Trinquetaille est un quartier rive droite d'Arles. Il fut particulièrement développé dans l’Antiquité, en raison de ses activités portuaires, comme en témoignent les nombreuses découvertes archéologiques. Son nom apparaît dans de nombreux textes anciens, les consuls d’Arles étant seigneurs de Trinquetaille.

En 2006, le quartier de Trinquetaille comptait Présentation de Trinquetaille, site de la mairie d'Arles..

Géographie Localisation Trinquetaille est un quartier d'Arles, situé à l'ouest du centre historique, séparé de celui-ci par un bras du Rhône.

Hydrographie Le quartier de Trinquetaille est situé sur la rive droite du grand Rhône. Par ce positionnement, à la pointe du Delta, Trinquetaille est situé en Camargue.

Climat

Voies de communication et transports L'accès au quartier se fait depuis le centre-ville d'Arles, par la route départementale RD35a, qui emprunte le pont de Trinquetaille, ou alors la sortie (3) de la voie rapide direction Nîmes.

Plusieurs lignes de bus desservent le quartier de Trinquetailleplan de bus : ligne 3 : Gimeaux - La Crau Ligne 4 : Tournesol - C.C Plaine de Montmajour Ligne 5 : St Pierre - Piscine Montmajour Passage ligne 10 : Vers Salin-de-Giraud Passage ligne 50 : Vers Saintes-Maries-de-la-Mer

Toponymie

Le nom Trinquetaille viendrait du verbe occitan « trancher », suivi de , nom féminin signifiant « morceau de bois sur lequel on fait des entailles », et qui a évolué vers le sens des « impôts ». D'après Gilles Fossat., ou « tranche-tailles, coupeur de tailles », est le surnom d'un homme qui collectait les impôts et inscrivait sur une tranche de bois les sommes perçues ( en latin médiéval). Sa renommée a dû marquer la vie du quartier au point de lui donner son nom.

Jean-Pierre ChambonNouvelle revue d'onomastique, n° 9-10, 1987, p. 110. voit dans ce toponyme un cri de guerre : (« Tranche ! Taille ! ») lié au repli défensif du bourg au cours du Haut Moyen Âge.

Histoire Antiquité

Arelate (Arles) se développe sur les deux rives du Rhône. En rive droite, actuel quartier de Trinquetaille, les découvertes archéologiques soulignent une occupation importante : une zone résidentielle occupée du au , des hangars liés à une activité portuaire à vocation internationale, une cour monumentale à portiques qui pourrait avoir appartenu à un collège socioprofessionnel lié aux activités fluviomaritimes, et deux zones funéraires.

Concernant les demeures de la zone d'habitation, des fouilles menées dans les années 1980 et plus récemment depuis 2013 ont mis au jour plusieurs de ces luxueuses maisons urbaines sur le Site archéologique de la Verrerie de Trinquetaille.

Les plus anciennes demeures portent un décor peint daté de -70 à -30 et unique en Gaule à ce jour.

Une occupation ultérieure, datée de la fin du IIe siècle ap. J.-C., est caractérisée par des domus dotées notamment de bassins en marbre et de fontaines« Trinquetaille, quartier romain, continue à livrer ses secrets », Arles Infos, 24 octobre 2013., d'un système de chauffage par hypocauste et de grandes pièces aux sols décorés de mosaïques, dont certaines sont actuellement visibles au Musée départemental Arles antique (exemple : mosaïque de l'Aiôn).

Vers la fin du , l'archéologie atteste une destruction violente du secteur suivie de son abandon. L'occupation du quartier se résume, pour l'essentiel, jusqu'au à des nécropoles chrétiennes, dont la plus connue est celle de la papeterie Etienne qui a livré de somptueux sarcophages

Moyen Âge En janvier 1208, Pierre de Castelnau, légat du pape Innocent III, parcourt la région pour essayer d'endiguer l'hérésie cathare dans le midi de la France. Castelnau est assassiné par un écuyer du comte de Toulouse Raymond VI. Cet évènement est à l'origine de la Croisade des Albigeois.

La seigneurie de Trinquetaille appartenait alors à la maison des Baux et on y trouve également l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui y avait établi la commanderie Saint-Thomas de Trinquetaille rattachée au grand prieuré de Saint-Gilles. La chapelle Saint-Thomas avait été donnée au Hospitaliers vers 1115/1120 par l'évêque Atton de Bruniquel.

