AlexandraChoura pour ses amis ou parfois dans la presse, par exemple dans Candide, 30 mars 1933, p. 3. Roubé-Jansky est une romancière et journaliste française née le à Varsovie et morte à Paris le Relevé des fichiers de l'Insee. Elle fut directrice du théâtre des Arts de 195114 femmes dirigent quatorze théâtres parisiens, L'Officiel de la mode, décembre 1951, à 1969.
Biographie Enfance et famille Fille de Nasmi Bey (1875-1940), capitaine de la marine turqueSa biographie ; son journal., et de Marie Dombrovska, elle passe son enfance en Russie. Elle fréquente le lycée de Rostov-sur-le-Don puis apprend le piano au Conservatoire de Moscou. À la Révolution de 1917, elle fuit à Constantinople.
Le , elle épouse Emmanuel BoyarinoffJacques Lafitte, Stephen Taylor, Who's who in France, J. Lafitte, 1969, p. 1278..
Le de couverture de l'édition J'ai lu de son roman Rose noire (1981) indique qu'elle est née en Russie et qu'elle fut veuve à 17 ans. Elle confirme en effet en 1937 avoir été mariée deux foisHunt for couple ideally married, The Bismarck tribune, 17 March 1937, p. 3 - avec photo..
Le couple eut un fils, Nicolas Boyarinoff. En 1924, il fréquente le lycée Hoche à ParisLe Temps, 29 juillet 1924, p. 4 et est admis à l'école des Hautes études de Commerce en .. En , sa maîtrise de l'anglais est certifiéeBulletin de la Société pour la propagation des langues étrangères en France (Paris), juillet 1938, p. 20.. Militaire de réserve, il est promu sous-lieutenant par décret du Journal officiel de la République française, 10 octobre 1939, p. 12220.. Il trouve la mort au combat en , en défendant le fort du Chanot à Toul ; son décès n'est signalé dans la presse qu'en , mais, dès , sa mère tente déjà d'obtenir de ses nouvelles par le biais des petites annoncesCandide, 12 février 1941, p. 3 ; Le Matin, 26 octobre 1940, p. 4 ; Paris-Soir, 20 octobre 1940, p. 4..
L'origine du nom "Roubé-Jansky" reste mystérieux. On peut, à titre d'hypothèse, signaler l'existence d'un philologue turc du nom d'Herbert Jansky.
Paris Elle s'installa en France à la fin des années 1920, acquit rapidement la notoriété et s'installe dans la vie mondaine et culturelle.
Le , elle fit publier une nouvelle, Mon suicideCandide, 24 mai 1928, p. 7. qui marque le début de sa carrière littéraire.
Son nom réapparut dans la presse le Comoedia, p. 3., alors qu'elle est employée comme vendeuse au théâtre de l'Athénée. Le , sa photo en pleine page fait la une du magazine féminin Eve.
Durant les années 1930, elle publie plusieurs romans axés sinon sur sa vie personnelle, en tous cas sur des circonstances et des cadres qui furent les siens, comme la vie en Russie après la Révolution de 1917 (Le Mariage d'Hamletow) ou la vie à Constantinople (Rose noire). En même temps journaliste et globe-trotter, elle anime aussi la vie mondaine à Paris. Elle est membre du Club des Belles Perdrix en 1932.
En 1933, elle est signalée comme collaboratrice de Paris-Magazine - avec Marcel Aymé, Maurice Dekobra, etc. - et de la revue ScandaleAnnuaire général des lettres, Paris, 1933, p. 350 et 361.. Cette même année, elle visite ShanghaïJens Damm, Mechthild Leutner, China in a Global Context, LIT Verlag Münster, 2019, p. 26..
En 1936 et 1937, elle est correspondante pour le journal Paris-Soir. Elle est entre autres envoyée en Russie au printemps 1936Myriam Boucharenc, L' écrivain-reporter au cœur des années trente, Presses Univ. Septentrion, 2004, p. 59..
Le , elle embarque à bord du MassiliaChristiane Rimbaud, L'Affaire du Massilia : été 1940, Seuil, 1984 (voir dans Gallica. en tant que journaliste, pour un reportage à faire à Casablanca pour Paris-Soir. Raillée par les autres passagers, elle quittera le navire et fera le trajet par la route..
Elle habita entre autres à Paris, rue des Belles-Feuilles en 1932-1933 Annuaire général des lettres, 1932, p. 944 ; id., 1933, 1121. et à Garches dès 1935Interview d'Alexandra Roubé-Jansky, Les Dimanches de la femme : supplément de la "Mode du jour", 29 septembre 1935, p. 4] ; en particulier rue Henri-Fontaine, villa Loubouchka, voir Le Journal, 24 novembre 1938, p. 8..
