vignette|200px|Les armoiries de Bruyères se blasonnent ainsi : D’azur, à la tour d’argent crénelée, accompagnée au canton dextre d’une maison avec deux panonceaux de même, et au sénestre d’une église avec son clocher, aussi d’argent, en chef trois étoiles d’argent.Les premières armes de Bruyères, authentifiées sous , au , étaient légèrement différentes.
L’histoire de Bruyères (Vosges) commence réellement aux avec l’érection d’un château fort exigée par le duc de Lorraine pour assurer ses fonctions d’avoué de l’Insigne Église collégiale et séculière de Saint-Pierre à Remiremont et avec l’octroi de la charte de Beaumont aux bourgeois de la ville en 1263. De la chastellerie initiale évoquée dans les actes en 1285 se dégagent progressivement un bourg et un faubourg à vocation commerçante qui devient une circonscription à la fois administrative et judiciaire en tant que chef-lieu de prévôté, puis de bailliage pendant l’Ancien Régime lorrain et français. Le destin de Bruyères est lié à l’histoire du duché de Lorraine de sa création jusqu’à l’annexion par la France en 1766 : le sud-est du territoire lorrain est en effet resté sans discontinuité dans le domaine ducal jusqu’à la disparition du duché de Lorraine et de Bar. Devenue chef-lieu de district pendant la période révolutionnaire, puis de canton à partir de 1795, la ville de Bruyères vit au même rythme que les autres petites et moyennes communes de la région sans s’en distinguer particulièrement. Il faut attendre la Seconde Guerre mondiale pour que Bruyères se démarque davantage dans l’histoire vosgienne et internationale avec la bataille de Bruyères-Biffontaine dont le souvenir resté vivace est à l’origine du jumelage de Bruyères avec la capitale hawaïenne Honolulu le .
Frise chronologique des entités territoriales où se trouvait Bruyères
Bruyères et le territoire antérieur à sa fondation ont traversé les siècles de manière plutôt linéaire comme une région de l'axe lotharingien marqué par l'empreinte franque, puis lorraine avant de passer dans le giron français. Elle est située pendant presque huit siècles dans le Saint-Empire romain germanique par l'entremise des ducs de Lorraine qui se libérent progressivement de la tutelle impériale pour ne garder qu'un lien de protectorat en 1542.
Histoire administrative et politique À l'échelle régionale
vignette|Canton de Bruyères en 2015. Bruyères fut chef-lieu : de prévôté : du Moyen Âge à 1698.. ; d’une gruerie : du Moyen Âge à 1747.; de bailliage : de 1698 à 1790 ; de district : de 1790 à l’ ; d’une mairie très étendue.
Malgré les réformes successives de l'administration impériale et la très forte autonomie du duché dans le Saint-Empire acquise par le Duc à partir de 1542, Bruyères reste pendant cinq siècles le siège d'une prévôté dans un bailliage dont le siège reste Mirecourt.
« L’Estat des Bans et Communaultez de la Prévôté de Bruyères » dressé à Grandvillers le A.D. Vosges 3DH-3. énumère les sous-divisions territoriales suivantes : appartenant au domaine ducal entièrement ou pour partie : Aumontzey, Bruyères château et bourg, Corcieux, Champdray, Champ-le-Duc, Docelles, Deycimont, Dompierre, Fays, Gentilshommes de Laveline, Girecourt-sur-Durbion, Grandvillers, Granges-sur-Vologne, Gugnécourt, Herpelmont, Jussarupt, La Chapelle-devant-Bruyères, La papellerie de Sieur Gérard, La Rozière, Laval-sur-Vologne, Prey, Rehaupal, Yvoux ; donné en fief à d’autres seigneurs : Belmont-sur-Buttant, Bois-de-Champ, Cheniménil, Corcieux, Faucompierre, Fimenil, Granges-sur-Vologne, Lépanges-sur-Vologne, Vaudicourt (ban disparu comprenant Aydoilles, Fontenay, Le Roulier et partie de Nonzeville) ; appartenant à une seigneurie ecclésiastique entièrement ou pour moitié : Basse Rue de Destord, Bancourt, Biffontaine, Nonzeville, Pierrepont-sur-l'Arentèle ; à cette liste qui ne précise pas toutes les agglomérations ou lieux-dits puisque l’état s’arrête aux bans et communautés, il faut ajouter des alpages ou « chaumes » sur les crêtes pour l’estive décrites ainsi par Thierry Alix, conseiller d'état et président des Comptes de Lorraine, au : Lemmersgoutte (Lanversgotte) ; Fonyer (Fonie) ; Bellefirst (Balveurche) ; Bebeuriedt (Belbriette) .