Période contemporaine

Avant la Seconde Guerre mondiale, le quartier de Trinquetaille est relié à Arles par deux ponts : un pont ferroviaire (Arles-Lunel) et un pont routier et piéton en métal (1875). Les deux ponts sont détruits respectivement le 6 août 1944 et le 15 août 1944 par les bombardements alliés, ce qui isole complètement le quartier du reste de la ville.

Le quartier est bombardé lors de la Seconde Guerre mondiale. Les destructions principales ont été subies à Arles en 1944 par 6 bombardements alliés pendant les combats pour la Libération de la Provence. Les objectifs étaient la destruction des ponts mais plusieurs quartiers notamment la Roquette, la Cavalerie et Trinquetaille sont sinistrés. Les dégâts sont importants à Trinquetaille : 405 immeubles sont détruits ce qui équivaut à plus de . Seul le clocher de l'église Saint-Pierre est encore debout.

Une reconstruction rapide et en nombre était nécessaire. Elle s'effectue entre 1948 et 1955 sous la direction de Pierre Vago, architecte en chef du département, chargé de plusieurs chantiers dans la région (Tarascon...). D'autres architectes participent à l'opération : Léon Hoa (1912- ), Georges Imbert (1896-1975), Jacques Van Migom (1907-1980), Eugène Squélard« Arles - Quartier de Trinquetaille, immeubles de la reconstruction », ministère de la Culture, 2012..

L'architecture moderniste répond aux besoins de la mise en œuvre rapide. Pour Vago, la situation du quartier de Trinquetaille permet l'expérimentation d'un programme d'architecture contemporaine. Il envisage

Administrations municipales Liste des élus de quartier

Services publics

Le quartier dispose d'une antenne de la mairie, ouverte 6 jours sur 7Mairie annexe, qui abrite également un bureau de postebureau de poste de Tinquetaille.

Population et société Démographie

Enseignement Les établissements scolaires de Trinquetaille dépendent de l'académie d'Aix-Marseille. Les élèves commencent leur scolarité dans le quartier, à l'école maternelle Anaïs-Gibert, établissement de 167 enfantsécole maternelle Anaïs-Gibert sur le site de l'éducation nationale, puis à l'école élémentaire André-Benoît, regroupant 314 enfantsécole élémentaire André Benoît sur le site de l'éducation nationale. Ils la poursuivent, toujours à Trinquetaille, au collège Robert-MorelCollège Robert Morel sur le site de l'Éducation nationale.

Santé

Sports

Manifestations culturelles

Cultes

La paroisse catholique du quartier de Trinquetaille, l'église Saint-Pierre de Trinquetaille, dépend de l'Archidiocèse d'Arles. Les lieux de cultes des autres confessions ne se situent pas dans ce quartier : cultes musulman ou protestant, en centre-ville d'Arles, culte orthodoxe à Salin-de-Giraudlieux de cultes.

Urbanisme

Économie Revenus de la population et fiscalité

Emploi

Entreprises et commerces

Plusieurs commerces de proximité sont installés dans le quartier, ainsi qu'un enseigne de moyenne surfacecommerces à Trinquetaille.

Culture locale et patrimoine Le quartier de Trinquetaille est cité dans le poème d’Aragon, Le Conscrit des cent villages, écrit comme acte de Résistance intellectuelle de manière clandestine au printemps 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale. Aragon a vécu dans différents lieux de la Provence durant la guerreLouis Aragon, « Le Conscrit des cent villages », publié initialement dans La Diane française, consulté dans Pierre Seghers, La Résistance et ses poètes : France, 1940-1945, Paris, Seghers, 2004 (). , 373-375.

Monuments et patrimoine

vignette|Place de la Croix de Camargue Site archéologique de la Verrerie de Trinquetaille Verrerie de Trinquetaille L'église Saint-Pierre de Trinquetaille : cette église, construite au début des années 1950, est labellisé patrimoine par le ministère de la culturedossier de labellisation de l'église Saint-Pierre de Trinquetaille auprès de la DRAC Les immeubles de la reconstruction : bâtis entre 1948 et 1955, ils sont labellisés patrimoine par le ministère de la culturedossier de labellisation des immeubles de la reconstruction auprès de la DRAC La Croix de Camargue L'église Saint-Pierre-de-Gallègue : détruite à la fin du siècle, anciennement située sur les quais du Rhône à Trinquetaille

Voir aussi

Articles connexes César, le Rhône pour mémoire Cartulaire de Trinquetaille

Liens externes Trinquetaille, mairie d'Arles.

Notes