Simón Bolívar (Prononciation en espagnol d'Amérique retranscrite selon la norme API. ), de son nom complet Simón José Antonio de la Santísima Trinidad Bolívar y Palacios, surnommé El Libertador, né le Dans une lettre à sa cousine Fanny du Villars, Bolivar affirme être né le 25 juillet, mais comme ce jour était celui de la Saint Jacques (Santiago, saint patron de l'Espagne), sa date de naissance fut modifiée pour le 24 juillet. à Caracas dans la vice-royauté de Nouvelle-Grenade (aujourd'hui au Venezuela), et mort le à Santa Marta en Grande Colombie, est un général et homme d'État vénézuélien.
Simón Bolívar est avec son compatriote Antonio José de Sucre, l'argentin José de San Martín et le chilien Bernardo O'Higgins une figure emblématique de l'émancipation des colonies espagnoles en Amérique du Sud dès 1813. Il participe de manière décisive à l'indépendance de la Bolivie, de la Colombie, de l'Équateur, du Panama, du Pérou et du Venezuela. Bolívar contribue également à la création de la Grande Colombie, dont il est le premier président. Il l'imagine faisant partie d'une grande confédération politique et militaire regroupant l'ensemble de l'Amérique latine.
Dans le cadre des guerres d'indépendance en Amérique latine, Bolívar a mené une centaine de batailles, dont soixante-dix-neuf furent décisives. Pendant ses campagnes, il a parcouru à cheval, soit dix fois plus qu'Hannibal, trois fois plus que Napoléon et deux fois plus qu'Alexandre le Grand.
Simón Bolívar est aujourd'hui une idole politique et militaire dans de nombreux pays d'Amérique latine et du monde. Son nom a notamment été donné à un très grand nombre de lieux, dont des places, des rues ou des parcs, ainsi qu'à un pays, la Bolivie. On retrouve des statues à son effigie dans la plupart des grandes villes d'Amérique hispanophone, mais aussi à travers le monde.
Ses idées inspirent un courant politique, le bolivarisme, proche du panaméricanisme. En Amérique latine, de nombreuses figures politiques du siècle se réfèrent à Simón Bolívar. Au Venezuela, la révolution bolivarienne de 1999 se réclame directement du bolivarisme, à travers le chavisme.
Jeunesse Famille et héritage La famille Bolívar était originaire de la petite localité de Ziortza-Bolibar, en Biscaye (Pays basque espagnol). Elle était présente au Venezuela dès les premiers temps de la colonisation espagnole de l'Amérique du Sud et, à la naissance du futur , faisait partie de l'élite créole de la colonie.
L'ancêtre familial est Simón Bolíbar (dit ) qui en 1559 quitta le Pays basque pour l'île de Saint-Domingue, où il exerça la profession de greffier de l'une des chambres de l'. En 1587, Simón Bolíbar quitta Saint-Domingue avec son père le gouverneur don Diego de Osorio pour s'installer en Tierra Firme en qualité de trésorier-comptable. Promu procureur par le de Caracas, il réalisa en 1590 une mission à Madrid auprès de Philippe II pour solliciter des privilèges commerciaux en faveur de la colonie. Il mourut en 1612.
La génération suivante fut représentée par un prêtre, chargé du tribunal de l'Inquisition et qui se distingua en participant à l'expédition contre Lope de Aguirre, conquistador particulièrement cruel qui s'était rebellé contre l'autorité du roi. Pour ces services, ce prêtre se vit offrir une sur les terres de San Mateo.
À la troisième génération figure don , grand-père du , lequel aurait eu du sang indigène.
Avec le temps, la famille Bolívar, alliée par le mariage avec d'autres familles des premiers colons du Venezuela, obtint diverses fonctions et distinctions comme celles de régisseur, sous-lieutenant du roi, ainsi que des titres de noblesse comme celui de marquis de San Luis et vicomte de Cocorote, ce dernier étant associé à la cession des riches mines de cuivre de Cocorote et de la seigneurie d'Aroa.
