Domagné est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne, peuplée de en (population municipale légale en ).
Géographie Situation Domagné se situe dans la partie orientale du bassin de Rennes, mais dans la partie occidentale du pays de Vitré et fait partie de la communauté d'agglomération de Vitré Communauté. C'est la plus étendue des six communes de l'ancien canton de Châteaubourg.
Communes limitrophes Les communes limitrophes de Domagné-Chaumeré sont, dans le sens des aiguilles d'une montre : Châteaubourg, Saint-Didier, Louvigné-de-Bais, Chancé, Piré-sur-Seiche, Châteaugiron, Noyal-sur-Vilaine et Servon-sur-Vilaine.
Relief Les paysages agraires se caractérisent par le bocage (de plus en plus aéré en raison des opérations de remembrement intervenues) et un habitat dispersé en de nombreux hameaux et fermes isolées.
Le relief de la commune est plat, formant pour l'essentiel un bas plateau situé entre et d'altitude, à peine échancré par quelques modestes vallons ; le point culminant, , se situe à l'est du finage communal, à l'est de La Valette et le point le plus bas, , dans la vallée du ruisseau de Taillepied, au sud de Chaumeré.
Transports
Domagné est au carrefour de routes départementales, les CD 34, 95, 99 et 105. La voie express Paris-Rennes (RN 157) passe juste au-delà de la limite nord du finage communal (la commune est desservie par l'échangeur de Châteaubourg) ; par contre la LGV Bretagne-Pays de la Loire traverse la partie sud du territoire communal. La gare la plus proche de Domagné est celle de Gare de Châteaubourg, située sur la voie ferrée traditionnelle allant de Paris-Montpararnasse à Brest.
La commune est desservie par la ligne de bus n°1 de Vitré Communauté et la ligne n°3 de la ligne de bus du réseau urbain de Châteaubourg.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Yaigne, le Taillepied, le ruisseau de la Lande...
L'Yaigne., dont la partie amont est appelée « ruisseau de Guines », est une rivière qui prend sa source à Cornillé, traverse la commune de Saint-Didier, puis celle de Domagné (passant au sud du bourg) avant de traverser plus en aval Ossé, Châteaugiron et Nouvoitou et de confluer avec la Seiche, elle-même affluent de la Vilaine. à Nouvoitou. Elle fait de longueur.
Le Taillepied forme une partie de la limite sud du territoire communal. D'une longueur de , il prend sa source dans la commune de Cornillé et se jette dans la Quincampoix à Piré-Chancé, après avoir traversé ..
Au nord-est de finage communal, le ruisseau de la Lande est limitrophe de la commune de Saint-Didier et est un modeste affluent de rive gauche de la Vilaine dans laquelle inl se jette juste en amont de Châteaubourg.
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de DomagnéLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves...
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Arbrissel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Domagné est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Rennes, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (96,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (97,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (65,7 %), zones agricoles hétérogènes (21,5 %), prairies (8,8 %), zones urbanisées (3,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,5 %), cultures permanentes (0,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Attestée sous les formes Domeneio en 1184, Domagneium en 1207, Dominiacum en 1330, Domagniacum en 1516.
Composé du (pré)nom romain Domenius ou Dominius, complété d'un suffixe gaulois repris en gallo-romain -acum, indiquant un "habitat" (au sens large). Signification: « habitat, village de Domenius »..
Histoire
Antiquité
La chapelle Saint-André, de nos jours disparue, aurait été édifiée à l'époque gallo-romaine et se situait dans l'ancien cimetière, qui était situé à côté de l'église, rue Saint-André. Elle est mentionnée en 1604.
Moyen Âge
En 1885, on a découvert à Domagné des sarcophages en calcaire coquillier datant de l'époque mérovingienne dans le sol de l'ancienne église :
La paroisse de Domagné existait déjà au , les premiers documents écrits l'évoquant datent du début du , notamment dans un aveu de 1207 Robert de Domagné reconnaît la possession du bois de Pierre-Blanche et des prairies de la Russerie par les moines du prieuré Sainte-Croix de VitréDom Morice, "Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne", 1742.. En 1244, des religieux de ce prieuré contestèrent à Raoul de Domagné le droit de bouteillageLe droit de bouteillage était un droit qui se levait sur la vente des vins et des autres boissons, telles qu'étaient la bière, l'hydromel, le piment et le cidre. que celui-ci prétendait exercer à leur encontre et parvinrent à s'en libérerAmédée Guillotin de Corson, "Pouillé historique de l'archevêché de Rennes", volume 4, 1880, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75000m/f529.image.r=Domagn%C3%A9.
