vignette|Les trois frères, Liu Bei (à gauche), Guan Yu (en haut) et Zhang Fei (à droite), dont la rencontre et la détermination à bâtir un monde plus juste constituent l'introduction des Trois Royaumes. Les Trois Royaumes (), également traduit par Roman des Trois Royaumes ou Chronique des Trois Royaumes, est un roman historique chinois attribué à Luo Guanzhong, et rédigé au , à la fin de la dynastie Yuan ou au début de la dynastie Ming. Il est considéré comme l'un des quatre grands romans classiques de la littérature chinoise, aux côtés de Au bord de l'eau, Le Voyage en Occident et Le Rêve dans le pavillon rouge. Il est l'un des romans les plus longs et les plus anciens de l'histoire chinoise avec plus de en cent-vingt chapitres..

Il s'inspire largement des Chroniques des Trois Royaumes (Sānguó zhì), compilée par Chen Shou au , qu'il enrichit de récits populaires, de traditions orales et d'éléments fictifs. Il couvre la période troublée allant de la chute de la dynastie Han (vers 184) à la réunification de la Chine sous la dynastie Jin (280), en s'articulant autour de la lutte entre les trois grands royaumes rivaux de Wei, Shu et Wu.

Les Trois Royaumes mêle faits historiques, stratégies militaires, intrigues politiques et portraits héroïques, tout en véhiculant des valeurs confucéennes telles que la loyauté, la justice et la piété filiale. Le roman met en scène des figures emblématiques comme Liu Bei, Cao Cao, Zhuge Liang, Guan Yu ou encore Sun Quan, devenues des archétypes dans l'imaginaire collectif chinois.

Rédigé en langue vernaculaire (baihua), le roman a exercé une influence durable sur la culture chinoise, tant dans la littérature que dans le théâtre, la télévision, le cinéma, les jeux vidéo et la bande dessinée. Il est régulièrement étudié pour sa portée littéraire, historique et philosophique, et continue de faire l'objet de nombreuses adaptations et interprétations en Chine et dans le monde sinophone.

Résumé

Début des troubles

Rébellion des Turbans Jaunes Déclin des Han

À la fin du deuxième siècle la dynastie Han, autrefois inébranlable, est en proie à des luttes internes et à la corruption. Au palais impérial, des eunuques peu scrupuleux accaparent le pouvoir tandis que le pays sombre dans le chaos. Le peuple, incapable de faire confiance à l’autorité des Han, met alors son destin entre les mains d’une secte religieuse : la « Voie de la paix ».

Rébellion des Turbans Jaunes

Un sentiment anti-impérial se répand dans tout le pays. Zhang Jiao, un guérisseur taoïste, annonce alors que l’époque des Han est révolue pour faire place à la nouvelle ère de la « Voie de la Paix ». S’autoproclamant Grand Professeur, il commence par organiser en forces militaires les nombreux partisans que ses « miracles » ont attirés à lui. Tous les soldats de Zhang Jiao portent des étoffes jaunes autour de la tête en hommage à leur maître, ce qui leur vaut d'être appelés les « Turbans Jaunes ». Leur nombre est tel qu'ils viennent à bout des Forces impériales à travers tout le pays.

Contre-offensive

Pour faire face à la révolte des Turbans Jaunes, la cour impériale ordonne aux généraux Huanfu Song, He Jin et Zhu Jun de lever une Force de Subjugation et de combattre Zhang Jiao. De son côté Liu Yan, le préfet de la province de You, décide de recruter des troupes de volontaires pour soutenir les Forces impériales.

Serment du jardin des pêchers

Parmi tous ceux qui répondent à l’appel de Liu Yan, il y a Liu Bei qui, avec ses frères d’armes Guan Yu et Zhang Fei, jure de rétablir l’ordre dans le pays et de redonner à la dynastie Han sa gloire d’antan.

Défaite des Turbans Jaunes

Pendant ce temps Cao Cao, le commandant de la cavalerie impériale, s’illustre en l’emportant sur Zhang Bao et Zhang Liang, les frères de Zhang Jiao. Liu Bei, bien que rejoignant plus tard le combat, fait également grande impression en ouvrant une brèche dans les lignes des rebelles pour secourir le général impérial Dong Zhuo. Les Forces impériales connaissent un nouvel élan. Les Turbans Jaunes sont coupés dans leur lancée par la disparition de leurs chefs. Zhang Jiao est terrassé par la maladie, Zhang Bao et Zhang Liang meurent également peu après, au combat. Un an plus tard, la rébellion est matée et le reste des forces est efficacement maîtrisé grâce aux efforts d’officiers tels que Sun Jian.

