Noureddine Bhiri (), né le à Jebiniana, est un homme politique et avocat tunisien. Il est condamné et incarcéré dans le cadre de l'affaire du complot contre la sûreté de l'État dans des conditions critiquées par plusieurs ONG.
Formation Bhiri est titulaire d'un maîtrise de droit de la faculté de droit et des sciences politiques et économiques de Tunis.. Il devient ensuite avocat à la Cour de cassation ; il est également coordinateur du comité des avocats devant le tribunal militaire en 1992.
Carrière politique Militantisme Il rejoint le mouvement islamiste Ennahdha en 1977 et y occupe plusieurs postes à responsabilité, notamment la direction de l'aile du parti au sein de l'université. Il devient ensuite membre du bureau politique, du bureau exécutif ainsi que du Conseil de la Choura dès 1981, avant de devenir responsable de la section politique. Il est emprisonné entre et .
Il adhère aussi à l'action associative en tant que membre du bureau exécutif du Centre de Tunis pour l'indépendance de la justice et de la coordination nationale pour le soutien à la révolution syrienne. Il est également membre fondateur de l'Organisation nationale de la lutte contre la normalisation avec l'État sioniste et du Comité national de soutien de l'Irak. Il milite aussi dans plusieurs associations de défense des droits de l'homme.
Il est considéré comme faisant partie de l' d'Ennahdha..
Ministre de la Justice À la suite de la victoire du parti lors de l'élection de l'assemblée constituante du , durant laquelle il est élu dans la circonscription de Ben Arous, il devient le ministre de la Justice dans le gouvernement Jebali (troïka). Il succède ainsi à Lazhar Karoui Chebbi, ministre dans le gouvernement Caïd Essebsi, et démissionne de son siège de constituant le .
En , il révoque en invoquant la nécessité de freiner la corruption, un acte que Human Rights Watch considère comme injuste, arbitraire et un précédent inquiétant qui accroît la subordination de la justice vis-à-vis du pouvoir exécutif.. Lamia Mejri, membre du bureau exécutif de l'Association des magistrats tunisiens (AMT), la qualifie d'.. Il fait par ailleurs l'objet de critiques pour avoir pris la tête du Conseil supérieur de la magistrature, suscitant de nombreuses réactions au sein de membres de l'AMT qui s'opposent à cette décision pouvant nuire selon eux à l'indépendance de la justice..
À la suite du meurtre de Chokri Belaïd, le , et à l'échec de l'initiative de Jebali annoncée le soir même, consistant en la formation d'un gouvernement de technocrates., il figure parmi les candidats pour remplacer Jebali à la tête du gouvernement.. Finalement, Ennahdha porte son choix sur Ali Larayedh, qui est chargé par le président Moncef Marzouki de former un nouveau gouvernement dans lequel Bhiri n'est pas reconduit, devenant ministre délégué auprès du chef du gouvernement.
Il est élu à l'Assemblée des représentants du peuple lors des élections du 26 octobre 2014.
Affaires judiciaires Noureddine Bhiri est arrêté le dans le quartier d'El Manar à Tunis.. Tenu en résidence surveillée dans un lieu privé puis hospitalisé, il est libéré le alors qu'aucune charge n'est finalement retenue contre lui..
Le , il est blessé lors d'une nouvelle interpellation, emmené à la caserne de Bouchoucha et laissé sans soins, à la suite de quoi il entame une grève de la faim le ., qu'il suspend quelque temps après.
Le , il est condamné à dix ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'État, incitation à la désobéissance civile et appel à l'insurrection., une peine confirmée en appel le ..
Il est aussi condamné en appel le à vingt ans de prison dans le cadre de l'affaire du complot contre la sûreté de l'État pour . après une condamnation à 43 ans prononcée en première instance.. Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères dénoncent les conditions dans lesquelles s'est déroulé le procès, dont Human Rights Watch qui évoque une parodie de justice..
Vie privée Il est marié et père de quatre enfants.
À la suite de l'amnistie, le , de son frère condamné à quatre ans de prison, il déclare . Selon lui, son frère avait été victime ; cependant sa libération a provoqué un mouvement de protestation à Jebiniana..
Accusations Les requêtes présentées au parquet civil par le comité de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, concernant l'implication d'une organisation secrète d'Ennahdha dans leurs assassinats, n'ont pas reçu de réponse et ces affaires ont été divisées en une dizaine de sous-dossiers. Le parquet est considéré par El Watan comme étant sous l'emprise du parti islamiste depuis le passage de Nourredine Bhiri à la tête du ministère de la Justice..
Celui-ci est par ailleurs qualifié de co-responsable du décès en de Jilani Daboussi, ancien député et maire de Tabarka, par le fils de ce dernier. qui affirme détenir un enregistrement sonore où il aurait demandé la falsification du rapport médical..
Références
Catégorie:Ministre tunisien de la Justice Catégorie:Député tunisien Catégorie:Constituant à l'assemblée constituante tunisienne de 2011 Catégorie:Personnalité du Mouvement Ennahdha Catégorie:Affaire du complot contre la sûreté de l'État en Tunisie Catégorie:Prisonnier politique tunisien Catégorie:Avocat tunisien Catégorie:Étudiant de l'université de Tunis Catégorie:Naissance en juillet 1958 Catégorie:Naissance dans le gouvernorat de Sfax