droite|vignette| Char avec des chevaux attelés - Détail d'un miroir en bronze v. , fouille du tumulus Eta-Funayama au Japon. Le rôle du cheval dans la guerre en Asie de l’Est est inextricablement lié à l’évolution stratégique et tactique des conflits armés. L'utilisation sur les champs de bataille de guerriers montés sur des chevaux ou sur des chars tirés par un cheval a changé l'équilibre des pouvoirs entre les civilisations.

Lorsque les peuples utilisant des chevaux étaient en conflit avec ceux qui n'en avaient pas, les chevaux offraient un énorme avantage aux premiers. Lorsque les deux camps avaient des chevaux, les combats tournaient autour de la puissance de leurs cavaliers à cheval, ou cavalerie, et de la stratégie liée à leur utilisation. Les tactiques militaires ont été repensées en termes d'utilisation de chevauxMusée américain d'histoire naturelle (AMNH): "The Horse, " warfare.. vignette|Un samouraï japonais arrivant sur le champ de bataille se prépare à lutter contre les envahisseurs lors des invasions mongoles du Japon, peint vers  1293. Comme dans la plupart des cultures, un cheval de guerre d'Asie de l'Est est élevé pour être contrôlé avec un usage limité de rênes, en réagissant principalement aux jambes et au poids du cavalierEquestrian Federation of Australia: Dressage Explained.. Les chevaux ont joué un grand rôle dans les guerres entre la dynastie Han et les Xiongnu, celles qui ont opposé les différents royaumes chinois aux peuples nomadesGoodrich, L. Carrington. (1959). , et lors de la conquête mongole d'une grande partie de l'Eurasie et de l'EuropeNicolle, Medieval Warfare Source Book: Christian Europe and its Neighbors, .. Ils ont également joué un rôle dans des conflits militaires à une échelle plus petite et plus localisée.

Rôle des chevaux dans les différents pays

Chine vignette| Statues en céramique d'un cheval cabré (au premier plan) et d'un cavalier à cheval (au fond), dynastie Han de l'Est (25-220 ap. J.-C.). vignette| Statue de cheval en céramique sancai, avec une selle, dynastie Tang (618-907 ap. J.-C.). En Chine, l'usage de chars tirés par des chevaux est attesté dès les périodes Shang (environ 1600 - environ 1050 av. J.-C.) et Zhou (environ 1050 à 256 av. J.-C.). Mais malgré cela, selon David Andrew Graff, l'équitation, c.a.d le fait de monter directement sur le dos du cheval, n'est pas été pratiquée sur les champs de bataille chinois avant le Graff, David Andrew. (2002).

Le roi Wuling de Zhao (340 - 295 Av; J.C.), après avoir pris conscience des avantages qu'offre la cavalerie légère par rapport aux chars lourds et encombrants, institua des réformes généralement connues sous le nom de "胡服骑射" (lit: porter des vêtements du peuple nomade Hu, et tirer des flèches à cheval)., ce qui augmenta considérablement l'efficacité au combat de l'armée de Zhao.

Bien que les archers à cheval aient représenté un avantage tactique initial pour le royaume de Zhao sur les autres armées chinoises, les Chinois ont appris à s’adapterGraff, . Mais ces changements ne furent pas acceptés immédiatement, les forces conservatrices présentes au sein des cours et des sociétés des différents royaumes s'opposaient à ce changement, qui affectait l'équilibre proportionnel entre cavaliers, chars à chevaux et fantassins dans les armées chinoisesEllis, John. (2004). Cavalry: The History of Mounted Warfare, ..

Les avantages liés à l'utilisation des chevaux comme cavalerie légère contre des chars sur les champs de bataille ont été définitivement intégrés par les stratèges chinois lorsque leurs armées ont dû affronter les incursions de tribus nomades des steppes.

