Saint-Martin-les-Eaux est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'exode rural a été très fort dans cette commune, qui a perdu plus de 80 % de sa population avant de se stabiliser autour de 100 habitants.

Située en limite nord du parc naturel régional du Luberon, la commune , notamment la préservation de ses espaces forestiers. Elle développe ses sources d’énergies renouvelables. Son territoire, pour l'essentiel classé en zone naturelle et zone de silence, est formé de monts et ravins, une rivière (le Largue) formant la limite nord. Son socle géologique particulier (gypse, sel gemme) a permis un développement économique spécialisé (extraction du sel et stockage d'hydrocarbures), mais l'agriculture reste présente.

Géographie thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Saint-Martin-les-Eaux et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Les communes limitrophes de Saint-Martin-les-Eaux sont Saint-Michel-l'Observatoire, Dauphin, Manosque et Villemus.

Géologie

thumb|Massif des Alpes et localisation des Monts de Vaucluse. Saint-Martin-les-Eaux se situe dans le bassin sédimentaire de Manosque-Forcalquier, au nord-ouest de la faille de la Durance. D'origine fluvio-lacustre, il date de l'Oligocène. Cette couche s'organise selon un anticlinal, avec une épaisse couche tertiaire contenant des lignites et du gypse. L'ensemble s'est ouvert par le percement d’un dôme de sel gemme (diapir) datant de l’Oligocène inférieur ou de l’Éocène qui a extrudé au travers de failles de l'anticlinal, durant la deuxième poussée alpineG. Bessonnat, Eaux thermales et thermominérales de Provence, Ed. Nature en Provence, 1987. Ces couches sont enfouies sous une couche de marnes sableuses datant du Sannoisien.

L'ensemble est compris en limite des Monts de Vaucluse, dans le Luberon oriental.

Relief Le territoire communal se situe entre les régions naturelles du Massif du Luberon et des Monts de Vaucluse, dans le Luberon oriental, à l'ouest de la vallée de la Durance qui coule vers Aix-en-Provence. Le village est situé à d’altitudeMichel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 p. (non-paginé) .. Sa topographie varie de (vallée de la Largue en limite nord) à (la Blache). Elle s'organise en différents monts et ravins : le ravin de l'Ausselet, le ravin de Coste Longue, le ravin de Piférat, le ravin de l'AgassonCarte IGN..

Hydrographie Le Largue traverse la communeLes cours d'eau Français (Le Largue) au nord.

Deux sources sont présentes dans la commune, l'une sulfureuse et l'autre salineSaint Martin les Eaux Provence Luberon, .

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dauphin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Environnement La commune compte de bois et forêts, soit 35 % de sa superficie.

Voies de communication et transports L'autoroute A 51 passe à l'est de la commune (à en voiture). Celle-ci est desservie par les routes départementales RD 105 et RD 505.

Les accès ferroviaires sont aux gares SNCF à Manosque - Gréoux-les-Bains à , à La Brillanne-Oraison à et à Pertuis à vers Aix-en-Provence et Marseille.

L'orientation et la localisation de Saint-Martin-les-Eaux par rapport à quelques grandes villes françaises sont données dans le tableau suivant. Distance à vol d'oiseau : Ville Marseille Nice Montpellier Lyon Toulouse Bordeaux Strasbourg Paris Nantes Rennes LilleDistance Orientation(S)(S-E)(S-O)(N)(O)(O)(N-E)(N)(N-O)(N-0)(N)

Risques naturels et technologiques

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Manosque-Nord auquel appartient Saint-Martin-les-Eaux est en zone 2 (risque moyen) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques, et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Saint-Martin-les-Eaux est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation ; mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort.

La commune de Saint-Martin-les-Eaux est également exposée à plusieurs risques d’origine technologique : risque industriel lié à la présence de stockage d’hydrocarbures dans les installations de Géosel-Géométhane, classées Seveso seuil haut ; risque lié au transports de matières dangereuses par canalisations. La première canalisation transporte de la saumure et des hydrocarbures de et vers Géosel ; la seconde, Transéthylène, sert à acheminer de l’éthylène et traverse la commune.

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune, mais elle est incluse dans le périmètre particulier d'intervention de Géosel-Géométhane et le Dicrim existe depuis 2011.

La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle, pour des inondations, des glissements de terrain et des coulées de boue en 1990 et 1994. Le seul tremblement de terre qui a été ressenti à Saint-Martin-les-Eaux est celui du 11 juin 1909, avec Lambesc pour épicentre.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Martin-les-Eaux est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Manosque, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (79,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (83,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (49,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (30,4 %), zones agricoles hétérogènes (15,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,6 %), terres arables (2,2 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le toponyme le Castelas, au sud du village, fait référence à une motte castraleDaniel Mouton, « Les fortifications de terre de la Provence médiévale : l’exemple du bassin de la Durance moyenne », Bastides, bories, hameaux. L’habitat dispersé en Provence, Actes des d’histoire régionale de Mouans-Sartoux, 15 et 16 mars 1985, Mouans-Sartoux, Centre régional de documentation occitane, 1986, .

Le village s'appelait Sancti Martini de Paracollis au , § 28474, , puis Saint-Martin-de-Renacas au et Saint-Martin-d’Arnagas au . Il devient ensuite Saint-Martin-le-Charbonnier.

Durant la Révolution française, la commune, pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, changea son nom pour Mont-MartinJean-Bernard Lacroix, « Naissance du département », in La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, 307, 1989, , et Mont-Renacas. Après la Révolution, la commune est appelée Saint-Martin-de-Renacas jusqu'en 1892. L’exploitation des eaux sulfureuses pour des cures thermales justifia son nouveau nom de Saint-Martin-les-Eaux.

Histoire thumb|En 1125, le territoire fait partie du comté de Forcalquier.

Préhistoire et Antiquité Le territoire de la commune est fréquenté à l’époque néolithique, voire chalcolithiqueGéraldine Bérard, Carte archéologique, , , l’essentiel des découvertes archéologiques datant des V, IV et III millénaire av. J.-C..

Dans l’Antiquité, le territoire de Saint-Martin fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la conquête romaine, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron). L’époque gallo-romaine est attestée par un four de potier et par le site des Passaïres (atelier de potier fabricant des amphores vinaires), à cheval sur la commune de Manosque. Ce site permet d'établir que la production de vin était importante dans la régionJean-Pierre Brun, « La viticulture antique en Provence », Gallia, Tome 58, 2001. 70., et que la zone de Manosque était, grâce à la proximité de la voie Domitienne, fortement intégrée à l'Empire romain et fortement pénétrée de ses modes de viePhilippe Leveau, « L'habitat rural dans la Provence Antique : villa, vicus et mansio. Études de cas », Revue archéologique de Narbonnaise, Tome 35, 2002, ..

Moyen Âge