John Towner Williams est un compositeur, chef d'orchestre et pianiste américain né le à New York.

Il est principalement connu pour ses musiques de films. On lui doit le renouveau des bandes originales symphoniques avec ce qui reste son œuvre la plus célèbre : la musique de la saga Star Wars. Compositeur attitré de Steven Spielberg et de George Lucas, John Williams a composé, au cours d'une carrière qui s'étend sur plus de soixante ans, un grand nombre des plus célèbres musiques de films de l'histoire d'Hollywood, notamment, outre Star Wars, celles des Dents de la mer, de Maman, j'ai raté l'avion !, E.T., l'extra-terrestre, Indiana Jones, Jurassic Park, Superman, La Liste de Schindler, et les trois premiers films de la saga Harry Potter. Il a également composé la musique de quatre Olympiades, de NBC Nightly News, de la cérémonie d'investiture du président Barack Obama, et de nombreuses séries télévisées.

Williams a remporté cinq fois l'Oscar de la meilleure musique de film, mais aussi 4 Golden Globes, 7 BAFTA Awards et 21 Grammy Awards. Avec 54 nominations aux Oscars, Williams est le compositeur de musique de films le plus titré de l'histoire. Historiquement, seul Walt Disney a fait mieux avec 59 nominations . John Williams a également été intronisé au Hollywood Bowl Hall of Fame en l'an 2000 et a été récipiendaire du Kennedy Center Honors en 2004.

Williams a également composé de nombreuses œuvres de musique classique à la demande des plus grands orchestres. Par exemple, un Concerto pour cor pour Dale Clevenger et l'Orchestre symphonique de Chicago, un Concerto pour violoncelle pour Yo-Yo Ma et l'Orchestre symphonique de Boston, un Concerto pour basson pour les de l'Orchestre philharmonique de New York Il a lui-même été le principal chef de l'Orchestre Boston PopsLe Boston Pops Orchestra, spécialisé dans la musique « légère », est une émanation du Boston Symphony Orchestra, la plupart de ses membres faisant partie des deux formations. de 1980 à 1993.

Son talent de composition, d'orchestration et de musicien, sa longévité, la popularité et l'influence de ses œuvres, ainsi que ses nombreux prix et récompenses, amènent la plupart des spécialistes du monde du cinéma et de la musique à considérer John Williams comme le plus grand compositeur de musiques de films de tous les temps..

Biographie Formation et vie privée Fils d'un percussionniste professionnel, pour CBS Radio. et dans le Raymond Scott Quintet, il découvre très tôt la musique, il commence à apprendre le piano, puis apprend le trombone, le tubaLivret du CD 20th Century Concerto : « I [...] even used to play tuba a little. », la trompette et dès quinze ans mène déjà son propre groupe de jazz et s'essaie à l'arrangement ; à l'âge de 16 ans, il déménage à Los Angeles ; tout au long de sa jeunesse, il compose des pièces pour piano, puis lorsqu'il apprend la théorie, se met à les orchestrer, il crée à 19 ans sa première œuvre, une sonate pour piano, néanmoins, il ne pense pas pouvoir vivre en composant, et n'en a pas l'intention. Il se consacre donc à ses études de piano« Well, I always composed. As a child, I tried to write little pieces and, as a teenager, began to orchestrate some of them. And my father was a musician, and there were theory books sitting around the house that were there underfoot since age eight or ten or whatever. But piano was my serious study. I hadn't intended ever to become a professional composer. Fact wouldn't imagine anyone could earn a living doing that. » in « A conversation with John WIlliams », National Endowment for the Arts, 3 mars 2011..

Il rejoint l'UCLA et le Los Angeles City College ; il étudie l'orchestration avec Robert van Eps, de la MGM, et auprès de Mario Castelnuovo-Tedesco, et profite de trois ans à l'US Air Force pour diriger. Il suit ensuite l'enseignement de Rosina Lhevinne, à la Juilliard School, afin de perfectionner ses talents de pianiste. Il vit alors de ses cachets de pianiste de jazz, mais elle l'encourage à se consacrer à l'écriture. Il retourne dès lors à Los Angeles.

