Le musée du Grand Siècle est un futur musée situé à Saint-Cloud, voisin du domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Dédié au Grand Siècle, il sera installé dans l'ancienne caserne Sully, à l'emplacement des anciens jardins bas du château de Saint-Cloud, proche de la Seine. Ce nouvel établissement culturel devrait ouvrir ses portes au public fin 2027. Il est l'œuvre de l'architecte Rudy Ricciotti.
Un pavillon de préfiguration a ouvert en au petit château de Sceaux.
Historique
Ancienne caserne Sully
Au , cet emplacement était occupé par les jardins bas et le potager du château de Saint-Cloud, aménagés pour Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, par André Le Nôtre.
Louis XVIII décide en 1818 de faire édifier un grand corps de logis pour le logement de ses gardes du corps, mais ce projet reste sans suite. Charles X fait finalement édifier entre 1825 et 1827 par le génie de sa Maison militaire le vaste bâtiment en « L » destiné à loger les gardes du roi, et s'inscrivant dans les grands projets d'aménagements de Saint-Cloud menés par l'architecte Eugène Dubreuil. Sous le Second Empire est ajouté un pavillon dit des Officiers, qui adopte la même écriture architecturale.
Après l'incendie du château de Saint-Cloud en 1870 et la proclamation de la République, le grand corps de logis appelé « bâtiment Charles-X » reçoit diverses affectations par le ministère des Armées. Il abrite ainsi le 101 régiment d'infanterie, le dépôt de remonte de Paris, puis le groupe autonome d'artillerie, le centre d'organisation du génie, et enfin après 1945, la direction des études et de fabrication d'armements (DEFA), avant de recevoir également dans ces locaux une partie de l'administration du Commissariat à l'énergie atomique.
Sorti du domaine de Saint-Cloud en 1834 (et de ce fait non protégé par le classement tardif du parc au titre des Monuments historiques), le bâtiment est très largement remanié dans ses volumes intérieurs par ses différents occupants militaires, et le terrain est amputé au nord-ouest en 1935 par la création de l'autoroute de Normandie (viaduc et tunnel de Saint-Cloud). Il est le théâtre, en 1928, de plusieurs scènes du film Tire-au-flanc de Jean Renoir.
En 2008, la direction générale de l'Armement déménage et laisse la caserne sans affectation. Un protocole « Caserne Sully » est signé en 2012 entre le département des Hauts-de-Seine et France-Domaine (gestionnaire du site pour l'État), en vue de l'installation des Archives départementales dans l'ancien bâtiment Charles XNotice sur SaintCloud.fr.. Le protocole reste non appliqué jusqu'au , date à laquelle le département fait l'acquisition du site pour le tarif préférentiel de 10,99 millions d'euros, s'engageant en contrepartie à implanter dans les bâtiments annexes plus de 200 logements pour étudiants et jeunes actifs.. L'installation des Archives départementales des Hauts-de-Seine et de ses nombreux fonds documentaires (notamment la collection André-Desgrine, de et 150 incunables, ou la bibliothèque d'histoire locale La Souvarine, comptant ), prévue initialement pour 2019, devait s'intégrer dans le projet plus vaste de « Vallée de la Culture » mené par le département sur les rives de la Seine. Finalement, les Archives départementales des Hauts-de-Seine, fusionnant partiellement avec celles des Yvelines, seront abritées dans un bâtiment commun à Montigny-le-Bretonneux.
Depuis 2019 : musée du Grand Siècle thumb|Vue de la caserne Sully, futur musée du Grand Siècle. Le projet est né de la volonté de Pierre Rosenberg, ancien président-directeur du musée du Louvre, membre de l'Académie française, de donner toutes ses collections d'art à une institution publique. Après un premier projet aux Andelys, annoncé en 2017 mais resté inabouti, Pierre Rosenberg a souhaité faire cette donation au département des Hauts-de-Seine. Son président, alors Patrick Devedjian, également amateur d'art, l'a accepté, ayant compris son intérêt pour réaliser un grand établissement culturel à destination de tous les publics.
