Blâmont est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est.
Géographie vignette|center|Vue de Blâmont en 2014.
Blâmont est située à l'extrémité orientale du département, dans la vallée de la Vezouze. Cette rivière a connu plusieurs crues spectaculaires dans le passé, à la différence de son affluent, la Voise, qui n'a jamais menacé les zones habitées.
La ville se trouve sur la route nationale 4 qui se fraie un tracé tortueux parmi les maisons anciennes. Depuis le mois de , une route à 2x2 voies contourne Blâmont.
Hydrographie La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Vezouze, le ruisseau de Voise, le ruisseau d'Erbisey et le ruisseau le Vacon..
La Vezouze, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Sauveur et se jette dans la Meurthe à Rehainviller, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de la Vezouze sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:05 TU à partir des 137 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1996 au 01/09/2008.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
Le ruisseau de Voise, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Hattigny et se jette dans la Vezouze sur la commune, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BlâmontLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Maurice-aux-Forges à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Blâmont est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (65,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (69 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (32,9 %), terres arables (23,1 %), forêts (18,3 %), zones agricoles hétérogènes (9,6 %), zones urbanisées (8,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,4 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (3,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Carsilius de Blammont (1186) ; Albus mons (1244) ; Blanmont et Blancmont (1248) ; Ecclesia de Blankenberg (1282) ; H. dominus de Blaulmont (1304) ; Alba (XIVe siècle) ; Blanmondum (XVIIe siècle).. En allemand : Blankenberg.
La couleur du sol calcaire a certainement amené à nommer ce lieu Blancmont, de l'oïl blanc et mont. d'où le sens global de « mont blanc » (mont signifiant « colline » ou « élévation » en ancien français, colline étant un emprunt à l'italien de la renaissanceSite du CNRTL : définition et étymologie de colline (lire en ligne) ). Un massif domine toute cette région, c'est le Blanc-Mont. L'ordre des mots, adjectif de couleur + substantif, est l'indice d'une influence germanique cf. la forme allemande Blankenberg, cet ordre étant aujourd'hui réservé à la poésie en français standard, mais subsiste dans certains dialectes d'oïl.
Histoire Du Moyen Âge à la Révolution La seigneurie appartint à la famille qui en prit le nom (Blankenberg en allemand), puis devint un fief des comtes de Salm aux . Ils l'attribuèrent à l'un de leurs cadet, Ferry de Blâmont, fils cadet de Henri de Salm. Henri de Blâmont, fils de Ferry, est l'un des principaux héros du tournoi de Chauvency en 1285, applaudi par Jacques Bretel, qui le met à l'honneur et raconte sa joute contre Gevigni et ses faits d'armes dans la mêlée du tournoi, aux côtés de Jean de Rosières et de Raoul de Baissi. Il participait ainsi aux fêtes données par son beau-père, Louis V de Looz, comte de Chiny, époux de Jeanne de Bar, fille d'Henri II de Bar et Philippa de Dreux, veuve de Ferry.
Les seigneurs de Blâmont font partie du groupe héraldique des dix lignages issus de (v. 1045-1103) qui ont deux poissons adossés dans leurs armes au ..
vignette|Gisant de Henri I sire de Blâmont et de son épouse Cunégonde de Linange. Chapelle des Cordeliers, Nancy.
La seigneurie fut élevée au rang de comté au . Durant les guerres de Bourgogne, le seigneur de Blâmont Ferry II s'allie à Charles le Téméraire contre le duc René II et les Sarrebourgeois..
Le comté fut légué au duc de Lorraine en 1499 par Olry de Blâmont, évêque de Toul, et Christine de Danemark, régente de Lorraine, résida à Blâmont. À partir de 1751, il est question du bailliage de Blâmont.
Le , Blamont accueille la cour de France où le roi de Pologne, futur Henri III de France, en partance pour la Pologne, fait ses adieux à sa mère Catherine de Médicis et à sa sœur MargueriteMémoires de Marguerite de Valois, , .Pierre Champion, La jeunesse de Henri III, tome II, Grasset, ..
vignette|Vue de Blâmont et son château en 1645. Au début du , la duchesse douairière Marguerite de Gonzague contribue également à l'essor de la cité, en fondant un couvent de capucins, et un monastère des religieuses enseignantes de la congrégation Notre-Dame.