Le groupe Diderot Alexandra Roubé-Jansky affiche un intérêt pour Denis Diderot en achetant, entre 1933 et 1939, une vingtaine d’autographes ou de documents le concernant au libraire parisien Georges Blaizot. Au début de la guerre, elle confia ces archives à un ami taiwanais, mais ne parvint jamais à les retrouver, en dépit des recherches menées dans les années 1970, avec le soutien des autorités françaisesAnnie Angremy, Quatre lettres inédites de Diderot, Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, 2013, n° 48, p. 9..
Après des séjours en ChineL'Intransigeant, 3 janvier 1936, p. 4 ; Gaston Derys, La Chinoise moderne, La Femme de France, 10 mai 1936, p. 14 ; La Chine dormait depuis mille ans... Mme Roubé-Jansky conte son réveil, Le Petit journal, 3 septembre 1937, p. 6. et au JaponA. Joubé-Jansky, Impression du Japon, France-Japon (Paris), janvier 1936, p. 81-82., elle fonde en 1936 un groupe DiderotElle explique son choix de Denis Diderot dans une interview donnée en 1936 : Comoedia, 29 février 1936, p. 3. pour la compréhension mutuelle des peuplesL'Intransigeant, 17 février 1936, p. 4. puis pour la propagande française en Extrême Orient. Son siège est établi à Paris, rue des Eaux, 8.
Dans ce cadre, le groupe Diderot établit des bibliothèques destinés à favoriser les échanges littéraires entre les nations : l'une à Genève (château de Montalègre), compte 150 000 volumes en langue chinoise, l'autre à Shanghaï rassemble , essentiellement étrangers. Grâce à ses contacts, Alexandra Roubé-Jansky envisage aussi l'ouverture d'une bibliothèque à New York. Dans l'esprit de sa fondation, elle encourage aussi les éditeurs français à faire don de volumesJean Emile-Bayard, Mme Roubé-Jansky demande des œuvres d'auteurs français pour le groupe Diderot de Shanghaï, Comoedia, 14 avril 1936, p. 3..
Le L'Intransigeant, p. 4., Alexandra Roubé-Jansky annonce la mise à disposition de fonds permettant au Groupe de décerner annuellement pendant 10 ans un « prix Diderot » ; concrètement, un jury récompense un journaliste au moyen d'une bourse destinée à financer un séjour de deux mois en Chine, à Shanghaï, à charge, pour le lauréat, de rendre un article sur ses impressions de voyageParis-Soir, 26 février 1936, p. 10 ; Madame Roubé-Janky fonde le prix Diderot, Le Petit Journal, juillet 1936, p. 8 ; Voici le prix Diderot (avec composition du jury), Comoedia, juillet 1936, p. 3.
1936 Il est décerné pour la première fois, le , à Jacques Vidal-LablacheJ. Vidal-Lablache reçoit le prix Diderot, L'Intransigeant (Paris), 20 décembre 1936, p. 2 et 4 (avec photo du lauréat, d'Alexandra Roubé-Jansky et d'un buste de Diderot) ; Demain, attribution du prix Diderot, Le Petit Parisien, 17 décembre 1936, p. 7 - il s'agit d'un journal du soir, supposé lu le matin suivant la publication., par le jury composé d'Abel Bonnard, Roland Dorgelès, Marius Moutet (ministre des Colonies et fondateur de la Société d'éducation franco-chinoise), Henri Bonnet, Georges Bourdon, Paul Boyer (directeur de l'École des études orientales), Étienne Dennery, Scie-Ton-Fa (premier secrétaire de l'ambassade chinoise), Andrée Viollis, Louis Roubaud, Georges Charensol et Pierre Descaves (journalistes)Comoedia, juillet 1936, p. 3.
1937 En , quand la guerre sino-japonaise éclate, le jury se réunit pour envisager les modalités du prix au regard des événements. La remise du prix est avancée, mais maintenue, à titre de signal universaliste et pacifisteL'Intransigeant, 9 octobre 1937, p. 2.. Le prix est donc bien remis à Henri Rohrer, journaliste à Cassis, le Paris-Midi, 17 novembre 1937, p. 2 ; Ce Soir, 17 novembre 1937, p. 2 ; photo d'Henri Rohrer dans Le Grand écho du Nord de la France, 18 novembre 1937, p. 1.. L'événement fit l'objet d'un « radioreportage » d'Alex Virot diffusé sur Radio 37 depuis le domicile d'Alexandra Roubé-Jansky, à GarchesParis-Soir, 17 novembre 1937, p. 6 ; Excelsior, 16 novembre 1937, p. 6..
