Meyronnes est une ancienne commune française montagnarde, frontalière du Piémont, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Val d'Oronaye.

Le nom de ses habitants est Meyronnois ou Meyronnais, en valéian lous Meirounencs.

Le village est situé dans la vallée de l'Ubaye, au débouché amont de la gorge de l'Ubayette, passage qui fut toujours d'une grande importance stratégique. Le cheminement vers l'aval fut très délicat dans le fond de la gorge jusqu'au début du . Pour illustrer indiquons la mention un peu inattendue qui fut portée sur cette première carte d'état-major : « Route de Nîmes au Piémont ». Malgré le tracé de la route actuelle de la Rochailles, fréquentée aussi par des routiers transalpins locaux, ce franchissement routier reste difficile, en effet tous les ans des réflexions complexes sont liées aux instabilités géologiques.

Géographie thumb|right|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Meyronnes et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Meyronnes est un petit village situé dans le vallon de l'Ubayette, près de la vallée de l'Ubaye. Surplombant le village, à mètres d'altitude se situe le hameau de Saint-Ours. D'autres hameaux ont existé : Fontvive et Certamussat, mais détruits par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, ils n'ont pas été reconstruits. À mètres d'altitude, le bourg de Meyronnes est le plus haut de France.

En face du village de Meyronnes se trouve la forteresse de Roche-la-Croix, grand complexe bétonné de la ligne Maginot, construite dans les années 1930. Un autre fort datant de Napoléon III se trouve au-dessus de ce dernier. Il existe encore, sur la crête de la Duyère, comme aussi une série de blockhaus situés à plus de d'altitude.

La commune est traversée par le sentier de grande randonnée GR 5.

Relief Tête de Siguret (3032 m) Tête de Roffre Tête du Coin de l'Ours Cime de la Courbe (Rochers de Saint-Ours) Tête des Adreichouns (Rochers de Saint-Ours)

Hydrographie vignette|Lac de l’Oronaye.

Environnement

La commune compte de bois et forêts, soit 25 % de sa superficie.

Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Barcelonnette auquel appartient Meyronnes est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Meyronnes est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée de l’Ubayette), mouvement de terrain.

La commune de Meyronnes est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses par route. La départementale 900 (ancienne route nationale 100) peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses.

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.

La commune a été l’objet de deux arrêtés de catastrophe naturelle : pour des inondations et des coulées de boue en 2008 et pour des mouvements de terrain en 2006. Par ailleurs, en 1987, une chute de pierres sur un autocar cause la mort d’une adolescente. Dans la liste qui suit, figurent les tremblements de terre fortement ressentis dans la commune. Ils dépassent une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets). Les intensités indiquées sont celles ressenties dans la commune, l’intensité peut être plus forte à l’épicentre : le séisme du , d’une intensité ressentie à Meyronnes de VI et dont l’épicentre était situé à Saint-Clément-sur-Durance, le séisme du , avec une intensité ressentie de V et un épicentre situé dans le Piémont italien, le séisme du , avec une intensité ressentie de V et Larche pour épicentre, le séisme du , avec une intensité ressentie de V et Barcelonnette pour épicentre, le séisme du , avec une intensité ressentie de V et un épicentre situé à Valdieri dans le Piémont italien, le séisme du , avec une intensité ressentie de VII et Saint-Paul-sur-Ubaye pour épicentre. C’est le dernier et le plus puissamment ressenti de tous les tremblements de terre de Meyronnes.

Histoire vignette|Carte nouvellement découverte, établie entre 1749 et 1755 sous la direction de Pierre Joseph de Bourcet, ingénieur militaire. Chef d’œuvre aquarellé, dessiné au 1/. Antiquité Les anciens géographes qualifiaient le peuple compris entre l'est du Rhône, les Alpes, l'Isère et la Méditerranée de ligure puis de celto-ligure. Guy Barruol suggère que le peuple gaulois habitant dans la vallée de l’Ubaye s'appelât les Savincates..

Dans l’Antiquité tardive, Meyronnes fait partie de la vallis Moccensis, d’après le nom de la famille romaine des Moccii< : elle dépend, sur le plan religieux, de l’archevêché de Turin. Le nom évolue ensuite en vallis Muscio (), vallium Mucii (), puis au , en Vallis Montii, c’est-à-dire le Val-des-Monts, district de la vallée de Barcelonnette qui a existé jusqu’au .

Moyen Âge En 571, c’est vraisemblablement sur le plateau de Gleysolles, que le patrice Mummole, accompagné de Salonius, évêque d'Embrun, et de Sagittaire, évêque de Gap, attaque et vainc les Saxons lors de la bataille de Mustiae-Calme, au lieu-dit les Eychalps (ou les Chalps, ou bien le Plan de Fazi). L’année suivante, les Saxons envahissent de nouveau le sud-est de la Gaule, et passent encore par le col de Larche. Ils sont cette fois aussi battus par le même Mummole, lors de la bataille d'Estoublon.

Le nom de Meyronnes apparaît pour la première fois dans les chartes en 1200. (de Meyronnas). Un péage y était perçu sur les voyageurs et commerçants qui passaient le col de Larche vers ou en provenance de l’ItalieLucien Stouff, « Ports, routes et foires du », carte 12 et commentaire in .. Elle appartient aux comtes de Provence jusqu’en 1388 puis passe aux comtes de Savoie jusqu’au traité d'Utrecht (1713).

Rostaing Andrée de Mayronis (mort après 1343), habitant de Sisteron, fut coseigneur de Meyronnes, Tournoux, Gleisoles et probablement de Larche en 1328..