La seigneurie du Plessis-Raffray, dont le manoir fut originellement la demeure des sires de Domagné (au , Robert de Domaigné est écuyer du roi saint Louis et l'accompagne lors des Septième et Huitième croisades ; Guy de Domaigné dont le gisant se trouve dans le temple de La Guerche-de-Bretagne, appartint ensuite successivement aux familles Le Vayer, de Maillé, Vay, de Laval, Landais (pendant le dernier quart du , elle appartint à Pierre Landais), L'Espervier (une famille noble qui possédait aussi Launay en Chantenay ; Jean L'Espervier, après des études à Nantes fut successivement évêque de Saint-Brieuc, puis de Saint-Malo ; il mourut en 1486), Le Roy (en 1515, Raoul Le RoyRaoul Le Roy est le riche héritier de son oncle Thomas Le Roy, abbé de Landévennec et évêque de Dol, anobli par le roi François achète le château du Plessis-Raffray à François de L'Épervier.), Gaultier (anoblis en 1572René Kerviler, "Répertoire général de bio-bibliographie bretonne", livre premier, Les bretons. 15,FRET-GER, 1886, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5817527r/f308.image.r=Domagn%C3%A9?rk=107296;4 ; en 1577, les Gaultier, seigneurs du Chesnay possèdent cette seigneurie qu'ils ont acheté à Bertrand d'Argentré ; par exemple en 1588 Pierre Gautier, seigneur du Plessis-Raffray, greffier au Parlement de Bretagne, fait construire en l'église Saint-Germain de Rennes l'autel de Saint-Pierre et y fonde une messe hebdomadaire, prévoyant sa sépulture à côté de cet autelAmédée Guillotin de Corson, "Pouillé historique de l'archevêché de Rennes", volume 5, 1880, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75001z/f612.image.r=Domagn%C3%A9?rk=107296;4), d'Argentré (la famille d'Argentré la récupère par mariage au début du ), de Poix (Christophe de Poix, seigneur de Fouesnel, de Brécé, de La Valette, en est le seigneur vers 1536 et son arrière-petit-fils Jean-Baptiste de Poix en est encore le seigneur en 1678Xavier de Bellevue, "Généalogie de la maison Fournier, actuellement représentée par les Fournier de Bellevüe", 1909, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57280229/f453.image.r=domagn%C3%A9?rk=3433493;2), Rosnyvinen (Pierre-Marie de Rosnyvinen, marquis de Piré, né en 1739, décédé en 1802, fut le dernier seigneur du Plessis-Raffray)..
Domagné possédait de nombreux autres manoirs, notamment ceux de Villayer, de Barguigné, de la PouardièreVers 1650, André Le Cocq, recteur de Domagné, bénit la première pierre de la chapelle construite par Mathurin de Mannoury, sieur de Saint-Germain, en son manoir de la Pouardière, voir Édouard Frain, "Tableaux généalogiques, notices et documents inédits au soutien du Mémoire où il est fait mention de plusieurs familles établies à Vitré et paroisses environnantes aux , , ", 1890, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k74143x/f204.image.r=Domagn%C3%A9?rk=1566531;2, du Bois-Hubert, de la Fosse-Louvière, des Chesnayes, de Mouligné, de la Hutière, de la Rabaudière (possédé en 1513 par François Rabaud), de Neuville (possédé entre 1427 et 1513 par la famille de NeuvilleRené Kerviler, "Recherches et notices sur les députés de la Bretagne aux États-généraux et à l'Assemblée nationale constituante de 1789", 1885, consultable gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5840514s/f231.image.r=domagné?rk=21459;2, puis par la famille Le Seneschal, seigneurs de La Valette) ; les seigneurs de ces manoirs disposaient du droit de haute justice.
Les Templiers
Vers 1250, Raoul III de Retz donna Le Plessis-Raffray aux Templiers. Ce legs fut contesté lors de sa mort en 1252 par son héritier Gérard Chabot (1197-1264), mais ce dernier fut débouté par l'abbé de l'Église Notre-Dame-la-Grande de Poitiers, choisi comme arbitreLouis Sandret, " Histoire généalogique de la maison de Chabot", 1886, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55646695/f75.image.r=Plessis-Raffray.
Époque moderne