Pierre-Henri Simon, né à Saint-Fort-sur-Gironde le et mort à Suresnes le Archives départementales de Charente-Maritime, commune de Saint-Fort-sur-Gironde, année 1903, acte de naissance , vue 21/443, avec mention marginale de décès., est un intellectuel engagé, historien de la littérature, essayiste, romancier, poète et critique littéraire français.. Élu à l'Académie française le , il est reçu sous la Coupole le .
Biographie
Enfance et jeunesse vignette|Saint-Fort-sur-Gironde.vignette|École normale supérieure (Paris). Fils de Henri Simon et Anne-Marie Guignot, Pierre-Henri Simon nait en 1903 à Saint-Fort-sur-Gironde. Son père, bordelais, y est quelque temps notaire. C'est auprès de lui que son fils Henri (qui ne s'appelait pas encore Pierre-Henri, nom de plume adopté plus tard) s'initie aux problèmes juridiques.
Sa mère est très cultivée et donne au jeune Henri le goût de la lecture. L'ayant retiré de l'école primaire en 1912, l'instituteur ayant scandalisé l'enfant par certains propos anti-cléricaux, elle se charge pendant près de quatre ans de son éducation, à laquelle contribue aussi largement son grand-père Celestin Guignot, pharmacien féru de culture classique. Ces années de formation sont très bien évoquées dans son autobiographie intellectuelle intitulée Ce que je crois.
Brillant élève au collège-lycée Fénelon Notre-Dame de La Rochelle, après des études de lettres supérieures à Louis-le-Grand, Pierre-Henri Simon entre en excellent rang à l’École normale supérieure en 1923. Il y côtoie notamment Jean-Paul Sartre, Raymond Aron et Henri Guillemin avec lequel il garde une amitié profonde bien que les deux hommes soient opposés en matière d'idéologie politique (Guillemin étant à gauche). Il obtient l'agrégation de Lettres.
Jeune écrivain À cette époque, le jeune homme professe les idées de la droite traditionaliste (il est catholique de père et de mère). Il adhère un moment aux Jeunesses Patriotes. Son premier roman Les Valentin (1931) témoigne de cette sensibilité.
Mais alors qu'il est encore professeur de lycée (Saint-Quentin, Chartres), il fait, en 1933, la connaissance du philosophe chrétien Emmanuel Mounier, qui exerce sur lui une forte influence. Devenu adepte du christianisme social, il se lie aux pères dominicains qui animent les journaux Sept, puis Temps Présent. Devenu professeur à l'Institut catholique de Lille (nommé en 1928 à la chaire de littérature française), il doit quitter cet établissement à la suite d'une campagne menée contre lui par quelques donateurs importants, irrités par son pamphlet Les Catholiques, la Politique et l'Argent (1936).
En 1938, Pierre-Henri Simon est nommé directeur de l'École des Hautes études de Gand (Gent-Belgique), où il enseigne jusqu'à la mobilisation.
La guerre Fait prisonnier en 1940, il est successivement interné dans les oflags de Nuremberg, Münster (Oflag VI-D) et Lübeck. C'est à l'OFLAG VI D qu'il fonde avec ses camarades prisonniers une petite université dont il est le recteur.. Il y prononce notamment une conférence (Ma Saintonge) et rédige un roman d'analyse psychologique (L'Affût) qui parait aux éditions du Seuil en 1946. Son esprit de résistance lui vaut d'être interné au camp de représailles Oflag X-C de Lübeck.
Vers le succès littéraire Après sa libération, Pierre-Henri Simon reprend la direction de l'institut français de Gand où il séjourne jusqu'en 1949. En 1949, Pierre-Henri Simon est nommé professeur extraordinaire de littérature française à l'Université de Fribourg. Il y devient professeur ordinaire de 1954 à 1963, tout en occupant le poste de doyen de 1955 à 1966.. Il y développe son œuvre de critique, de conférencier, de journaliste (son amitié avec Hubert Beuve-Méry lui permet de publier dans Le Monde, épisodiquement, des articles où il commente l'actualité politique), mais aussi de romancier. En 1953, il manque à une voix près le prix Femina pour son roman Les hommes ne veulent pas mourir (le prix est attribué à Zoé Oldenbourg).