Périodes moderne et contemporaine Le village est incendié à deux reprises en 1690 et 1693. À la même époque, on relève des miracles (paralytiques guéris…) au hameau de Saint-Ours, et un pèlerinage se crée. Il attire des foules des vallées avoisinantes tous les , suscitant la construction d’une nouvelle chapelle Saint-Ours au Plan en 1773, élevée au rang d’église paroissiale en 1833..

Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792..

Comme de nombreuses communes du département, Meyronnes se dote d’écoles bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle compte déjà trois écoles dispensant une instruction primaire aux garçons (à Meyronnes, Saint-Ours et Certamussat).. Les filles ne sont pas concernées par ces mesures avant les lois Ferry : la loi Falloux (1851) n’impose une école de filles que pour les communes de plus de , et la première loi Duruy (1867) qui abaisse ce seuil à n’est pas suivie d’effets à Meyronnes.

La commune de Meyronnes est durement touchée par la Première Guerre mondiale. Une souscription publique est lancée afin de financer la construction du monument aux morts. Une autre souscription, de fin 1919 à 1921, a lieu dans toute la vallée de l'Ubaye et permet de financer un monument aux de la vallée, érigé à Barcelonnette par Paul Landowski..

Le village est détruit par les combats de la fin de la Seconde Guerre mondialeM. Villard, « La guerre de 1939-1945, la Résistance et le débarquement en Provence », carte 195 et commentaire in ., puis reconstruit. Certains hameaux cependant sont restés en ruines comme Fontvive (en montant à Saint-Ours) ou Certamussas (en amont vers Larche). Un compte-rendu des opérations éclaires de reconquête de l'Ubayette menées de 20 au , rédigé par le général Doyen, publié par la Sabença, est disponible gratuitement sur le site de la médiathèque « Colporteur en Ubaye ». Un document remarquablement illustréDocument remarquablement illustré sur la bataille des Alpes , sur le site des archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence., accessible sur internet a été publié par les archives départementales en 2010 et retrace la période initiale jusqu'à 1940 en Ubaye. Le 21avril, cinq avions se relayent pour bombarder en piqué ce qui reste du village. Une bombe détruit totalement le P.C. nazi, tous les occupants sont tués.

Hameaux et écarts Le chef-lieu

Saint-Ours Il y a eu 11 bistrots entre les deux guerres mondiales car c'est une période importante de construction et améliorations d'ouvrages militaires. La mine de charbon fut surtout utilisée pour produire de la chaux. Elle est située en montant au nord, deux cents mètres plus haut, et fut exploitée jusqu'à la réalisation des ouvrages Maginot. Elle connut son apogée de production entre 1941 et 1944 pour la réalisation du fort de TournouxPanneaux touristiques sur place dans le hameau..

vignette|Carte nouvellement découverte établie entre 1749 et 1755 sous la direction de Pierre Joseph de Bourcet, ingénieur militaire. Un chef d’œuvre cartographique aquarellé, dessiné au 1/. Certamussat Le hameau a disparu au cours de la dernière guerre mondiale. Le cadastre actuel indiquant environ 25 parcelles bâties, ce hameau n'était donc pas si petit. Il semble que l'ensemble des héritiers, n'ait pas choisi après la guerre les offres de reconstruction, mais la part financière de compensation proposée. L'église ou chapelle devait avoir une titulature ! Le cadastre napoléonien de 1840 indique Saint-Jean en section D 3.

Les descendants du village s'y réunissent chaque . Une petite chapelle, une grande bergerie et le cimetière furent reconstruits ou restaurés, grâce à l'effort d'un groupe originaire de Certamussat (dont Antoine, l'ainé des fils Charpenel citation ci-dessous).

Une biographie d'un Certamussa « tinien » est accessible sur internet : Journal de la Guerre 1914-1918 d'un ubayen : Anselme CharpenelJournal de la Guerre 1914-1918 d'un ubayen : Anselme Charpenel (consulté le 22 février 2019).. Dans celle-ci, il dit : Aux dires des anciens « Certamussat » est un mot latin qui signifie : « On a assez combattu ».

Il existe de ce village un grand tableau en bois, exécuté en pyrogravure, agrandissement d'une ancienne carte postale (un artiste du cours Mirabeau à Aix-en-Provence l'a gravé en un mois en 1938, sur commande d'Anselme Charpenel). Il en a été fait don au musée de la Vallée, à Barcelonnette. Un tableau à l'huile, offert à la Mairie de Meyronnes, en a été peint par Colette Bavoux.

La carte de Cassini, signale : une chapelle à la « Faucherie », entre Fontvive et Certamussat (rive gauche du riou du Pinet sur le plan d'étalement de confluence) ; un moulin dans le lit principal légèrement en amont.

Font-vive L’abbé Albert en 1783Histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du diocèse d'Embrun, 2 vol., (V.I, 230). souligne qu’il y avait autrefois une église paroissiale sous le titre de Saint-Sébastien bâtie en 1420 (le linteau de la porte de la chapelle des pénitents de Meyronnes, provenant d'elle portait cette date gravée dans la pierre). L’abbé Féraud en parle un peu lui aussi. Le toponyme semble assez clair pour être interprété comme « hameau de la bonne source au grand débit ». La carte indique l'altitude . L'ensemble du hameau est ruiné, mais déserté antérieurement à la dernière guerre mondiale. La densité de chemins et de parcelles cadastrales fait penser à une intense vie agricole. Le cadastre semble indiquer quatorze bâtisses.

Les Gascons