À Hollywood, il commence comme pianiste de studio, et il accompagne des séries TV - comme Peter Gunn (1958) - ou des films, comme South Pacific (1958), Some Like It Hot (1959), The Apartment (1960) et To Kill a Mockingbird (1962). Il se lie d'amitié avec Bernard Herrmann, compositeur notamment des bandes originales de Citizen Kane et de plusieurs films d'Alfred Hitchcock. À 24 ans, il intègre l'équipe d'arrangeurs de la Columbia, puis de la Twentieth Century Fox où il travaille pour Alfred Newman et Lionel Newman, Dimitri Tiomkin, Franz Waxman, et d'autres compositeurs de l'Âge d'Or. Parallèlement, il travaille avec Vic Damone, Doris Day, et Mahalia Jackson, et rencontre Barbara Ruick, actrice et chanteuse qu'il épouse.

John Williams a été marié avec l'actrice Barbara Ruick de 1956 jusqu'au décès de celle-ci le . De cette union sont nés trois enfants : Jennifer (1956), Mark (1958) et Joseph (1960). Ce dernier est le chanteur du groupe de rock américain Toto, notamment entre 1986 et 1989. Il réintègre le groupe en 2010.

John Williams a épousé Samantha Winslow en secondes noces le .

Les débuts Il compose dans les années 1950 plusieurs œuvres de jazz.

Son travail d'arrangeur lui ouvre les portes de l'écriture, et il commence à composer, quelquefois sous le nom Johnny Williams, pour la télévision : Checkmate (1960), Alcoa Premiere (1961), Gilligan's Island (Les Joyeux naufragés) (1964), Lost in Space (Perdus dans l'espace) (1965), Land of the Giants (Au pays des géants) (1968), et surtout la trame sonore des téléfilms (1968) et Jane Eyre (1970), qui lui vaudront d'être récompensé aux Emmy Awards.

Il passe au cinéma, avec (1958) et Because They're Young (1960), ce qui le confine pour un temps aux comédies. Mais grâce au film de William Wyler Comment voler un million de dollars (1966), il s'ouvre les portes de projets plus ambitieux. Il continue pourtant les arrangements, et gagne son premier Oscar en 1971, pour son adaptation de Un violon sur le toit.

Les années 1960 sont riches en œuvres classiques. Il compose son Concerto pour flûte et orchestre en 1969. Il est composé d'un seul mouvement de 15 minutes environ. L'accompagnement ne comporte aucun instrument à vent mais des cordes, un piano, un célesta, des harpes et des percussions. Il est inspiré de la flûte japonaise shakuhachi, dont il cherche à imiter le style. Selon le compositeur, les instruments « font des bruits mystérieux comme le craquement de branches tandis que nous explorons une forêt imaginaire mythique » The John Williams Collection. On peut retrouver ce style dans Mémoires d'une geisha, composé en 2005.

L'année précédente, il compose sa Sinfonietta pour ensemble à vent. D'une durée de 18 minutes, l'œuvre découpée en trois mouvements « constitue un défi à l'auditeur par le biais de la tension entretenue tout au long du morceau »Donald Hunsberger dans le livret du CD contenant, entre autres, la Sinfonietta.. Écrite pour une grande section à vent, la petite symphonie est caractérisée par les saisissantes sonorités des longues lignes mélodiques qui contrastent avec les subtiles touches de jazz.

En 1965, il compose l'Essay for strings. Créée à Pittsburgh en 1965 par André Previn, cette pièce pour cordes est composée de manière expressive, l'introduction donne le ton et démontre une forte maturité pour un compositeur aussi jeune. « Les cordes d'orchestre m'ont toujours fasciné. The Essay est un début d'exploration des sonorités possibles de ce groupe » dit John Williams à propos de son œuvre. « Le morceau est en un mouvement, et est essentiellement dramatique. Après une introduction calme, le thème principal apparaît. Il est rapidement suivi de la suggestion en doubles-croches de la figure moteur qui conduit finalement, après d'autres développements, l'œuvre à sa partie finale. C'est alors que le thème principal joint la figure moteur en doubles-croches en se combinant pour amener le morceau à sa conclusion. » Pour le compositeur, cette œuvre est une représentation d'un cyclotron musical, avec son rythme fiévreux et son énergie hyperkinétique. Quand on lui demande ce qu'est censé produire ce cyclotron, il répond « des applaudissements, je l'espère ». Cette œuvre montre un talent étonnant de la part du jeune John Williams et est un signe avant-coureur des œuvres orchestrales à venir.