L'alimentation des chevaux était un problème important ; et beaucoup de gens ont été chassés de leurs terres pour que les chevaux impériaux aient des pâturages adéquats. Le climat et le fourrage des régions situées au sud du fleuve Yangzi Jiang n'étaient pas adaptés aux chevaux élevés dans les prairies des steppes occidentalesGoodrich, . L'armée chinoise ne disposait pas d'un nombre suffisant de chevaux de bonne qualité. L'importation était la seule solution, mais les seuls fournisseurs potentiels étaient les peuples nomades des steppes; du coup le facteur stratégique considéré comme le plus essentiel dans la guerre était exclusivement contrôlé par les marchands-négociants des ennemis les plus probablesSinor, Denis. "Horse and Pasture in Inner Asian history, " Oriens Extremus, Vol. 19, No. 1-2 (1972), ..

Les Chinois utilisaient des chars pour la guerre à cheval jusqu'à ce que des forces de cavalerie légères soient devenues communes à l'époque des Royaumes combattants (402-221 av. J.-C.); et la cavalerie rapide a contribué en partie au succès de la dynastie Qin (221 - 206 av. J.-C.)Goodrich, .

Les chevaux de guerre chinois étaient issus de vastes troupeaux errant dans les plaines herbeuses du nord-est de la Chine et sur le plateau mongol. Les robustes chevaux d’Asie centrale étaient généralement à pattes courtes et avec un torse en forme de tonneau. On n'attendait pas de ces chevaux qu'ils soient rapides, mais forts et endurantsGilbey, Walter. (1900). .

Au cours de la dynastie Han (206 av. J.-C. - 220 ap. J.-C.), des documents font état d'une expédition chinoise envoyée à Ferghana (aujourd'hui en Ouzbékistan) pour y acheter des chevaux de qualité supérieureAMNH: "The Origin of Horses.". Ces chevaux ont été acquis pour un usage militaire et pour la reproduction..

"Les chevaux sont le fondement du pouvoir militaire, les grandes ressources de l'État, mais si cela faiblissait, l'État tomberait" - Ma Yuan (14BC - 49AD), général Han et expert en chevaux.

Au cours de la dynastie Jin (265–420), les archives font état de l'usage de milliers de « chevaux blindés » au cours des batailles, témoignant de l'évolution de la guerre au cours de cette périodeGraff, . gauche|vignette| La carte de l'Asie en 800 montre la Chine des Tang par rapport à ses voisins, y compris l'empire ouïghour en Mongolie. Les chevaux de qualité et les cavaliers qualifiés étaient souvent rares dans la Chine agraire, et la cavalerie était une minorité distincte dans la plupart des armées de la dynastie Sui (581 à 618) et de la dynastie Tang (618 à 907)Graff, . Les troupeaux des haras impériaux comptaient chevaux en 794Graff, .

Pour se fournir en chevaux, les dynasties Song (960-1279) et Ming (1368-1644) s'appuyaient sur un système de négoce "thé contre chevaux" supervisé par l'État, qui évoluait au fil des sièclesPerdue, Peter. (2005). .

Le thé et les chevaux étaient si inextricablement liés que les responsables ont demandé à plusieurs reprises que les lois sur le thé et l'administration des chevaux soient supervisées par le même homme. Du point de vue de la Cour chinoise, le contrôle du thé par le gouvernement était la première étape dans la création d'une politique rationnelle et efficace visant à améliorer la qualité des chevaux dans l'armée. "

À la fin de la dynastie Ming, le missionnaire et ambassadeur jésuite Matteo Ricci (1552-1610) nota l'infériorité marquée des chevaux chinois:

"[Les Chinois] ont d'innombrables chevaux au service de l'armée, mais ils sont tellement dégénérés et dépourvus d'esprit martial qu'ils sont mis en déroute même par le hennissement d'un coursier des Tartares et sont donc pratiquement inutiles au combat."

vignette|234x234px| Cavalerie chinoise de la nouvelle armée Qing.

