En quatrième vitesse () est un film policier américain de Robert Aldrich sorti en 1955. Adaptant un livre de Mickey Spillane, le film est considéré comme un classique du film noir et une des meilleures réussites de son auteur.
Synopsis Une nuit en rase campagne, Mike Hammer vient en aide à une inconnue, Christina, femme en fuite et affolée, qui s'est interposée devant la voiture. Ils sont rattrapés par les poursuivants et Hammer échappe de peu à la mort. À sa sortie de l'hôpital, il retrouve sa vie de détective privé. En enquêtant sur l'implication de Hammer dans l'affaire, le policier Pat Murphy attire son attention sur les mystères qui entourent le faux accident dont il a été victime. Comprenant que quelque chose d'important se joue derrière l'assassinat de Christina, Hammer mène sa propre enquête, avec l'aide de sa secrétaire, et maîtresse, Velda. Il retrouve le domicile de Christina, enquête parmi ce qui reste de ses connaissances car certains ont disparu dans des circonstances violentes. Ce faisant, Hammer évite plusieurs tentatives de meurtre.
Son enquête le mène chez un gangster de haut niveau : Carl Evello. Hammer comprend que tous les protagonistes de l'affaire, la police, les différentes bandes de gangsters et maintenant lui aussi, sont à la recherche d'un objet (un mac guffin) dont il ignore cependant la nature. Pendant ce temps, des informateurs mettent Velda sur plusieurs pistes. Alors que Pat Murphy dispose d'informations qu'il ne veut pas donner à Hammer, ce dernier parvient à retrouver Lily Carver, l'ex-colocataire de Christina, et qui va l'aider à remonter des pistes. Mais, dans l'ombre, un personnage dont, dans l'essentiel du film, on ne voit que les chaussures, tire les ficelles. Il va réussir à mettre la main le premier sur l'objet, non sans dégâts considérables pour lui et pour tous les protagonistes.
Fiche technique Titre original : Titre français : En quatrième vitesse Réalisation : Robert Aldrich Scénario : A.I. Bezzerides, d'après le roman Kiss Me Deadly de Mickey Spillane Direction artistique : William Glasgow Décors : Howard Bristol Photographie : Ernest Laszlo Montage : Michael Luciano Son : Jack Solomon Musique : Frank De Vol Chanson du générique : I'd Rather Have the Blues interprétée par Nat King Cole et Kitty White Production : Robert Aldrich Producteur exécutif : Victor Saville (non crédité) Société de production : Parklane Pictures Inc. Société de distribution : United Artists Pays de production : Langue originale : anglais Budget : (est.) Format : Noir et blanc — — 1,85:1 — Son monophonique (Glen Glenn Sound Co. Recording) Genre : Thriller, film noir Durée : 106 minutes Dates de sortie : États-Unis : (Los Angeles) France :
Distribution
Production thumb|Affiche alternative du film. Adaptation du roman de Spillane En quatrième vitesse.... est l'adaptation d'un roman policier de Mickey Spillane, de la série Mike Hammer, qu'Aldrich transforme en cauchemar apocalyptique. Le personnage du privé Mike Hammer est un antihéros opportuniste, misogyne, brutal, cynique, dénué de toute compassion sauf pour sa secrétaire Velda, ne cherchant nulle vérité mais cherchant surtout à se sauver d'une situation malencontreuse, traversant les bagarres et fusillades en gardant une tenue impeccable sous les yeux mi amusés, mi soucieux de Velda, tout cela sur un fond d’anxiété paranoïaque..
Ni Aldrich ni le scénariste A.I. Bezzerides n'apprécient l'œuvre de Spillane et l'adaptation diverge du livre sur de nombreux points. Ainsi, là où le roman présente un réseau de trafiquants de drogue, le film fait référence aux dangers de la guerre nucléaire. La scène finale, une gigantesque explosion, est absente du roman.
Point de vue d'Aldrich D'après Robert Aldrich lui-même, ce film est une dénonciation du maccarthysme et d'une société américaine rongée par la peur, confrontée au péril nucléaire :
Ainsi, dès ce premier film noir, Aldrich est en rupture avec le genre, accumulant violences, dureté, meurtres en cascade sur fond de pessimisme, de cynisme, de désenchantement.
Tournage Comme pour plusieurs séries B des années 1950, le tournage est assez rapide.
Le film fait d'ailleurs la part belle aux séquences automobiles qui lui donnent son rythme : Mike Hammer est dépeint comme un amateur de voitures rapidesUne Jaguar XK140 puis une Chevrolet Corvette premier modèle. qu'il conduit à tombeau ouvert.
Accueil Réception critique Aux États-Unis, le film est un échec commercial et se voit dénoncé par la commission présidée par le sénateur Kefauver qui lui reproche sa brutalité.
Mais, d'après le site Rotten Tomatoes le film est salué par la critique américaine avec un consensus le déclarant comme étant :
La critique européenne fait de même. Ainsi, en France tout particulièrement, Robert Aldrich est applaudi aussi bien par Roger Tailleur de Positif. que par François Truffaut. ou par les Cahiers du cinéma, extrêmement enthousiastes. Ce film est pour eux « un des films américains les plus marquants de ces dix dernières années ». Ils y voient l'influence d'Orson Welles. Ainsi, considérant que, d'un point de vue esthétique la forme colle au fond, Charles Bitsch écrit que, par rapport à La Dame de Shanghai,
Mais les Cahiers précisent aussi que ce .
C'est ainsi que la critique de Radio Cinéma Télévision trouve que
Sous cette apparence de film de genre sans plus d'intérêt que d'autres, Jacques Doniol-Valcroze dans France Observateur considère lui aussi que
Par son âpreté et son pessimisme, En quatrième vitesse constitue un tournant dans l'histoire du film noir. Comme l'indique le critique Claude Beylie dans son ouvrage Les Films clés du cinéma, le film
Reconnaissance En quatrième vitesse est inscrit au National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès en 1999..
Notes et références
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