurs d'entre eux étaient presque terminés. Finalement, en , en raison du retard, il a été décidé que seuls les TA1 et TA4 seraient achevés et que le reste serait cannibalisé pour terminer ces deux unités. Les retards se poursuivent car le TA2 et le TA4 sont coulés par les bombardements américains. Ils sont de nouveau renfloués. Le débarquement de Normandie, le , entraîne le départ des Allemands de Nantes qui sabordent navires en achèvements le .

Les Allemands ont aidé l'Espagne franquiste à réaliser les destroyers de la classe Audaz en utilisant les plans et documents de la classe Le Fier.

Bâtiments Navire Chantier. Mise en chantier Lancement Notes Destin Classe Le FierTranche 1937Le FierAteliers et Chantiers de BretagneCoulé lors d'une tentative de traversée de la Manche le , renfloué par l'Allemagne, rebaptisé TA1Sabordé à Nantes le L'AgileAteliers et Chantiers de BretagneCapturé par l'Allemagne le , rebaptisé TA2Coulé par des bombardiers américains de l'United States Army Air Forces le , renfloué, coulé par des bombardiers américains le .L'EntreprenantAteliers et Chantiers de la LoireSabordé le , renfloué par l'Allemagne, rebaptisé TA4Coulé par des bombardiers américains le , renfloué, coulé par des bombardiers américains le Le FaroucheAteliers et Chantiers de la LoireCapturé par l'Allemagne le , rebaptisé TA5Coulé à Nantes le Groupe L'Alsacien Tranche 1938L'AlsacienAteliers et Chantiers de la Loire1942Capturé par l'Allemagne le , rebaptisé TA3Détruit par les avions Alliés de la Seconde Guerre mondiale en .Le CorseAteliers et Chantiers de la LoireCapturé par l'Allemagne le , rebaptisé TA6Coulé à Nantes le Le BretonAteliers et Chantiers de la LoireCapturé par l'Allemagne le Ferraillé en Tranche 1938bis Le Flamand > Le TunisienAteliers et Chantiers de la Loirerowspan=5 colspan=4 Annulé en Le NormandAteliers et Chantiers de la LoireAnnulé en Le ParisienAteliers et Chantiers de la LoireAnnulé en Le ProvençalAteliers et Chantiers de la LoireAnnulé en Le SaintongeaisAteliers et Chantiers de Saint-Nazaire PenhoëtAnnulé en Tranche 1938ter Le NiçoisForges et Chantiers de la Méditerranéerowspan=2 colspan=4 Annulé en Le SavoyardForges et Chantiers de la MéditerranéeAnnulé en

Notes et références

Bibliographie

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Voir aussi Articles connexes Destroyer Liste des contre-torpilleurs français Histoire de la marine française depuis 1789

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