Varron (Marcus Terentius Varro), né en à Reate (auj. Rieti), en Sabine et mort en à Rome, est un écrivain, savant et magistrat romain de condition équestre. Ses écrits, dont l'essentiel ne nous est pas parvenu, apportent quelques éclairages sur l'étymologie des mots latins et l'organisation des connaissances à Rome à la fin de la République.

Biographie naît en à Réate en Sabine. Il est membre de l'ordre équestre.

Il fut l'élève d'Accius et des grammairiens Aelius Stilo et Tyrannion. Leur influence apparaît dans les œuvres philologiques de VarronDella Corte, op. cit., chap. II : ..

Avant , Varron est un des . Vers , il est questeur. En et , il est légat en Illyrie.

De 76 à , il participe comme légat et proquesteur à la campagne menée en Espagne par Pompée contre Sertorius. Il en profite pour faire des observations sur les pratiques d'agriculture et d'élevage, dont on retrouve la trace dans le De re rustica (De l’agriculture). En 70, il est tribun de la plèbeLa plupart des faits connus sur la carrière de Varron nous sont connus par le Nuits attiques d'Aulu-Gelle. Cf. en outre , ainsi que .. En 67, il est de nouveau aux côtés de Pompée dans la guerre contre les piratesPline l'Ancien, Histoires naturelles, III, 101 ; VII, 115., menée en vertu de la lex Gabinia ; il se voit confier la surveillance d'un secteur allant de la Sicile vers Délos (en Grèce). En , il est un des chargés de la distribution de l', en application de la loi agraire de Jules César. Il parvint au rang de préteurD'après D'après ..

En , pendant les guerres civiles romaines, il est légat de Pompée en Hispanie ultérieure, contre Jules César. Cette province et ses légions se ralliant à César, Varron capitule et se rend à ce dernierJules César, Commentaires sur les guerres civiles, I, 38 ; II, 17 ; II, 20. En 47, Marc Antoine s'installe dans sa villa de campagne à Casinum dans le Latium et, selon Cicéron, y mène les pires orgiesCicéron, Philippiques, II, 103-105..

Ayant obtenu le pardon de César, il se rallie à lui. En , César le charge de l'organisation des premières bibliothèques publiques de Rome.

Après l'assassinat de César aux ides de mars , la guerre civile reprend. En , les triumvirs proscrivent environ ou chevalier, dont Varron. Au cours de sa proscription, ses bibliothèques sont pillées. Quintus Fufius Calenus le cache dans une propriété de campagne. Sa proscription prend fin au plus tard en , date de la mort de Fufius Calenus.

Varron abandonne alors totalement la carrière politique pour se consacrer au savoir et à l'écriture. Il meurt en . D'après Pline l'Ancien, son corps est enveloppé de feuilles de myrte, d'olivier et de peuplier noir puis placé dans un sarcophage de terre cuite.

Famille Varron est l'époux d'une Fundania, fille de , tribun de la plèbe en . Ses deux oncles maternels sont , chevalier mort avant , et un Corfidius dont le n'est pas connu.

Il était de la famille de Gaius Terentius Varro, consul en -216, Marcus Terentius Varro Lucullus et Aulus Terentius Varrus Murena, consul en -23, assassiné.

Propriétés Varron est un . Il devient propriétaire à Cumae et à Tusculum ainsi qu'à Casinum où il pratique un . Il parcourt souvent ses propriétés qui produisent notamment des figues et du miel. Il possède également des troupeaux de moutons.

Œuvres Pour Quintilien, Varron est ; pour Plutarque, ; pour Columelle, un ; et, pour Symmaque, .

Il est l'auteur de près de 600 volumes, mais seule une cinquantaine nous est parvenue en plusieurs fragments, alors que la seule œuvre complète est le De re rustica« Varro, Marcus Terentius », in Encyclopædia Britannica 2007 Ultimate Reference Suite (2008).. Cette œuvre est considérée comme une importante contribution au développement des encyclopédies, en raison de l'idée très claire que Varron se faisait de l'organisation du savoir. Ainsi, les Disciplinarum consacraient chaque livre à un sujet distinct, en l'occurrence les sept arts libéraux. Son Antiquitates rerum consacrait les 25 premiers livres aux affaires humaines et les 16 suivants aux divinitésRobert Collison, Encyclopaedias: their history throughout the ages, New York, Hafner, 1964, .. Cet érudit est réputé avoir fixé le premier de façon intangible la date de la création de Rome à l'an , référence employée officiellement par l'administration romaine après lui. Le De re rustica libri III : Économie rurale (ou De l’agriculture)On peut en situer le début de la rédaction en 37 ou 36, puisque Varron déclare au début du premier livre (I, I.1): . est un traité d'agriculture en trois volumes, dont nous avons conservé la totalité ; ce sont trois livres adressés à sa femme FundaniaVarron dédie cependant le livre II (Introd. 6) à son ami Turranius Niger, et le livre III (I.1 et 9-10) à un autre ami, Pinnius, alors qu'il "avait promis les trois livres à sa femme", comme le remarque le traducteur William Davis Hooper. : l'art du cultivateur, les troupeaux, l'économie rurale ; De lingua latina en 25 livres : De la langue latine fut longtemps une référence pour les grammairiens latins et nous en avons conservé le quart ; les Satires Ménippées : poèmes satiriques, dont seuls quelques fragments nous sont parvenus ; Les Epistulae (« Lettres ») et les Epistolicae quaestiones (« Questions épistolaires ») [éd. Bipont, éd. Wolff] ne sont connues que fragmentairement.