La ville et son château furent pris par les protestants lors des guerres de Religion, puis détruits pendant la guerre de Trente Ans (sièges de 1636 et 1638) ; le château fort comme beaucoup d'autres fut démantelé sur ordre de Richelieu.
La ville fut reconstruite au ; de nombreux bâtiments datent de cette période, comme l'hôpital, l'hôtel du Chatelet ou le presbytère. Le centre se déplace alors au-delà des murs, près du pont de la Vezouze.
Époque contemporaine Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.
Au , la ville connut une période de prospérité, en lien avec son environnement agricole. Un actif tissu économique se développa alors : tanneries (Hertz), brasseries (Baumgarten), chocolaterie (Burrus), fabrique de velours (Bechmann), usine de fourches (Labourel)... Son collège, fondé en 1812 par l'abbé Lebon, attire de nombreux pensionnaires venus de toute la région, tandis que la population de la ville dépasse le cap des au milieu du siècle. Ce fut durant cette période de prospérité que furent édifiés l'hôtel de ville (1830), la synagogue (1844) et l'église (1852). En 1836, on y dénombrait une cinquantaine de familles juivesE. Grosse, Dictionnaire statistique du département de la Meurthe, tome , 1836, page 83..
Ce n'est qu'en 1870 que Blâmont est desservie par la compagnie privée ABC (ligne d'Avricourt à Blâmont et à Cirey) à partir de la gare d'Avricourt, ce qui provoquera en 1871 la partition de cette commune. Plus tardivement, avec beaucoup de lenteur et de retard, un chemin de fer métrique départemental atteint Blâmont par la compagnie du LBB (ligne de Lunéville à Blâmont et à Badonviller). La gare est inaugurée le par le ministre Albert Lebrun par une fête grandiose et un banquet de 450 couverts. Les stations des voyageurs et des marchandises sont devenues habitations au . Le trafic de la ligne LBB fonctionnera jusqu'en 1942. vignette|Plan de Blâmont de 1912 avec les anciennes fortifications. Pendant la Première Guerre mondiale, Blâmont, située à quatre kilomètres de la frontière franco-allemande issue du traité de Francfort de 1871, fut rapidement envahie par les Allemands. Les actes de barbarie commis à Blâmont au début des hostilités () défrayèrent la chronique internationale. Puis le front se stabilisa et la ville demeura sous occupation allemande, relativement épargnée tandis que les villages des alentours, situés sur la ligne de front, furent dévastés.
Le centre-ville et le château furent bombardés durant la Seconde Guerre mondiale. La ville est traversée par le Schutzwall West. Dans le cimetière reposent les sept corps de l'équipage d'un avion du de la Royal Air Force tombé à Blâmont le .
L'après-guerre fut marqué par la reconstruction, puis par la désindustrialisation.
Depuis 2001, les municipalités de Monique Roch puis de son successeur Guy Jambois sont confrontées à des problèmes de fonctionnement récurrents (démission de deux adjoints en , destitutions de deux autres adjoints en et en , puis démission de six conseillers en , suivie d'élections partielles en intégralement remportées par l'opposition). En , les médias révèlent que le maire serait impliqué dans une affaire de présumées fausses délibérationsJournal télévisé, France 3 du 18 janvier 2011. Une nouvelle vague de démissions de conseillers municipaux a lieu au printemps 2016., provoquant de nouvelles élections partielles en . remportées par Thierry Meurant..
Politique et administration
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Population et société Démographie
Enseignement L'école maternelle et élémentaire Jean-Crouzier occupe l'ancien couvent des sœurs de Notre-Dame (). Le collège du château est installé dans un bâtiment construit en 1953 et agrandi en 1972.
Au , Blâmont eut un collège municipal (1812-1858), puis diocésain (1858-1870), un pensionnat libre (demoiselles Tanche, 1842-1870) et deux écoles congréganistes, une masculine (frères des Écoles chrétiennes, 1854-1870) et une féminine (sœurs de la Doctrine Chrétienne, 1808-1903). L'immeuble des sœurs de la doctrine chrétienne, rue des Capucins, devint le Foyer des Institutrices Libres de Lorraine après 1925.
Santé