Le Vendée Globe, initialement le Vendée Globe Challenge, parfois surnommé « l'Everest des mers » pour sa difficulté, est une course à la voile, autour du monde, en solitaire et sans escale ni assistance, qui oppose des voiliers monocoques de la classe IMOCA. Le départ et l'arrivée de la course, qui fait le tour de l'Antarctique par l'est, ont lieu aux Sables-d'Olonne en Vendée (France).

Créée par Philippe Jeantot, l'épreuve se déroule tous les quatre ans et s'est courue en 1989, 1992, 1996, 2000, 2004, 2008, 2012, 2016, 2020 et 2024 pour la dixième édition. Elle est organisée depuis 2004 par la SAEM Vendée. Michel Desjoyeaux en a remporté deux. Jean Le Cam en a disputé six. Elle a rassemblé entre en 1989 et 40 en 2024.

Depuis sa création, le vainqueur remporte la course avec en moyenne de moins que la saison précédente. Le record est détenu par Charlie Dalin (Macif santé prévoyance) en effectuant le trajet en , , et durant l'édition 2024-2025, soit de moins que le record précédent. Les concurrents les plus lents peuvent mettre plus de .

Historique Genèse thumb|Bernard Moitessier avec William Rodarmor, son traducteur de La Longue Route.

Le premier tour du monde en voilier en solitaire est réalisé par l'Américain Joshua Slocum qui boucle son périple en 1898 après trois ans de circumnavigation sur son Spray. L'exploit est reproduit en 1921 par son compatriote sur son , puis en 1926 par le Français Alain Gerbault sur le Firecrest et en 1942 par l'Argentin Vito Dumas sur le Legh II et enfin l'Australien Bill Nance sur le Cardinal VertueConçu par pour David Lewis, de la Transat anglaise 1960 : en 1965. En 1967, le Britannique Francis Chichester se lance sur les flots dans l'intention de réaliser un record et son défi a pour la première fois un retentissement médiatique. À bord de Gipsy Moth IV, l'anglais met , hors une escale à Sydney, pour effectuer le tour du monde.

Les courses au large de voiliers menées en solitaire se limitent à cette époque à des traversées océaniques. Le journal britannique The Sunday Times organise en 1968 le Golden Globe Challenge, première course autour du monde en solitaire sans escale. Neuf concurrents relèvent le défi mais seul l'Anglais Robin Knox-Johnston boucle le parcours en avec son Suhaili. Le navigateur français Bernard Moitessier, qui est en tête alors qu'il aborde l'océan Pacifique sur son robuste yacht Joshua, décide d'abandonner mais consigne son aventure dans un ouvrage, La Longue Route, qui marque toute une génération de passionnés de voile en France.

Fin , à Newport (États-Unis), est défini le concept d'une course autour du monde en solitaire avec escales (Newport, Le Cap, Sydney, Rio de Janeiro, Newport) dont la première édition, nommée BOC Challenge, a lieu en 1982. Philippe Jeantot la gagne en remportant toutes les étapes ; il remporte aussi la deuxième édition le .

Plusieurs des participants français du BOC Challenge, dont Jean-Yves Terlain, Titouan Lamazou et Jean-François Coste, se concertent pour lancer un projet de course en solitaire et sans escale afin de limiter les budgets en supprimant le déplacement des équipes qui amenaient du matériel à chaque étape du BOC et de rendre ainsi la course plus extrême. Mais c'est Philippe Jeantot, seul, qui annonce l'organisation de la course lors d'une conférence de presse le à Paris : il affirme que le départ de son « Globe Challenge » sera donné le aux Sables-d’Olonne.. Jeantot crée sa société « Philippe Jeantot Organisation » le pour gérer l'évènement., et la première mouture du règlement sort en .

En , l'avis de course n'est toujours pas diffusé ; Jeantot, qui table sur un budget de de francs ( d’euros de 2021), peine à trouver des sponsors. Il fait appel à ses relations nouées durant sa carrière de coureur, et parvient finalement in extremis à boucler le budget ramené à 5 millions de francs. Celui-ci est pris en charge majoritairement par le département de la Vendée, la ville des Sables-d'Olonne, le Crédit Agricole et la société vendéenne Fleury Michon. À la demande des sponsors, la course est renommée « Vendée Globe Challenge ». Le logo, un pannonceau sponsorisé par Europe 1, en lettres capitales blanches sur fond bleu entourant une mappemonde présentant le tracé de la course, annonce :

La course doit se disputer à bord de bateaux dont la longueur maximale est fixée à () ce qui correspond à celle des bateaux engagés à l'époque dans la classe I du BOC Challenge et de la Transat anglaise. À compter de 1991, des contraintes supplémentaires sont ajoutées définissant la classe des 60 pieds IMOCA. Le départ et l'arrivée doivent avoir lieu aux Sables-d'Olonne, qui a aménagé son port de plaisance pour accueillir les bateaux des concurrents. La date de départ retenue se situe au mois de novembre pour bénéficier de conditions météorologiques clémentes dans l'hémisphère sud (été austral) et un dimanche pour profiter d'un bonne couverture médiatique. Le comité chargé de l'organisation de la course est installé sur une péniche mouillée à Paris pour faciliter les contacts permanents avec les médias nationaux et internationaux. En effet, Jeantot a compris que le succès de la course passait par les médias. Dans un premier temps il tente d'imposer la collecte des films tournés à bord par les marins à plusieurs points du parcours (cap Horn...) pour alimenter les médias avec des images, ce qui crée des contraintes de navigation rejetées à l'unanimité par les skippers.