Ouvrages perdus dont il ne reste que des fragments : Saturarum Menippearum libri CL, satires imitées du philosophe cynique Ménippe de Sinope, en 150 livres, dont 90 nous sont disponibles, et quelque 600 fragments ; Antiquitates rerum humanarum et divinarum (ou encore Antiquitates rerum humanarum et divinarum libri XLI, (Des choses humaines et divines antiques » ou Antiquités humaines et divines), en 41 livres) : ouvrage de nature encyclopédique dont certaines parties servirent de référence aux pères de l'Église chrétienne en matière de religion romaine païenne ; Logistoricon libri LXXVI ; Hebdomades vel de imaginibus ; Disciplinarum libri IX : ouvrage consacré aux sept arts libéraux.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Œuvres traduites en français Économie rurale, trad. J. Heurgon et Ch. Guiraud, Paris, Les Belles Lettres, coll. des Universités de France, 3 t. (LXXXV-277 p., 1978 ; XVII-172 p., 1985 ; XXXIII-176 p., 1997), 2° éd. 2003 La Langue latine, trad. P. Flobert, Paris, Les Belles Lettres, coll. des Universités de France. T. II : livre VI, XLI-228 p., 1985, éd. 2004 Satires Ménippées, éd., trad. et commentaire par Jean-Pierre Cèbe (Collection de l'École française de Rome, 9/1 à 13), Rome, École française de Rome ; Paris, diffusion De Boccard, 13 vol., 1972-1999. Volumes en accès libre sur Persée.

Commentaires Gaston Boissier, Étude sur la vie et les ouvrages de M. T. Varron, Paris, Hachette, 1861. Jean Collart, Varron, grammairien latin (« Publications de la faculté des lettres de l'université de Strasbourg », 121), Paris, 1954, 377 p. , , Gênes, 1954 ; éd., Florence, 1970. Jean Pépin, « La « théologie tripartite » de Varron. Essai de reconstitution et recherche des sources », dans Mémorial Gustave Bardy [Revue des Études augustiniennes 2, 1956], t. II, . Daniel J. Taylor, Declinatio: A Study of the Linguistic Theory of Marcus Terentius Varro (coll. « Studies in the History of the Language Sciences », 2), Amsterdam, John Benjamins, 1974, XV-131 p. (réimpr. 1988). Lucienne Deschamps, Étude sur la langue de Varron dans les Satires Ménippées, 2 vol., Lille-Paris, 1976. . F. Cavazza, Studio su Varrone etimologo e grammatico, Florence, 1981, 202 p. Yves Lehmann, Varron théologien et philosophe romain, Bruxelles, Latomus, 1997, consultable sur Persée. Aude Lehmann, Varron critique littéraire. Regards sur les poètes latins archaïques, Bruxelles, Latomus, 2002.

.

.

Sources antiques . . . . . . . . . . .

Articles connexes De re rustica Thermes de Varron Proscription de 43 av. J.-C.

Liens externes : .

Fragments des Antiquités humaines et divines conservés par d'autres écrivains, texte latin mis en ligne par forumromanum De lingua latina, texte latin mis en ligne par intratext De la langue latine, texte latin et traduction française mis en ligne en mode texte par Philippe Remacle

Catégorie:Naissance à Rieti Catégorie:Écrivain romain du Ier siècle av. J.-C. Catégorie:Scientifique romain Catégorie:Agronome avant 1700 Catégorie:Grammairien latin Catégorie:Lexicographe de la langue latine Catégorie:Tribun de la plèbe du Ier siècle av. J.-C. Catégorie:Encyclopédiste Catégorie:Encyclopédie en latin Catégorie:Naissance en 116 av. J.-C. Catégorie:Décès en 27 av. J.-C. Catégorie:Personnage cité dans la Divine Comédie (Purgatoire) Catégorie:Scientifique du Ier siècle av. J.-C. Catégorie:Mononyme d'écrivain Catégorie:Mononyme de scientifique Catégorie:Mononyme de personnalité politique