Une « gîte » en patois vosgien est une marcairie avec un nombre de vaches et un territoire d'exploitation bien définis. La gîte désigne en même temps le bâtiment d'exploitation qu'on désigne aussi par « chaume ». C'est pour cette raison que l'usage parlait de prévôté montagnarde avec celle d'Arches et de Saint-Dié et que sa gruerie joua un rôle important. Son territoire administratif démarre sur le plateau à d'altitude et atteint les crêtes vosgiennes à à la chaume de Balveurche. Cela représente une prévôté de avec divers finages montagneux.
Pour assurer la moyenne et basse justice et pour conduire les affaires courantes, des officiers étaient à l'origine issus de la petite noblesse ou ils étaient anoblis pour loyaux services. Plus tard, les souverains passeront à la vénalité des offices. Par l’édit du , , duc de Lorraine, de Bar, de Montferrat, Roi de Jérusalem, marquis, duc de Calabre, reconduit les offices héréditaires et perpétuels.. Dans le siège bailliager de Bruyères, il y avait un lieutenant bailliager, deux conseillers, un procureur, un gruyer, un commissaire aux saisies réelles, un curateur en titre et un huissier audiencier.
La prévôté était dirigée par un capitaine prévôt assisté de deux sergents. Pour la gruerie, le gruyer était assisté d'un arpenteur et d'un premier forestier (« forêtier »).
Dans le duché de Lorraine sous tutelle française d'avant l'annexion, c'est-à-dire sous le règne de Stanislas Leszczynski (1737–1766), Bruyères finit sa période de chef-lieu de terres plus vastes que la superficie de sa simple mairie en devenant un siège bailliager, lequel se transforme en bailliage de Bruyères..
Après le rattachement de la Lorraine ducale au royaume de France en 1766, Bruyères perd rapidement son statut de chef-lieu chargé d'un territoire plutôt vaste proportionnellement à la taille de la ville. L'histoire de Bruyères en tant que centre administratif ramène systématiquement au duché de Lorraine et à travers lui au Saint-Empire romain germanique. Bruyères se situait dans le bailliage de Vôge dont le chef-lieu était Mirecourt. Les deux autres bailliages de Lorraine étaient celui de Nancy et le le baillage allemad ainsi nommé parce qu'il regroupait les terres de langues germaniques du Duché de Lorraine..
Après la brève période du district de Bruyères (1790-1795) et la création du département des Vosges avec pour chef-lieu Épinal, Bruyères devient chef-lieu de Bruyères dans l'arrondissement d'Épinal.
À l'échelle locale vignette|Dépendances de la mairie de Bruyères, Lorraine ducale jusqu'au . La mairie de Bruyères se composait des villages suivants : indivise entre le duc de Lorraine et le Chapitre de Remiremont : Aumontzey, Beauménil ; justice partagée avec d'autres seigneurs dits comparsonniers. : la jurationTerme local désignant un sous-territoire d'une mairie pour ce qui est de la fiscalité. Le jurier est le premier responsable de l'administration fiscale dans les jurations, ou territoires fiscaux, pendant que le maire se charge du bourg et faubourg. La Chapelle. (autrefois dans la prévôté de Saint-Dié, ban de Moyenmoutier) comprenant la cense de La Rozière, Yvoux ; seigneurie appartenant directement au duc : Fays, Frambéménil, la cense de La Goutte, Herpelmont, Jussarupt, Laval-sur-Vologne, Laveline-devant-Bruyères ; partie de Champ-le-Duc.