Après-guerre

C’est ainsi que la rébellion des Turbans Jaunes se termine. Le bilan est mitigé. Certains en sortent renforcés et d’autre affaiblis. Certains sont généreusement récompensés et d’autres ne reçoivent rien. Dans un tel contexte, la fin de cette rébellion augure une ère de guerre et de chaos.

Coalition contre Dong Zhuo

Ascension de Dong Zhuo

Mais la fin de la rébellion ne marque pas la fin des luttes internes qui font rage à la Cour Impériale. Après le décès de l'empereur Lingdi, les 10 eunuques assassinent He Jin, le frère de l'impératrice, qui menaçait leur pouvoir. Les troupes du commandant Yuan Shao envahissent alors le palais pour éliminer les eunuques. Dans la confusion certains d'entre eux tentent d'enlever le jeune empereur pour protéger leur fuite. Dong Zhuo, gouverneur du , en tire parti pour prendre le contrôle de la Cour Impériale, sous prétexte de protéger l'empereur. Mais il ne tarde pas à le destituer et à le remplacer par son jeune frère de , tout en se proclamant lui-même premier ministre. Commence alors le règne du tyran.

Appel aux armes du général Cao Cao

Jour après jour, la colère suscitée par les abus de Dong Zhuo monte parmi les seigneurs. Cao Cao tente même de commettre un assassinat mais il échoue. Il lance alors un appel aux chefs régionaux de tout le pays afin de former une force de coalition capable de renverser Dong Zhuo.

Coalition

D’illustres chefs comme Yuan Shao, Yuan Shu, Sun Jian et Ma Teng répondent à l’appel de Cao Cao. Liu Bei et ses frères se rallient également à lui, de même que Gongsun Zan ; c’est ainsi que l’Armée alliée est levée contre Dong Zhuo, qui de son côté parvient à rallier l'exceptionnel guerrier Lü Bu.

En route pour Luo Yang

En 190 les Forces alliées, commandées par Yuan Shao, partent à la rencontre de Dong Zhuo, dans la capitale de Luo Yang. Sun Jian, le chef de la force en mouvement met d’abord le cap à l’est, en direction de la porte de Si Shui

Bataille de la porte de Si Shui

Dong Zhuo confie à Hua Xiong la défense de la porte de Si Shui. Sun Jian remporte la première confrontation mais, Yuan Shu ne les ayant pas correctement ravitaillées, le moral des troupes de Sun Jian est au plus bas et Hua Xiong finit par les mettre en déroute.

Guan Yu tue Hua Xiong

Hua Xiong, dans l’élan de sa victoire, attaque le camp principal de l’Armée alliée. Alors qu’il massacre des hordes de troupes et d’officiers alliés, Guan Yu lui propose un duel. Peu après, il revient au camp avec la tête de Hua Xiong.

Bataille de la porte de Hu Lao

Apprenant la mort de Hua Xiong, Dong Zhuo se prépare à une nouvelle offensive à la porte de Hu Lao. Le gardien de cette porte n’est autre que Lü Bu. L’Armée alliée chancelle face à un ennemi aussi redoutable et Gongsun Zan est sur le point d’être éliminé lorsque, soudain, Zhang Fei vient à sa rescousse.

Le puissant Lü Bu

Zhang Fei se bat avec acharnement, mais Lü Bu ne cède pas. Guan Yu rejoint le combat : Lü Bu ne montre toujours pas de signe d’affaiblissement. Et ce n’est que lorsque Liu Bei finit lui aussi par se lancer dans la bataille que Lü Bu renonce au combat.

Fuite de Dong Zhuo

Après le retrait de Lü Bu, Dong Zhuo se replie de Luo Yang. Il y met alors le feu et entame un vaste exode vers la capitale occidentale de Chang An avec ses partisans et l’Empereur. Chang An devient alors la nouvelle base des opérations de Dong Zhuo.

À nouveau divisé

C’est ainsi que les Forces alliées l’emportent sur le tyran en le chassant de Luo Yang. Mais lorsque les alliées pénètrent dans les ruines de l’ancienne capitale il n’y a plus aucune trace de l’ennemi ou de l’empereur des Han et il ne leur reste plus qu’à regagner leurs territoires respectifs où des combats internes les attendent.

