Le Giaour. Fragments d'une nouvelle turque (The Giaour. A Fragment of a Turkish Tale) est un poème narratif de Lord Byron (1788-1824) publié en 1813, faisant partie de ses poèmes orientaux.
Byron narre l'histoire d'une jeune esclave, Leïla, qui est l'une des épouses du musulman Hassan, et qui se voit accusée d'infidélité: Hassan la jette alors à la mer dans un sac de cuir. Elle est vengée par son amant , un chrétien vénitien, appelé dans le poème « Le Giaour ». Ce mot Giaour est un terme méprisant que les Turcs donnent aux infidèles, c'est-à-dire aux non-musulmansTrésor de la Langue française.
Résumé
Byron commence par se lamenter sur la gloire déchue des Grecs qui ne tentent même plus de se révolter contre l'occupant ottoman : Puis, il esquisse un récit, composé par fragments disjoints: un cavalier galope dans la nuit ; un sac est jeté dans la mer ; Hassan quitte son harem, à cause du souvenir de son esclave circassienne Leïla qui, déguisée en page et feignant de se rendre au bain, lui a préféré un autre homme, un Vénitien, un giaour. Hassan s'en va donc, à la recherche d'une nouvelle femme. Arrivé près du mont Liakoura, au centre de la Grèce, il est attaqué par le Giaour et ses hommes. S'ensuit un duel qui se termine par la mort de Hassan. Le Giaour venge ainsi le meurtre de Leïla, jetée à la mer par son époux.
Le Giaour se retire alors dans un monastère pour « expier quelque noir forfait qu'il ne veut pas révéler ». Avant de mourir, il s'ouvre à l'abbé du monastère et, dans un long monologue, lui raconte son histoire :
Au terme de sa confession, il demande à être enseveli dans une tombe anonyme, . Après quoi, le récit s'achève sur ces mots du narrateur :
Thème du Vampire Le Giaour est l’occasion pour Lord Byron d’aborder le thème du vampire, superstition très présente en Orient. Un Turc, l'un des trois narrateurs de l'histoire, montre Hassan accueilli par les Houris au Paradis, puisque selon une croyance musulmane, « Qui meurt en combattant les giaour jouira d'une immortelle félicité ». De là, Hassan lance des imprécations contre le Giaour qui l'a tué :
Ce sujet sera repris par John William Polidori, à partir d’un brouillon de Lord Byron écrit à l’été 1817 à la villa Diodati, dans sa nouvelle Le Vampire.
Source d'inspiration picturale
Le thème a inspiré au peintre romantique Théodore Géricault une aquarelle intitulée Le Giaour (vers 1822-1823), conservée au Getty Museum à Los AngelesAquarelle de Géricault, Getty
Un peu plus tard, Eugène Delacroix, réalisa trois tableaux du Combat du Giaour et du Pacha : une première version en 1826, conservée à l’Art Institute of Chicago, une deuxième réalisée vers 1829, qui se trouve dans une collection privéeCatalogue Christie's, puis la troisième en 1835, actuellement au Petit Palais à ParisDelacroix, 1835, Petit Palais.
Source d'inspiration musicale Ce poème a inspiré au compositeur français Théodore Gouvy son ouverture symphonique op. 14 Le Giaour (1878).
Source Œuvres complètes de Lord Byron, traduction de Benjamin Laroche, 1847
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Eugène Delacroix Le Vampire de John William Polidori
Liens externes Le Giaour, lire en ligne sur Gallica Œuvres complètes de Lord Byron
Catégorie:Œuvre poétique de Lord Byron Catégorie:1813 Catégorie:Œuvre littéraire se déroulant en Grèce Catégorie:Œuvre littéraire se déroulant au XIXe siècle Catégorie:Poésie du XIXe siècle