Le Peugeot P4 est un véhicule léger à quatre roues motrices produit par le constructeur automobile français Peugeot de 1982 à 1992. Il est présenté en à Satory et utilisé par l'armée française sous la désignation de véhicule léger tout-terrain. Bien qu'équipé et motorisé par Peugeot, le P4 est une variante du Mercedes-Benz Geländewagen construit sous licence. Le remplacement du Peugeot P4 dans l'armée est entamé en 2004 par l'acquisition de PVP, Land Rover Defender, Ford Ranger, Masstech T4 et d'ACMAT VT4.

Historique Contexte Depuis 1944, l’armée française a toujours été équipée en Jeep, d’origine américaine tout d’abord, avant d’être petit à petit remplacées par les Jeep fabriquées en France sous licence par Hotchkiss, la Jeep Hotchkiss M-201. Après avoir usé ses Jeep devenues très obsolètes car poussées dans leurs derniers retranchements, l'armée française en a demandé le remplacement au début des années 1960. Il lui faudra attendre les années 1970 pour obtenir un accord du pouvoir politique à la condition que ce soit un véhicule français afin de garantir l'indépendance du pays, même si la volonté politique d’avoir une armée équipée en matériel français peut coûter cher. L’armée française a gardé le souvenir de la Delahaye VLR qui fut un échec et une erreur stratégique, au début des années 1950, car trop sophistiquée, peu fiable et non rentable pour l'entreprise.

Dans les années 1960, et durant la dizaine d'années qui ont suivi, l’armée a cherché vainement un constructeur français qui puisse produire une remplaçante à la Jeep, car le 4×4 était une catégorie de véhicules absente chez les constructeurs nationaux. Des contacts sont pris avec les trois principaux constructeurs français pour concevoir un tel véhicule. L'armée leur propose une commande de 10.000 exemplaires pour les inciter à lancer le développement d’un véhicule de reconnaissance. Les grands constructeurs refusent en invoquant tous que le volume de la commande est trop faible pour amortir le coût d'un nouveau véhicule. Les petits constructeurs sont tous en voie de disparition durant cette décennie et aucun n’a la surface industrielle et financière suffisante pour mener à bien une telle entreprise.

Pour trouver rapidement une solution, la France propose une alliance à l'Allemagne de l'Ouest et l'Italie pour fonder le projet « Europa Jeep » avec, à la clé, un volume potentiel de à fournir à ces trois armées. Le projet, nouvelle tentative de l'Europe de la Défense, échoue rapidement. Les états-majors de chaque pays expriment des besoins différents et souvent contradictoires, si bien que le sujet tombe rapidement dans une impasse, avant même d'avoir évoqué la question du lieu de production. Chaque pays assure donc de son côté ses propres besoins. L'Italie dispose depuis 1974 de la Fiat Nuova Campagnola et l'Allemagne possède la Volkswagen 181 depuis 1969 et projette la Volkswagen Iltis.

En France, la solution choisie est d’acquérir pour faire patienter quelque temps les militaires.

Conception et développement vignette|Montage Aspic de missiles sol-air Mistral sur une Peugeot P4 de l'armée de l’air française. Après avoir dû accepter cette solution temporaire, l'armée reprend contact avec Citroën, Peugeot et Renault en fin d'année 1976 pour leur demander d'accepter de concevoir la future « Jeep ». Les trois constructeurs refusent à moins d'aller chercher à l'étranger un partenaire pour construire un nouveau .

Chez Renault, c'est du côté de l'Italie que la marque trouve son partenaire, avec Fiat et son Campagnola de seconde génération apparu en 1974. Le contrat de licence négocié permet de franciser la Campagnola en intégrant un moteur de Renault 20 TS, si celui-ci est préféré aux moteurs Fiat, et même d'assembler une partie des caisses en France. Les prototypes baptisés Renault TRM 500 sont réalisés en 1978 et l’armée les teste avec ses concurrents la Citroën C44 et le Peugeot P4, basé sur la Mercedes-Benz Geländewagen. Le modèle Peugeot-Mercedes est choisi alors que le modèle Renault-Fiat était prêt à sa mise en fabrication puisque déjà utilisé par de nombreuses armées et dont la fiabilité était avérée.

