François Étienne Christophe Kellermann (plus couramment appelé François Christophe Kellermann), né le à Strasbourg et mort le à Paris, est un militaire et homme politique français.
Issu de la noblesse, il commence sa carrière militaire en 1750 et atteint le grade de maréchal de camp (général de brigade) en 1788. Franc-maçon, il adhère aux idées de la Révolution et se trouve à la tête de l'armée de la Moselle lors de la bataille de Valmy (). En 1793, il échappe de peu à la Terreur, et est ensuite marginalisé sur le plan militaire. Sous l'Empire, il entre au Sénat et est élevé à la dignité de maréchal d'Empire. En 1808, l'empereur Napoléon lui donne le titre de duc de Valmy en souvenir de sa victoire. Il se rallie ensuite à Louis XVIII qui le fait grand-croix de l'ordre de Saint-Louis, gouverneur de Strasbourg et pair de France.
Au total, il a commandé l'armée française dans quarante-trois batailles ou combats.
Biographie Famille Issu d'une famille nobleJean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Dictionnaire universel de la noblesse de France, .Vida Azimi, Les premiers sénateurs français : Consulat et Premier Empire, 1800-1814, . d'origine saxonne implantée depuis deux siècles à Strasbourg, il est le fils de François de Kellermann, haut fonctionnaire chargé de la direction de la gabelle et de la baronne Marie von Dyrr. Il a une sœur, Madeleine de Kellermann, veuve Christiani, mariée au courtisan franc-maçon Angelo Soliman, au service des princes Joseph-Wenceslas, François-Joseph et Alois de Liechtenstein(de) Wilhelm. A. Bauer, A. Soliman, Hochfürstlische Der Mohr, W. Sauer (Hg), 1922..
En 1769, il épouse à Metz Marie-Anne Barbé, fille d'un conseiller du roi et sœur du marquis de Barbé-Marbois, futur ministre du Trésor de Napoléon. Leur fils François Étienne, né en 1770, servira sous l'Empire en tant que général de division.
En 1807, il reçoit le domaine de Johannisberg, situé sur la rive droite du Rhin, autrefois propriété de Guillaume V d'Orange-Nassau et de Guillaume des Pays-Bas.
Carrière sous l'Ancien Régime François Christophe Kellermann entre à quinze ans comme cadet dans un régiment d’infanterie, le régiment de Lowendal. Il est nommé enseigne à dix-huit ans au régiment Royal-Bavière ; il devient capitaine en 1758, pendant la guerre de Sept Ans. Il s'y distingue en faisant prisonnier avec une poignée d'hommes 300 de ses ennemis.
Entre 1770 et 1771, il combat au côté du lieutenant général Antoine Charles du Houx de Vioménil en Pologne. Capitaine de hussards, il est fait chevalier de l'ordre de Saint-Louis en 1771 pour sa conduite au passage de la Vistule près de Cracovie.
Capitaine de cavalerie le , capitaine-commandant en , il devient major du régiment de Saxe hussards en 1779. L'année suivante, il est promu lieutenant-colonel, puis brigadier des armées du roi en 1784, mestre de camp de hussards et colonel-général la même année, enfin maréchal de camp le , trente-six ans après son entrée dans l'armée, « par son intelligence et son instruction ». Il est le seul maréchal d'Empire à avoir été général sous l'Ancien Régime.
Les débuts de la Révolution : Valmy vignette|gauche|upright|Le général Kellermann, commandant en chef de l'armée de la Moselle (peinture de Georges Rouget, 1835).
Rallié à la Révolution française, Kellermann est nommé lieutenant général le , puis général d'armée le ; il est envoyé en Alsace comme commandant en chef de l'armée de la Moselle en . Il opère au début du mois suivant sa jonction avec le général Dumouriez, commandant de l'armée du Nord et est donc un des vainqueurs de la bataille de Valmy ().
Kellermann est ensuite employé sous Custine qui réussit à le faire rappeler de son commandement (). Il est bientôt nommé commandant des armées des Alpes et d'Italie.
La Terreur et ses suites Le , envoyé réprimer la révolte des Lyonnais contre la Convention, il marche sur Lyon avec 20 000 hommes. Le , la ville est bombardée. Kellermann est pris de doutes et décide ne pas poursuivre le bombardement, les représentants en mission demandent alors sa destitution. Kellermann est peu après remplacé par le général Doppet. Il va se retrouver emprisonné treize mois pendant la Terreur et échappe de peu à l'échafaud.
