vignette|300px|Le feld-maréchal Eduard von Böhm-Ermolli sur le front de la armée à Łopuszno (Pologne), . La austro-hongroise (en allemand: k.u.k. 2. Armee) est une grande unité (armée) de l'armée austro-hongroise pendant la Première Guerre mondiale. Destinée initialement au front serbe, elle doit être redéployée sur le front de l'Est, successivement en Galicie, Pologne russe et Ukraine. Pendant toute son existence, elle est commandée par le General der Kavallerie (plus tard Feld-maréchal) Eduard von Böhm-Ermolli. Elle est dissoute en .

Historique 1914 Front serbe vignette|Mobilisation austro-hongroise à Prague en 1914. Sur le côté droit du wagon, slogan en allemand : « Alle Serben müssen sterben » (« Tous les Serbes doivent mourir »). Image satirique de la pièce Le Brave Soldat Chvéïk, Cracovie, 1930. vignette|La armée (Second, au nord) au début de la campagne de Serbie, mi-août 1914. vignette|Gare de Šabac, début du s. vignette|280px|La armée (Druga, au sud-est) dans la bataille de Galicie, fin août 1914. vignette|Artilleurs austro-hongrois en Galicie, 1915-1917. vignette|Bataille de Łódź, novembre-décembre 1914 : la armée austro-hongroise est au sud-ouest. vignette|Casemates du fort de Przemyśl, 2016. vignette|Le , construit en 1903-1905, traversant le col d'Oujok, 2010 vignette|Bataille de Grodek (Horodok), : les troupes russes s'enfuyant devant les forces germano-austro-hongroises commandées par August von Mackensen et Eduard von Böhm-Ermolli. Image de propagande allemande, 1915. vignette|Le général Böhm-Ermolli et son aide de camp après la reprise de Lemberg, carte postale de 1915. vignette|280px|La grande retraite russe, mai-septembre 1915 : la et avancent dans le secteur sud-est. vignette|Infanterie austro-hongroise attaquant les lignes russes derrière un rideau de fumée, 1915-1917. vignette|280px|Offensive Kerenski, . La armée austro-hongroise (Druga) est entre l'armée Linsingen et l'armée du Sud allemandes. vignette|Guillaume de Habsbourg-Lorraine, prétendant autrichien au trône d'Ukraine, à Ternopil en 1918. vignette|200px|Le Feld-maréchal von Bohm Ermolli passant en revue ses troupes à Odessa, 1918. La est formée lors de la mobilisation de 1914 (crise de juillet) sous le commandement du General der Kavallerie Eduard von Böhm-Ermolli, avec pour chef d'état-major . Selon le plan du chef d'état-major général austro-hongrois Franz Conrad von Hötzendorf, elle doit faire partie des forces d'invasion de la Serbie dirigées par le général Oskar Potiorek. Cependant, le , le Haut État-major allemand fait savoir à Conrad que, contrairement à ce qu'espéraient les Austro-Hongrois, les forces allemandes de la province de Prusse-Orientale resteront sur la défensive, toutes les réserves allemandes étant engagées dans l'offensive contre la France. Conrad décide alors de retirer la du front serbe pour la déployer face à l'armée russe en Bucovine austro-hongroise.. Le , il en informe Potiorek et lui demande de garder une attitude prudente sur le front serbe car le retrait de la ne lui laissera plus que (au lieu de ) face à et . Cependant, Potiorek, interprétant largement les consignes, s'autorise à utiliser la en Serbie tant qu'il n'a pas reçu l'ordre formel de retrait : en lançant l'offensive générale le , il espère obtenir un résultat décisif, la prise de Belgrade, dans le court délai dont il dispose.. Potiorek, qui était gouverneur militaire du condominium de Bosnie-Herzégovine lors de l'attentat de Sarajevo, considère la guerre contre la Serbie comme une revanche personnelle.

