Les ostensions de Limoges sont une tradition religieuse et populaire remontant à la fin du . Elles sont les plus importantes et la plus anciennes des ostensions limousines. Elles se caractérisent par un ensemble de cérémonies religieuses s'articulant autour de la vénération de reliques, comprenant principalement des messes et des processions.
Initialement organisées pour faire face à des calamités ou en l’honneur de grands personnages, elles se déroulent tous les sept ans depuis 1512.
Histoire Les origines La légende fixe l’origine de cette fête religieuse à l’an 994, alors que le Limousin, comme une grande partie de l’Aquitaine, se trouve aux prises avec le mal des ardents, ou ergotisme, épidémie qui se déclenche à la fin des moissons.. Cette intoxication est causée par la consommation de pain de seigle contaminé par un champignon parasite, l’ergot du seigle. L’ostension des reliques de saint Martial, continûment fêtée depuis, est associée à la fin de l’épidémie.
Comme Limoges jouait déjà un rôle de capitale, le , l’abbé de Saint Martial, Hilduin, évêque de Limoges, les archevêques de Bordeaux et de Bourges, les évêques d’Angoulême, de Clermont, de Mende, de Périgueux, de Poitiers, du Puy et de Saintes, les moines de l’abbaye de Saint Martial, Guillaume IV duc d’Aquitaine, suivis d’une foule immense de pèlerins s’y sont réunis pour demander à saint Martial son intercession..
Les ostensions étaient initialement organisées pour faire face à des calamités ou en l’honneur de grands personnages tels Louis IX et Blanche de Castille en 1244, le pape Clément V en 1307, Louis XI en 1462, Henri IV en 1605.
Le rythme septennal des ostensions n’a pas été fixé dès l’origine mais à partir de 1512, un intervalle de sept ans étant considéré comme bénéfique dans la religion juive.. Ce rythme a parfois, quoique très rarement, été interrompu ; Limoges n’a ainsi pas connu d’ostensions en 1799, Révolution française oblige. Les ostensions de Limoges sont avec celles de Saint-Junien les plus anciennes ostensions limousines.
Époque contemporaine À cinquante-neuf ans de distance, les ostensions limougeaudes ont donné lieu à un contentieux devant la justice administrative et ce, avec des résultats bien différents.
En , les ostensions recouvrent l'autorisation de se dérouler dans les rues et sur les places. Cette liberté retrouvée, les limougeauds la doivent à leur évêque Louis Paul Rastouil (1938-1966).CE 3 décembre 1954, Sieur Rastouil, évêque de Limoges. Recueil des arrêts du Conseil d’état statuant au contentieux dit Recueil Lebon . Celui-ci, confronté à des interdictions en demanda et en obtint l’annulation. Pour en rendre compte, on rappellera le « considérant » majeur de cette décision de principe : .
En , les ostensions perdent la possibilité de solliciter un financement public. Cette interdiction résulte de l'article 2 de la loi du concernant la séparation des Églises et de l’État : . Dans cette interprétation, le côté cultuel de ces cérémonies l’a très largement emporté sur le côté culturel et ce, malgré l’inscription de ces cérémonies sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité en 2013.
Chronologie indicative thumb|Clément V par Taddeo Gaddi.
Confréries L'origine de la grande confrérie de saint Martial, dédiée au culte de saint Martial, remonte officiellement à 1356 mais il est avéré qu’elle est l'héritière de traditions beaucoup plus anciennes.., traditions nées au sein de la basilique Saint-Martial de Limoges, basilique disparue à la suite de la révolution. Aujourd’hui, et depuis le , elle veille sur d’importantes reliques de saint Martial, dont son majestueux chef, conservées en l’église saint-Michel-des-Lions à Limoges. Le nombre de ses membres est de soixante douze par référence au choix que fit le Christ d’envoyer 72 des siens en mission (Évangile selon Luc, Chapitre 10, verset 1).. Son église confrériale est Saint-Michel-des-Lions et ses couleurs sont l’amarante (couleur pourpre plus claire que le bordeaux) et le blanc.
Historiquement, il a existé des personnes pour porter à travers la foule des reliques de saint Martial probablement dès 994. La confrérie des porteurs de la châsse (de saint Martial) se reforma après la Révolution. Un premier règlement provisoire lui fut donné à la date de , par délibération de la Grande Confrérie... , au maximum, soit l’exact tiers des membres de la Grande Confrérie, la composent. Son église confrériale est Saint-Michel-des-Lions et à leur aube de couleur blanche s’ajoute une encolure « scapulaire » de couleur amarante apposée autour d’une fausse capuche avec un cordon amarante noué autour de la taille.