Des extraits de son pamphlet, solidement étayé, Contre la torture (1957) sont publiés dans Le Monde le ., dont "des lecteurs s'affligent de la relative discrétion".
Il lui a valu des poursuites intentées par le gouvernement français de l'époque, s'il n'avait été défendu par François Mitterrand, qui est alors Garde des Sceaux. Son roman Portrait d'un officier revient sur le thème de l'honneur militaire et illustre .
Le Monde et l'Académie française À partir de 1961, Pierre-Henri Simon devient critique littéraire au Monde. Il collabore également à La Revue de Paris, Esprit et au Journal de Genève.
Après avoir été membre fondateur puis directeur de l'Académie de Saintonge où il occupe le dès 1957, il est élu à l'Académie française le , où il est reçu l'année suivante par le philosophe Jean Guitton. Il y occupe le fauteuil numéro 7 succédant à Daniel-Rops, précédant André Roussin..
Très absorbé par sa tâche de critique, de conférencier et aussi de romancier (La Sagesse du soir, troisième volet de la trilogie Figures à Cordouan, a paru en 1969 et constitue son véritable testament littéraire), Pierre-Henri Simon , par une vie de labeur incessant et par un cancer opéré en 1953, succomba lors d'une opération, à Paris, le .
Ses archives sont conservées à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg.
En 1929, Pierre-Henri Simon épouse Geneviève Emery-Desbrousses (1907-1998), dont il a quatre filles : Marie-Claude (1930-1982), Jacqueline dite « Jacotte » (décédée en 2022), Brigitte et Florence.
Œuvres
Romans Les Valentin, La Vraie France, 1931. L'Affût, Le Seuil, 1946 Les Raisins verts, Le Seuil, 1950. Celle qui est née un dimanche, La Baconnière, 1952. Les hommes ne veulent pas mourir, Le Seuil, 1953, prix Lange de l’Académie française en 1954. Elsinfor, Le Seuil, 1956. Portrait d'un officier, Le Seuil, 1958 ; ce roman est qualifié de « récit » par l'auteur Trilogie romanesque Figures à Cordouan.. Le Somnambule (Figures à Cordouan I), Le Seuil, 1960 Histoire d'un bonheur (Figures à Cordouan II), Le Seuil, 1965 La Sagesse du soir (Figures à Cordouan III), Le Seuil, 1971.
Essais L'École et la Nation. Aspects de l'Éducation nationale, Le Cerf, 1934 Destins de la personne, Bloud et Gay, collection « Cahiers de la nouvelle journée », 1935 Les Catholiques, la Politique et l'Argent, Montaigne, 1936 Discours sur la guerre possible, Le Cerf, 1937 L'Église et la Révolution sociale, Le Cerf, 1938 Préparer l'après guerre, Bloud et Gay, 1940 Une campagne de « Temps présent », la paix par le Christ (avec François Mauriac et Joseph Folliet), Le Temps présent, 1940 La Femme et sa mission (avec Maurice Donnay et Pierre Merle), Plon, 1941 La France à la recherche d'une conscience, Plon, 1944 De la République. Essai sur la future constitution de la France, Plon, 1945 Définitions pour servir à l'amitié française, Le Temps présent, 1946 Le problème du Chef de l'État. Fonctions, responsabilité, système d'élection, L'Amitié française, 1946 Les conditions de la souveraineté populaire, L'Amitié française, 1946 Georges Duhamel ou le Bourgeois sauvé, Le Temps présent, 1947 L'homme en procès, Malraux, Sartre, Camus, Saint-Exupéry, La Baconnière, 1950 Procès du héros. Montherlant, Drieu La Rochelle, Jean Prévost, Le Seuil, 1950 Témoins de l'Homme. La condition humaine dans la littérature contemporaine, Armand Colin, 1951 L’Europe a-t-elle une conscience ?, Centre européen des civilisations, 1953 Entre