Le P4 répond au besoin, formulé dès la fin des années 1960 par l'armée française, de remplacer ses . Les caractéristiques du nouveau véhicule devaient répondre aux contraintes suivantes : transporter quatre personnes avec leur paquetage et un poste radio et avoir une aptitude au transport aérien et au parachutage.

Un accord de licence est conclu entre Peugeot et Mercedes-Benz afin de répartir à parts égales la construction du nouveau véhicule militaire. Un premier prototype roule dès 1978 et commence une longue série d'essais, notamment lors d'un rallye dans le Sud algérien avec deux P4, l'un à essence et l'autre à moteur Diesel. Des prototypes sont testés en 1980 par le à Limoges.

En 1981, l'armée française commande du P4 (essence et Diesel confondus), contrat ramené finalement à à la suite de la baisse des effectifs de l'armée de terre.

À partir de fin 1982Source : L'argus de l'automobile, 31 mars 1983., l'usine de Sochaux commence à assembler le P4http://m.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/le-renouvellement-des-vehicules-tout-terrain. Peugeot installe alors sur le Classe G le moteur à essence de sa 504, la boîte de vitesses de sa 604, s'occupe des circuits électriques, réalise le soudage de la caisse et assure le traitement en cataphorèse. Tout le reste est fabriqué par le constructeur allemand. À partir de 1985, la production est transférée à l'usine Panhard de Marolles-en-Hurepoix, où sont produits.

Une version civile est proposée sous la même appellation mais ne rencontre pas un franc succès à la vente en raison d'un prix élevé et d'un rapport poids/puissance défavorable. De plus, Mercedes-Benz n'accorde pas à Peugeot la possibilité d'exporter la voiture ailleurs que vers les pays d'Afrique liés par un accord de défense avec la France.

Le prototype de P4P (protégé) est présenté à l'édition 1994 du salon Eurosatory. La même année, l'Armée française commande 80 véhicules modifiés en deux lots de 50 et 30 exemplaires en cinq versions différentes.

Fin 2015, l'armée française compte moins de en service et ce nombre continue à baisser à hauteur de plusieurs centaines par an. En 2016, entre autres dons à des armées étrangères, l'État français fait don à l'armée camerounaise de dans le cadre de la coopération militaire avec le Cameroun qui vise à lutter contre le terrorisme.

En 2019, bien qu'en cours de retrait au niveau général, une quinzaine de P4 sont remis à niveau pour les Commandos parachutistes de l'air..

À la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en , 120 sont donnés à l'Ukraine en date du https://www.defense.gouv.fr/actualites/ukraine-france-dresse-bilan-equipements-militaires-livres.

Arrêt et succession Pour les liaisons au sein des zones de combat, les P4 ont été, entre 2004 et 2012, supplantés par les (PVP) dans l'Armée de terre.

L’entretien du P4 étant de plus en plus coûteux, l’armée de terre a choisi de remplacer les P4 servant aux déplacements en dehors des zones de combat. En 2009, l'Armée de terre a ainsi commandé non militarisés, avant de porter finalement la commande à plus de

Toujours dans le cadre du renouvellement de sa flotte de Peugeot P4, l'armée commande, en , du Ford Ranger.

Pour remplacer les P4 restants, un programme nommé Véhicule léger tactique polyvalent (VLTP) a été lancé par la DGA. En 2015, le véhicule choisi est un Ford Everest militarisé par Renault Trucks Defense.. Il portera le nom de VT4 au sein de l'armée française, qui en recevra par ACMAT/Renault Trucks Defense (Arquus) sur la période 2018-2025https://www.defense.gouv.fr/terre/equipements/materiels-generiques/vehicules/vt4-vehicule-tactique-4x4.

En 2017, un contrat est signé avec la société française Technamm pour la militarisation de qui devient le Masstech T4. Le coût unitaire serait de . La livraison des véhicules se termine en .