La même année, il compose son Prélude et fugue, d'une durée de neuf minutes environ.

En 1966, il compose sa première et seule symphonie (à ce jour) à la demande de Bernard Herrmann. Elle est créée deux ans plus tard avec le Houston Symphony Orchestra, sous la direction d'André Prévin. L'œuvre est constituée de trois mouvements : Allegro, Andante Sostenuto, Maestoso ; Allegro ; Risoluto. Après sa première européenne avec le LSO en 1971 (sous la direction de Prévin), John Williams la retire de sa liste de compositions, déclarant qu'elle n'était pas assez bien pour être jouée jusqu'à ce qu'il la retravaille. Herrmann y avait trouvé des défauts. La symphonie est retravaillée en 1988, et programmée lors d'un concert avec le Houston Symphony, mais elle est remplacée au dernier moment par de la musique de film johnwilliams.org jwfan.com.

En 1960, il compose un Quintette à vent, laissé inachevé.

La rencontre avec Spielberg Il consacre alors les années 1970 aux films catastrophes : L'Aventure du Poséidon (The Poseidon Adventure, 1972), Tremblement de terre (Earthquake, 1974) et La Tour infernale (The Towering Inferno, 1974). Toutefois, c'est son travail particulièrement innovant sur Reivers (The Reivers, 1969) et Images (1972) qui impressionne Steven Spielberg, lequel prépare alors son troisième long métrage, Sugarland Express (The Sugarland Express, 1974).

Avec Les Dents de la mer (1975), qui lui fait gagner son deuxième Oscar de la meilleure musique de film, Williams devient un compositeur de premier plan ; les deux hommes ne se sépareront plus. En 2023, cette association totalise 29 films.

Star Wars

George Lucas envisageait, pour Star Wars, de recourir à une bande originale proche de celle de 2001, l'Odyssée de l'espace, à savoir une collection de morceaux préexistants ; il pensait que seules des œuvres classiques pouvaient convenir au genre de la saga épique. À l'image de 2001, il avait songé à un film quasi muet, idée que l'on retrouve dans sa mise en scène, mais Steven Spielberg put le convaincre d'utiliser les talents de Williams. Le conseil fut bon, puisque la bande originale, la meilleure vente jamais réalisée d'une musique de film, transfigure complètement le film : réalisé avec peu de moyens, des acteurs parfois peu convaincus voire réticents (Sir Alec Guinness détestait ouvertement son rôle d'Obi-Wan Kenobi, dont il qualifiait les répliques de banales), des effets spéciaux spectaculaires pour l'époque, le film remporte un succès mondial, en partie grâce à John Williams.

Lucas était attaché à son idée de départ d'œuvres classiques. Il demande à Williams de s'inspirer de Felix Mendelssohn, Piotr Tchaïkovski, Gustav Holst et surtout Richard Wagner : l'affaire tombe à pic, puisque Williams, alors que l'époque est au rock et à la musique expérimentale, a déjà réintroduit dans ses propres productions le concept du leitmotiv, développé par Wagner et qui avait investi les musiques des films de l'âge d'or (Erich Wolfgang Korngold, Miklós Rózsa, Max Steiner), avec Les Cowboys (The Cowboys, 1972), La Tour infernale (The Towering Inferno, 1974), Les Dents de la mer (Jaws, 1975) par exemple. Il emprunte beaucoup à la musique romantique pour réaliser la bande originale.. La marche impériale (The Imperial March), le thème de Dark Vador, s'inspire de la marche funèbre, Sonate pour piano de Chopin.