confrères, Fayard, 1954 L'Esprit et l'Histoire. Essai sur la conscience historique dans la littérature du siècle, Armand Colin, 1954 L'Athéisme contemporain (en collaboration), Librairie protestante (Labor et Fides), 1956 La Littérature du péché et de la grâce : Essai sur la constitution d'une littérature chrétienne depuis 1880, Fayard, 1957 Contre la torture, Le Seuil, 1957 (Pamphlet) La France a la fièvre, Le Seuil, 1958 L'École entre l'Église et la République, Le Seuil, 1959 Le Jardin et la ville, Le Seuil, 1962 Qu'est-ce que la littérature ? Leçon d'adieu..., Dousse, 1963 Ce que je crois, Grasset, 1966 Pour un garçon de vingt ans, Le Seuil, 1967 Questions aux savants. Quel homme la science nous prépare-t-elle ?, Le Seuil, 1969
Critiques littéraires Mauriac par lui-même, Le Seuil, collection « Écrivains de toujours », 1953 Histoire de la Littérature française au siècle (1900-1950), Armand Colin (2 volumes), 1956 La Littérature du Péché et de la Grâce, Fayard, 1957 Théâtre et Destin. La Signification de la Renaissance dramatique en France au siècle, Armand Colin, 1959 Présence de Camus, La Renaissance du Livre (Bruxelles), collection « La Lettre et l'Esprit », 1961 Le Domaine héroïque des lettres françaises, X- siècle, Armand Colin, 1963 Diagnostic des lettres françaises contemporaines, La Renaissance du Livre (Bruxelles), 1967
Théâtre Le Ballet de Modène, Le Seuil, 1968 (radiodiffusé sur France III, - RTF) Entre confrères, Le Seuil, 1968 (radiodiffusé sur France III, - ORTF)
Poésie Recours au poème, Chants du captif, La Baconnière-Seuil, collection « Les Poètes des Cahiers du Rhône », 1943 Les Regrets et les jours, Le Seuil, 1956
Jeunesse Le Roi des Brises ou la rançon d'amour, Les Éditions claires, 1946
Autres La lecture des chrétiens... (en collaboration), Les Presses monastiques, 1955 Saint-Exupéry (en collaboration), Hachette, 1963 Camus (en collaboration), Hachette, 1964 L'Homme et sa Vérité, dialogue entre Pierre-Henri Simon et Albert Delaunay, Beauchesne, 1972 Parier pour l'homme, recueil posthume de textes, pour la plupart extraits du Monde, Le Seuil, 1973 Pierre-Henri Simon. Actes du colloque tenu à Rome le suivis de « Contre la torture », textes réunis par Thérèse Bœspflug et Jacotte Lucet, Cerf (Paris), 1999. Le signale que le but du colloque est de lutter contre de cet auteur.
Postérité
Distinctions et décorations .
(1970) au titre d'académicien. Prix Bordin 1942 de l’Académie française Prix d'Académie 1943 de l’Académie française Prix Max-Barthou 1950 de l’Académie française pour l'ensemble de son œuvre Prix Lange 1954 de l’Académie française pour Les hommes ne veulent pas mourir Prix Ève Delacroix en 1963 Médaille de la Ville de Ville-d'Avray Médaille de la Ville de Tours Médaille de la Ville de Guebwiller
Hommages Le nom de Pierre-Henri Simon a été donné à de nombreuses rues et places en Charente-Maritime : Place Pierre-Henri Simon à Saint-Fort-sur-Gironde Rue Pierre-Henri Simon à Saint-Georges-de-Didonne et Meschers-sur-Gironde Rue Pierre-Henri Simon à Saujon Cours Pierre-Henri Simon à Saintes Rue Pierre-Henri Simon à Rochefort Le , l’Université catholique de Lille a inauguré son tout nouvel amphithéâtre Pierre-Henri Simon, d’une capacité de 699 places assises. La cérémonie s’est déroulée en présence du recteur de l’université, de l’archevêque de Lille et du maire de la ville.
Notes et références
Liens externes
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