La confrérie de saint Aurélien est la deuxième des confréries de Limoges dans l’ordre protocolaire fait expressément référence au évêque de Limoges et successeur directe de celui qui l’évangélisa, saint Martial. La tradition rapporte que la fondation de la corporation des bouchers remonte à 930. Et de cette confrérie qui fut à l’origine – et qui le resta longtemps - une corporation, témoigne encore l’intitulé de son président qui ne se nomme pas Bayle comme ailleurs (Grande Confrérie de Saint-Martial, Confrérie de Saint-Loup) mais Syndic. Confrérie de professionnels masculins, Saint-Aurélien a aujourd'hui élargi son recrutement acceptant aujourd'hui hommes et femmes – qui se nomment « confrères », bouchers ou non, ainsi que les enfants des membres... Son église confrériale est Saint-Aurélien et ses couleurs sont le vert et le blanc.
La confrérie de Saint-Loup, fondée en 1153, est toujours active à ce jour, malgré les interruptions inévitables dues aux périodes révolutionnaires.. Sa mission est de veiller à la dévotion rendue son saint Patron l'évêque de Limoges, Loup, fêté le et dont d’importantes reliques sont conservées en l’église Saint-Michel-des-Lions à Limoges. Sa particularité immémoriale est de n'accueillir que des hommes. La devise de la confrérie, toujours actuelle est «In hoc signo vinces », « Par ce signe, tu vaincras » fait expressément référence au choix victorieux du Chrisme par l’empereur romain Constantin peu avant sa victoire contre Maxence au Pont Milvius en 312... Son église confrériale est Saint-Michel-des-Lions et ses couleurs sont le jaune et le blanc. Depuis le , le Premier Bayle actuel est Géraud Sevestre et le Second, Philippe Madoumier. La confrérie solennise son saint patron à l’occasion de sa fête liturgique, autour du (), date de son décès, même si, par tradition, elle est solennisée le dimanche d’avant ou d’après dans le diocèse de Limoges. thumb|Valérie de Limoges.
La confrérie de Sainte-Valérie est exclusivement féminine, vouée au maintien du culte rendue à Valérie, la proto-martyre des Gaules, a été (re)fondée en 2002. Elle est l’héritière des demoiselles de sainte Valérie. L’on se plait à rappeler le rôle joué par Valérie dans « l’imaginaire » local. C’est ainsi qu’en 1172, Richard Cœur de Lion couronné Duc d’Aquitaine à la Cathédrale saint Étienne de Limoges reçut parmi les insignes de son pouvoir l’anneau de sainte Valérie, épousant ainsi mystiquement son duché... Son église confrériale est la cathédrale Saint-Étienne, et ses couleurs sont l'amarante et le vert.
Il y eut une confrérie Saint-Fiacre à Saint-Pierre-du-Queyroix dès le le Concordat (1804) fut l’occasion de réorganiser deux confréries de Saint-Fiacre, la première à la cathédrale connue sous le vocable : « les Anglais », la seconde à Sainte-Marie dite des « Français ». Cette dernière veilla à la dévotion rendue à son saint patron jusqu'à sa mise en sommeil par manque d’adhérent (uniquement professionnels de par les anciens statuts). 2009 en vit le « refleurissement » avec cette fois l’ouverture de ses rangs à tous les amoureux des plantes et des fleurs..
Notes et références
Bibliographie Jean-Marie Allard et Stéphane Capot, Une histoire des Ostensions en Limousin, Limoges, Culture et patrimoine en Limousin, 2007 Paul D'Hollander, « Les ostensions en Limousin au », Revue de l'histoire des religions, tome 217, , 2000, en ligne Marie-Christine Grave du Bourg, Alain Texier, Guide des Ostensions limousines, Limoges, Éditions Flanant, 2002 Marie-Christine Grave du Bourg, Alain Texier, Les Clefs des Ostensions Limousines et Marchoises. Guide des Ostensions limousines, Limoges, Éditions Flanant, 2009 Anne Barny, Alain Dubreuil, Anne Girardot, Sources iconographiques de l'histoire des Ostensions Limousines en Haute-Vienne in Archives en Limousin , 2016-1, ss Odile Vincent, « Les retrouvailles anachroniques d’une communauté avec son fondateur : saintes reliques et définitions territoriales dans la région de Limoges », L’Homme 2002/3, , Paris, Éditions de l’EHESS , ISSN Laurent Bourdelas, Histoire de Limoges, Geste Editions, 2014 Laurent Bourdelas, Les Bouchers du Château de Limoges, La Geste, 2019
Les confréries .
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Liens externes Site de la Fédération des ostensions limousines Site des ostensions de Limoges
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