Sort de Lü Bu

Trahison du grand Lü Bu

Réfugié à Chang An, Dong Zhuo ne tarde pas à tomber dans le piège tendu par Wang Yun. Celui-ci utilise les charmes de la belle Diao Chan pour créer une rivalité amoureuse entre Dong Zhuo et Lü Bu, au terme de laquelle Lü Bu tue son maître. Plus tard, Wang Yun est tué par d’anciens officiers de Dong Zhuo et Lü Bu est contraint de quitter Chang An.

Lü Bu l’errant

Après une période d’errance, Lü Bu et ses hommes pénètrent dans la province Yan où ils affrontent les forces de Cao Cao pour le contrôle de la région. Lü Bu perd la bataille et se réfugie à Xu où Liu Bei officie en tant que préfet sur ordre de Tao Qian.

Liu Bei trahi

Lü Bu appelle Liu Bei son « petit frère » et s’installe à Xu. Rapidement il profite de la situation et pendant une absence de Liu Bei prend le contrôle du château de Xia Pi. Ce dernier n’a d’autres choix que de servir Lü Bu mais Zhang Fei sème immédiatement le trouble ce qui entraîne une rupture des relations. Désespéré, Liu Bei est contraint de solliciter l’aide de Cao Cao.

Héros et scélérat

Cao Cao a beaucoup d’estime pour Liu Bei et accepte volontiers de l’aider. L'encerclant, Cao Cao constitue une réelle menace pour Lü Bu. Il envoie un émissaire pour demander une attaque conjointe contre Lü Bu, mais ce dernier découvre le complot.

Confrontation avec Lü Bu

Liu Bei attaque Lü Bu à Xiao Pei. Cao Cao y dépêche une force commandée par Xiahou Dun mais celui-ci est blessé à l’œil par une flèche et doit se retirer, Liu Bei est rapidement vaincu et Cao Cao doit à présent lui aussi se mobiliser.

Siège du château de Xia Pi

En 198, les forces de Cao Cao encerclent Lü Bu au château de Xia Pi et, sur les conseils de ses stratèges, détournent le cours de deux rivières voisines pour inonder le château. Alors que de l’eau boueuse s’y infiltre, le moral des troupes de Lü Bu baisse.

Chute de Lü Bu

Faute de solution probante, Lü Bu affiche un comportement de plus en plus fantasque. Il se met à boire avant de renoncer définitivement à l’alcool. L'ignorant, un serviteur lui offre à boire et est tué par Lü Bu. De tels agissements commencent à entamer les bonnes relations qu’entretenaient Lü Bu et ses hommes.

La bête capturée

Plusieurs officiers ne tardent pas à se rebeller contre Lü Bu et lui dérobent son cheval Éclair de Feu pour l’offrir à Cao Cao. De plus, ils permettent à l’armée de Cao Cao de pénétrer dans le domaine du château. Ivre mort et endormi, Lü Bu est immédiatement capturé et ligoté.

La chute du Puissant

Vaincu et confronté à Cao Cao, Lü Bu lui offre ses services et lui propose de conquérir le pays ensemble. Liu Bei donne à Cao Cao l’exemple de Dong Zhuo qui a été trahi par Lü Bu. Ce dernier profère des menaces contre Liu Bei mais ce seront ses dernières paroles.

Ce qui nous attend

C’est ainsi que le plus puissant guerrier de sa génération disparaît. Cao Cao a rejoint sa capitale avec Liu Bei mais celui-ci n’est pas du genre à se faire commander. À la première occasion, il se libère du joug de Cao Cao et reprend seul sa quête de gloire.

Ascension de Cao Cao

Bataille de Guan Du

He Fei et He Nan

Après avoir vaincu Gongsun Zan et pris le contrôle de toute la région de He Bei, Yuan Shao devient l’un des personnages les plus puissants du pays. Si ce n’est le plus puissant. Pendant ce temps, Cao Cao accueille l’empereur Han sur son territoire de He Nan tandis que son pouvoir ne cesse de s’accroître.

Guan Yu rejoint Cao Cao

Un affrontement entre ces deux puissances est inévitable et Yuan Shao fait le premier pas en lançant son immense armée dans une campagne vers le sud. Mais Cao Cao reste calme et se débarrasse d’abord de Liu Bei, capturant et assouvissant ainsi Guan Yu.

Bataille de Bai Ma