Lionel-Max Chassin, de son vrai nom Guillaume Jean Max Chassin, né le à Bordeaux (Gironde) et mort le https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/notice/77229 image 4 à Marseille (Bouches-du-Rhône), est un général de l'armée française, connu pour son engagement politique en faveur de l'Algérie française.

Carrière militaire Lionel-Max Chassin intègre l'École navale, en France, en 1919, où il obtient le diplôme d'ingénieur en 1921. Il sort premier de l'École d'aéronautique de Rochefort (Charente-Maritime) et entre dans l’Aéronavale en 1926, donnant un cours supérieur de navigation aérienne à Brest en tant que jeune lieutenant de vaisseau.

En 1935, il rejoint l'Armée de l'air au moment de sa création et est un des premiers brevetés parachutistes à l’école de saut d’Avignon-Puault en 1936, où il obtient le grade de capitaine. Promu commandant en 1938, il sort de l'École de guerre aérienne en 1939. En 1940, il obtient le diplôme de l’École libre des sciences politiques, et représente la France au comité stratégique de Londres puis est affecté en mai au cabinet du chef d'état major de l'armée de l'air. Deux jours après l’armistice, il est à Alger et est envoyé au Maroc. En septembre, il commande le groupe de bombardement 1/32 qui reçoit l'ordre de bombarder Gibraltar en guise de représailles contre l'attaque britannique et gaulliste contre les forces françaises à Dakar, mais Chassin désobéit et il fait larguer les bombes au large du rocher. Il est affecté au cabinet militaire du secrétariat d’état à l'aviation à Vichy tout en appartenant au réseau de résistance Ronsard-Troine. C'est lui qui pilote l'avion de l'amiral Darlan lorsque celui-ci se rend à Alger le . Il participe activement aux négociations lors du débarquement états-unien et il est envoyé au Maroc, puis à Dakar, pour rallier les forces françaises à l'effort franco-américain et à la reprise des combats contre l'Allemagne, sous la direction de l'amiral Darlan, suite aux accords Eisenhower-Darlan. Nommé lieutenant-colonel en 1943, il est nommé directeur du personnel militaire de l’armée de l’air.

Il est nommé colonel en 1944, et général de brigade en 1946. En 1949, il est nommé général de division, puis sous-chef d’état-major de la défense nationale (1946-1948), commandant la aérienne (1948-1951), commandant de l'aviation en Indochine du au 15 juin 1953La Guerre d'Indochine - Dictionnaire, ouvrage collectif, Ministère des Armées/Perrin, 2021, , poste où il succède au général André Hartemann.

Le général Chassin se prononce en faveur du développement de l'arme nucléaire et il fait partie des influences qui amènent Pierre Mendès France à lancer le programme nucléaire militaire français en 1954Serge Berstein, La République gaullienne (1958-1969), 1989..

De 1953 à 1956, il devient commandant en chef de la Défense aérienne du territoire (Dat) à Versailles. En 1956, il est commandant et coordinateur de la Défense aérienne des forces alliées en Europe centrale auprès de l'OTAN, jusqu'en mars ou (SHAPE). Il est promu général d'armée aérienne en 1957, avant d'être autorisé à bénéficier du congé définitif du personnel navigant en .

Engagement politique pour l'Algérie française Chassin est un catholique proche de la Cité catholique de Jean Ousset, hostile aux catholiques de gauche et au communisme. Un général, alors colonel à l'état-major de la aérienne en 1952, qui avait attaqué auparavant un article de Chassin, témoigne qu'il s'est vu dénigrer comme « communisant, homme de gauche » par Chassin. Un général prit sa défense en arguant qu'il allait à la messe tous les dimanches. Ce à quoi Chassin rétorqua : « Ce sont les plus dangereuxLe général Robert Aubinière : Propos d'un des pères de la conquête spatiale, L'Harmattan, 2008, ». Il prône le « rôle idéologique » de l'armée et sa mission de « redressement moral » et de « gardienne des valeurs », dès octobre 1954, dans un article de la Revue militaire d'informationOlivier Forcade, Eric Duhamel et Philippe Vial, Militaires en République, 1870-1962 : Les officiers, le pouvoir et la vie publique en France, op. cit., Alain de La Morandais, L'honneur est sauf : Prêtre, officier en Algérie, Seuil, 1990, .