La mère de Simón Bolívar, María de la Concepción Palacios y Blanco, tout comme son père Juan Vicente Bolívar y Ponte faisaient partie de l'aristocratie de Caracas, et en dépit d'une grande différence d'âge, ils se marièrent en 1773 : Juan Vicente avait quarante-sept ans tandis que Concepción n'en avait que quinze. Ils eurent cinq enfants : María Antonia, Juana Nepomucena, Juan Vicente, Simón et María del Carmen. Cependant, cette dernière mourut dans les heures qui suivirent sa naissance.
Enfance vignette|Maison natale du Libertador à Caracas. Simón Bolívar est né dans la nuit du 24 au Certains auteurs préfèrent indiquer minuit, le 24 juillet, bien que de nombreuses sources affirment que les premières douleurs de Maria Concepcion se firent sentir bien plus avant dans la nuit du 25., dans une villa de la Plaza San Jacinto de CaracasCertains habitants du village de San Mateo, dans l'État d'Aragua, soutiennent que Simón Bolívar est né dans leur village et fut ensuite emmené à Caracas et présenté comme natif de la capitale. Bolívar a passé une grande partie de son enfance à San Mateo, où sa maison est aujourd'hui transformée en musée. et son nom complet est Simón José Antonio de la Santísima Trinidad Bolívar y Ponte Palacios y Blanco, avec lequel il fut baptisé le suivant à la cathédrale de Caracas par son cousin, le docteur Juan Félix Jerez Aristeguieta. C'est ce dernier qui aurait, d'après Juan Vicente Bolívar, proposé le prénom de Simón.
En , alors que Simón Bolívar était âgé de deux ans, son père mourut de la tuberculose, laissant Concepción diriger la famille et veiller efficacement à ses intérêts. Mais elle-même fut touchée par la tuberculose et sa santé déclina rapidement.
Concepción mourut le , à la veille des neuf ans de Simón, mais avait pris la précaution d'écrire un testament détaillant qui devrait avoir la charge de ses enfants. Les frères et sœurs Bolívar passèrent donc sous la garde de leur grand-père, Don Feliciano Palacios, lequel tout en assumant cette responsabilité, tomba lui aussi malade et commença à écrire à son tour un testament pour désigner un futur tuteur choisi en accord avec les enfants.
Simón Bolívar fut confié à son oncle, Don Esteban Palacios y Blanco, mais comme celui-ci se trouvait en Espagne, il demeura sous la garde d'un autre de ses oncles, Don Carlos Palacios y Blanco, de caractère dur et strict, et qui s'absentait fréquemment de Caracas pour s'occuper de ses propriétés, laissant la garde de son neveu à ses domestiques, dont deux nourrices noires esclavagisées Hipólita et Matea., ce qui contribuera à l'influencer plus tard dans sa lutte pour l'abolition de l'esclavage.. Simón Bolívar était alors scolarisé à l'école publique de Caracas.
Malgré tout, les références qu'a laissées Bolívar dans ses correspondances laissent supposer que son enfance fut heureuse et qu'il fut entouré de beaucoup d'affection, ayant d'agréables souvenirs avec des parents connus et influents dans une ambiance très aristocratique et d'une façon plus générale, dans une ambiance qui lui a offert un certain équilibre émotionnel.
Il existe quelques anecdotes popularisées au Venezuela qui présentent Bolívar enfant comme quelqu'un de turbulent ; anecdotes relayées par des écrivains romantiques qui cherchaient à lui attribuer dès l'enfance un caractère insoumis, avec l'idée qu'un homme exceptionnel ne pouvait pas provenir d'un enfant sage. Mais il fut démontré que ces anecdotes furent inventées et introduites dans des récits historiques par Arístides Rojas, un excellent narrateur, mais qui usait souvent de son imagination faute de documents étayant ses affirmationsArístides Rojas, né le est un historien et écrivain vénézuélien. Une de ses œuvres, à laquelle il est fait référence ici, est Orígenes de la revolución venezolana (« Origines de la révolution vénézuélienne ») (En ligne). Voir aussi : Natalicio de Arístides Rojas..
