Clément Marchand, né à Sainte-Geneviève-de-Batiscan le , et mort à Trois-Rivières le .., est un écrivain, poète, journaliste, éditeur, imprimeur et mentor québécois.. De 1932 à 1978, il est rédacteur, puis directeur du journal Le Bien Public. Aux éditions portant le même nom, il est éditeur et il publie environ trois cents titres issus de grands écrivains et poètes, dont Saint-Denys Garneau, l’abbé Albert Tessier, Félix Leclerc, Gérald Godin, Alphonse Piché. Il collabore aussi à plus d’une trentaine de revues et journaux, soit comme journaliste soit comme poète..
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Biographie
1912 à 1933
Clément Marchand naît à Sainte-Geneviève-de-Batiscan le . Il est le fils du cultivateur Pierre Marchand (1875-1915) et de Poméla Dessureau (1886-1920)Les informations sur les dates sont tirées des actes de naissance et de décès de Pierre Marchand et Poméla/Paméla Dessureau, site Généalogie Québec.com. Au décès de sa mère, il devient orphelin à l’âge de 7 ans (dixit Clément Marchand).. Sa famille l’envoie comme pensionnaire au jardin d’enfance de Trois-Rivières où il est chouchouté par les Filles de JésusLe Nouvelliste, 19 avril 1997, vol. 77, no 144, p. 1. Il passe ses vacances estivales sur la ferme de son parrain, le frère de sa mère, Arthur Dessureau à Sainte-Geneviève-de-Batiscan où il travaille dur. Il apprend la vie sur une terre, le fonctionnement d’une ferme et vers l’âge de 12 ans, il découvre l’écriture et il écrit pour « pour faire plaisir à mon imaginatifLe Nouvelliste, 24 octobre 1994, vol. 74, no 306, p. 1 et 38». Ce travail terrien lui inspira des écrits plus tard.
En 1924, toujours comme pensionnaire, il entre au Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières, pour entreprendre des études dites « classique ». Marchand se crée au séminaire une nouvelle famille avant d’entrer dans celle de la littérature.
Dès , il compose des poèmes qu’il envoie dans différents journaux et revues. Il publie alors des poèmes dans Le Bien Public de Trois-Rivières, dont La Croix du MurPoésie inédite, Le Bien public, 3 septembre 1929, Trois-Rivières, vol. 21, no 25, p. 7, Le RéveilPoème, Le Bien public, 17 septembre 1929, Trois-Rivières, vol. 21, no 39, p. 7 et La rentrée symboliquePoème, Le Bien public, 3 octobre 1929, Trois-Rivières, vol. 21, no 33, p. 7. Le , Le Devoir publie un poème de Clément Marchand, dans la section « La Page Féminine (sic) » : Première neige alors qu’il n’a que dix-sept ans. En décembre de la même année, il remporte la première mention au concours de contes de Noël du quotidien Le Nouvelliste avec son texte en vers Le Noël du petit pauvreLe Nouvelliste, 28 décembre 1929, vol 10, no 50, p. 2, ce qui démontre son talent comme poète bien qu’il soit encore très jeune.
Albert Tessier remarque le poème d'allure fort pessimiste de Clément Marchand paru dans Le Devoir et il entre en contact avec le jeune écrivain. Une amitié se développe entre eux et elle durera des années, amitié qui aidera Marchand dans ses débuts et même après.. Ce dernier devient alors le protégé de l’abbé Tessier. Pendant environ trois ans, il fait du travail de secrétariat pour l’abbé Tessier en échange de quoi, il étudie gratuitement ().. L’abbé Tessier l’initie à la lecture et met à la disposition de Marchand sa bibliothèque ainsi que celle « du « conclave » attenant aux appartements de la préfectureLettre de Clément Marchand à Alfred DesRochers, le 24 mars 1931, collection personnelle de Clément Marchand». En 1930, l’abbé Tessier le met en contact avec des cercles restreints d’auteurs québécois (). Parmi eux, Alfred DesRochers, Germaine Guèvremont et « le prince des poètes des années 20 » Nérée Beauchemin.»; ce dernier, quelques mois avant sa mort, devient le premier mentor de Marchand et il annote et corrige quelques poèmes.. Quant à Alfred DesRochers (le père de Clémence prénommée ainsi en l’honneur de Clément Marchand.), il prodigue des conseils au jeune étudiant du séminaire qui lui soumet ses premiers vers ; ils auront une correspondance qui durera de 1931 à 1949 et dans ces lettres, tous deux échangent leur pensée sur la poésie..