Japon La plupart des chevaux japonais sont issus d’importations chinoises et coréennes et il existe quelques croisements avec des chevaux indigènes existant au Japon depuis l’âge de pierreFriday, Karl F. (2004). . Bien que les traces de présence de chevaux au Japon remontent à la période Jōmon, ils n'ont joué qu'un rôle mineur, voire aucun, dans l'agriculture japonaise ou les conflits militaires jusqu'à ce que les chevaux du continent aient été introduits au Friday, . Le Kojiki et le Nihon Shoki mentionnent l'utilisation de chevaux au combatNussbaum, Louis Frédéric and Käthe Roth. (2005). "Horses" in citing the Kojiki and Nihon shoki..

Parmi l'aristocratie impériale, certaines familles étaient particulièrement réputées pour leur maîtrise de l'équitationTitsingh, Isaac. (1834). ; Sadaijin .. Ce fut la cavalerie, et non l'infanterie, qui se révéla être décisive dans la guerre Jinshin de 672-673, lors de la rébellion de Fujiwara no Hirotsugu en 740 et durant la révolte de Fujiwara no Nakamaro en 756Friday, Karl F. (1996). .

Les samouraïs ont combattu comme cavaliers pendant plusieurs sièclesTurnbull, Stephen R. (2002). et les chevaux étaient utilisés à la fois comme animaux de trait et pour la guerreKōdansha. (1993). Japan: An Illustrated Encyclopedia, .. Les décorations de plus en plus élaborées sur les harnais et les selles du samouraï indiquent la valeur accordée à ces chevaux de guerre. vignette| Archers Yabusame, époque Edo. Les samouraïs étaient particulièrement compétents dans l'art du tir à l'arc à cheval. Ils ont utilisé des méthodes de formation telles que le yabusame, qui a vu le jour en 530 et a atteint son apogée sous Minamoto no Yoritomo (1147-1199 ) au cours de la période de KamakuraJapanese Equestrian Archery Association: Takeda School of Horseback Archery. . Par la suite, les tactiques et l'art de la guerre évoluant, on passa de la prédominance des archers montés à celle des lanciers montés pendant la période Sengoku (1467-1615).

Parmi les samouraïs, Tokugawa Ieyasu (1543-1616) était connu pour être un excellent cavalier, un trait qui est à la base d'une anecdote sur le caractère du shōgun. Un jour, ses troupes et lui ont dû traverser un pont très étroit sur une rivière en furie. Tous se demandaient comment il allait franchir ce dangereux pont. Ieyasu mit pied à terre, fit passer le cheval de l'autre côté du pont, puis remonta son coursierSidney Institute (NSW, Australia), Tokugawa Ieaysu. À Nikkō, le lieu de la sépulture du cheval monté par Ieyasu Tokugawa lors de la bataille de Sekigahara est indiqué par une stèle gravéeChamberlain, Basil Hall. (1913). .

Dans le Japon d'avant l'ère Meiji, les chevaux n'étaient utilisé que pour la guerre et le transport de marchandises. En règle générale, les non-samouraïs et les femmes ne montaient pas en selle, car cela était réservé aux samouraïs, Tomoe Gozen étant une des rares exceptions à cette règleKitagawa, Hiroshi (1975). The Tale of the Heike, ; McCullough, Helen Craig. (1988). . L'apparition de femmes et de non-samouraïs montant à cheval à l'époque Meiji représente alors un grand changement en termes de mentalités.

Depuis 1958, une statue d'un cheval est installée au sanctuaire de Yasukuni. Cette statue a été érigée pour commémorer les contributions des équidés aux actions militaires japonaises.. Des bouteilles d'eau ouvertes sont souvent laissées au pied de cette statue. D'autres monuments situés dans d'autres endroits au Japon commémorent également le rôle des chevaux dans les guerres japonaises, comme au sanctuaire Nogi à KyotoNogi jinja: image of paired horses. .

Corée vignette| Cette poterie de cavalier datant de la période Silla fait partie des trésors nationaux coréens. Le cheval coréen est la plus petite des races est-asiatiques, mais il s'agit d'une race très forte et possédant une endurance remarquable par rapport à sa tailleGilbey, .