Lors de cette soirée, Alexandra Roubé-Jansky fait part de son intention de créer des prix similaires dans différents pays ; elle a déjà concrètement eu l'occasion d'envisager la fondation d'un groupe et d'un prix « Franklin », lors de sa rencontre avec Eleanor Roosevelt, à la Maison-Blanche, en Le Journal, 17 novembre 1937, p. 2 ; Le Journal, 18 août 1937, p. 5 ; Le Temps, 16 juin 1937, p. 2..
1938 , écrivait alors Le Petit Journal18 novembre 1937, p. 10. Et en effet, quand Rohrer revient de Chine, en , le jury suspend la remise jusqu'à ce que la paix soit rétablie en Extrême-Orient ; aucun lauréat n'est désigné en 1938.
1939 Alexandra Roubé-Jansky, pour prolonger son engagement, remplace la bourse de voyage par un prix annuel de 3 000 francs que le jury est chargé de remettre à l'auteur d'un article ou d'une étude sur la Chine publié au cours de l'année écouléeL'Œuvre, 27 novembre 1938, p. 7..
Aucun lauréat n'est désigné en 1939, mais un appel à candidature est ouvert pour l'année 1939. Les candidats sont invités à adresser leurs articles sur la Chine publiés en 1939, au Groupe Diderot à Garches, entre le et le Action française, 3 janvier 1939, p. 6 ; Le Journal, 24 novembre 1938, p. 8.. L'approche de la guerre et l'invasion de la France le 20 mai 1940 a sans doute contrarié la remise du prix.
1948 Roubé-Jansky profite d'un nouveau voyage de plusieurs mois, à Shanghaï, Nankinget Peiping, pour relancer le prix Diderot en 1948. Le prix est désormais double, puisqu'il doit permettre un échange de quatre mois entre un journaliste français envoyé en Chine et un journaliste chinois accueilli en France. Le jury, placé sous la double présidence de l'ambassadeur de Chine en France, Tsien Taï, et de Paul Boncour, se compose d'Andrée Viollis, Francis Carco, Jean Paschoud, Pierre Mac Orlan, Pierre Descaves et Georges Charensol. L'intention se dégage alors d'envoyer « une » journaliste françaiseLe prix Diderot et le théâtre en Chine, Les Lettres françaises, janvier 1948, p. 6..
Directrice du théâtre des Arts
Alexandra Roubé-Jansky liquide une partie de son patrimoine pour racheter le Théâtre Verlaine (l'entreprise, mais apparemment pas le bâtiment) en 1954 ; elle en devient directrice et le renomme en Théâtre des arts en 1954Ce nom avait été abandonné par le théâtre Hébertot en 1940. et s'y établit.
Le premier spectacle créé est Gigi de Colette, pour la première fois créé en français, mis en scène par Jean Meyer, avec Evelyne Ker et Alice Cocéa. Le soir de la première, le , le théâtre organise un prestigieux gala, en l'absence de Colette, mais en présence de la femme du président René Coty et de nombreuses personnalités de l'Académie française (François Mauriac, Fernand Gregh et Maurice Garçon), de l'Académie Goncourt (Roland Dorgeles, Gérard Bauer, Armand Salacrou, Philippe Hériat, Alexandre Arnoux et Francis Carco), de la politique (Edgar Faure et des Arts et des Lettres (Marguerite Pierry, ...)Paris-presse / L'Intransigeant, 24 février 1954, p. 1 et 7..
Les années 1957 et 1958 sont marquées par la polémique politique et judiciaire autour des représentations de Bérénice de Robert Brasillach en 1957 et 1958. Elle marque par ailleurs la fin de la collaboration entre Roubé-Jansky et Alice Cocéa.
Début , Alexandra Roubé-Jansky rencontre Georges Simenon pour obtenir les droits d'adaptation de Maigret se trompe ; elle obtient les droits, Michel Simon est pressenti pour le rôle titre, mais le projet ne verra manifestement pas le jourParis-presse / L'Intransigeant, 5 juin 1955, p. 9 (avec photos)..
En 1958, le théâtre programme une adaptation du roman de sa directrice J'ai quatorze ans ; le spectacle est retransmis à la radioLe 8 juin 1958, à 21h20 ; voir Paris-presse, L'Intransigeant, 8 juin 1958, p. 13..
Dès le début des années 1960, le théâtre est en butte à des difficultés financières et toute l'ingéniosité de la directrice ne suffit pas pour maintenir la trésorerie à flot.