Le , dans la salle de bal du château de Fontainebleau, est annoncé, par Patrick Devedjian et Pierre Rosenberg, le projet définitif pour la caserne Sully : le musée du Grand Siècle dont la direction est confiée à Alexandre Gady.. Durant l'été, les contours du projet sont précisés : le coût de 100 millions d'euros sera pris en charge par le département. Pour la réhabilitation de l'ancienne caserne et sa transformation en musée, le département des Hauts-de-Seine a choisi la formule du marché global de performances.
Une mission de préfiguration mise en place dès a été confiée à l'universitaire Alexandre Gady. La mission est chargée d'établir le projet scientifique et culturel, d'enrichir les collections du futur établissement et de constituer progressivement l'équipe du musée. Celui-ci se composera de trois entités étroitement liées et qui procèdent des trois caractères fondamentaux de la donation : le ; le collectionnisme ; la recherche fondamentale en histoire de l'art.
La donation de Pierre Rosenberg, signée officiellement le , comprend trois ensembles : 673 tableaux (-), 3502 dessins (-) et 802 animaux de verre de Murano (). La collection est estimée à 30 millions d'euros et comprend des œuvres d'Eustache Le Sueur, Laurent de La Hyre, Gaspard Dughet, Philippe de Champaigne, Jean-Baptiste Oudry et Thomas Couture. S'y ajoutent une bibliothèque de ouvrages et une riche documentation accumulée pendant un demi-siècle de recherche.
En , un jury a retenu trois groupements appelés à travailler dans le cadre d'un dialogue compétitif.. En , c'est l'architecte Rudy Ricciotti qui est choisi.. Il est prévu de ne préserver que les façades du bâtiment, un projet confié à Christophe Batard (architecte en chef 2BDM). La construction d'un grand belvédère est prévue. La première pierre du futur musée est posée le . Sa livraison est prévue pour 2026. Le chantier du musée est suspecté d'avoir provoqué des fissures entraînant la fermeture de l'autoroute A13.
Le musée obtient l'appellation musée de France par arrêté du legifrance.
Entités Musée du Grand Siècle vignette|Une partie de la collection de Pierre Rosenberg accrochée au pavillon de préfiguration du musée du Grand Siècle, . Il s’agit d’un musée de civilisation consacré au français (d'Henri IV à la Régence), prenant la suite logique des musées nationaux du Moyen Âge (hôtel de Cluny) et de la Renaissance (château d'Écouen). Il présentera une vision large du Grand Siècle, au travers d'un parcours thématique abordant l'histoire, la société, les sciences et les arts ou encore la littérature.
Ses collections seront composées d'une partie de la donation Rosenberg, d'acquisitions ciblées faites par le département des Hauts-de-Seine, enfin de dépôts d'œuvres provenant de réserves de musées français. Tous les arts seront ainsi représentés : peinture, sculpture, arts décoratifs et mobiliers, architecture, arts graphiques, objets scientifiques, etc.
Cabinet des collectionneurs À ce musée s’ajoutera un cabinet des collectionneurs. On y trouvera l'essentiel de la collection de Pierre Rosenberg, dans son amplitude chronologique et dans sa diversité, dont témoigne la collection d'animaux de verre de Murano.
À terme, ce cabinet aura pour vocation de montrer d’autres collections privées faisant l'objet d'une donation. L’objectif est ainsi de montrer la personnalité des collectionneurs, la philosophie présidant à la réunion de tels ensembles, enfin d’évoquer la présentation des œuvres telles qu’elles peuvent être faites dans leurs intérieurs. À cette fin, le cabinet des collectionneurs privilégiera des accrochages denses et sans classement chronologique.
Centre de recherche Nicolas-Poussin vignette|Nicolas Poussin, Un repas funéraire antique, dessin, vers 1644. Musée du Grand Siècle, donation Pierre Rosenberg. Le centre de recherche Nicolas-Poussin complétera le dispositif muséal ; il abritera la bibliothèque et la documentation de Pierre Rosenberg, une des plus complètes au monde pour le français et italien, ainsi que le cabinet des dessins et des bureaux et salles de séminaire pour les chercheurs.