Finalement, la diminution du budget entraîne l'abandon de cette idée. Tous les bateaux embarquent une balise Argos qui permet au marin de lancer un signal de détresse relayé en quelques minutes jusqu'aux centres de secours et fournit la position des voiliers aux organisateurs, lesquels peuvent communiquer quotidiennement à la presse et au public un classement actualisé..

Premières éditions La course, initialement baptisée Globe Challenge par Philippe Jeantot en référence à la fois au Golden Globe Challenge et au BOC Challenge qu'il a remporté deux fois, devient à la demande de Philippe de Villiers le Vendée Globe Challenge pour la première édition (1989-1990), puis le Vendée Globe Les Sables-d'Olonne lors des éditions suivantes. À partir de la édition et de la prise en main de la course par la SAEM Vendée, la mention des Sables-d'Olonne est réduite dans le visuel et un bandeau dans le bas du logo mentionne le nom des trois partenaires principaux, le département de la Vendée, la ville des Sables-d'Olonne et l'entreprise vendéenne Sodebo. Le visuel de la région des Pays de la Loire apparaît dans le logo de l'avis de course de l'édition 2020-2021 et disparaît lors de la dixième édition 2024-2025.

Au fil des années, l'implication de l'industrie nautique française devient de plus en plus importante et les sponsors (banques, assurances, industrie alimentaire) fournissent d'importants financements. Le Vendée Globe représente ainsi d'énormes enjeux économiques pour la région, l'industrie nautique (soit 6 à de l'industrie vendéenne), le port et la ville des Sables-d'Olonne (attractivité et tourisme)Marie-Madeleine Damien, « Le Vendée Globe, or bleu de la Vendée et des Sables d'Olonne ? » dans L'évaluation de l'événementiel touristique, 2009. ..

Boudée par les participants d'autres nations, le Vendée Globe reste la course la plus médiatisée en France, où elle apparaît comme l'évènement majeur de la voile sportive, auprès des passionnés de voile et du grand publicD'après sondage et bilan médias 2012-2013 (?).. Les retombées médiatiques sont ainsi analysées comme importantes et bénéfiques pour les principaux sponsors, qui investissent de 2 à d'euros pour chaque participant (budget sur , pour le bateau, l'équipe et la communication). Le Vendée Globe est ainsi très populaire en France et véhicule des valeurs jugées positives, se démarquant d'autres compétitions de voile (Coupe de l'America, voile olympique) ignorées des Français. Le Vendée Globe est ainsi suivi par des milliers de journalistes, et donne lieu en France à des centaines d'heures de télévision et radio, et des milliers d'articles dans la presse. Étant la seule course à la voile autour du monde en solitaire et sans escale le Vendée Globe est parfois décrit dans les médias français comme « L'Everest des mers »..

L'implication des architectes et de l'industrie nautique française dans la conception de bateaux destinés à la course autour du monde a créé un savoir-faire technique pour les classes open. L'architecture des voiliers IMOCA, qui sont par ailleurs engagés sur d'autres courses océaniques (route du Rhum…), évolue rapidement en tirant des leçons des résultats de chaque édition. Pour améliorer leurs performances, les architectes introduisent successivement les carènes en forme de luge, la quille pendulaire, le cockpit ouvert dans lequel toutes les manœuvres sont ramenées, les dérives latérales qui sont progressivement remplacées dans les éditions suivantes par les foils. La vitesse des voiliers augmente rapidement avec un temps record qui passe de 109 à .

Organisation à partir de 2004 Fin 2002, la société organisatrice Sail Com de Philippe Jeantot est placée en liquidation judiciaire.. Le Vendée globe est menacé. Les Vendéens, emmenés par Philippe de Villiers, se battent pour sa survie et parviennent à éviter la disparition de la course.. Depuis, la course est gérée par la SAEM Vendée, dont le capital est contrôlé à 85 % par le secteur public : le département de la Vendée, la ville des Sables d'Olonne, la région des Pays de la Loire et une trentaine d'entreprises locales.. Le budget, qui est de d'euros en 2020 ( en 2016), est pris en charge pour 25 % par le département suivi par la société Sodebo avec le même ordre de grandeur, la ville des Sables-d'Olonne (10 %) ; le solde est fourni par d'autres partenaires privés ou publics ainsi que par les retombées commerciales..

La direction de course est confiée à Jacques Caraës pour l'édition 2021. puis Hubert Lemonnier en 2024..

En 2024, le Vendée Globe se dote d'une identité sonore destinée à accompagner la course et sa communication. Elle est notamment utilisée pour les habillages sonores, les contenus audiovisuels et les différents temps forts de l'événement..

Parcours thumb|La route du Vendée Globe.

Les marins du Vendée Globe font le tour de la Terre d'ouest en est, en partant des Sables-d'Olonne pour y revenir. Le parcours a une longueur théorique de soit en ne tenant pas compte de la zone d'exclusion introduite pour éviter les icebergs et des options prises par les coureurs pour optimiser leur course face aux contraintes météorologiques. Lors des dix éditions du Vendée Globe, certains concurrents ont ainsi parcouru parfois plus de (soit quasiment ). En tenant compte des contraintes liées à la zone d'exclusion antarctique, la longueur théorique du parcours du Vendée Globe 2020-2021 est initialement de , soit environ .

Lignes de départ et d'arrivée