Éducation vignette|gauche|Portrait de Simón Bolívar à . La jeune scolarité de Bolívar ne fut pas très brillante dans une école publique de la municipalité de Caracas manquant de moyens et présentant des carences administratives. Simón Rodríguez y fut l'instituteur de Bolívar et Don Carlos pensait lui confier la garde de Bolívar, ne pouvant s'occuper personnellement de lui. Les protestations de sa nièce María Antonia à propos de l'éducation que recevait Bolívar étaient fréquentes.
vignette|Bolívar en 1804. Devant la perspective d'aller vivre avec son maître d'école, Bolívar s'échappa de la maison de son oncle le pour rejoindre sa sœur María Antonia, qui prit temporairement sa garde le temps que se réglât le litige judiciaire à la Real Audiencia de Caracas, qui rendit à Don Carlos la garde de l'enfant. Bolívar tenta d'y résister, mais il fut emmené de force vers la demeure de Simón Rodríguez.
Là, les conditions de vie pour Bolívar furent très en deçà de ce qu'il connaissait ; il devait partager l'espace avec vingt autres personnes dans une maison qui n'était pas conçue à cet effet. Bolívar prit à nouveau la fuite à plusieurs reprises, revenant chaque fois par ordre des tribunaux. Rodríguez finit par renoncer à sa fonction d'instituteur pour partir en Europe et la Real Audiencia de Caracas décida alors que Bolívar serait muté à l'Académie de mathématiques, dirigée par le père Andújar et qui se tenait dans la maison de son oncle Don Carlos. Dans cette académie, la formation de Bolívar s'améliora notablement et fut complétée par des cours d'histoire et de cosmographie donnés par Don Andrés Bello, jusqu'à son entrée dans le Batallón de Milicias de blancos de los Valles de Aragua (le « bataillon des milices de blancs des vallées d'Aragua ») le .
Selon une légende tenace, Bolívar aurait été inscrit au collège royal de Sorèze, dans le Tarn, en France, de 1795 à 1798Simon BOLIVAR (1795-1798) + 1830 : Cet article dément l'idée, basée sur la présence d'un buste de 1906 lui ressemblant, qu'il ait pu être un élève de cette école militaire. Cependant, s'il n'y a pas été élève, il y est peut-être venu visiter l'école pendant un de ses séjours en France comme le général Miranda l'a fait en 1789, car il a conseillé à sa sœur Maria Antonia Bolivar mariée à Pablo Clemente Francia d'y envoyer ses deux fils, ce qui a été fait en 1803-1806 et il a payé leurs pensions (Patrimoine Lauragais : Frère J. de Metz, L'école de Sorèze et Simon Bolivar).. Il est aujourd'hui établi que Bolívar ne fréquenta jamais cette école militaire. L'origine de cette légende tient sans doute au grand prestige de cette institution ainsi qu’au fait que avait demandé à y être admis.
Professeurs de Simón Bolívar Quelques-unes des personnes ayant participé à l'éducation de Bolívar et qui eurent une influence sur ses valeurs et ses pensées :
Entre l'Europe et l'Amérique vignette|Statue de S. Bolívar, à Belgrave Square (Londres). Bolívar commença sa carrière militaire à l'âge de quatorze ans et obtint le titre de sous-lieutenant deux ans plus tard, dans une unité militaire créée en 1759 par l'un de ses aïeux, Don Juan de Bolívar.
Son service militaire fut interrompu par la décision de ses oncles Esteban et Carlos de l'envoyer en Espagne afin de mieux connaître le monde et de compléter sa formation.
Cependant, l'Espagne se trouvait alors prise dans une crise internationale complexe provoquée par la Révolution française, à laquelle il faut ajouter un affrontement interne entre absolutistes et libéraux et un déficit fiscal aggravé par le blocus maritime imposé par les Britanniques ; ce blocus perturbait le trafic habituel vers les Amériques, attaquant toute embarcation qui aurait tenté de le franchir.
Premier voyage en Europe