Montgenèvre (en ) est une commune française située entre la vallée de la Clarée et le val de Suse, dans le département des Hautes-Alpes, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. En 2019, elle compte 454 habitants. vignette|378x378px|Montgenèvre L'Eglise
Géographie
Montgenèvre est située à proximité de la frontière franco-italienne, sur le col de Montgenèvre à mètres d'altitude. La Durance y prend sa source sur les pentes du sommet des Anges. La Doire ripaire, affluent du Pô, prend également sa source au sud de la commune, mais du côté oriental du Chenaillet (secteur du Rocher de l’Aigle / Grand Charvia). centré|vignette|Sommet des Anges vue sur le massif des Écrins. centré|vignette|Sommet des Anges vue sur le Mont Janus et le Mont Chaberton.
Le village des Alberts, implanté au pied du col en direction de Briançon, fait également partie de la commune (« Montgenèvre 1400 »). Il constitue la porte sud de la Vallée de la Clarée.
Intégré au domaine skiable franco-italien de la Voie Lactée (5 domaine skiable du Monde, comprenant Clavière, San Sicario, Césane, Sestrières et Sauze d'Oulx), le domaine skiable de Montgenèvre s’étend sur trois niveaux : le domaine « Grand Montgenèvre » (95 kilomètres de pistes, 23 remontées mécaniques), le domaine « Monts de la Lune » (110 kilomètres de pistes, 30 remontées mécaniques), et le domaine « Vialattea » (400 kilomètres de pistes, 69 remontées mécaniques).
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Villar-Saint-Pancrace à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Montgenèvre est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols
Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 1,4 %55Équipements sportifs et de loisirs 1,7 %67Prairies et autres surfaces toujours en herbe 1,8 %73Systèmes culturaux et parcellaires complexes 0,7 %27Forêts de conifères 31,7 %1256Pelouses et pâturages naturels 16,8 %666 Landes et broussailles 0,7%27Roches nues 26,8 %1062Végétation clairsemée 18,3 %724Source : Corine Land Cover.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Mons Jani en 1189, Villa Montis Jani en 1343 et en 1486, Mont Genèvre en 1529Joseph Roman - Dictionnaire topographique des Hautes-Alpes, 1884..
Montgenèvre doit son nom au col éponyme. Sa situation, hautement stratégique lors de la traversée des Alpes, font du col un des passages les plus anciens dont le toponyme se retrouve déjà sur la table de Peutinger sous la forme Alpis Cottia, et sur les vase apollinaires sous la forme Summae Alpes.
Soit latine, Mons Juniper (Mont Genévrier), soit celto-ligure, Genev (« débouché, passage »).
Montginebre en occitan haut-alpin.
Histoire gauche|vignette|Le tracé antique de la via Domitia, sur une plaque moderne placée à Narbonne, ville du Sud-Ouest de la France que traversait également cette voie.|alt= thumb|left|Montgenèvre au , lithographie de Victor Cassien (1808 - 1893). gauche|vignette|Poteau frontière au col du Montgenèvre, carte postale ancienne.
Quelques dates : Durant l'Antiquité romaine, le col du Montgenèvre a été un point de passage pour l'une des voies romaines : la voie Domitienne (Via Domitia). Selon certains, Montgenèvre et le col de Montgenèvre auraient été traversés par les troupes d'Hannibal durant son passage des Alpes en suivant la future voie des AlpesDictionnaire historique et géographique de l'Italie T2 page 541. 58 av. J.-C. : Jules César passe le Montgenèvre pour se rendre en Gaule. À l'automne 1096, lors de la première Croisade, l'armée de Raymond IV de Toulouse, trop importante pour envisager un transport par mer, passa par le Mont Genèvre pour rejoindre la Terre-SainteLaurita et John Hill 'Raymond IV de St-Gilles Comte de Toulouse' p.35 - Chez Privat, Éditeur à Toulouse. 1959. 1155 : Le pays est rattaché au Dauphiné. 1343 : Le dauphin Humbert II octroie une charte aux habitants des vallées alentour qui forment ainsi les Escartons, regroupement de communautés villageoises pour se répartir les contributions. 