Collections Peintures vignette|Jacques Stella, La Présentation de la Vierge au Temple, huile sur panneau, vers 1645. vignette|Nicolas Poussin, Le Baptême du Christ, huile sur toile, 1648. vignette|Charles Le Brun, Le Char d'Apollon, huile sur toile, vers 1655-1660. vignette|Philippe de Champaigne, Annonciation, huile sur toile, . vignette|Philippe de Champaigne, Portrait de Louis de Béthune, comte, puis duc de Charost, huile sur toile, vers 1655-1665. vignette|Jean-François de Troy, Clytie changée en tournesol, huile sur toile, vers 1730. Claude Audran II : La Décollation de saint Jean-Baptiste (vers 1674) Pompeo Batoni : Vierge en buste les mains croisées sur la poitrine (vers 1741) Lubin Baugin : Martyre de saint Laurent () Alexis Simon Belle : Portrait de Pierre Rémond de Montmort, membre de l’Académie royale des Sciences (vers 1715) Antonio de Bellis : Samson et Dalila () Samuel-Jacques Bernard : Vase de fleurs sur un entablement de pierre (1657) Jacques Bertaux : Gigot (1776) Jacques Blanchard : Apollon et Daphné (vers 1631-1632) Louis Boullogne : La Mort de Cléopâtre (vers 1640) Sébastien Bourdon : Allégorie en l'honneur de Mazarin () Bethsabée guidant Salomon vers le trône (1643-1644) Jean-Baptiste Carpeaux : Apothéose de Monseigneur Darboy () Jean Chalette : Portrait de François de Sabatéry (1627) Jean-Baptiste de Champaigne : Crucifixion avec la Vierge, saint Jean, sainte Madeleine devant les soldats romains (vers 1650-1655) Sine Cerere et Baccho friget Venus (vers 1665-1670) Philippe de Champaigne : Têtes d'anges (vers 1628) Tête de vieillard (vers 1635) Annonciation () Portrait de Louis de Béthune, comte, puis duc de Charost (vers 1655-1665) Michel Corneille l'Ancien : Le Christ chez Marthe et Marie (1635-1640) La Mort de Virginie (vers 1645) Jean-Baptiste Corneille : Alexandre faisant boire ses soldats () Michel Corneille le Jeune : Le Repentir du Grand Condé (vers 1691) Jean II Cotelle : Éliézer et Rébecca au puits Thomas Couture : Portrait dit de Degas () Noël Coypel : Le Triomphe de la Philosophie (vers 1683-1696) Le Christ servi par les Anges (vers 1700) André Devambez : Portrait de la mère de l'artiste (vers 1924) Gaspard Dughet : Paysage avec chasseur (vers 1653-1655) Joseph-Siffred Duplessis : Portrait de l'abbé Jourdans (vers 1769) Juste d'Egmont : Saint Hyacinthe intercédant auprès de la Vierge (vers 1630-1640) Jean-Honoré Fragonard : Le Joli Nid () François Garnier : Nature morte aux fruits (vers 1650) Laurent de La Hyre : Conversion de saint Paul (1637) La Renommée () Georges Lallemant : La Rixe (vers 1625-1630) Nicolas de Largillierre : Portrait d'un jeune prélat (vers 1680-1685) Portrait de Philibert-Bernard Gagne de Perrigny (vers 1715) Charles Le Brun : Le Soir ou Le Retour du fils prodigue (vers 1640) Crucifixion (vers 1650) Le Char d'Apollon (vers 1655-1660) Saint Louis en prière, vénérant la couronne d'épines () Antoine Le Nain : Les Enfants à leur ouvrage (vers 1630-1640) Jean Lemaire : Saint Paul et saint Barnabé à Lystre () Thésée retrouvant les armes de son père () Georges Leroux : Vue de Paris (vers 1920) Reynaud Levieux : Nature morte au melon, à la grenade, raisins, prunes et figues () Henri Mauperché : Le Christ et les aveugles (vers 1650) Pierre Mignard : Ecce homo (vers 1680) Antoine Monnoyer : Nature morte aux pièces d'orfèvrerie, plats de raisins et de pêches, guirlandes et fleurs (vers 1725) Jean-Baptiste Oudry : Vanneau huppé pendu par une patte (1750) Joseph Parrocel : La Chasse au sanglier () Chasse aux lions () Les Malheurs de la guerre (vers 1694-1704) Pierre Patel : Paysage idéal avec monuments antiques, animé de personnages (vers 1650) François Perrier : Le Sacrifice d'Isaac (vers 1640)