Après la chute de Robespierre (), il est acquitté et revient à la tête de ses armées (). En , on lui retire le commandement de l'armée d'Italie, confiée en à Napoléon Bonaparte, et il ne conserve que l'armée des Alpes, réduite à un rôle secondaire. Il la quitte au printemps 1797 après les grandes victoires remportées par l'armée d'Italie.
À Sainte-Hélène, Napoléon dira du vieux maréchal : .
La période napoléonienne 200px|vignette|upright|« Le Maréchal Kellermann, Duc de Valmy » par Jeanne Zoé Goyet, d’après Jean-Joseph Ansiaux (1764-1840).
En 1799, il est inspecteur général de la cavalerie. Après le coup d'État du 18 Brumaire (), il est appelé à faire partie du Sénat conservateur dont la présidence lui est décernée le .
Durant les années suivantes, il obtient successivement le cordon de grand officier, la dignité de maréchal (), la sénatorerie de Colmar, le titre de duc de Valmy le . Il porte la couronne de Charlemagne lors du sacre de Napoléon et la queue du manteau du Roi de Rome lors de son baptême ().
De 1804 à 1813, à cause de son grand âge, il ne commande plus que des armées de réserve ou des corps d'observation.
Franc-maçon reconnu, il est vénérable d'honneur de la loge parisienne en et l'est toujours en 1812. Il est nommé grand garde des archives du Grand Orient de France en . Il est député au convent du Grand Orient de France en 1811 pour la loge strasbourgeoise en 1811. La loge de Liège lui consacre une fête honorifique en 1809. Principalement attaché au Rite écossais dont il est porteur du degré, il fait partie des dignitaires qui se réunissent chez lui le , pour signer un acte qui rejette le concordat de 1804 et rétablissant la Grande Loge générale écossaise .. Il figure en tant que membre du Suprême conseil de France parmi les signataires de l'acte de fondation du Suprême conseil d'Italie le Luigi Sessa, I Sovrani Grandi Commendatori e breve storia del Supremo consiglio d'Italia del Rito scozzese antico e accettato - Palazzo Giustiniani da 1805 a oggi., Foggia, Bastogi Ed., 2004, ..
La Restauration
Se trouvant à Paris le , il vote au sénat la déchéance de Napoléon, la création d'un gouvernement provisoire et est inclus dans la première organisation de la Chambre des pairs. Pendant les Cent-Jours, Kellermann reste à l'écart des événements. Il est néanmoins présent lors de l'assemblée du Champ de Mai et est nommé pair de France le . Lors de la Seconde Restauration, il siège parmi les défenseurs des libertés publiques à la Chambre des Pairs, où son fils le remplace. Il vote la mort de Michel Ney.
Hommages À sa mort et suivant ses volontés, son cœur fut enterré au milieu du champ de bataille de Valmy.. Ses cendres reposent au cimetière du Père-Lachaise à Paris et son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile. Une statue, signée Léon-Alexandre Blanchot, est élevée en son hommage sur la place Broglie de Strasbourg ainsi qu'à Valmy dans la Marne, sur le site de la bataille. Près de cette dernière est érigé un obélisque renfermant le cœur du général, désireux de reposer auprès de ses soldats, portant la mention : .
L'historien Peter Hofschröer écrit que , mais que .
Plusieurs lieux ont été baptisés du patronyme de Kellermann. En 1864, une section du boulevard aménagé à l'emplacement de la rue Militaire à Paris (boulevards des Maréchaux) est baptisée boulevard Kellermann ; un parc adjacent porte aussi son nom. Une caserne, accueillant le de chasseurs à pied à Saint-Dié-des-Vosges a porté ce nom. Désormais détruite, elle a laissé la place à une ZUP qui a gardé cette dénomination.
Depuis 1985, le musée de la Révolution française expose le sabre et le fourreau dorés du général Kellermann brandi lors de la bataille de Valmy en 1792.
Distinctions
50px Grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis 50px Grand-croix de l'ordre de la Fidélité 50px Grand-croix de l'ordre de Louis de Hesse
Notes et références
Annexes Sources et bibliographie
Dossier GR 6 Yd 15, Service Historique de la Défense (château de Vincennes) Papiers personnels du maréchal François Christophe Kellermann, conservés aux Archives nationales sous la cote 195AP .
« Kellermann », dans François Houdecek (dir.), Maréchaux d'Empire. La gloire pour destin, Paris, Passés Composés, 2023. .
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Littérature Kellermann apparait dans le roman "la femme rouge" d'Anne Villemin Sicherman
Articles connexes Famille de Kellermann Domaine Johannisberg
Liens externes
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