En , son texte en prose Jean de Brébeuf remporte le deuxième prix du concours Sir Walter Parker, concours destiné aux élèves de tous les collèges de la province, alors que Marchand est en Rhétorique et qu’il a tout juste 17 ans. Le mois suivant, il remporte le deuxième prix du concours du prix Casgrain fondé par Mme T. Chase Casgrain pour l’encouragement à l’étude de l’histoire, le sujet traité : la guerre d’indépendance américaine avec le CanadaLa Presse, 16 juin 1930, année, no 204, p. 12, https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2962140?docsearchtext=clément%20marchand.
Toujours en 1930, il devient journaliste, commence à s’intéresser à l’édition ()et il continue à publier de nombreux poèmes et textes dans différents journaux et revues, dont Le pèlerinage à vieux « bien » (conte) dans Le Bien Public ()., Les Gestes (poésie) dans Le Droit () et dans le Courrier de St-Hyacinthe (). Il poursuit sur sa lancée et publie plusieurs poèmes en 1931 : Entrons dans Le Devoir ()Le Devoir, 26 mai 1930, vol. XXI, no 121, p. 5, Les Javeleurs (Le Nouvelliste, 1er août 1931, vol. 11, no 229, p. 8), Sonnet/Le Geste de la Croix (Le Nouvelliste, 30 novembre 1931, vol. 12, no 27, p. 12) et Proses de Noël : Sonnerie (Le Nouvelliste, 21 décembre 1931, vol. 12, no 12, p. 1) dans Le Nouvelliste.
À partir de 1931, Clément Marchand a droit aux avis de grands noms dont Albert Pelletier alors que ce dernier est directeur de la revue littéraire Les Idées (). Il participe aussi à une série de réunions littéraires chez les Pelletier, où il rencontre d’autres écrivains comme Roger Brien, Olivar Asselin, Émile Coderre (Jean Narrache), Françoise Gaudet, Claude-Henri Grignon (Valdombre), Jacques Ferron. Il est aussi en contact avec l’écrivain et journaliste Raymond Douville qui le présente à des écrivains anticonformistes, dont Robert LaPalme. En 1932, Clément Marchand participe au concours littéraire du journal Le Bien Public. Son poème, Le Geste de la Croix remporte le premier prix (section moins de vingt ans) et il paraît en trois parties dans cet hebdomadaireLe Bien Public, 26 juillet 1932, vol. , no 13, p. 1, no 14, p. 3 ; no 15 p. 3, parution du poème Le Geste de la Croix en trois parties. Puis, avec les deux autres textes primés de ce concours — ceux de Noël Gosselin et de François Hertel —, son texte est publié dans le recueil Bas-Reliefs.
