Fadela Amara, née Fatiha Amara le à Clermont-Ferrand, est une femme politique française, militante féministe et haute fonctionnaire. Ancienne présidente de l'association « Ni putes ni soumises », elle a également été présidente de la Maison des potes et conseillère municipale PS de Clermont-Ferrand. Elle devient secrétaire d'État chargée de la Politique de la ville du gouvernement Fillon II (2007-2010) sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Elle est désormais inspectrice générale des affaires sociales.

Biographie Origines, famille et études Elle est issue d'une famille algérienne originaire de KabylieLibération, 26 février 2003 Portrait, dont les parents étaient des sympathisants du FLN« Les débats de l'Obs : Comment peut-on être français ? », 27 septembre 2007.. Elle a quatre sœurs et six frères. Son père était ouvrier en bâtiment, sa mère femme au foyer.

Se destinant à des études de lettres, elle est orientée vers un CAP de comptabilité. En 1978, à l'âge de , Fadela Amara assiste au premier des deux drames qui vont changer sa vie : son jeune frère Malik, âgé de , est renversé par un automobiliste à Clermont-Ferrand. Il meurt quelques heures plus tard. Elle dit avoir été bouleversée par l'attitude des policiers, qui auraient défendu le conducteur ivre sur les lieux mêmes de l'accident« Planète Non-violence: Fadela Amara se sent “comme à la maison” en Israël », planetenonviolence.org, 22 avril 2008.

Parcours militant vignette|Fadela Amara le 1er juin 2006 à Paris. Elle participe à la première marche civique à Clermont-Ferrand pour l’inscription des jeunes sur les listes électorales. Dès , quand la mairie de Clermont-Ferrand décide de raser entièrement son quartier, elle décide de faire du porte-à-porte pour en obtenir la réhabilitation.

Elle revendique avoir participé en 1983 à la Marche des beursFadela Amara. Le Destin d'une femme, de Cécile Amar : ni droite ni gauche, ambitieuse. et milite à SOS Racisme à partir de 1986. Elle est élue en 2000 présidente de la Fédération nationale des maisons des potes (FNMP).

En 1989, elle met en place la première maison des potes et crée ensuite la « Commission femmes » dont le principal objectif était de faire un état des lieux sur les femmes des quartiers défavorisés et d'entendre les demandes formulées par la population vivant dans ces quartiers.

Dans les années 1990, son frère, Hassein Amara, est condamné à 16 ans de prison pour le meurtre d'un bijoutier lors d'un braquage avec prise d'otage, à Clermont-Ferrand, en 1984. C'est le début d'une période difficile de la vie de Fadela Amara, qui se bat pour lui obtenir un titre de séjour en FranceLudovic Vignone, « La face cachée de Fadéla », L'Express, 6 juillet 2009. et s'endette pour lui fournir un avocat.

Elle est ensuite élue conseillère municipale sur la liste du Parti socialiste à Clermont-Ferrand en 2001. À ce propos, elle a déclaré le : « J'ai envoyé ma démission le lendemain de l'élection municipale de 2001, mais elle a été refusée. Je figurais sur sa liste en place éligible, et il me confiait la responsabilité de la politique de la ville. Et puis, dès l'élection passée, tous les élus socialistes se sont réunis pour se répartir le pouvoir, sans rien pour moi. Clermont est à l'image du PS : un cercle de notables qui se partagent un gâteau. Le Parti socialiste, c'est un shaker : on met toujours les mêmes dedans, on secoue et les mêmes ressortent dans un autre ordre. Mais où sont les nouvelles têtesMichel Revol, « La ministre qui dérange », Le Point, n°1842, 3 janvier 2008. ? »

En 2002, elle organise des états généraux à la Sorbonne qui ont réuni plus de ; elle rédige une pétition qui rassemble près de et dont la synthèse deviendra le « Manifeste de revendication des femmes des quartiers » adressé à tous les candidats républicains à l’élection présidentielle de 2002.

Elles furent peu soutenues au début sur ces questions et ces thématiques de la condition des femmes, des mères, des mamans et des filles des quartiers et en France, de la ghettoïsation, des discriminations et de la place de cette jeunesse des quartiers.

Le , Sohane, 17 ans, meurt brûlée vive dans un local à poubelles de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine. C'est l'affaire Sohane Benziane. Une marche est alors organisée, « La marche des femmes des quartiers contre les ghettos et pour l’égalité », autour d'un slogan provocateur : « Ni putes ni soumises ». Cette marche, partie de Vitry-sur-Seine en hommage à Sohane, qui s'achèvera à Paris le dans une manifestation de , exigeait la fin de la loi du silence et la liberté de parole de toutes les femmes et filles de la République.

Fadela Amara deviendra la présidente de ce mouvement, ayant adopté le nom de « Ni putes ni soumises » (NPNS), qui lutte pour l’émancipation des filles et des garçons, l’égalité des sexes, la laïcité et la mixité dans les quartiers.

Elle est par ailleurs signataire de l'appel de soutien à l'Initiative de Genève, Marianne, décembre 2003., plan de paix alternatif prévoyant la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël.