1706 : Le village est incendié par les troupes du duc de Savoie : Le pape Pie VI, sur la route de sa déportation sur ordre du Directoire, de Rome vers Valence (où il décédera le 29 août 1799), traverse le village de Montgenèvre avant d'être mené à Briançon. L'abbé Baldassari, l'un des prélats accompagnateurs du Pape, relate : Arrivés au sommet du mont Genèvre, nous aperçûmes, sur un plan incliné, un méchant village, enfoncé dans la neige. Les habitants sortaient par les fenêtres pour nous voir passer. Les toits en pointe de ce village, qui porte le nom de la montagne même sur laquelle il est situé, lui donnent de loin l'aspect de petites pyramides. On y voyait une église, dévastée par l'impiété révolutionnaire qui avait même effacé jusqu'à la croix qui ornait le frontispiceHistoire de l'enlèvement et de la captivité de Pie VI par M. l'Abbé Baldassari - Éd. 1839, p. 458Le P. Baldassari poursuit : Nous aperçûmes une troupe d'hommes armés qui venaient à nous, tambours battant (...) Une telle députation,à notre arrivée sur la terre de la liberté et de l'égalité, nous fit tressaillir d'effroi (...). Le major commandant notre escorte, qui s'en aperçut, s'efforça de nous rassurer, en nous disant que c'était une garde d'honneur. Le détachement (...) rendit les honneurs militaires au Saint-Père [porté dans une chaise à porteurs par huit hommes], et se rangea derrière lui, toujours au son des tambours. Le Pape, n'ayant pas la force d'élever la voix, leur fit signe de la main de cesser leur vacarme ; les tambours obéirent, et nous arrivâmes en silence. (Ibid. p. 459). : Inauguration de l’obélisque en pierre de taille par Napoléon Bonaparte, « consul à vie ». 11 février 1907 : international de ski. 1940-1943 : Durant la Seconde Guerre mondiale, entrée en guerre de l'Italie et occupation du col. 1944-1945 : Occupation allemande. En août 1944, les Allemands ordonnent le déplacement de la population à Bousson, près de Clavière en Italie.
Des fortifications Montgenèvre est ceinte de fortifications élevées. Par sa position géographique à la frontière italienne, Montgenèvre a été le témoin des conflits passés. Ainsi, pour la défense et le contrôle du passage, différentes fortifications ont été construites dans les environs. La plus remarquable d’entre elles est au fort du Chaberton, également nommé fort des Nuages. Culminant à d’altitude, il fut construit par les Italiens entre 1900 et 1914. L'Italie était alors alliée à l'Allemagne et l'Autriche au sein de la Triple Alliance. C'était alors le fort le plus haut d’Europe et ses batteries étaient tournées vers le versant français. Pour ce faire, le sommet dut être miné pour l’araser et ainsi abaisser sa hauteur de . Il ne fallut pas moins de 300 ouvriers civils et sapeurs mineurs pour réaliser cette prouesse technique et humaine, constituée de huit tourelles. Celles-ci formaient la partie visible de l’édifice dont l’ensemble était principalement souterrain. Le 10 juin 1940, Mussolini déclara la guerre à la France. Le 21 juin, les Français situés dans les forts alentour bombardèrent le Chaberton et ses 320 hommes qui pourtant les dominaient nettement. Il fallut seulement 57 obus de mortier pour détruire la majorité des batteries italiennes. Rattaché à la France en 1947 (traité de Paris), le fort est définitivement désarmé en 1957. Aujourd’hui, il est un but de randonnée où il est encore possible d’observer quelques vestiges. Le fort du Gondran, construit à partir du , est un ensemble de batteries et de blockhaus voués à défendre les hauteurs de Briançon depuis le sommet des Anges. Le fort du Janus fut bâti entre 1886 et 1903, sur le sommet du même nom. Un ouvrage souterrain long de qui prolonge la ligne Maginot, fut ajouté entre 1931 et 1937. Il appartient désormais à la commune de Montgenèvre.
La station de sports d'hiver
En 1906, les responsables militaires de l'École du ski français de Briançon, ainsi que les amateurs du Club Alpin Français, se désolent de la faible diffusion du ski parmi la population locale. Elle se limite à la pratique de notables et surtout à quelques sportifs bourgeois. Pour susciter un véritable engouement populaire comme il en existe en Suisse, pays alpin qui multiplie les compétitions de ski dans une atmosphère festive, le Club alpin, soutenu par l'armée française, songe alors à organiser un concours de skiLa devise du club alpin français, Pour la patrie, par la montagne, explique ce rapprochement d'intérêts. Il s'agit d'assurer la formation de skieurs combattants pour défendre le pays face à un éventuel assaut sur la neige., qui sera le premier « concours international de ski ». Le choix du col du Lautaret, initialement prévu, est abandonné faute d'hôtels suffisants à proximité. Le concours pour lequel un règlement est édicté prévoit une course de fond, une course de descente (en montée, plat et descente) et un sautLe règlement de la manifestation itinérante, qui devient concours international de ski, reste inchangé jusqu'en 1931.. Heureuse surprise, il attire trois mille inscriptions de diverses nationalités. gauche|vignette|222x222px|Vue aérienne en hiver