Au spirituel Limites diocésaines et paroissiales vignette|Carte du diocèse de Toul par R.P. Benoit, gardien des Capucins de Toul en 1707. Depuis les premières créations des diocèses dans l’Empire romain tardif., Bruyères a appartenu dès sa création jusqu’en 1801 au très étendu diocèse suffragant de Toul créé en 338 in : ., lui-même dans la province ecclésiastique de Trèves sous l’autorité de l’archevêque métropolitain in : . de Trèves, aujourd’hui en Allemagne. Par la suite, elle sera intégrée à l’archidiaconé de Vôge et au doyenné d’Épinal qui va de Bayon sur le plateau lorrain jusqu’aux crêtes vosgiennes à la chaume de Balveurche près du col de la Schlucht, c’est-à-dire les limites de l’ancienne prévôté de BruyèresEugène Martin, Carte du diocèse de Toul, 1900, Pouillé de Benoit-Picart.. En 1801, Bruyères passe dans le diocèse de Nancy auquel a été rattaché le diocèse de Toul. Ce dernier fut rétabli en 1822, mais la fusion avec Nancy est reconduite en 1824.. Indépendamment de la toute petite chapelle castrale sur le promontoire rocheux destinée au châtelain, le bourg de Bruyères n’avait en bordure de muraille qu’une chapelle (construction estimée au ) qui dépendait de la cure de Champ-le-Duc. En élevant cette chapelle en église paroissiale en 1612, malgré quelques années de litige avec le curé de Champ-le-Duc, Bruyères devient définitivement une paroisse en 1629 à la condition que les Bruyérois fassent une procession tous les ans le jour des Rogations et qu’ils assistent à la messe du lundi de Pentecôte dans l’église de Champ..
Église protestante Les quelques rares protestants qui résident à Bruyères et souhaiteraient pratiquer leur religion sont contraints de se rendre à un temple soit du (Épinal, Thaon-les-Vosges, Remiremont, Vittel, Contrexéville, Gérardmer), soit de la vallée de la Meurthe (Saint-Dié-des-Vosges, Senones, Raon-l'Étape). Bruyères se situe dans le territoire du consistoire Vosges-Lorraine qui englobent les départements de Meurthe-et-Moselle, des Vosges, de la Meuse et de la Haute-Marne. et qui appartiennent à l’Église protestante unie de France (EPUF) qui est à distinguer de l’Union des Églises protestantes d'Alsace et de Lorraine dans les anciens départements ayant annexés à l’Empire allemand.
En 1830 est créée l’Église Consistoriale de Sainte-Marie-aux-Mines dans le Haut-Rhin dont dépendent les croyants disséminés des Vosges. Dès 1845, il y a connues dans les Vosges. Les communautés protestantes vosgiennes s’agrandissent avec l’exil des optants alsaciens. Le temple réformé d’Épinal est inauguré en 1873. Le pasteur de l’EPUF pour le consistoire TER est automatiquement responsable des protestants dispersés sur le territoire de Bruyères et ses environs.. Des activités œcuméniques sous forme de rencontres ou de conférences ont lieu à Bruyères en liaison avec le prêtre de la paroisse. , c’est un couple qui gère quasiment toute la partie orientale du département des Vosges, le mari est pasteur à Saint-Dié, consistoire de la vallée de la Meurthe, et sa femme est pasteur à Épinal, pour tout le consistoire TER, resté vacant pendant deux ans..
Ancienne communauté juive vignette|Bruyères-Musée Henri-Mathieu-Ancienne synagogue. Le consistoire central fut institué par le décret impérial du ; les sept consistoires régionaux sont à l'origine situés à Paris, Marseille, Bordeaux, Metz, Nancy, Strasbourg et Wintzenheim.. La communauté de Bruyères aurait été dans le consistoire de la circonscription de Nancy mais il est acquis que la présence de la dernière communauté juive dans cette ville démarre à partir de 1870.. Les consistoires israélites sont réorganisés par l'ordonnance du , puis constitués définitivement par les décrets du et du .
Le consistoire départemental est composé d’un ministre du culte portant le titre de rabbin consistorial et de quatre membres laïques. Les membres laïcs sont élus à la majorité absolue des notables présents quel que soit le nombre de votants. Le bureau est composé d’un président, de trois scrutateurs et d’un secrétaire. Le doyen des membres est automatiquement le président. Le plus jeune est secrétaire.