La compte alors 6 divisions et demi d'infanterie et une de cavalerie regroupées dans les corps suivants : (Karl Tersztyánszky von Nádas) , et la moitié de la division d'infanterie (corps de Prague, ) déployé en couverture en Syrmie et la moitié de la division d'infanterie, de cavalerie, de Landwehr (armée territoriale) déployé en défense entre Pančevo et Baziaș, un groupe réduit devant franchir le Danube à Orșova et divisions d'infanterie brigade de Landsturm brigade de marche

Les bombardements d'artillerie sur Belgrade commencent le . Le , l'aile droite, avec le , franchit la Save près de Šabac. Les troupes avancent sans approvisionnements suffisants. Le , le commandement austro-hongrois ordonne une offensive, espérant peut-être remporter une victoire significative le jour de l'anniversaire de l'empereur François-Joseph : les troupes subissent de lourdes pertes et une contre-attaque serbe oblige le à revenir à ses positions de départ. La de Landwehr, soumise à des ordres contradictoires, se débande. Comme il s'agit d'une division recrutée de Tchèques, les autorités soupçonnent un manque de loyauté et prennent des sanctions. Le général Giesl von Gieslingen est relevé de son commandement..

La s'empare de Klenak puis de Šabac. Elle reçoit alors l'instruction de se retirer de la campagne de Serbie pour aller renforcer l'offensive de la austro-hongroise vers la Pologne russe. Le ( de Honvéd et de cavalerie) part pour la Galicie le , le le et le le .

Front de Galicie Le , les premiers éléments du atteignent la tête de pont du Dniestr près de Halytch et viennent renforcer la austro-hongroise (général Rudolf von Brudermann) durement éprouvée par l'offensive de la armée russe. Le (Hermann Kövess) est détaché de la pour rejoindre la sur son nouveau terrain. Ces forces participent à la (29-) : elles se replient alors sur le Zbroutch autour de Rohatyn où l'arrivée successive des , et leur permet d'établir une position défensive. Au début de , la compte 235 bataillons d'infanterie, 108 escadrons de cavalerie et 115 batteries. Elle comprend alors les unités suivantes :

(Hermann Kövess) (Alois Pokorny) (Franz Paukert puis ) (Viktor Njegovan puis ) ( remplacé en septembre par Andreas Fail-Greissler et en par l'archiduc Joseph-Auguste) ( puis Aurel Le Beau) () (Karl Tersztyánszky von Nádas) (archiduc Joseph-Auguste) (Andreas Fail-Greissler puis en septembre Ludwig Goiginger) de Landwehr () Troupes de couverture sur le Dniestr de Honvéd (Johann Karg von Bebenburg) de cavalerie (Artur Peteani von Steinberg) de cavalerie de Honvéd (Ernst von Froreich) de cavalerie ()

À partir du , les et sont rattachés à la en vue d'une série de contre-attaques, face à la russe, vers Horodok et la . Les troupes austro-hongroises se trouvent vite en difficulté, des régiments de cosaques s'infiltrant sur leurs arrières, et doivent battre en retraite vers le San. Le , les unités restantes de la reçoivent l'ordre de se replier en défense sur les Carpates.

C'est pendant la bataille de Horodok (Grodek) que le poète Georg Trakl est obligé de rester deux jours dans une grange avec 90 blessés graves pratiquement sans soins, puis de passer devant les corps de paysans ruthènes pendus sur le soupçon de trahison : cet épisode tragique le conduit en clinique psychiatrique, puis à son suicide à Cracovie le .

Front de Pologne russe À la fin de l'automne 1914, les forces des Empires centraux se redéploient vers la Pologne centrale et la frontière de Silésie. À partir du , la , réduite aux et , est transportée par chemin de fer, le vers Lubliniec, le vers Kreuzburg (Kluczbork), à la droite du corps de Landwehr allemande du général Remus von Woyrsch qui tient le secteur de Częstochowa. Ils font face à la armée russe. Avec la allemande, ils participent à la bataille de Łódź (novembre-). Au début de décembre, la est engagée autour de Bełchatów et Piotrków Trybunalski. Elle compte alors les corps suivants, du nord au sud : Corps de cavalerie Hauer au nord de Bełchatów de cavalerie (Leopold von Hauer) de cavalerie () (Karl Tersztyánszky von Nádas) autour de Piotrków (Georg Schariczer von Rény) (Vinzenz von Fox) (Hermann Kövess) autour de Prusicko () (Ludwig Goiginger) La ligne de défense autour de Noworadomsk est renforcée par le corps de réserve de la Garde allemande ( de la Garde et de réserve de la Garde) commandé par Max von Gallwitz.