Les différentes versions Peugeot P4P Le P4 P (pour P4 Protégé) est une version blindée produite à dans les années 1990. Une version blindée a été fabriquée à la demande de Peugeot par les établissements CBH (Constructions Blindées d'Hardricourt).

Cette version a été évaluée par l'armée française et commandée par la Marine nationale pour la protection des sites sensibles. Cinq versions différentes ont été fabriquées. P4 CBH AKIS 2400 P4 CBH SUPER AKIS 2850 P4 CBH 3120

Les dénominations "2400", "2850" et "3120" correspondent à la longueur des châssis. Des P4 Blindés CBH ont été fabriqués pour une utilisation au Liban.

VLTT P4

Peugeot P4 VPS vignette|Un Peugeot VPS des forces spéciales. Le P4 VPS (Véhicule de patrouille spéciale) dit aussi véhicule de patrouille SAS est construit, selon quelques sources, à et est destiné aux Forces spéciales dont le RPIMa. Il est équipé de plaques de blindages, d'une grande puissance de feu et une grande autonomie : une mitrailleuse Browning M2 (MIT50) (calibre 12,7 mm), une mitrailleuse de type ANF1 (calibre 7,62 mm) et du matériel de franchissement..

Peugeot P4 V6 PRV Prélevés sur la production des P4D et modifiés par les Automobiles Peugeot, ces versions dont on ne connait pas exactement le nombre (20 environ) ont été équipées du moteur V6 PRV de 3.0 litres de cylindrée et développent pour les besoins d'assistance du rallye Paris-Dakar dans les années 1990.

Peugeot P4 version civile thumb | 220x124px | right | Une Peugeot P4 version civile en exposition au musée de l’Aventure Peugeot. Pour rentabiliser sa production de P4 , Peugeot décide de produire une version civile qui n'aura pas beaucoup de succès car Mercedes-Benz n'accorde pas à Peugeot la possibilité d'exporter la voiture ailleurs que vers les pays d'Afrique liés par un accord de défense avec la France. De plus , le public préfère acheter directement la base du peugeot P4 à savoir le Mercedes-Benz Classe G.

Peugeot P4 version Sapeurs-Pompiers et Gendarmerie Ce sont des versions qui ont été créées toujours dans le but de rentabiliser la production de la Peugeot P4 par Peugeot. Ces versions peuvent avoir différentes types de carrosserie qui agrandissent et réduisent l'habitacle du P4. Pour finir, certains Peugeot P4 Sapeurs-Pompiers pouvaient être équipés de lance à eau.

Caractéristiques

Chaîne cinématique

Motorisations Dès son lancement, le Peugeot P4 est proposé en deux versions, une essence et un Diesel. Le moteur essence de (type XN8) est issu de la Peugeot 504. En 1992, l'Armée de terre décide de doter ses P4 de moteurs Diesel de . La transformation des Peugeot P4 en P4 D (Diesel) est confiée à Panhard et à l'établissement régional du matériel de l'armée. Le moteur choisi est le XD3 de la Peugeot 505. +EssenceModèle et boîteConstructionMoteurCylindréePerformanceCoupleVitesse maximaleConsommationPeugeot P4(boîte 4)1982 - 19924 cylindres en ligneXN8() () à à +DieselModèle et boîteConstructionMoteurCylindréePerformanceCoupleVitesse maximaleConsommationPeugeot P4 D(boîte 4)1982 - 19924 cylindres en ligneXD3() () à à

Boîtes de vitesses Le Peugeot P4 est équipé d'une boite de vitesses de type BA10/4, à 4 rapports synchronisés, issu de la Peugeot 604. +Rapports de démultiplication du Peugeot P4Peugeot P4Transmission finale rapport rapport rapport rapportMarche arrière

Dans la culture populaire Le P4 est présent dans un certain nombre de films, tels The Expendables 2 et 3 ainsi que dans un clip parodique du 19e Régiment du Génie.

Références

Voir aussi

Articles connexes Équipements de l'Armée de terre française

Bibliographie MAT 2750 "Guide Technique V.L.T.T PEUGEOT P4 DIESEL", Section technique de l'Armée de terre, centre d'information et de communication.

Lien externe

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