Il a été mêlé aux intrigues du docteur Henri Martin, à son « complot du grand O » dont il aurait été l'un des chefs (« le grand B ») avec le général Paul Cherrière (« le grand A »)Rémi Kauffer, OAS, histoire de la guerre franco-française, Seuil, 2002. En janvier 1957, il succède au général Salan à la tête du comité de patronage de l’Association des combattants de l’Union française (ACUF). Au moment du 13 mai 1958, son nom ayant été mêlé à l'opération Résurrection, le gouvernement de Pierre Pflimlin ayant ordonné son arrestation, il « prend le maquis ». et tente d’organiser la mobilisation des partisans de l’Algérie française en métropole.. Il fonde en juin 1958 le Mouvement populaire du 13-MaiLa Bourgogne républicaine, 13 juin 1958, La Croix, 13 juin 1958, Le Monde, 14 juin 1958, qui soutient le général de GaulleLa Nation française, 11 juin 1958, Carrefour, 18 juin 1958, La Croix, 17 juillet 1958, mais il en démissionne en septembre..

Il se présente aux élections législatives de novembre 1958 dans la de la Gironde, à Bordeaux, afin de faire battre Jacques Chaban-Delmas mais ce dernier en sort vainqueur au second tour, avec plus de 63 % des voixChaban, inquiet, avait fait venir le général de Gaulle, qui se déplaça jusqu'au palais Rohan. Les voix des partisans de l'Algérie française n'ont pas pesé lourd. Cf. Patrick Chastenet et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 1991, La Croix, 2 décembre 1958, Ibid., 18 novembre 1958. Il s'intéresse ensuite au Centre d'études supérieures de psychologie sociale (CESPS) de Georges Sauge, une officine anticommuniste qui prône la nécessité de la défense de « l'Occident chrétien » contre le communisme. Il assiste à une de ses conférences en 1959, donnée à l'occasion d'un dîner-débat du Centre d'études politiques et civiques, et prend la parole la même année à la session nationale d'études du CESPS, au parc des expositions de la porte de Versailles les 28 et Henry Coston (dir.), Partis, journaux et hommes politiques d'hier et d'aujourd'hui, Lectures françaises, décembre 1960, ..

En , ayant tenté de gagner l’Algérie au moment de la semaine des barricades, il est interpellé par la police mais vite remis en libertéLe Monde, 3 février 1960, "Le général Chassin et toutes les autres personnes qui étaient gardées à vue sont relâchés, sauf une. À partir de 1961, gravement malade, il ne prend plus part activement aux événements, bien qu’assurant toujours la présidence de l’ACUF, jusqu'au début de l'année 1966Le Monde, 5 mai 1966.

Il cosigne en 1966 une déclaration anticommuniste dénonçant Le Monde, 14 mai 1966, "Contre l'" agression communiste " au Sud".

Intérêt pour les OVNI Passionné par le phénomène des soucoupes volantes, il rédigea, en 1958, la préface de l'ouvrage d'Aimé Michel Mystérieux Objets Célestes - À propos des soucoupes volantes, dans laquelle il écrivit : Aimé Michel, À propos des soucoupes volantes, éditions Planète, 1966 . De 1964 à 1970, il présida, le Groupe d'étude des phénomènes aériens (GEPA), une association privée ufologique.

Descendance Il est le père du militant politique Pierre Chassin..

Œuvres Essais et biographies Il est l’auteur de plusieurs ouvrages : Les conquérants de l’infini, Lajeunesse, 1945 Histoire militaire de la Seconde Guerre mondiale, Payot, 1947 Stratégie et bombe atomique, Lavauzelle, 1948 Anthologie des classiques militaires français, Lavauzelle, 1950 La conquête de la Chine par Mao Tse-Tung, Payot, 1952 L’ascension de Mao Tse-Tung, Payot 1953 Aviation Indochine, Amiot-Dumont, 1954 Bélisaire, généralissime byzantin, Payot, 1957 Préfaces Raymond Cauchetier, Ciel de guerre en Indochine (photographies), Lausanne, 1953 Georges Hilaire Gallet, À l'assaut de l'espace, collection la Marche du monde, Paris, 1956 Aimé Michel, Mystérieux objets célestes, Arthaud, 1958

Articles Fondateur de la revue Forces aériennes françaises, il a signé de très nombreux articles.

Médailles 100px Grand officier de la Légion d'honneur 100px Croix de guerre 1939-1945 100px Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs 100px Médaille de la France libre 100px Commandeur des palmes académiques 100px Médaille coloniale 100px Médaille d'or de l’éducation physique 100px Officier de l'ordre de l'Empire britannique 100px Grand officier de l'ordre du Vietnam 100px Grand Croix du Nicham el-Anouar

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Organisation de l'armée secrète

Bibliographie Collectif, Militaires en république, 1870-1962: les officiers, le pouvoir et la vie publique en France, Publications de la Sorbonne, 1999 Maurice Vaïsse, Alain Bizard (dir.), L'Armée française dans la guerre d'Indochine ( 1946-1954 ), Complexe, 2000

Liens externes

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