1915 Front des Carpates À partir de , la , séparée du qui reste en Pologne russe, est transférée sur le front des Carpates à l'est de la . Pendant la bataille des Carpates, livrée en plein hiver dans les montagnes, les forces austro-hongroises s'efforcent de dégager la forteresse assiégée de Przemyśl. La comprend les unités suivantes :

() et () et (Albert Schmidt von Georgenegg) et (Alfred von Ziegler) de Honvéd et de Landwehr Corps et de Honvéd Le corps Szurmay occupe l'aile droite, en défense du col d'Oujok, appuyé à l'armée du Sud allemande qui vient renforcer le dispositif.

Le , les , et , sous le commandement de Tersztyánszky, lancent une offensive en direction de Przemyśl mais se heurtent à une forte résistance de la armée russe. Après de durs combats vers Baligród et Sanok, les Austro-Hongrois doivent renoncer à atteindre Przemyśl qui capitule le .

Front de Galicie À partir de , la participe à l'offensive de Gorlice-Tarnów qui permet de reprendre Przemyśl le et Lemberg (Lviv) le .

Après l'échec de l'offensive de Rovno (Rivne) en , la doit faire face à de fortes contre-attaques russes. Elle s'installe dans une guerre de position en Galicie orientale. Elle compte alors avec 53 escadrons () et 392 canons. Elle comprend les unités suivantes : () d'infanterie et de cavalerie () et

En , Böhm-Ermolli est nommé à la tête du groupe d'armées qui porte son nom et qui couvre toute la partie sud du front avec trois armées : qui reste sous le commandement personnel de Böhm-Ermolli Armée du Sud germano-austro-hongroise (Felix von Bothmer) austro-hongroise (Karl von Pflanzer-Baltin)

1916-1917 La guerre de position continue pendant les années suivantes. Le , Böhm-Ermolli est promu Generaloberst (colonel général). La est de nouveau réorganisée : Groupe Kosak () de cavalerie (Otto Berndt) de cavalerie (Ignaz von Korda) (() (Joseph Lieb) (Joseph Schön) (Albert Schmidt von Georgenegg) (Theodor von Hordt puis Artur Iwański) (Ladislaus Horváth puis Franz Szende) Au début de l'offensive Broussilov (juin-), la tient ses lignes autour de Brody et de la vallée de l'Ikva : épaulée par l'armée du Sud allemande, elle ne subit que des pertes limitées, alors qu'à son flanc gauche, le , rattaché à la , est écrasé ().

En raison des insuffisances de son groupe d'armées, Böhm-Ermolli est temporairement relevé de son commandement en . Cependant, il retrouve rapidement son poste. Pendant l'été 1917, il participe à la contre-attaque qui repousse l'armée russe en Ukraine après l'échec de l'offensive Kerenski.

Après la révolution d'Octobre, l'armistice du 15 décembre 1917 entre les Empires centraux et le gouvernement révolutionnaire russe des bolcheviks met fin aux opérations sur le front de l'Est.

1918 Avance en Ukraine et changement de nom Le , Böhm-Ermolli est élevé au rang de Feld-maréchal.

Le , les Allemands rompent les négociations de Brest-Litovsk et lancent l'opération Faustschlag pour obliger les bolcheviks à accepter leurs conditions : leur armée avance en Russie, pratiquement sans rencontrer de résistance. Le chef d'état-major austro-hongrois Arthur Arz von Straußenburg convainc l'empereur Charles de participer à l'occupation de l'Ukraine. Le et le ( et ) avancent jusqu'à Ternopil tandis que la de tirailleurs et la de cavalerie longent le Dniestr à travers la Bessarabie en direction d'Odessa. Ils s'établissent en Ukraine comme troupes d'occupation tandis que les et le restent pour assurer l'ancienne frontière des deux empires. Les et sont envoyées sur le front italien au Tyrol du Sud.

Après la conclusion du traité de Brest-Litovsk avec la Russie (), la austro-hongroise est dissoute et Böhm-Ermolli se trouve seul chef des forces austro-hongroises à l'Est, désormais désignées comme Ost-Armee (armée de l'Est). Il établit son état-major à Odessa. Le , il quitte son commandement qu'il transmet au General der Infanterie avec le général-major Belitska comme chef d'état-major.

L'armée de l'Est, qui succède à la , comprend les unités suivantes :