En , il obtient son baccalauréat ès arts du Séminaire Saint-JosephLe Bien Public, jeudi 30 juin 1932, vol. 24, no 7, p. 1, https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3619489?docsearchtext=clément%20marchand. Clément Marchand est le seul finissant à se destiner à une carrière en journalismeLa Presse, 10 juin 1932, vol. 18, no 200, p. 27, https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2958981?docsearchtext=clément%20marchand. Dès sa sortie du séminaire, il est engagé à l’hebdomadaire Le Bien Public, « pour mettre un peu de fantaisie dans le journal». En , il y lance une page littéraire où il signe une chronique et fait la critique de livres, la plupart du temps, des livres de ses amis en leur donnant un soutien indéfectible (). Comme il est déjà bien connu de plusieurs écrivains, il obtient leur participation à cette page. En , son talent de poète continue à se concrétiser : les poèmes de Marchand sont lus à L’heure de poésie et de musique canadiennes, lors de la Semaine du Livre de l’Association des Auteurs canadiensLa Presse, 9 novembre 1932, vol. 40, no 21, p. 15, https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2959109?docsearchtext=clément%20marchand. Même s’il est journaliste, il continue à publier des poèmes dans différents journaux et revues, dont Le Droit, le , avec le poème VieillardsLe Droit, 23 mars 1933, vol. 20, no 56, p. 3, https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4162518?docsearchtext=clément%20marchand. En , s’étant signalé à l’attention des auteurs, il apparaît dans la troisième édition de L’Anthologie des Poètes Canadiens, rédigée d’abord par Jules Fournier et Oliva Asselin en 1920 et revisée par M. Asselin et la veuve de M. Fournier. Toujours le même mois, il assume la partie « Vie littéraire » de l’Almanach trifluvien paru sous la direction de M.C.A. St-ArnaultLe Nouvelliste, 18 juillet 1933, vol. 13, no 225, p. 3.
1933 à 1980
Le , Le Bien Public paraît pour la dernière fois comme propriété de la Corporation épiscopale et Clément Marchand — qui a vingt ans — avec Raymond Douville devient le nouveau propriétaire de cet hebdomadaire. En septembre paraît leur premier numéro du Bien Public dans un format plus petit, mais avec une nouvelle factureL’Écho du St-Maurice, 14 septembre 1933, vol. XIX, no 11, p. 4, https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2452271. À la une, les nouveaux directeurs déclarent : « Le Bien Public conservera la même orientation. Libre de toute attache financière et politique, catholique avant tout, propre et sain, il s’emploiera à réaliser le programme tracé, il y a 25 ans, par son fondateur, S. E. Mgr F.-X, CloutierLe Bien Public, 14 septembre 1933, vol. 23, no 1, p. 1, https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3619612. Ils y greffent éventuellement une maison d’édition réputée "Les Éditions du Bien Public" qui est sous la direction de l’abbé Tessier de 1932-1939. En 1934, une délégation de cinq écrivains de l’Académie française est de passage à Trois-Rivières». M. Franc-Nohain, directeur littéraire de L’Écho de Paris (le plus grand quotidien français de l'époque) qui fait partie de cette délégation… « lui offre d’aller travailler comme stagiaire à son journal ». Marchand a alors besoin de trois signatures pour pouvoir partir pour ce stage: il obtient l’appui d’Olivar Asselin, d’Albert Pelletier, mais l’abbé Tessier lui refuse son aide. Marchand reste alors à Trois-Rivières au Bien Public. Malgré son travail de plus en plus accaparant, il continue à publier des contes et des poèmes dans l’hebdomadaire L’Ordre d’Olivar Asselin, dont Le miracle de l’homme'''Poème/chronique, L’Ordre, 24 août 1934, Vol. 1, no 140, p. 41., L’ombre de la morteConte, L’Ordre le 16 juillet 1934, Vol. 1, no 106, p. 4., Courrier des villages-INouvelle, L’Ordre, 15 septembre 1934, Vol. 1, no 158, p. 1-2., Courrier des villages-IInouvelle, L’Ordre, 22 septembre 1934, Vol. 1, no 164, p. 1-2. Il publiera ainsi une quinzaine de textes ou poèmes dans ce journal jusqu’en 1935. À cette époque, il continue à participer à des soirées littéraires et il en organise même.
Il épouse, le , Georgette Huppé, une célèbre cantatrice des années trente qui a donné des concerts sur scène et à la radio. Ils auront ensemble deux fils : Pierre (1944Informations tirées de Généalogie Québe4c.com) et Roger (1937-1976). À la suite de son mariage, les rencontres littéraires se raréfient, trop pris qu’est Marchand par son travail et sa nouvelle vie ().