La maladie des griffes du chat, également connue sous le nom de lymphoréticulose bénigne d’inoculation, ou encore lymphogranulome bénin, est une maladie infectieuse bactérienne principalement transmise, comme son nom l'indique, par griffure d'un félin. C'est une zoonose Koehler JE, Glaser CA, Tappero JW. . JAMA. 1994;271:531–5. qui semble en croissance, si ce n'est une maladie émergente.

Agents et vecteurs Cette pathologie a deux agents connus (des bactéries du genre Bartonella et non pas comme on l'avait d'abord cru la bactérie Afipia felis) : Bartonella henselae : une bactérie gram-négative de la famille des bartonellaceae. Son temps d'incubation est de si le vecteur infectieux est le chat. Le chat est le vecteur principal, les chats errants contaminant les chats domestiques, via leurs puces Chomel BB, Kasten RW, Floyd-Hawkins K, Chi B, Yamamoto K, Roberts-Wilson J, J Clin Microbiol. 1996;34:1952–6. ; Bartonella clarridgeiae (plus rarement).

Épidémiologie Elle est plus fréquente dans les zones géographiques chaudes et humidesJameson P, Greene C, Regnery R et al. Prevalence of Bartonella henselae antibodies in pet cats throughout regions of North America, J Infect Dis, 1995;172:1145-1149..

Elle peut également survenir sans griffure mais par la salive de l'animal ou encore en se frottant les yeux après avoir caressé son chat.. Il s'agit le plus souvent d'un jeune chatCarithers HA, Cat-scratch disease: an overview based on a study of 1,200 patients, Am J Dis Child, 1985;139:1124-1133.

, mais cela reste discuté. Il semblerait également que les puces puissent directement inoculer la bactérie lors de piqûres chez l'homme.

Un chat peut rester porteur de la bactérie durant plusieurs mois Kordick DL, Breitschwerdt EB. « » Emerg Infect Dis. 1998;4:325–8., et guéri, il peut se réinfecter Arvand M, Viezens J, Berghoff J. « » Infect Dis. 2008;14(1):152-4. Texte intégral. Yamamoto K, Chomel BB, Kasten RW, Hew CM, Weber DK, Lee WI, « » Vet Microbiol. 2003;92:73–86. ..

Cette maladie ubiquitaire touche principalement les enfants.

Symptômes vignette|Papule de la main droite correspondant à la zone d'inoculation de la bactérie (premier temps de la maladie des griffes du chat) Dans un premier temps, une papule se forme au lieu d'inoculation, qui le plus souvent disparaît par la suite.

Quelques semaines après, on retrouve une lymphadénopathie (hypertrophie des nœuds lymphatiques). Dans 60 % des cas, un seul nœud lymphatique est atteint. Plus rarement, le malade peut présenter des myalgies, de la fièvre, des maux de tête, une perte de poids, des éruptions cutanées (dues à une angiomatose bactérienne). On peut également observer une vasculite systémique affectant des organes parenchymateux, notamment le foie. Il est parfois possible de constater une conjonctivite associée à une lymphadénopathie préauriculaire (syndrome de Parinaud).

Sous ses formes graves, les malades peuvent développer des endocardites, voire des encéphalitesArmengol CE, Hendley JO, Cat-scratch disease encephalopathy: a cause of status epilepticus in school-aged children, J Pediatr, 1999;134:635-638. Quelques formes graves atypiques ont été décrites, à l'instar d'une femme américaine qui a perdu l'usage de son œil gauche à la suite de l'infection.

Diagnostic vignette|Histopathologie de la maladie des griffes du chat : présence de neutrophiles dans les zones nécrotiques, de micro-abcès en forme d'étoile et de granulomes. Le diagnostic se fait par l'examen clinique et la sérologie. Cette dernière consistant à rechercher et à doser les anticorps de type IgM dirigé contre le Bartonella henselae, le seuil de positivité dépendant du test utiliséSander A, Berner R, Ruess M, Serodiagnosis of cat scratch disease: response to Bartonella henselae in children and a review of diagnostic methods, Eur J Clin Microbiol Infect Dis, 2001;20:392-401.

En cas de doute l'ADN du germe peut être recherché par PCR tant dans une ponction d'un ganglionChondrogiannis K, Vezakis A, Derpapas M, Melemeni A, Fragulidis G, Seronegative cat-scratch disease diagnosed by PCR detection of Bartonella henselae DNA in lymph node samples, Braz J Infect Dis, 2012;16:96-99 que dans le sang du patientArvand M, Schäd SG, Isolation of Bartonella henselae DNA from the peripheral blood of a patient with cat scratch disease up to 4 months after the cat scratch injury, J Clin Microbiol, 2006;44:2288-2290.

La biopsie ganglionnaire permet, outre la recherche de la bactérie ou de son ADN, de faire une analyse anatomopathologique de ce dernierShin OR, Kim YR, Ban TH, et al. A case report of seronegative cat scratch disease, emphasizing the histopathologic point of view, Diagn Pathol, 2014;9:62-62.

Traitement Dans les formes graves, un traitement antibiotique peut être administré. L'antibiotique de référence est l'azithromycine (famille des macrolides). La rifampicine, la ciprofloxacine et le sulfaméthoxazole-triméthoprime sont également efficaces. Si les antibiotiques n'ont aucun effet, le nœud lymphatique infecté peut être retiré. Il faut aussi traiter le chat. Les formes minimes peuvent se contenter d'une simple surveillanceMargileth AM, Antibiotic therapy for cat-scratch disease: clinical study of therapeutic outcome in 268 patients and a review of the literature, Pediatr Infect Dis, J 1992;11:474-478.

Il n'existe aucun vaccin, et le caractère apparemment bénin de la maladie des griffes du chat ne dispense pas de suivre quelques mesures de précaution : éviter les griffures ou les morsures de chat ; éviter le léchage des plaies par les chats ; désinfecter les plaies en cas de morsures ou de griffures ; se nettoyer les mains à l'eau et au savon après avoir manipulé un chat ; lutter contre l'infestation des chats par les puces.

Histoire L'histoire de la découverte de la maladie telle que raconté par le Professeur Robert Debré dans son autobiographie :

Notes et références

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