En 2004, Fadela Amara est nommée membre de la Commission consultative des Droits de l’Homme. En 2005, elle devient membre de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE). En 2005, elle est faite docteur honoris causa de l'université libre de Bruxelles et en 2006, elle reçoit un Honorary Degree for French civil rights campaigner de la Manchester Metropolitan University.

Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination pour l'éducation à la non-violence et à la paix.

Secrétaire d'État chargée de la Politique de la ville Nomination vignette|Fadela Amara, Secrétaire d'État chargée de la Politique de la ville, le 25 février 2008 à Paris. Le , elle est nommée secrétaire d'État chargée de la Politique de la ville dans le gouvernement Fillon II sous la tutelle de la ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin. Son entrée et sa participation dans un gouvernement de droite provoquent une certaine controverse, à droite comme à gauche, étant donné son engagement politique précédent avec le Parti socialiste et son appartenance à des organisations populaires ayant des affinités politiques à gauche.

Empreintes génétiques Le , elle provoque une polémique parmi les parlementaires de l'UMP en se déclarant contre l'utilisation de tests ADN pour identifier les enfants d'immigrés dans le cadre d'un regroupement familial en France en employant le terme « dégueulasse » pour ce qu'elle juge être une « instrumentalisation de l'immigration ». Le ton monte avec les députés UMP qui multiplient les réponses vindicatives par voie médiatique ; Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, estime les propos de la secrétaire d'État « injurieux » pour les députés de la majorité.. Cette altercation sera néanmoins atténuée grâce à un repas organisé par Patrick Devedjian, afin « d'apprendre à se connaître »« Fin de la polémique Amara ? », Le Journal du dimanche, 11 octobre 2007.

Espoir Banlieues Elle présente son plan Espoir Banlieues « Une nouvelle politique en faveur des banlieues », soutenu par le président Nicolas Sarkozy, le à Vaulx-en-Velin.

Remaniements de 2009 Le , à la suite du mini-remaniement, son secrétariat d'État est placé sous la tutelle du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville, Brice Hortefeux. Ainsi, elle n'est plus sous la tutelle de Christine Boutin, ministre du Logement. Fadela Amara disait des relations - quelquefois tendues - qu'elles avaient entre elles : « Parfois, c'est un peu folklo »https://www.tetu.com/actualites/france/Banlieues-Fadela-Amara-souhaite-quun-mouvement-gay-emerge-dans-les-quartiers-12723 Interview de Fadela Amara par Paul Parant en mars 2008.. Du au , le ministère du travail est dirigé par Xavier Darcos. Éric Woerth a pris sa succession : Fadela Amara et ce dernier ne sont pas reconduits dans le troisième gouvernement Fillon ().

Controverse sur le logement de fonction En 2010, Le Canard enchaîné révèle que Fadela Amara prête son logement de fonction dans le de Paris à des membres de sa famille. Fadela Amara reconnaît le que cela s'est produit occasionnellement, et qu'elle n'habite pas dans ce logement car elle continue de vivre dans une habitation à loyers encadrés dits « moyens ». Elle contredit ainsi de précédentes déclarations, et cela confirme qu'elle ne respecte pas les règles en vigueur sur les logements de fonction des ministres. Par ailleurs, malgré les demandes répétées depuis 2009 de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP), Fadela Amara refuse à ce jour de libérer le logement à loyers encadrés qu'elle occupe dans le , estimant ce faisant défendre « la mixité ».

Après le gouvernement Fadela Amara décline la proposition de devenir ambassadrice de l'Union pour la Méditerranée et elle est nommée inspectrice générale des affaires sociales au tour extérieur<ref>Fadela Amara nommée inspectrice générale des affaires sociales, Le Point, 5 janvier 2011.</ref>Voir « Calendrier 2011 du tour extérieur des administrateurs civils » sur le site du ministère de la Fonction publique.Pratique légale, utilisée par les gouvernements de toute sensibilité mais dénoncée par beaucoup, dont les partisans de la Convention pour la sixième République : « Léotard un p'tit tour et puis s'en va », blog sur LeMonde.fr, 16 mars 2005..

Le 17 avril 2012, elle annonce qu'elle votera François Hollande lors de l'élection présidentielleFadela Amra : je vais voter François Hollande sur liberation.fr.

En avril 2016, elle rejoint une nouvelle fédération rattachée au PS et lancée par Jean-Christophe Cambadélis en vue de l'élection présidentielle de 2017.

Décoration (2011)Décret du 31 décembre 2010 portant promotion et nomination .

Publications Avec Sylvia Zappi, Ni putes ni soumises, Éditions La Découverte, 2003 Avec Mohammed Abdi, La Racaille de la République, Le Seuil, 2006 Dialogue avec Albert Jacquard, Jamais soumis, jamais soumise, Stock, 2007 Comment peut-on être Français ?, avec Jean Daniel, Forum Libération de Grenoble, sur CD audio chez Frémeaux & Associés, 2008

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Cécile Amar, Fadela Amara : le destin d'une femme'', Hachette Littérature, 2009

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