Minihy-Tréguier est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.

Géographie Situation thumb|left|Carte de la commune de Minihy-Tréguier cet des communes avoisinantes.

Relief et hydrographie Le finage de Minihy-Tréguier occupe la partie sud de la presqu'île de confluence entre le Jaudy et le Guindy, dont l'extrémité nord est occupée par la ville de Tréguier. La ligne de crête entre les versants de rive gauche du Jaudy et de rive droite du Guindy est située environ à mi-chemin entre ces deux vallées, et correspond approximativement au tracé de la D 786 ; son altitude est vers 60 à 66 mètres selon les endroits, le point le plus haut correspondant au château d'eau situé à la limite communale avec Tréguier. Les points les plus bas correspondent au niveau de la mer tant côté est (ria du Jaudy) que partiellement côté ouest (ria du Guindy en aval du hameau du même nom).

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Jaudy, le Guindy, le Moulin de Bizien et le ruisseau du Roudour...

Le Jaudy, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Tréglamus et se jette dans la Manche en limite de Plouguiel et de Kerbors, après avoir traversé ..

Le Guindy, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Louargat et se jette dans le Jaudy à Tréguier, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques du Guindy sont données par la station hydrologique située sur la commune de Plouguiel. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:05 TU à partir des 476 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/08/1984 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

Le ruisseau du Moulin de Bizien, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Ploëzal et se jette dans le Jaudy en limite de Trédarzec et de Troguéry' face à Minihy-Tréguier, mais sur la rive opposée..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Minihy-TréguierLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Roche-Jaudy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports La commune est traversée par la D 786 (ancienne route nationale 786 déclassée) et par la D 8 (laquelle vient de La Roche-Derrien, désormais en La Roche-Jaudy), ces deux axes routiers menant à Tréguier. La partie sud de la commune est traversée par la D 6, axe routier venant côté est de Ploëzal et se dirigeant côté ouest vers Louannec.

Paysages et habitat

La commune est quasi dépourvue d'un centre-bourg car l'ancienne paroisse du Minihy-Tréguier, avant la Révolution française, correspondait à la partie rural de la ville de Tréguier ; l'habitat rural y était traditionnellement dispersé.

De nos jours encore le bourg est très peu important. En raison de la proximité de la ville de Tréguier, même si celle-ci est peu dynamique, la commune connaît une périurbanisation dans les zones proches de cette ville et une rurbanisation autour de plusieurs hameaux comme Tossen Ruguel et Kernormand ; la partie sud de la commune, plus éloignée de Tréguier, a davantage conservé son aspect rural.

Urbanisme Typologie Au , Minihy-Tréguier est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Tréguier, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lannion, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par l'estuaire du Jaudy, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (82,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (89,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (61,8 %), zones agricoles hétérogènes (18,3 %), zones urbanisées (11,6 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (4,7 %), prairies (2,5 %), forêts (1,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie thumb|Panneau bilingue d'entrée d'agglomération. Le nom de la localité est attesté sous les formes Minihium beati Tudguali confessoris en 1293, 1371 et en 1374, Minihium seu asylum beati Tugduali en 1334, Le Minihy de Trecoria en 1430, Mynezehy de Treguier en 1437, Le Minihy Plouelantreguier en 1656, Minihy proche Tréguier en 1715, Minihy en Tréguier en 1738, Le Minihy Tréguier en 1788.. On trouve l'appellation Ploulantréguier dans un extrait d'aveu de 1655. C'est, semble-t-il, le nom de Minihy-Tréguier avant que le lieu devienne un minihy (« lieu d'asile ») du monastère de Tréguier, du temps de saint Yves.

Le nom en breton de la commune est Ar Vinic'hi. Du breton minic'hi, qui désigne un lieu d'asile du latin monachus, moine, Minihy signifie littéralement « terre des moines voisine du monastère ». Le mot breton « minihy » correspond au français « refuge religieuxGéraud Lavergne, « Les noms de lieux d'origine ecclésiastique », Revue d'histoire de l'Église de France, Tome 15, , 1929, 326, territoire monastique »..

Histoire

Origines

Les origines de la commune de Minihy-Tréguier sont étroitement liées à celles de la commune voisine de Tréguier. À l'origine « Minic'hy Plou Lan Tréguer », c'est-à-dire le « Minihy de la paroisse du monastère des Trois Rivières ». Un minihy était une terre bénéficiant d'un droit particulier directement rattachée à la juridiction épiscopale. La terre de Minihy était possession de l'évêque de Tréguier qui déléguait son autorité à une famille seigneuriale du type « noblesse paysanne ».

Moyen Âge

L'actuelle église située dans son petit bourg est bâtie sur les fondations d'une chapelle édifiée entre 1280 et 1290 par saint Yves.

Saint Yves est né probablement au manoir de Kermartin dans la paroisse de Minihy-Tréguier vers 1253.

Temps modernes thumb|Carte de Cassini de la ville de Tréguier et des paroisses avoisinantes (1790). Les maisons nobles étaient Tuguindy (il y avait un chevalier de ce nom au combat des Trente), Mezo-Bran, Saint-Renaut, Kermoal, Guernaliou, Kerprigeant, Kerivoulan, Kerriec, Keranpunce, Crec'h-Martin, Kerléan, Kein et le Bilo..

En 1759 Une ordonnance du roi Louis XV fixe à 20 hommes et 131 livres la charge annuelle de la paroisse de Minihy pour le service des garde-côtes chargés de la défense des côtes de Bretagne..

Révolution française Julien Lucas, recteur du Minihy-Tréguier, fut député du diocèse de Tréguier aux États généraux de 1789 et fit partie des députés du clergé qui s'associèrent avec ceux du Tiers-état pour demander des réformes ; mais il ne prêta pas serment à la Constitution civile du clergé et s'exila en Angleterre où il mourut..

Les croix abattues en ventôse et germinal an II à Minihy-Tréguier sont relevées en l'an V (1797)..

Le Selon le cadastre de 1835, Minihy-Tréguier comptait alors 30 routoirs, ce qui témoigne de l'importance du lin et du chanvre dans la commune à cette époque. Un ensemble de 4 routoirs et d'une fontaine-lavoir, déjà décrits en 1778 ("fontaine dite de saint Yves et son douet à rouir situés au bord du Jaudy en contrebas du manoir de Traou Martin"), est conservé à Traou-Martin.. thumb|left|Plan cadastral de la commune de Minihy-Tréguier (1835, tableau d'assemblage). En 1849, le double mariage de deux filles d'un riche agriculteur de Minihy-Tréguier se déroula en présence de 200 invités ; le repas fut plantureux : « un bœuf, quatre veaux, six moutons, vingt volailles fournissaient le principal ; 25 gâteaux de Savoie, flanqués de bonbons de toute sorte, arrivèrent en dessert ; 5 barriques de vin arrosèrent copieusement les mets : à la fin du repas on servit du Malaga et des liqueurs »..

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Minihy-Tréguier en 1853 :